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05/02/2014

Qu'est-ce qu'un ancien combattant ?

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Ancien combattant.
Vieillard fier de ne pas être mort pour son pays.

(Michel-Georges Micberth, La Lettre)

01/02/2014

Qu'est-ce qu'un sadomaso ?

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Sadomasochiste.
Juif nazi et content de l'être.

(Michel-Georges Micberth, La Lettre)

29/01/2014

Des nouvelles de ma pomme !

Hé bien sachez que ma pomme va bien !
Plus sérieusement, salut à tous !

Je vous donne un peu de mes nouvelles littéraires ! Très prochainement, je vous transmets les trois vidéos (il y a du son mais pas d'image en vérité) sur mon dossier sur Jean-Jacques Rousseau nommé Rousseau contre les Lumières. La totalité de mon dossier partagé à l'oral dure une heure trente. Le texte du dossier sera partagé ensuite pour ceux qui préfèrent la lecture.
Dans le département du Rhône, quelques séances de dédicaces, sinon, doivent être organisées cette année concernant l'ensemble de mes ouvrages. Je vous détaillerai les infos là-dessus une autre fois.
Je rappelle que tous mes livres sont en vente auprès de moi (contact par Facebook) ou bien sur ce site et plus exactement sur cette page : TheBookEdition : les livres d'Louison Chimel
Mon ouvrage phare est naturellement le dernier : L'Anarque (et non pas l'arnaque, hein). 321 pages. C'est mon second essai philosophique après celui, bien plus mince, appelé Résigné et Révolté, sorti en 2012.
Je prépare deux nouveaux ouvrages philosophiques dont le premier sera assez ésotérique (La Confiance en l'Esprit) et partagé totalement gratuitement sur la toile à partir de cet été, au pire à la fin d'année, et le second à la fois plus politique et aussi spécialement autobiographique (Anarchiste conservateur). Mais sa sortie n'est vraiment pas pour tout de suite.
Retrouvez-moi sinon sur Facebook, sur la page de L'Anarque ou ma page personnelle. J'aime beaucoup m'entretenir. La philosophie, c'est notamment le partage.
Merci de votre fidélité céans et bienvenue aux nouveaux visiteurs ! Louison Chimel

27/01/2014

La gauche est une salle d'attente pour le fascisme. Léo Ferré

24/01/2014

La nécessité du sens du passé (2/2)

Si Winston Smith, fonctionnaire compétent et efficace du " Ministère de la vérité ", conserve une parcelle d'humanité ( et c'est naturellement ce point qui l'apparente aux prolétaires) c'est d'abord dans la mesure où toutes les formes du passé le fascinent. Cette fascination, bien sûr, le perdra puisque M. Charrington, le gérant du magasin d'antiquités, se révèlera appartenir à la " Police de la Pensée ". Elle demeure néanmoins, tout au long du roman, la véritable clé psychologique de sa révolte contre le Parti, et cela bien avant que la rencontre amoureuse de Julia ne donne à son désir de résistance un socle plus généreux. A l'inverse, l'effort de destruction méthodique de tout le passé est, comme on le sait, l'axe autour duquel la politique de " l'Angsoc " s'ordonne intégralement. Cela signifie, par conséquent, que la révolte de Winston Smith, si aliénée soit-elle, est d'abord, dans son principe, une révolte conservatrice ; et que, faute de s'appuyer consciemment sur les aspects positifs du passé, les combats livrés contre la servitude moderne sont nécessairement promis à un échec radical et définitif.

Il y a cependant un problème réel : on sait que dans le novlangue moderne - c'est-à-dire cette manière de parler destinée à rendre impossible l'apparition de toute pensée " politiquement incorrecte ", " conservatisme " est le " mot-couverture " (blanket-word) qui désigne le " crime de pensée " par excellence : celui qui scelle notre complicité avec toutes les incarnations du mal politique que sont l' " Archaïsme ", la " Droite ", " l'Ordre établi " ou " la société d'intolérance et d'exclusion ". Comme cette incroyable mystification est située au cœur même du capitalisme moderne ( et en constitue la ligne de défense principale) il est absolument nécessaire d'en questionner brièvement les postulats fondamentaux, ne serait-ce que pour mesurer l'extraordinaire courage qu'il fallut à Orwell pour réhabiliter, même par jeu, un mot que la Gauche bien pensante (à supposer qu'il y en ait désormais une autre) avait si puissamment diabolisé. (Orwell, anarchiste tory - Jean-Claude Michéa)

20/01/2014

La nécessité du sens du passé (1/2)

Les critiques et les mises en garde répétées d'Orwell contre la décadence accélérée du langage moderne, ses appels à préserver un Anglais vivant et populaire, comme aussi son choix de la littérature en tant que forme privilégiée de l'écriture politique, ne doivent en aucun cas être tenus pour les signes d'un purisme maniaque et élitaire. C'est tout le contraire qui est vrai : c'est parce que les élites modernes sont désormais en mesure de reconstruire un monde entièrement à leur image, que le langage contemporain - et singulièrement celui de la jeunesse, cible principale de la société marchande - s'est appauvri de façon si caractéristique et que disparaissent peu à peu aussi bien le génie populaire de la langue que la sensibilité poétique.

