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15/07/2015

La Confiance en l'Esprit, nouvel extrait de la partie 1

couv-products-115079.pngLa Conscience, c'est d'abord la conception de la Pensée en reconnaissant ses aspirations rationnelles (donc réfléchies) mais aussi irrationnelles (inconscient, sentiments, émotions).
Chercher à maîtriser sa pensée, c'est agir sur sa dimension rationnelle donc sur la Raison. La Raison – qu'elle soit prise uniquement sous l'angle de la logique ou bien sous celui de la morale – se superpose alors à la Conscience dans le sens où elle est conscience approfondie (par la conscience récurrente) et péné-trante (par la conscience récursive).
L'Esprit, fruit de l’Âme, est le moteur de la Pensée. L’Âme, si je veux la distinguer de l’Esprit, je la définirais comme la vitalité originelle, la toile de fond de notre existence, le principe faisant réalité notre essence, au-delà de toutes nos capacités cognitives, 
et concernant donc tous les êtres vivants. L’Âme est à l'Esprit ce que l'Esprit est à la Pensée. L’écrivain François Cheng nous dit joliment dans ses Cinq méditations sur la mort : « L’Esprit raisonne, l’Âme résonne. »


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10/07/2015

Michel Onfray réactionnaire ?

06/07/2015

Les vacances de Monsieur Hulot

Cette musique, et ce film... Outre le goût de la nostalgie — avec les vacances de notre enfance —, nous retrouvons dans ce film l'humour, l'élégance et la poésie françaises... Indémodable Monsieur Hulot — dont j'ai eu la chance de découvrir au cinéma l'an dernier durant un festival —, un genre à part entière, qui inspirera, des décennies plus tard, les Anglo-saxons. Merci Monsieur d'avoir fait vivre le génie français. Louison Chimel 

29/06/2015

L'enfant et le sport : l'art de la savate (boxe française). 1972

"Il n'y a d'autre voie vers la solidarité sociale que le respect de la dignité humaine.
La boxe française fait partie de ces sports dont les qualités éducatives sont exceptionnelles
et concourent de ce fait à l'épanouissement de la personne humaine comme à son respect."
(Comte Pierre de Baruzy)


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23/06/2015

Le socialisme originel : une boussole pour demain ? Conférence de Louison Chimel

Retrouvez ma conférence donnée à Montpellier le 9 mai 2015 et ayant pour thème : « Le socialisme des origines : une boussole pour demain ? » Merci à l'Université réelle pour son invitation et son accueil.

16/06/2015

L'anarchisme conservateur et l'anarchisme de droite (3/3)

(Extrait de mon prochain livre Anarchiste conservateur, Louison Chimel)
J’ai lu plusieurs aventures des rigolos Pieds nickelés au début de mon adolescence puis Voyage au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand Céline, à dix-sept ans. Les premiers m’ont donné l’image d’une France où il faisait bon vivre, d’une France prospère et insouciante, avec encore ses gendarmes en bicyclette surnommés les hirondelles. Quant à Céline, il a su coucher sur le papier l’humanité dans sa totalité, cette humanité avec ses sentiments généreux et ses bas instincts, ses propensions à l’espoir le plus naïf mais touchant et au désespoir le plus incorrigible. De plus, comme les anarchistes de droite, je me méfie bien des apparences. Je combats leur importance dans les préjugés. Etant donné mon handicap apparent, je ne peux qu’être sensible à ce genre de question. Je peux penser, par ailleurs, que l’habit fait le moine mais quand même pas tout le temps. Nous pouvons bien nous déguiser en moine, non ?
L’humour dans les romans de mon personnage Toni Truand y est sans doute pour quelque chose, certaines personnes m’ont parfois jugé anarchiste de droite, ou de droite tout court, dans le sens où la gauche – du politiquement correct, précisons – n’a pas d’humour car idéologisée et représentée par ses donneurs de leçon professionnels et spécialistes autoproclamés et pédants de la moralité qu’ils coupent en morceaux pour, concrètement, se découper de toute sensibilité spontanée. En même temps, des anarchistes de droite pourront juger, à raison, que la droite, aujourd’hui, n’a pas beaucoup d’humour non plus car plus d’une fois soumise aux procédés culpabilisants de cette précédente gauche. Il faut dire que cette dernière est maîtresse du libéralisme culturel sans quoi le triomphe de l’ultralibéralisme économique – de droite – est impossible. Lapaque nous dit bien : « La droite d'élégance et de fantaisie, la droite anar d'Louison Blondin [s’est] éteinte, victime des profits en Bourse et des taxes sur les alcools. » D’ailleurs, Un singe en hiver est, au départ, un roman de Blondin. Nous pouvons dire que l’anticonformiste anarchiste de droite a, contre lui, la droite affairiste et la gauche moraliste.

Oui, disais-je plus haut, l’anarchiste de droite, malgré son pessimisme sur les qualités humaines, détient, comme tout anarchiste qui se respecte, le sens de la fraternité, de la camaraderie ; en bref, de la communauté. « Prenant l’humanité en bloc pour un extravagant tas de gadoue, j’ai découvert, avec une stupeur dont je me remets lentement, que certains hommes étaient mes frères et parfois mes amis. » (Michel Audiard cité dans le livre de Alain Paucard, La France de Michel Audiard) De plus, l’anarchiste de droite aime, en général, sa patrie. Dans le roman Uranus de Marcel Aymé (auteur considéré anarchiste de droite), un personnage affirme avec justesse : « C'est tout de même une chose qui compte de se sentir en accord avec le sol où on est accroché. » Néanmoins, les parades cocardières ou, plus globalement, toutes formes de rassemblements tricolores ne sont pas appréciés des anarchistes de droite se méfiant énormément de la récupération politique de l’amour pour le pays.
Si un anarchiste de droite est assez solitaire, sa solitude est plus choisie que subie. Comme chez l'Anarque, il cherchera à alterner ses tendances solidaire et solitaire afin de savoir laisser « respirer » les autres et prendre du temps pour lui.
Certains jugeront l’anarchiste de droite « trop de droite » ou bien « trop anarchiste ». Lui, s’autoproclame rarement, voire jamais, anarchiste de droite. Une exception est faite avec Micberth ayant tenté de théoriser l’anarchisme de droite. Mais sinon, l'anarchiste de droite a tendance à être allergique aux étiquettes. Autre point commun avec l’Anarque – il réfute les « -ismes ». Il assume son rejet de la société, comme l’Anarque n’est pas du tout gêné qu’on le mette de côté dans la mesure où cela protège son intégrité. Justement au nom de son intégrité, l'anarchiste de droite n'est pas seulement dans la joute verbale. Il met en pratique ses principes, quitte à prendre des risques avec le pouvoir en place. Les anarchistes de droite forment, dans un sens, une « aristocratie de réprouvés » (François Richard, L'anarchisme de droite dans la littérature contemporaine).

14/06/2015

La nécessité d'écrire nous-mêmes notre Constitution

12/06/2015

L'anarchisme conservateur et l'anarchisme de droite (2/3)

0YhY9LAP0kzGUQBEBYkK8R0btgk.jpg(Extrait de mon prochain livre Anarchiste conservateur, Louison Chimel)
L’attachement de l’anarchiste de droite à une certaine aristocratie peut parfois lui faire regretter le régime monarchique sous lequel on retrouvait une aristocratie officielle avec la noblesse d’épée. Jacques Laurent, l’un des Hussards – mouvement littéraire hétéroclite de droite, opposé à l’existentialisme et aux intellectuels de gauche (dont Jean-Paul Sartre) mais aussi au gaullisme – écrit : « Le pouvoir est méprisable, non parce qu’il est bas en lui-même mais parce qu’il est bas de le vénérer. » Pensée pouvant très bien coller à celle d’un quelconque anarchiste de droite.
(Les citations de ce paragraphe sont tirées de l’entretien de François Richard pour la revue Éléments en 1991). La chose spécialement intéressante chez l’anarchiste de droite, c’est son insistance sur l’effort individuel afin de concilier intégrité et bienveillance – du moins à l’égard de ceux qu’il apprécie et tient pour respectable. Si l’anarchiste de droite joue l’anti-modèle, c’est parce qu’il cherche à faire bouger les lignes, à choquer les mentalités afin de les élever moralement. Le « refus de toute autorité instituée » est « compensé » par une « révolte individuelle au nom de principes aristocratiques ». Il ne s’agit pas d’attendre que des individus prétendument exemplaires nous montrent la voie à prendre mais de la trouver nous-mêmes, d’être nous-mêmes exemplaires. C’est en cela qu’il y a croisement d’une éthique aristocratique avec une éthique anarchiste. Soient « une synthèse entre les aspirations libertaires de l’homme (anarchisme) et son esprit de rigueur (celui d’une droite aristocratique) » ou encore une harmonie « entre le culte de l’exigence et celui de la liberté ».
Ceux qui ont lu mon livre sur L’Anarque remarqueront que, telle que je la conçois, la figure de ce dernier peut faire penser à un anarchiste de droite. Toutefois, la teneur de l’éthique de l'Anarque est plus profondément anarchiste dans le sens où elle ne s’arrête pas notamment à la non-reconnaissance intérieure des hiérarchies mais s’inscrit dans une sensibilité anticapitaliste digne des anarchistes sociétaires (socialistes ou communistes) tandis que l’idéal économique et social de l’anarchiste de droite reste flou.