C'est cette nécessité de protéger la civilité et le langage traditionnel contre les effets de la domination de classe, qui est, vraisemblablement, à l'origine du besoin ressenti par Orwell de réhabiliter une certaine quantité de " conservatisme ". Aucune société décente, en effet, ne peut advenir, ni même être imaginée, si nous persistons, dans la tradition apocalyptique ouverte par Saint Jean et Saint Augustin,, à célébrer l'avènement de " l'homme nouveau " et à prêcher la nécessité permanente de " faire du passé table rase ". En réalité, on ne peut espérer " changer la vie " si nous n'acceptons pas de prendre les appuis appropriés sur un vaste héritage anthropologique, moral et linguistique dont l'oubli ou le refus ont toujours conduit les intellectuels " révolutionnaires " à édifier les systèmes politiques les plus pervers et les plus étouffants qui soient. C'est une autre manière de dire qu'aucune société digne des possibilités modernes de l'espèce humaine n'a la moindre chance de voir le jour si le mouvement radical demeure incapable d'assumer clairement un certain nombre d'exigences conservatrices. Telle est de ce point de vue, la dernière - et la plus fondamentale - leçon de " 1984 " : le sens du passé, qui inclut forcément une certaine aptitude à la nostalgie, est une condition absolument décisive de toute entreprise révolutionnaire qui se propose d'être autre chose qu'une variante supplémentaire des erreurs et des crimes déjà commis.

" - A quoi devons-nous boire cette fois (demanda O'Brien) ? A la confusion de la Police de la Pensée ? A la mort de Big Brother ? A l'humanité ? A l'avenir ? - Au passé, répondit Winston. - Le passé est plus important, consentit O'Brien gravement. " (Folio p. 251)

(Orwell, Anarchiste Tory, Jean-Claude Michéa)

16/01/2014

Ils sont anarchistes, autogérés, et ils font du très bon pain

le_boulanger_libere_v_1-5f96f.jpgA Montreuil, près de Paris, les boulangers de La conquête du pain font le bonheur du quartier avec des baguettes délicieuses... et mettent en pratique les idées libertaires.

C’est dans un coin de Montreuil, là où la ville prend des allures de village, avec des petites maisons protégées par quelques arbres et par des plantes grimpantes. La rue monte, on y croise les parents qui reviennent de l’école avec les enfants, et au coin d’une autre rue, voici « La conquête du pain ». Une boulangerie comme il y a en des milliers, et qui sent beau le pain chaud et croustillant.

On voudrait tout simplement acheter une baguette, mais des détails étonnants amusent le regard. Comme ce tableau listant les sandwichs proposés, qui invitent à choisir entre le Bakounine (bacon mayonnaise), l’Angela Davis (poulet mayonnaise salade), ou le Louise Michel (chèvre pesto). Un petit comptoir longe le mur, où l’on peut se servir un café d’une thermos, et lire les tracts et revues proposées, en commençant par Le Monde libertaire. Près de la vitrine, un canapé recouvert d’un drap blanc invite à la pause. On pourrait s’y poser, et se rappeler que Pierre Kropotkine, un des grands penseurs anarchistes du XIXe siècle, a écrit La conquête du pain, parmi de nombreux autres livres, dont L’entraide reste fondamental.

Mais on est bien dans une boulangerie, et la chaleur qui monte du sous-sol, où se trouve le four à pain, en témoigne tout autant que la fine odeur de farine. « Les gens ne viennent pas parce qu’on est autogérés et anarchistes, mais parce que le pain est bon, dit Pierre Pavin. Le reste, ça les amuse ». Mais cette boulangerie n’existerait pas si Pierre et ses camarades n’étaient pas anarchistes.

Lui, il était boulanger. Il aimait bien son travail, mais il en avait assez de ces tâches très répétitives, souvent subordonnées à un chef. Il appartient à la Fédération anarchiste, et au printemps 2010, lors du congrès de la fédération, alors qu’il était au chômage, il a eu l’idée de livrer du pain à des Amap. Il en parlé à Thomas Arnestoy, informaticien et membre du SCALP, et à Matthieu, avec qui il avait étudié dans le même lycée hôtelier. Le projet a abouti, par amitié et par affinité politique. Le principe serait de monter une boulangerie en Scop (société coopérative de production), « autogérée, avec une implication sociale et un souci écologique, qui fasse du pain de bonne qualité et qui soit rentable ».

Le local a été trouvé assez rapidement, et dès l’automne, les amis ont commencé à pétrir et cuire le pain. « Au début, cela a été très dur. Ici, c’était un taudis, dit Pierre. Et il a tout de suite fallu livrer 300 pains quotidiennement. C’était l’enfer, on bossait vingt heures par jour. Une fois, ,j’ai fait un malaise, je me suis évanoui. »
Mais les camarades ont tenu bon, des amis et la famille sont venus à la rescousse financière, permettant de remettre la boulangerie en bon état, et un bon rythme de production et de livraison s’est pris. Maintenant, la Scop compte huit salariés (quatre boulanger-e-s, trois vendeurs-ses à la boutique, un livreur).

Et surtout, ils mettent en application le projet. « On s’est plus intéressé au projet social », dit Pierre, qui parle en début d’après-midi, après le coup de feu du matin (trois à huit heures) et avant d’aller faire la sieste. Le tarif social a été lancé en octobre 2012 : 75 centimes la baguette pour ceux qui le demandent, au lieu d’un euro. « On le fait sans justificatif de ressources, on veut faire confiance. On refuse cette idéologie qui fait des pauvres des profiteurs ». Les boulangers anarchistes organisent aussi des repas de quartier à la Cité Jules Ferry ou fournissent du pain aux travailleurs en grève, par exemple à PSA Aulnay, ou à la raffinerie de Grandpuits, l’an dernier.

Et en interne, on pratique la démocratie. Toutes et tous sont payés 1350 € nets sur douze mois. Une assemblée générale a lieu tous les quinze jours. Les décisions se prennent au consensus - « il nous est arrivé de voter, mais pas sur des sujets importants ». Le gros problème du moment, c’est la discussion sur le temps de travail : les boulangers travaillent tôt le matin, mais moins d’heures que ceux qui sont en magasin. Quant au livreur, il est souvent appelé à n’importe quel moment. Il faut trouver l’accommodement juste pour tout le monde.