L’anarchiste de droite est un amoureux de l’ivresse pour diviniser sa destinée. Attention, il n’est pas l’anarchiste chrétien – trop sage, idéaliste et prude par rapport à lui.
L’anarchiste de droite est fraternel, surtout avec les individus du même sexe que lui. Et comme il est très généralement un homme… Les femmes ne trouvent pas souvent leurs places au sein des « confréries » anarcho-droitistes. Elles devront mettre en sourdine leur éventuelle discours égalitaire pour accepter une complémentarité faisant le moins d’ombre possible à la virilité de l’anarchiste de droite, qu’il expose moins par sa force physique que par sa force morale et sa vivacité d’esprit. J’ai, sinon, parlé de « confréries » mais il faut bien mettre des guillemets. Chez les anarchistes de droite, pas de rituel ni de symbolique collective particulière. Ils ne se prennent pas assez au sérieux pour ce genre de choses. Et même, ils moqueront ceux qui en ont. Ivresse oblige, leur fraternité peut, en soirée, reposer sur une consommation partagée d’alcool jouant le rôle de médiateur. D’où les films que j’aime beaucoup : Un singe en hiver et surtout Les Tontons flingueurs. Leurs dialogues sont de l’admirable Michel Audiard. D’ailleurs, selon lui, « les hurluberlus, les mabouls, on ne les trouve qu'à droite. La droite est branque, il ne faut jamais l'oublier ». Tandis qu’à gauche, « c'est du sérieux », poursuit-il dans le livre Audiard par Audiard. Les gens de gauche « ne sont pas très indulgents avec les idées des autres ». D’ailleurs, il nous dit : « C’est la gauche qui me rend de droite. »
Audiard admirable ? Il sait manier la langue de sorte que se rencontrent et se croisent habilement ses meilleurs formulations d’hier et d’aujourd’hui, les génies des langages soutenu et familier (argot des brigands en l’occurrence). En bon anarchiste de droite, Audiard aurait-il favorisé la réconciliation entre « le populo et l'aristo » ? Cette expression est de l’essayiste Sébastien Lapaque que je continue de citer, à travers un article paru dans Marianne en juillet 1999. Il nous dit : « Dans Les Tontons flingueurs, la jactance du café du Commerce fusionne avec la langue du XVIIe siècle. « On ne devrait jamais quitter Montauban », lâche Ventura, qui cause soudain comme La Rochefoucauld. Il n'est d'ailleurs pas anodin que le trio Lautner-Simonin-Audiard ait écrit le scénario au Trianon Palace à Versailles. Gavroche chez le Roi-Soleil ! Une ironie que le jeune cinéma français rasoir et minimaliste d'aujourd'hui est incapable d'assumer : les intellos de gauche n'aiment ni les bistrots ni les châteaux. » Dans ce film, Lino Ventura joue le rôle principal. Georges Lautner en est le réalisateur. Albert Simonin est le célèbre auteur de la trilogie de romans policiers concernant le personnage Max le Menteur : Touchez pas au grisbi, Le cave se rebiffe et, justement, Les Tontons flingueurs, tous trois adaptés au cinéma.

09/06/2015

L'anarchisme conservateur et l'anarchisme de droite (1/3)

images?q=tbn:ANd9GcTs72z_IL-TwdQhmofogCz7NNhMOXVOdgJXSa3WIURUcMt-dN9f0j-89VeGMQ(Extrait de mon prochain livre Anarchiste conservateur, Louison Chimel)
Par rejet de la démocratie, l’anarchisme de droite peut se confondre avec un anarchisme élitiste. Toutefois, les partisans ne se considèrent pas forcément eux-mêmes comme une élite. A vrai dire, s’ils refusent de légitimer l’autorité de leur voisin sur eux, ce n’est pas pour imposer la leur.
Les anarchistes de droite méprisent, en général, la démocratie. Disons qu’ils aiment surtout souligner, avec cynisme et ironie, que nous vivons sous une fausse démocratie malgré tous les procédés psychologiques et intellectuels des responsables politiques, et experts attitrés, destinés à nous faire croire le contraire et à appuyer, par là, la vraie ploutocratie dans laquelle nous évoluons. Je peux donc aisément – et c’est ce que je fais dans ce livre – dénoncer, avec les anarchistes de droite, cette fausse démocratie et l’asservissement associé. Je m’en remets notamment aux critiques émises entre autres par le syndicaliste révolutionnaire Georges Sorel. A la différence, par contre, des anarchistes de droite, je défendrai clairement la vraie démocratie, avec l’ensemble des dispositions communes qui s’en rattache – que ce soit dans le domaine de l’éthique ou dans celui de l’institution. Pour certaines raisons, l’anarchisme de droite, lui, sera pris pour de l’anarchisme individualiste. Anarchistes de droite et individualistes peuvent se retrouver dans le passage suivant : « L’Anarque, conscient de l’absurde – détenu en chaque homme – peut s’amuser à penser, comme Pierre Desproges, que « les aspirations des pauvres ne sont pas très éloignées des réalités des riches ». Louis-Ferdinand Céline, de son côté, écrivit que le prolétaire était un bourgeois qui n’a pas réussi. » (L'Anarque) Cela fait un point commun entre anarque, anarchiste de droite et anarchiste individualiste. Effectivement, s’il est anarchiste de considérer l’unicité individuelle, on ne peut pas affirmer que le degré de bienveillance soit identique d’un prolétaire à un autre ou d’un bourgeois à un autre. Des bourgeois ont même une meilleure conduite que des prolétaires. Sans être convaincu par le propos, j’entends aussi André Malraux qui, dans Les Conquérants, écrit : « Je les préfère [les pauvres], mais uniquement parce qu'ils sont des vaincus. Oui, ils ont, dans l’ensemble, plus de cœur, plus d'humanité que les autres : vertus de vaincus. Mais je sais très bien qu'ils deviendraient abjects, dès que nous aurions triomphé ensemble. »
En revanche, l’anarchiste de droite défend des valeurs traditionnelles, et même aristocratiques – l’auteur Michel-Georges Micberth (1945-2013) disait défendre un « aristocratisme libertaire ». L’anarchiste de droite est un anticonformiste pouvant avoir recours à la Tradition. L’anarchiste individualiste n’est pas forcément lié à la Tradition. Il puise, éventuellement beaucoup, sa philosophie dans le libéralisme promouvant la liberté individuelle.