Et puis, il y a le produit lui-même, qui est l’essentiel : les ingrédients utilisés sont de qualité, presque tous issus d’agriculture biologique, et la farine (deux tonnes par semaine) est fournie par un meunier qui travaille à la meule de pierre. Surtout, il y a le temps pris pour bien lever le pain, le ralentir, laisser la fermentation se faire lentement.

Dans le sous-sol, Mathieu – il est là depuis trois mois, il a quitté son métier de graphiste pour devenir boulanger, « un métier essentiel pour nourrir les gens » - détaille les étapes qui mènent à un bon pain : préparer la matière dans le pétrin, mettre en bacs, laisser « pousser » la pâte – quatorze heures, c’est un des secrets de la qualité -, la diviser, la façonner, et enfin la cuire, dans le four brûlant. Un métier d’attention et de patience, mais où il faut agir rapidement et dans la chaleur. « Pendant l’été, cela peut monter à 40° C, dit Mathieu. Ici il fait chaud, mais je ne suis pas sûr que ce soit plus dur que d’être assis toute la journée devant un ordinateur ».
Allez, il est l’heure d’y aller. En partant, on ne résiste pas à croquer un pain au chocolat, comme les gamins qui entrent et sortent du magasin. On ne sait s’il s’appelle Kropotkine ou Elisée Reclus, mais il est bien bon.

www.reporterre.net - 2 janvier 2014

09/01/2014

Révolte et conservatisme : les leçons de 1984 de G. Orwell

George-Orwell.jpg" La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les rapports de production, c'est-à-dire l'ensemble des rapports sociaux. Le maintien sans changement de l'ancien mode de production était au contraire pour toutes les classes industrielles antérieures la condition première de leur existence. Ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelle distinguent l'époque bourgeoise de toutes les précédentes. Tous les rapports sociaux figés et couverts de rouille, avec leur cortège de conceptions et d'idées antiques et vénérables se dissolvent : ceux qui les remplacent vieillissent avant d'avoir pu s'ossifier. Tout ce qui avait solidité et permanence s'en va en fumée, tout ce qui était sacré est profané " (Marx, Manifeste Communiste, chap. 1)
Autrement dit, le capitalisme est par définition un système social auto-contestataire, et la dissolution permanente de toutes les conditions existantes constitue son impératif catégorique véritable. En persistant à se définir purement et simplement comme le " Parti du changement " et l'ensemble des " Forces de progrès ", la gauche moderne c'est-à-dire celle qui n'avait même plus l'excuse d'affronter pratiquement les puissances traditionnelles de l'Ancien régime ( puissances éliminées, pour l'essentiel , par les deux guerres mondiales ) - se trouvait donc condamnée à refermer définitivement le piège historique sur les travailleurs et les simples gens. Dans cette perspective triste mais moderne, la référence " socialiste " ne pouvait devenir qu'un autre nom du développement à l'infini du nouvel ordre industriel et, d'une façon générale, de l'approbation pré-critique de la modernisation intégrale et illimitée du monde ( mondialisation des échanges, tyrannie des marchés financiers, urbanisation délirante, révolution permanente des technologies de sur-consommation, etc.). On ne doit donc pas s'étonner si la peur pathétique d'apparaître " dépassé " par quoi que ce soit, peur qui tient lieu de pensée, de nos jours, chez la plupart des intellectuels de gauche, n'ait finalement trouvé à s'accomplir que dans les noces actuelles de l'Avenir radieux et du cybermonde, et à leur complément spirituel, cet esprit " libéral-libertaire " qui sévit désormais sans réplique dans l'univers mensonger du showbiz et des médias.
C'est une époque assez curieuse que celle où les banalités de base sont tenues pour des paradoxes. Pourtant si, tout au long du siècle, les ambitions historiques de la gauche ( et plus encore de l'extrême gauche ) ont pu si facilement être retournées contre les peuples, si le " progressisme " et la " modernisation " apparaissent de plus en plus nettement comme la simple vérité idéalisée du Capital, c'est bien le signe que l'adoption déculpabilisée d'un certain conservatisme critique est désormais l'un des fondements nécessaires de toute critique radicale de la modernité capitaliste et des formes de vie synthétiques qu'elle prétend nous imposer. Tel était, en tout cas, le message d'Orwell. A nous de rendre à son idée d'un " anarchisme tory " la place philosophique qui lui revient dans les différents combats de la nouvelle Résistance. (Orwell, anarchsite tory - Jean-Claude Michéa)

07/01/2014

Révolte et conservatisme : les leçons de 1984 de G. Orwell (1/2)

George-Orwell.jpgL'opposition des Whigs et des Tories s'est imposée en Angleterre, à partir du XVII° siècle, pour distinguer le " Parti du mouvement " et celui de la " conservation ". Il s'agissait alors, par ces termes, de désigner, d'un côté, le parti du capitalisme libéral, favorable à l'économie de marché, au développement de l'individualisme calculateur et à l'ensemble des mœurs correspondantes ; de l'autre, celui des tenants de l'Ancien Régime, c'est-à-dire d'un ordre social à la fois communautaire et fortement hiérarchisé. On remarque aussitôt dans quel piège philosophique la gauche ne pouvait manquer de s'enfermer, dès lors qu'assimilant le conservatisme à la droite, elle s'exposait à reprendre à son compte une grande partie des mythes fondateurs du progressisme whig. Or, si nous entendons par " socialisme " le projet, formulé au XIX° siècle, d'un dépassement des contradictions internes du capitalisme libéral, il est évident que le travail de réinscription du socialisme dans les thématiques de la gauche progressiste ( travail qui, en France, fut l'œuvre de l'Affaire Dreyfus) ne pouvait aller sans problèmes. Dans la pratique, en effet, cela conduisait à peu près nécessairement à désigner comme " socialistes " ou " progressistes " l'ensemble supposé cohérent des différents mouvements de modernisation qui, depuis le début du XIX° siècle, sapaient de tous les côtés l'ordre effectivement établi ; C'était oublier, comme Arno Mayer l'a bien mis en évidence (cf. La Persistance de l'Ancien régime, Flammarion, 1983) que la base économique et sociale de cet ordre était encore jusqu'en 1914, essentiellement agraire et aristocratique. Dans ces conditions l'appel de la gauche à rompre avec toute mentalité " archaïque " et " conservatrice " se confondait inévitablement avec les exigences culturelles du capitalisme libéral. Celui-ci, en effet, a peu à voir avec les exigences de l'Eglise, de la noblesse et de l'état-major. Dans sa réalité, il est lié à un type de civilisation qui est tout ce qu'on voudra sauf conservateur, comme Marx, avant Schumpeter et D. Bell, l'ont mis en lumière. (Orwell, anarchsite tory - Jean-Claude Michéa)

05/01/2014

Analyse de mots, par Michel-Georges Micberth

x240-Rt2.jpgLang. Pour bien prononcer son nom, il faut percuter les incisives de la mâchoire supérieure avec la langue et la laisser tomber négligemment sur ses genoux. Un peu comme pour vomir.

Socialisme. Quand on demande à un Français ce qu'est le socialisme, il est toujours embarrassé pour répondre. C'est encore pire quand on pose cette question à un socialiste. (Michel-Georges Micberth, La Lettre)

 

28/12/2013

La modernité c'est la ville, la postmodernité c'est la campagne !

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25/12/2013

Ave Maria, par Demis Roussos

Le traditionnel chant à écouter en ce jour.
Bonnes fêtes à vous tous, et à bientôt !
Merci de votre fidélité. Anthony

23/12/2013

Pygmalion et Galatée

pygmalion.jpgPygmalion avait taillé dans le marbre l'image de Galatée, nymphe de la mer et fille de Neptune.

Depuis des nuits, il ne dormait plus et passait des heures d'extase muette à ses pieds. L'homme sanglotait de désespoir de ne pouvoir animer cette statue qu'il avait sculptée avec tant d'amour.

Touchée par l'étrangeté et la violence de cette passion, Vénus permit au marbre de prendre vie. Et, quand la forme ravissante de Galathée s'anima, Pygmalion la reçut dans ses bras.

Mais ceci n'est qu'une image, qu'il faut transposer sur le plan spirituel : "Nous devons tous sculpter notre propre statue, dit Platon, car elle est, en réalité, notre âme. Et cette statue intérieure sera d'autant plus belle que nous aurons transcendé le désir de nous unir à elle."

"Sculpter sa statue intérieure, dit encore Socrate, c'est vivre selon la Sagesse." http://giffie.free.fr/

21/12/2013

Nos frères corbeaux, avec Michel-Georges Micberth

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Je marche dans la plaine picarde et j'ai froid au cœur. La brume jointoie le ciel et la boue. Je suis lourd et le choc mou de mes talons résonne dans ma nuque. Oppressé, je suis, par le bloc de béton armé que la vie, jour après jour, a coulé dans ma poitrine. Partout le futile, le nul, le désespérément salaud, la trahison. Mes frères corbeaux volent autour de ma tête et me tressent une couronne noire. (Michel-Georges Micberth, La Lettre)

19/12/2013

Il ne peut y avoir de " société capitaliste " au sens véritable du terme. (2/2/

On comprend maintenant la terrible originalité du paradigme capitaliste, au règne duquel toutes les communautés du monde sont désormais invitées à se plier. L'intérêt égoïste, dans lequel l'Economie politique tend nécessairement à voir l'unique moteur rationnel des conduites humaines, est précisément la seule raison d'agir qui puisse jamais constituer par elle-même ce qu'on appelle depuis Nietzche, une valeur. Une valeur, en effet, (qu'il s'agisse de l'honneur, de l'amitié, du devoir, de la compassion, du dévouement à une œuvre ou à une communauté et, d'une façon générale, de toute forme de solidarité ou de civilité) est, par définition, ce au nom de quoi un sujet peut décider, quand les circonstances l'exigent, de sacrifier tout ou partie de ses intérêts, voire, dans certaines conditions, sa vie elle-même. En d'autres termes, la disposition de l'homme au sacrifice, au renoncement ou au don, est la condition majeure sous laquelle il peut conférer du sens à sa propre vie, autrement définie par les seuls codes de la biologie. Comme on sait, par ailleurs, qu'à la différence de l'animal, " l'homme ne naît pas en portant en lui le sens défini de sa vie " , on doit nécessairement en conclure qu'aucune société humaine n'est possible là où n'ont pas été imaginés et institués " les montages normatifs grâce auxquels les sujets des générations successives parviennent au statut d'humains

"C'est donc pour des raisons de structure qu'il n'existe pas, ni ne pourra jamais exister, de " société capitaliste " au sens véritable du terme. Ce serait là le nom d'une pure impossibilité anthropologique. Un système dont les conditions idéales de fonctionnement ne font appel, par définition, qu'à la logique de l'intérêt bien compris, est en effet dans l'impossibilité constitutive d'élaborer les signifiants-maîtres que toute communauté humaine requiert pour persévérer dans son être. De fait, le système capitaliste n'a pu être historiquement expérimenté au sein des sociétés occidentales, puis s'y développer de la manière que l'on sait, que parce qu'à chaque étape de son histoire, il a puisé les valeurs et les habitus qui lui étaient nécessaires dans tout un trésor de civilités - aussi bien anciennes que modernes - qu'il était lui-même, par nature, incapable d'édifier. Comme le rappelle avec raison Castoriadis, " le capitalisme n'a pu fonctionner que parce qu'il a hérité d'une série de types anthropologiques qu'il n'a pas crées et n'aurait pas pu créer lui-même : des juges incorruptibles, des fonctionnaires intègres et weberiens, des éducateurs qui se consacrent à leur vocation, des ouvriers qui ont un minimum de conscience professionnelle, etc. Ces types ne surgissent pas et ne peuvent pas surgir d'eux-mêmes, ils ont été crées dans des périodes historiques antérieures ".