L’anarchiste conservateur, tel George Orwell, affirme qu’on est à même de retrouver des valeurs traditionnelles parmi les gens ordinaires. S’il s’arrêtait à cela, nous pourrions le comparer à un anarchiste de droite. Or, il précise que la common decency – cette décence des gens ordinaires, découlant de leur conservation d’un sens du passé et du langage, du partage et de l’entraide – constitue un socle de valeurs pour l’avènement d’un socialisme populaire. Les anarchistes de droite, de par leurs postures inégalitaires issues de leur « aristocratisme », n’insisteront pas, eux, sur cette common decency. Par ailleurs, ils ne parleront jamais en bien d’une quelconque forme de socialisme.
L'anarchiste conservateur et l'anarchiste de droite souhaiteront parfois conserver la même chose. En revanche, le premier peut valider certaines analyses marxistes et considérer les inspirations bienveillantes d'un Maximilien Robespierre. Le second conchie notamment l’héritage des Lumières et les pensées jacobines et marxistes. L’écrivain François Richard, collaborateur de Micberth ayant publié plusieurs ouvrages sur l’anarchisme de droite, écrit : « La caractéristique de tous [les anarchistes de droite] que leur forte individualité sépare et rend parfois hostiles les uns aux autres, c'est le refus des mots creux, des abstractions grotesques imposées comme valeurs suprêmes du Progrès à majuscule et d'une république considérée par Léon Bloy comme « le droit divin de la médiocrité absolue. » (L'anarchisme de droite dans la littérature contemporaine).
L’autocritique de l’anarchiste conservateur devient, chez l’anarchiste de droite, autodérision. Orwell, dans Le Quai de Wigan, écrit : « Je suis un semi-intellectuel décadent du monde moderne, et j’en mourrais si je n’avais pas mon thé du matin et mon « New statesman » du vendredi. Manifestement je n’ai pas envie de revenir à un mode de vie plus simple, plus dur, plus fruste et probablement fondé sur le travail de la terre.... Mais en un autre sens, plus fondamental, j’ai envie de tout cela et peut-être aussi en même temps d’une civilisation où le « progrès » ne se définirait pas par la création d’un monde douillet à l’usage des petits hommes grassouillets. » Où situer l’auteur anglais avec ce propos-là ? Entre les deux précédentes postures ? Car je doute qu’un anarchiste de droite se voie tel « un semi-intellectuel décadent du monde moderne ». En tous les cas, j’apprécie cette citation, soulignant l’imperfection de tout être humain, reconnaissant ses limites psychologiques qui ne lui permettent pas toujours de mettre en accord ses actes avec ses idées (mais une forme d’humilité se dégage de cet aveu).
Le droitisme de l’anarchiste de droite – qui a tendance à avoir une bonne estime de lui – ne doit pas être comparé avec une inclination à la bourgeoisie qu’il déteste, même si, à cause de son attitude éventuellement hautaine, nous risquons de le prendre pour un bourgeois. La noblesse est morte. Les snobs, par définition, veulent les singer. Les anarchistes de droite désirent être les nouveaux nobles, mais d’abord pour eux-mêmes. Il ne s’agit pas d’imposer quoi que ce soit auprès du peuple, au risque sinon de passer pour les snobs qu’ils méprisent ardemment.

07/06/2015

La cithare du bonheur (conte soufi)

photogal_155T1.jpgC'était un homme droit et sincère qui cherchait le chemin du bonheur, qui cherchait le chemin de la vérité. Il alla un jour trouver un vénérable maître soufi dont on lui avait assuré qu'il pourrait les lui indiquer. Celui-ci l'accueillit aimablement devant sa tente et, après lui avoir servi le thé à la menthe, lui révéla l'itinéraire tant attendu : « C'est loin d'ici, certes, mais tu ne peux te tromper : au coeur du village que je t'ai décrit, tu trouveras trois échoppes. Là te sera révélé le secret du bonheur et de la vérité. »

La route fut longue. Le chercheur d'absolu passa maints cols et rivières. Jusqu'à ce qu'il arrive en vue du village dont son cœur lui dit très fort : « C'est là le lieu ! Oui, c'est là ! » Hélas ! Dans chacune des trois boutiques il ne trouva comme marchandises que rouleaux de fils de fer dans l'une, morceaux de bois dans l'autre et pièces éparses de métal dans le troisième. Las et découragé, il sortit du village pour trouver quelque repos dans une clairière voisine.

La nuit venait de tomber. La lune remplissait la clairière d'une douce lumière. Lorsque tout à coup se fit entendre une mélodie sublime. De quel instrument provenait-elle donc ? Il se dressa tout net et avança en direction du musicien. Lorsque, stupéfaction, il découvrit que l'instrument céleste était une cithare faite de morceaux de bois, des pièces de métal et des fils d'acier qu'il venait de voir en vente dans les trois échoppes du village.