Un système capitaliste n'est donc historiquement viable - et même, sous ce rapport, capable de généraliser à l'ensemble de la société certains des effets incontestablement émancipateurs de l'échange marchand - , que si les communautés où son règne est expérimenté sont suffisamment solides et vivantes pour contenir d'elles-mêmes les effets anthropologiquement destructeurs de l'Economie autonomisée. Si, en revanche, une puissance historique quelconque en venait réellement à proposer de ce système autre chose que des applications partielles et limitées ; si, en d'autres termes, l'hypothèse économique cessait d'être ce qu'elle était encore essentiellement jusqu'à présent, à savoir une ingénieuse utopie, alors l'humanité devait se préparer à affronter une vie innommable et des nuisances infinies.

L'histoire des trente dernières années est précisément celle des efforts prométhéens que déploient les nouvelles élites mondiales pour réaliser à n'importe quel prix cette société impossible. L'Enseignement de l'Ignorance - J.-C.Michéa

17/12/2013

Anthony sur Bitstrips : Anthony au Japon, partie 3 (désolé pour la coquille)

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15/12/2013

Il ne peut y avoir de " société capitaliste " au sens véritable du terme. (1/2

Le dispositif théorique de l'Economie politique repose sur une idée simple et ingénieuse : celle qu'il suffirait pour assurer automatiquement la Paix, la Prospérité et le Bonheur - trois rêves immémoriaux de l'humanité - d'abolir tout ce qui, dans les mœurs, les coutumes, les lois des sociétés existantes fait obstacle au jeu " naturel du Marché, c'est-à-dire son fonctionnement sans entraves ni temps morts. Pour étayer cette hypothèse, et formuler des " lois " qui aient la rigueur apparente des énoncés newtoniens, l'économiste est inévitablement conduit, d'une manière ou d'une autre, à décrire les hommes comme des " atomes sociaux " (ou des " monades "), indéfiniment mobiles et mus par une seule considération : celle de leur intérêt bien compris. La validité théorique et pratique de cette construction dépend donc, naturellement, de la propension réelle des individus à fonctionner comme la théorie l'exige, c'est-à-dire de façon effectivement nomade et atomisée. C'est pourquoi la mise en œuvre de l'économie libérale ( il s'agit d'un pléonasme ) ne suppose pas seulement l'institution, à première vue paradoxale, d'une autorité politique suffisamment puissante pour briser impitoyablement tous les obstacles que la religion, le droit et la coutume opposent au " désenchâssement " du marché et à son unification sans frontière. Elle demande encore qu'on donne une existence pratique à la forme anthropologique correspondante : celle de l'individu entièrement " rationnel ", c'est-à-dire égoïste et calculateur et, à ce titre, libéré des " préjugés ", " superstitions " ou " archaïsmes " qu'engendrent nécessairement - selon l'hypothèse libérale - toutes les espèces empiriquement existantes de filiation, d'appartenance ou d'enracinement.

Comme on peut le constater, le projet de la " science " économique - c'est-à-dire, en fait, selon l'expression de Paul Lafargue, de la Religion du Capital - n'est donc pas séparable des représentations modernes de la raison comme instrument privilégié du calcul égoïste, autrement dit comme autorité naturelle capable d'éclairer le sujet sur son " utile propre " (Spinoza) et d'ordonner à son profit le tumulte des passions. C'est cette idée philosophique - bien différente du " Logos " antique - qui permet, par exemple, de comprendre l'inquiétante remarque de Hume selon laquelle " il n'est pas contraire à la raison de préférer la destruction du monde entier à une égratignure à mon doigt ". Elle explique également pourquoi Engels a pu voir dans le triomphe de cette raison le " règne idéalisé de la bourgeoisie ".  (L'Enseignement de l'Ignorance - J.-C.Michéa)

13/12/2013

Anthony sur Bitstrips : Anthony au Japon, partie 2

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12/12/2013

Sur les sexes interchangeables

amiti%C3%A9-homme-femme.jpgSi je comprends bien, il faut maintenant, dans les crèches et les maternelles, sensibiliser les minotes à la possibilité, pour elles, de jouer aux petits soldats et les minots à la poupée.
Donc si je continue d'essayer de comprendre, il est malsain, dans une société, que les minotes ne jouent
qu'à la poupée et les minots qu'aux petits soldats. Par contre, n'est-il pas idéalement regrettable de jouer aux petits soldats dans le sens où il s'agit alors de jouer à tuer son voisin ?
Idéalement, il y en a donc qui veulent l'interchangeabilité des sexes et d'autres un monde sans
armes de guerre. Suis-je à présent un fasciste si je me méfie énormément de la première chose et si
j'aimerais profondément la deuxième ? Un monde plus beau ne sera donc pas celui sans guerre mais celui où il y aura toujours des guerres mais faites par des femmes. En ce sens, l'oligarchie qui nous gouverne peut bel et bien affirmer que la femme est l'avenir de l'homme (mais quel avenir...). La démilitarisation progressive du Monde ? Pas important... Anthony

10/12/2013

Anthony sur Bitstrips : Anthony au Japon, partie 1

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09/12/2013

L'anarchisme conservateur de J.-C.Michéa

Le complexe d’Orphée définit l’imaginaire de la gauche progressiste dans la mesure ou Orphée, pour ramener Eurydice des enfers, avait dû s’engager à aller toujours de l’avant sans jamais s’autoriser le moindre regard en arrière - Ce que Bailly appelle l’effet « cliquet » en matière d’acquis sociaux – De même les socialistes marxistes sont persuadés qu’il y a un mystérieux sens de l’histoire porté par le développement inexorable des techniques vers un avenir radieux… et qu’il est impossible qu’ils aient abandonné derrière eux quelque-chose qui était correct !...

Michéa préconise d’abandonner l’utopie Marxiste (c’est à dire l’idéalisme scientifique) au profit du « roc » de Mauss (C’est à dire des rapports humains structurés autour du trépied : donner, recevoir et rendre). Roc qu’Orwell appelle maintenant « décence commune » et dont le retour constitue un véritable anarchisme conservateur, réclamant l’ancrage dans des structures de réciprocité que le développement illimité du marché et du droit menace de détruire peu à peu. Cet anarchisme conservateur se situe à égale distance entre les blancs (capitalisme) et les rouges (Collectivisme) mais il a été balayé en 1980 lorsque s’est imposé partout l’idée que toute tentative de rupture avec le capitalisme ne pouvait que conduire au totalitarisme et au goulag. La gauche originelle qui aurait dû incarner l’anarchisme conservateur s’est alors perdue avec l’idéologie « ni réaction, ni révolution » et en fabriquant un antagonisme électoral artificiel en son sein (libéralisme économique de Tocqueville d’un coté et gauche antiraciste et citoyenne de l’autre). Antagonisme venu remplacer l’ancienne scission entre royalistes (Blancs) et prolétariat (Rouge). La couleur rose étant la traduction parfaite du nouvel antagonisme interne qui est venu affaiblir le « parti du mouvement » né au XIXème siècle.  Parallèlement le libéralisme, qui n’était qu’une doctrine des limites qu’il convenait d’imposer à l’emprise de l’Etat et de l’Eglise pour ramener la balle au centre, s’est mis à récuser les critères de bon sens qui permettent de distinguer une action honnête d’une action malhonnête ; et cela sous prétexte qu’il s’agit de pures construction arbitraires. Incapable de définir par lui-même ses propres limites, il a accepté l’extension illimitée du droit de chacun à satisfaire ses lubies personnelles et laissé saper tous les fondements symboliques et pratiques de la vie en commun.

L’épuisement des ressources naturelles et les guerres qui vont avec sont-elles au bout du chemin ?

Mais qui, actuellement, est capable d’incarner un socialisme anarchiste et conservateur prêt à remettre le « roc » de Mauss au centre de la communauté ?.

dominiquequenin.over-blog.com - 5 octobre 2011

07/12/2013

Ma réaction sur la mort de Nelson Mandela

vol_553.jpgHalte à l'idéalisation de Nelson Mandela ! La situation du pays sud-africain est loin d'être rose aujourd'hui. Et si l'apartheid racial avait laissé place à un apartheid social ?
D'où notamment l'article que je mets en lien à la fin, dont je ne porte pas spécialement l'auteur dans mon cœur mais, pour autant, les chiffres sont ce qu'ils sont...
Seulement voilà, le monde médiatico-politique s'extasie beaucoup plus sur les questions raciales que sur celles sociales. Pour quelle raison vouer ainsi un culte à la question raciale ? Discrimination négative ou positive reste, pour moi, discrimination. Question raciale omniprésente afin de mieux s'assurer, pour ceux qui nous gouvernent, la conservation de leur pouvoir. Il faut qu'à tout prix le conflit riches/pauvres soit occulté par, par exemple, celui noir/blanc.
Je resterai plus marqué par la mort d'un Hugo Chavez qui - sur le plan social, éducatif mais également géopolitique - a réalisé des avancées considérables au Venezuela par rapport à Mandela et ses successeurs.
Autre exemple : comment expliquer que la troisième personnalité historique préférée des Italiens soit Mussolini ? Sauf qu'oser simplement s'intéresser au progrès social que le régime fasciste a pu permettre est déjà suspect. N'oublions pas que l'histoire est écrite par les vainqueurs, jamais par les vaincus.
La question raciale doit reste alors majeure. Même si, en l'occurrence en Italie, les lois racistes sont nées quinze ans après les débuts du fascisme et qu'en proportion les Italiens ont cherché à protéger davantage de potentiels déportés que les Français. Mais encore une fois, mes propos seront suspects !
Et l'arrivée du nazisme ne se fait-elle pas sur une crise sociale en Allemagne ? Combien a-t-il existé de théories racistes dans l'histoire qui seraient arrivées au pouvoir ? Pas besoin de théories, cependant, pour qu'il y ait eu l'existence de la traite des Noirs qui a duré des dizaines d'années.
Évidemment, alors, qu'un Martin Luther King, comme Mandela à sa manière, fut nécessaire.
Mais en effet, il existe toujours le risque qu'un ultra-riche (tel Rothschild avec Hitler) finance des politiques racistes. C'est vrai, parmi les profiteurs, il existe des racistes purs et durs.
Maintenant, la pauvreté n'a pas de couleur ou, plutôt, est multicolore. Mais combien de "grands politiques" souhaitent réellement l'éradiquer ? Anthony

http://www.bvoltaire.fr/bernardlugan/nelson-mandela-quel-...