A cet instant, il connut l'éveil. Et il comprit que le bonheur est fait de la synthèse de tout ce qui nous est déjà donné, mais que notre tâche d'hommes intérieurs est d'assembler tous ces éléments dans l'harmonie.

02/06/2015

La Confiance en l'Esprit, extrait de la partie 5

couv-products-115079.pngParfois je parle de la vertu ou bien des vertus. La vertu, dite ainsi, concerne l'ensemble des vertus. Acquérir ainsi de la vertu, c'est développer au moins l'une des qualités jugées vertus, selon bien sûr qu'on adhère ou non à l'idée que tel sentiment, telle conduite, est vertueux/vertueuse.
A noter que, dans la partie 7, j'aborde ce que sont appelées les vertus cardinales. Mais il existe aussi les vertus :
– théologales (foi, espérance, charité) dépendant bien sûr de la croyance en Dieu ;
– morales dans lesquelles on retrouve la charité mais aussi la chasteté ;
– intellectuelles, articulées autour de l'union de la science et de la sagesse, ou permettant l'exercice artistique.
Ensuite, libre à chacun de considérer que telle ou telle posture ou pratique relève de la vertu. Me concernant, nous devinons celles qui me sont chères en fonction de celles que je mets régulièrement en avant dans mes livres.
Quant à Jean-Jacques Rousseau – puisque cette note est initialement reliée à un passage sur ses idées –, il nous dit joliment : « Il n'y a point de vertu sans force, et le chemin du vice est la lâcheté. » Pas de vertu, donc, sans Force de l’Esprit. C’est dans Discours sur la vertu du héros qu’on trouve cette citation. Justement, le philosophe genevois associe la vertu au courage du héros. C’est, comme je le rappelle dans la partie 7, l’andreia grecque. Car c’est dans les « occasions difficiles » qu’on peut se surpasser, que la force peut se transformer en courage. Du coup, pour le Suisse, la vertu est le courage d’accomplir son devoir en ces occasions.
On pourrait a priori associer la vertu à la bonté. Mais la première est plus profonde dans le sens où c’est la volonté de lutter contre ses limites, ses défauts dont l’égoïsme. Il peut sembler logique que le premier de nos devoirs est de mener cette précédente lutte, dans le but, ensuite, de bien servir, aussi bien soi-même qu’autrui.
Enfin, j’aime dire – et Rousseau aurait sans doute aimé cette pensée – que les vrais forts sont les vrais sensibles et les tyrans de vrais faibles.


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27/05/2015

L'intérêt de l'apprentissage du latin selon Marcel Pagnol

22/05/2015

Jacques Verges sur le colonialisme


Jacques VERGES par le_citoyen

19/05/2015

Résistance : Ahmed, triple amputé et professeur à Gaza

ahmed-triple-ampute-et-professeurparmi_les_e_le_ves-9e15a-c0e34.jpgReportage photos de Reuters sur Ahmed al-Sawaferi, 25 ans, amputé des deux jambes et du bras droit par un bombardement israélien à Gaza en 2008, qui a néanmoins réussi à poursuivre des études et à enseigner.

« En juin prochain, Ahmed finira son cursus universitaire et obtiendra un diplôme en études islamiques. Père de deux enfants, il bénéficie de l’aide de ses proches, notamment son neveu, au quotidien", rapporte l’agence Ruters.

En attendant, il enseigne dans une école primaire de Gaza City, où le photographe de l’agence Reuters l’a suivi. Malgré ses trois membres en moins, il réussit à donner des cours, se déplaçant parfois avec l’aide de ses collègues.

Pour les amputés de Gaza, le quotidien est souvent très compliqué. La Croix-Rouge donne au Centre prothétique de Gaza des prothèses, mais ce dernier peine à fonctionner en raison de manque de moyens humains et financiers. »

En savoir plus, et voir d'autres photos, en cliquant ici.

 

15/05/2015

La Confiance en l'Esprit, extrait de la partie 6

couv-products-115079.pngRien n'est au-dessus de la Force ? Cela dépend. Le Monde, ce n'est pas que la terre mais aussi l'eau, le feu et l'air. Il s'agit de maîtriser un art de vivre comme on maîtriserait les quatre précédents éléments grâce à une sagesse remarquable. Il y a moyen de maîtriser ses passions tout en leur trouvant des bienfaits et « sans contrepoids » (comme dirait Jean-Jacques Rousseau). Ceci est possible par la réalité de l'Esprit absolu, qui est, je le répète, l'esprit libre en soi et pour soi. Puis-que comment renier le pouvoir du corps, de la chimie corporelle, sur l'âme, donnant justement naissance à
la Passion, selon René Descartes ? Cette dernière peut pourtant respecter l'union de l'âme et du corps. D'au-tant que la sensibilité, dont la grandeur nourrit la Passion, est essentielle à cette union puisque résultat des réceptivités sensorielle (corps) et intellectuelle ou spirituelle (âme)*.

La Passion, c'est l'énergie du vouloir, comme la Force est l'énergie de l'Esprit. L'Esprit du Monde peut donc être comparé à l'énergie universelle.
Cette union de l'âme et du corps ne peut-elle pas concrètement se caractériser par une estime de soi suffisante et adaptée à la Passion pour donner le moyen de mettre l'énergie de celle-ci au service d'une action qui nous ferait triompher de nos conquêtes, changer les choses comme nous le désirons ? Une fois ces choses changées comme nous le voulons et grâce justement à cette estime de soi, nous sommes encore debout pour les contempler. Si, au contraire, nous avons perdu la bataille alors nous sommes quand même encore debout, prêts à aller mener une autre bataille. Changer le Monde pour que son esprit resplendisse : pas d'étrangeté dans cette expression.

* Pour Descartes, l'union de l'âme et du corps ne peut pas être connue uniquement par l'Entendement. Il faut lui ad-joindre une autre faculté, l'imagination, et, plus largement, la sensibilité.
De surcroît, ce philosophe pense logiquement que c’est une science mêlant morale et médecine qui doit travailler sur cette union.


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10/05/2015

Entrevue de l'auteur du livre Le Meilleur des Mondes : le visionnaire Aldous Huxley (1958)


Aldous Huxley - Le Meilleur des Mondes - 18 Mai... par AlbertLAPOITE

02/05/2015

La Confiance en l'Esprit, extrait de la partie 4

couv-products-115079.png[...] si je n'ai pas confiance en la Raison, limité-je mon entendement ? Sans doute car je limite tout d'abord le pouvoir de l'Esprit subjectif à travers la faculté d'avoir confiance si la confiance est jugée avant tout comme un sentiment. Seulement, ne pas avoir confiance peut renforcer la négativité de l'Esprit absolu. En même temps, cette négativité est notamment explorée dans la faculté d'avoir confiance. Refuser d'avoir confiance peut avoir des causes aussi bien subjectives qu'objectives. Faire confiance à son chef de projet dans le cadre de son travail – car avoir confiance en ses compétences –, c'est une position qui se veut à la fois subjective et objective. Subjective car la confiance reste un sentiment. Objective car visant une finalité professionnellement heureuse : ici la réalisation dans les meilleurs conditions, l'atteinte des objectifs. Cette objectivité concerne une organisation collective, ici l'entreprise. En même temps, j’ai bien écrit « qui se veut » car un tiers, dans un cas précis, peut juger qu’il ne faut pas faire confiance à tel chef de projet et que le choix effectué n’est pas objectif. Une même objectivité ne peut jamais concerner l'ensemble des aspirations, qu'elles soient collectives (à travers les entreprises, associations, États,...) ou individuelles (en raison de la singularité éthique et intellectuelle de chacun). Le philosophe français Pierre-Joseph Proudhon considérait même qu'une volonté générale, toute objectivité qu'elle prétend représenter, ne peut jamais être la somme parfaite de volontés individuelles. La première reste toujours inadaptée à une volonté individuelle au moins. A partir de là, la définition d'une objectivité se fait toujours au détriment d'au moins une subjectivité individuelle. La première devient, pour la deuxième, elle-même subjectivité. Y a-t-il une subjectivité universelle ? On peut répondre oui si elle est simplement la juxtaposition des subjectivités individuelles. Dans ce cas cependant, la subjectivité universelle manque de cohésion, d'homogénéité, d'unité. Elle n'est pas vraiment universelle puisqu'elle n'est pas une. On peut sinon la concevoir telle la somme des prétendues objectivités. L'objectivité universelle, si elle existe, ne résiderait-elle pas dans les sages conscience et appréciation d'une subjectivité universelle en considérant l'incontournable absurde et d'importantes disparités culturelles et comportementales à l'échelle du Monde ?
Entreprendre superbement la subjectivité et l'objectivité, par leur usage conscient et leur entendement, se situe au niveau de l'Esprit absolu. Ce dernier est voué à la connaissance :
– purement théorique (sagesse, amour du Beau et du Bon) ou bien théorico-pratique (création) de la philosophie et de l'art, incluant donc l'esthétique ;
– purement théorique (sagesse d'historien, amour du Bien) ou bien théorico-pratique (engagement politique ou religieux) de l'histoire des idéologies, et leurs organisations, politiques et religieuses.


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27/04/2015

L'amour du temps présent

couv-products-114990.png

La vie est absurde en raison notamment de l’existence de la mort. L’homme, comme tout être vivant, est mortel. L’absurde dépasse la vie d’un seul homme. L’absurde, lui, est immortel. 

Ensuite, des gens trouveront que la vie prend justement tout son sens grâce à la mort. Certains diront qu’il faut profiter de la vie au maximum. Égoïstement ? D’autres penseront qu’il faut mener une vie vertueuse. Il existe aussi le concept d’Eternel retour consistant à mener sa vie de sorte qu’à l’aube de sa mort, s’il était permis de revivre sa vie, nous voudrions la revivre exactement comme nous l’avons vécue. Dans tous les cas, l’Anarque espère, bien entendu, laisser derrière lui un monde meilleur – au moins son microcosme. Dans le cas de notre mort, est surtout absurde notre méconnaissance de sa date. L’homme peut commencer à bâtir aujourd’hui le plus beau projet du Monde, sa mort, toutefois, le rappellera à l’ordre, interrompant ses belles œuvres : l’ordre absolu de l’absurde dont, encore une fois, nous pouvons lui opposer celui de l’Anarchie par notre touchante faculté à commencer à réaliser – malgré cette mort imprévisible – puisque motivés par le rêve de l’accomplissement.