05/12/2013

L'Anarque selon Michel Onfray, extrait 2

"Tragique, lucide et aristocrate, l’anarque n’a cure des ors et des brocarts ; le marbre des palais, le stuc des cabinets de ministres lui importent peu. Le Prince peut tout aussi bien être son familier que son ennemi, il peut lui parler, lui battre froid, le conseiller ou le critiquer ; à l’égard de celui-là, il en va comme des autres, il s’agit de préserver son indépendance, de garder farouchement sa liberté. Pour exprimer de façon plus concise sa figure, Jünger écrit que l’anarque est à l’anarchiste ce que le monarque est au monarchiste." (Michel Onfray, La Sculpture de Soi)

03/12/2013

François Mitterrand, vu par Michel-Georges Micberth

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[Sur François Mitterrand] J'ai honte de son physique de prélat pervers ou de gluant florentin, de ses manières onctueuses de sodomite incontinent, de sa posture de potiche peinturlurée ou de momie enclosée derrière une vitrine sale, de sa dialectique qui évoque les momeries d'un tribun de sous-préfecture, de toute la détestable médiocrité qui se dégage de son image télévisée et qui fait penser au "parrain" d'une quelconque association de malfaiteurs. (Michel-Georges Micberth, Petite Somme contre les Gentils)

01/12/2013

Ma liberté réfléchit celle d'autrui (Bakounine) : 1er extrait audio de L'Anarque

Voici le premier extrait audio de mon dernier livre L'Anarque.
Avec en première partie, un extrait du livre reprenant le châpitre Ma liberté réfléchit celle d'autrui (expression que je reprends de Bakounine)
En deuxième partie, mes commentaires et retours sur cette partie.
En troisième partie, un extrait bonus sur les différences fondamentales entre l'Homme et l'Animal selon les philosophes les plus connus (Descartes, Rousseau,...). Bonne écoute à vous tous !


L'ANARque : ma liberté réfléchit celle d'autrui... par Chimel_Louison

Pour l'achat d'un de mes ouvrages auprès de moi, contactez-moi par courriel à l'adresse anto.mi@wanadoo.fr ou sur la page Facebook dédiée à mes ouvrages.
Vous pouvez, sinon, directement commander sur le site Thebookedition

Anthony MICHEL

28/11/2013

Le bestiaire de Blade Runner (2/2)

damelalicorne.jpgQuatre animaux apparaissent dans Blade Runner : une chouette, un serpent, une colombe, une licorne. Les deux premiers sont des postiches d'êtres originaux que même le plus fortuné membre de la société ne pourrait s'offrir. Quand Deckard demande à Rachel si la chouette est artificielle, elle lui répond que c'est l'évidence même.

Selon Hegel, la chouette, symbole de la philosophie, ne prend son envol que la nuit tombée. La philosophie, nocturne, n'intervient qu'après le labeur de la journée passée. La production de la corporation Tyrell cède alors la place à la mise en question des artefacts par eux-mêmes. Ceux-ci furent d'abord fabriqués, la question éthique de leurs droits et devoirs n'intervient que trop tard, après coup, sans qu'une correction ou modification ne soit possible. Aucun amendement ne peut venir doubler la singularité de la réalité créée.

La danseuse Zhora use d'un serpent, animal dont la lourde charge symbolique chrétienne ne nécessite pas ici d'explication tant il est prégnant dans la culture occidental. Zhora figure comme une sorte de Salomée doublée de l'attribut d'Ève. Elle danse, chassée du paradis, et souhaite la décollation de Deckard. Son serpent est marqué d'un signe d'appartenance, l'animal est un artefact, produit déposé par l'ingénieur qui l'a conçu. Les vivants machiniques sont donc autant acquisitions de leur possesseur que propriété intellectuelle de leur créateur.

La colombe qui s'échappe des mains de Roy parvenu à la fin de son existence fait partie des symboles éminemment chrétiens qu'entretien Ridley Scott dans chacun de ses films, à l'instar de la croix portée par l'anthropologue de Prometheus. Sa symbolique de la paix et de la réconciliation clôt la confrontation de Deckard et de Roy qui vient de le sauver. D'autre part, son envolée verticale est métaphore ambigüe de la possibilité d'une âme. Elle vient donc perturber la conception matérielle du corps de l'Homme-Machine. Roy n'est-il que rouages dont la mécanique cassée achève l'existence ou dispose-t-il d'un supplément volatile s'échappant du corps ? Atomisme abdéritain contre dualisme chrétien. Ridley Scott exacerbe le questionnement en le contenant dans l'ambivalence des hypothèses. Mais les colombes sont aussi d'étranges rescapés d'un monde où l'animal a disparu. Les toits des immeubles semblent encore contenir la présence d'êtres qui ne sont pas artificiels, ce qui contraste paradoxalement avec le monde dénaturé de Blade Runner. Au final, la probabilité de leur existence au sein du monde décrit dans le film a autant de crédit que celle des licornes.

Animal-Nature, Animal-Machine, la possibilité de ces deux existants implique aussi la question de l'Animal fantasmé, animal merveilleux, animal mythologique. La licorne, celle qui apparaît lors d'une courte chevauchée, celle aussi que ramasse Deckard. Croisement entre le cheval et la chèvre, l'unicorne est déjà présente chez Ridley Scott dans son film Legend. Cet animal légendaire, connu depuis l'antiquité en orient et en occident, vécut son heure de gloire durant le Moyen Âge à travers le fabuleux bestiaire des tapisseries. Sa préciosité conduisit certains hommes au commerce de sa corne (corne du narval) et à des tentatives de croisements entre animaux. Elle symbolise ainsi la création artificielle d'êtres nouveaux à partir d'êtres originaux, la mutation génétique, la procréation par croisements, l'hybridation. Sa corne torsadée est reconnue comme symbole de non-dualité, de fusion des contraires. Elle réconcilie ainsi L'Homme-Machine et l'Homme-Nature. Mais aussi, selon Jacques de Voragine, « la licorne est la figure de la mort, qui poursuit l'homme sans cesse et qui aspire à le prendre ». Deckard ramasse un origami-signe déposé par Gaff devant la porte de l'ascenseur, promesse menaçante de la traque dont Rachael et lui sont victimes. http://pourquoirien.blogspot.fr - août 2013

25/11/2013

L'Anarque selon Michel Onfray, extrait 1

"L’excès idéologique agit chez l’[anarque] comme un repoussoir, [il] n’a de souci que de préserver son indépendance d’esprit. Aussi devient-il une proie impossible à saisir par les puissants dont les armes n’atteignent jamais la quintessence d’un être, là où il est le plus riche et le plus indéfectiblement libre. Ce qui réduit l’homme du commun n’a aucune prise sur l’exception : tous veulent régner sur les autres et aspirent au pouvoir sur autrui. Leur donner ces possibilités d’exercer leur volonté de domination, c’est ravir leur indépendance. Ils paient de leur liberté la capacité à exprimer le vouloir d’un autre. Âme d’esclave, destin et aspiration de presque tous les contemporains. Or, l’anarque n’est intéressé que par le pouvoir exercé sur lui-même et ne veut régner que sur son énergie propre. D’où son mépris des jeux pratiqués par les autres – ceux qui ne s’appartiennent pas mais voudraient réduire le monde à leur caprice." (Michel Onfray, La Sculpture de Soi)

23/11/2013

Le bestiaire de Blade Runner (1/2)

Blade_Runner_Slides_1_Neuron_Syndicate.jpgUne problématique de l'essence des Hommes-Machines s'accompagne inévitablement d'une interrogation sur le statut ontologique des animaux. On se souvient de la position cartésienne voulant que les animaux soient dénués de pensées et de conscience, automates composés uniquement de rouages mécaniques déterminant leur comportement et leurs capacités. La Mettrie radicalisa les vues de Descartes en pronostiquant que l'homme lui même est conforme à ce type de modèle et que pensée et conscience sont elles aussi d'origine purement mécanique : naissance de l'Homme-Machine.

Dans Blade Runner, l'Homme-Machine se distingue métaphysiquement de l'Homme-Nature sans être jamais assimilé à celui-ci. L'Androïde n'est pas envisagé en tant que maillon suivant d'une chaîne humaine évolutive. Un fossé ontologique les sépare. L'Homme-Nature se distingue de sa création non seulement par sa position de démiurge, mais aussi parce qu'il possède une originalité, par son modèle génétique inaltéré, qui lui assure un statut ontologique supérieur et conséquemment des droits supplémentaires. Dans les films de Ridley Scott, l'homme-machine, s'il possède des capacités physiques et intellectuelles supérieures à l'homme n'en constitue pas moins un archétype déchu d'un modèle original, donc une forme frelatée dans la hiérarchie ontologique des êtres. Nous avons déjà insisté ailleurs sur le platonisme génétique qui parcourt la pensée de Ridley Scott. Les androïdes jouent le rôle de robots (le travail qui est destiné aux Nexus 6 dans les colonies de l'espace), de machines pensantes (Roy déclamant de la poésie et posant des questions métaphysiques), de pantins et joujoux affectueux (les amis enthousiastes de J.-F Sebastian), de mannequins de vitrines (Zhora sous le feu de Deckard).

L'Homme-Nature est une espèce en voie de disparition. Les appartements jouxtant celui de J.F Sebastian sont vidés de leurs occupants, partis à l'aventure dans d'improbables colonies de l'espace. Les quelques humains qui ne se sont pas encore envolés se distinguent des humanoïdes par la nécessité de porter des prothèses (lunettes) ou par leurs défauts phénotypiques (vieillissement, maladies). Ils partagent avec les animaux cette menace de disparition. pourquoirien.blogspot.fr - août 2013

20/11/2013

L'Anarque, extrait 7b : l'amour et la souffrance

couv-products-99349.pngL’Homme absurde, produit d’une vie absurde, est un homme qui souffre. L’Anarque pense que l’homme conscient de sa souffrance est toujours un peu plus libre que celui qui n’en est pas conscient. Car le second, doté d’une souffrance inconsciente, ne souffre pas forcément moins que le premier. En même temps, la conscience de sa souffrance ne doit pas entraîner, chez l’individu, une nouvelle douleur et, à terme, davantage de souffrance. En considérant, en fait, que toute souffrance s’impose à lui alors elle constitue son conditionnement. Par conséquent, se connaître c’est notamment connaître sa souffrance. L’individu qui connaît sa souffrance la borne, sait de quoi il souffre puis pourquoi il souffre. Ceci peut déjà lui permettre de souffrir un peu moins. Il doit en déduire de quoi il ne souffre pas et qu’il range parmi les plaisirs exclusifs. D’autant que, comme l’hédoniste, l’Anar-que aime le désir sans souffrir : sa révolte est notamment d’opposer clairement plaisir (conséquence d’un désir assouvi) et douleur (cause d’une souffrance). Ajoutons à cela que l’appréciation d’une part de sa souffrance par une saine résignation est également libératrice (saine car préservant le bien-être acquis jusqu’ici). Car il faut savoir ne pas souffrir en raison d’impossibles s’imposant à la nature comme à l’être humain. Puis l’homme qui aime se faire du mal est l’opposé de l’Anarque. Aimer souffrir, c’est souffrir. Aussi, l’Anarque ne veut pas souffrir d’aimer. (Louison Chimel - L'Anarque)

Plus d'infos (extraits, vidéos, vente) sur la Page Fan de l'Anarque
et ici.

18/11/2013

La Télévision, selon Michel-Georges Micberth

television_-_big_screen.gifTélévision. On a dit beaucoup trop de mal de la télévision,
alors qu'on aurait dû lui en faire, en fusillant par exemple
l'ensemble de ses journalistes et de ses animateurs.
Ça pour commencer.

(Michel-Georges Micberth, La Lettre)