Parce que l’Anarque a particulièrement conscience de la mortalité, qu’également demain n’existe pas et n’est qu’invention, il donne importance à l’instantané et à l’inachevé. Cette mesure de l’instantané permet à l’Anarque d’apprécier la spécificité de l’instant présent. Quant à sa mesure de l’inachevé, elle lui permet de relativiser les problématiques, de posséder une tolérance philosophique, une sagesse.

En effet, l’Anarque est conscient qu’il n’y a que le présent qui existe en réalité. En même temps, le temps est infini. L’être humain néanmoins le borne par sa naissance et sa mort. A partir de là, même si pourtant il ignore quand exactement va-t-il mourir, il projette. Il mise sur le futur. Il pense éventuellement qu’il est sage de croire que patience et temps qui passe, plutôt que force et rage, rendent davantage service à sa cause. Or, l’impatience a aussi ses merveilles ! Et une certaine sagesse ne relèverait-elle pas plutôt de tout miser sur l’instant présent ? C’est-à-dire d’avoir la sensation de vivre pleinement cet instant malgré ses imperfections plutôt que de compter sur l’avenir ? Mohandas Gandhi disait : « L’avenir est ce que vous faites maintenant. » 

Si, pour l’Anarque, le temps est compté, c’est seulement à cause de l’interrogation sur la date de la fin sa vie. L’Anarque, par son intégrité, donne toujours auprès des autres de ce qu’il est au temps présent. L’expression même de « temps présent » devient pour lui pléonastique. Il peut lui arriver de projeter dans la mesure où, parfois, construire demande de planifier. Mais il garde à l’esprit que sa vie peut s’arrêter à tout moment. D’où son amour pour l’instantané et l’inachevé. 

Au passage, il serait effrayant de connaître la date de son décès. Mais ceux qui, par exemple en raison d’une maladie, en ont une idée approximative prennent tragiquement et paradoxalement conscience de la beauté de l’instantané et de l’inachevé.

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23/04/2015

Pasolini et l'amour des gens simples (3/3)

Pratt.gifNOTES (1) Pasolini est mort assassiné en pleine nuit sur la plage d’Ostie, ville proche de Rome. Les circonstances de sa mort restent controversées. Peu avant sa mort toutefois, nous pouvons préciser que l’écrivain avait commencé un roman politique nommé Petrolio parlant des liens entre les dirigeants politiques italiens, la mafia et la société italienne d’hydrocarbures E.N.I.

(2) Parallèlement à ces propos de Pier Paolo Pasolini, je souhaite mettre ceux de Hugo Pratt, l’auteur des bandes dessinées de l'anarque Corto Maltese, dans son livre Le désir d'être inutile : « A cette école primaire, quand j’avais sept ans, il m’est arrivé un incident étrange. A la suite d’une insolation, j’ai perdu la mémoire. Je suis resté pendant six mois en état de choc, ne me souvenant plus que d’une grande lumière, puis je suis brusquement redevenu normal. Pendant toute cette période, on m’avait mis dans une section spéciale de mon école, réservée aux élèves déficients mentaux. Nous étions huit, et devions porter un uniforme noir, alors que les élèves normaux étaient habillés en blanc. Quand je me suis comme réveillé, on m’a redonné l’uniforme blanc, et les élèves considérés comme débiles m’ont demandé : « Mais qu’est-ce que tu fais là, habillé en blanc comme tous ces cons ? » J’ai finalement préféré rester avec ces sept élèves, j’avais plus d’amitié pour eux que pour les autres. Je me demande si certains ne faisaient pas semblant d’être déficients mentaux, car on était moins exigeants pour les élèves de cette section. Ce qui m’intrigue aussi, c’est que ces sept élèves s’en sont bien tirés plus tard. L’un d’eux vend des souvenirs aux touristes, place Saint-Marc, à Venise. A chaque fois qu'il me voit, il s’exclame : « Hugo, tu te rappelles quand nous étions dans notre école de débiles ? » Quand je me promène avec, par exemple, un éditeur, c’est une phrase qui fait sensation. »

(3) Hommage à l’écriture poétique de Pasolini avec un extrait de son recueil autoédité Poésie à Casarsa (1941-42) :

« J’ai le calme d’un mort :
je regarde le lit qui attend
mes membres et le miroir
qui me reflète absorbé.
Je ne sais vaincre le gel
de l’angoisse, en pleurant,
comme autrefois, dans le cœur
de la terre et du ciel.
Je ne sais feindre ni calme
ni indifférence ou autres
exploits juvéniles
couronnes de myrte ou palmes.
Ô Dieu immobile que je hais,
fais que jaillisse encore
vie de ma vie,
peu m’importe comment. » 

Louison Chimel dans Anarchiste conservateur (livre non encore paru)

21/04/2015

Ma présence au salon du livre de Saint Didier de Formans (Ain)

Bonjour à tous, je serai présent ce dimanche au Salon du Livre,
des Arts et de la Gourmandise, à Saint Didier de Formans dans l'Ain. 

afin de dédicacer tous mes ouvrages (Les aventures de Toni Truand,
Misanthrope imaginaire,
Mes séances de misogym, et mes essais philos).
N'hésitez pas à venir me rencontrer ! Louison Chimel
 
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20/04/2015

Décès de l'instructeur de boxe française Jean Lafond : hommage en vidéo

« La boxe française est un jeu hardi, imprévu, étincelant,
plein d'illuminations romantiques. » (Théophile Gautier)

18/04/2015

Pasolini et l'amour des gens simples (2/3)

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Notre cinéaste italien, né à Bologne, a été enseignant. Sous le régime fasciste de la République sociale italienne (1943) Pasolini assure chez lui, à Casarsa della Delizia, des cours pour les lycéens qui, à cause des bombardements, ne peuvent plus regagner leurs établissements scolaires. A savoir : Susanna, la mère de Pier Paolo – avec qui elle vit – a été institutrice à Casarsa. A cause des agitations dues à la guerre, l’écrivain et sa mère partent habiter, en octobre 1944, à Versuta, bourg de Casarsa situé à trois kilomètres du centre de la commune. Dans cette nouvelle habitation, ils vont faire idem : assurer des cours dans leur domicile. Et ce, pour les enfants trop loin de l’école encore ouverte. Entre-temps, Guido, le frère de Pier Paolo engagé dans la résistance, meurt dans l’épisode appelé le Massacre de Porzus (1945). Malgré la triste nouvelle, Pier Paolo continue d’assurer les cours chez lui. En 1946, grâce à sa thèse intitulée L’Antologia della poesia pascoliana : introduzioni e commenti, le futur cinéaste, adepte de la poésie(3), est officiellement reconnu enseignant. En 1948, il donne des cours de littérature à l’école de Valvasone.

Je connais des gens qui sont peu allés à l'école. Ils n'écrivent pas correctement le français. Ils ont, dans leur vie, lu très peu de livres voire pas du tout. Pourtant, je suis loin de trouver qu'ils sont épargnés par la grâce, pour reprendre le terme pasolinien. Maintenant, la condition d’analphabète peut rendre malheureux dans bien des situations… 

Dans tous les cas, c'est moins la connaissance pour elle-même qui est à honorer – soviétisme et nazisme sont des idéologies se voulant très réfléchies – que la conscience morale à l'intérieur de cette connaissance. Aussi, il faut que la connaissance, quel que soit son degré, sache laisser une place non négligeable aux sentiments. Il faut espérer, même chez celui qui a fait de « hautes études », une intacte conservation de la moralité et de la sentimentalité. Dans un sens, un grand degré de connaissance doit nous ramener à l’essentiel :
– naturel, nous rappelant qu’avant de penser nous ressentons, nous sommes disposés au sentiment ;
– culturel, nous rappelant l’importance de la morale au sens large, notre volonté à faire société et à détenir un bon sens partagé. Louison Chimel dans Anarchiste conservateur (livre non encore paru)

15/04/2015

La Confiance en l'Esprit, extrait de la partie 10

couv-products-115079.pngNietzsche parle de sagesse apollinienne et de sagesse dionysienne. La première permet la découverte de la vérité supérieure d'un objet, la deuxième sa vérité naturelle. La sagesse dionysienne implique que l'individu ouvre les yeux sur l'outrage ainsi que sur la cruauté qui peut lui être associée. Comme la figure du Pendu – individu pendu en l'air par un pied à une corde et entre deux troncs d'arbre – il s'agit de ne rien déconsidérer du Monde – et donc de la nature des êtres qui l'habitent – afin d'essayer de le comprendre le mieux possible et, dans l'absolu, de le connaître dans son ensemble. En effet, le Pendu, en voyant le Monde la tête à l'envers, est assuré de le voir d'un angle différent et de lui découvrir un visage qui, jus-que là, lui était méconnu.
D'où l'intérêt de ce qui est appelé la tragédie : œuvre théâtrale ou, plus largement, événement funeste et affichant le malheur – avec souffrance implicite ou explicite – des individus. Au temps de Dionysos, la tragédie naît des dionysies qui étaient des fêtes païennes sacralisant les effets du vin. En grec ancien, tragodia désigne le chant religieux joué durant le sacrifice du bouc, sacrifice effectué justement lors des dionysies. En passant, le Pendu n'est-il pas lui-même un être sacrifié ?
Deuxième remarque concernant ce dernier. On peut l'associer au mythe d'Odin, le dieu principal de la mythologie nordique. Il est le dieu du savoir, de la victoire (et indirectement de la guerre) et de la mort. Odin fut pendu à l'Yggdrasil après avoir été transpercé par sa propre lance, appelée Gungnir et ayant la particularité d'être inarrêtable une fois jetée. L'Yggdrasil, c'est l'Arbre-monde, l'immense arbre cosmique (un frêne) qui abrite l'univers tout entier. Ses branches sont dans les cieux et ses racines à la hauteur des trois niveaux des neufs mondes qui, selon cette mythologie, constituent l'univers.
Odin resta pendu neuf jours et neufs nuits (un jour et une nuit par monde) dans le but d'acquérir la sagesse requise pour détenir le pouvoir sur ces neufs mondes. La connaissance de l'univers dans toutes ses facettes fait le lien avec le Pendu comme évoqué précédemment. En outre, on peut noter que Hangatýr est l'autre nom d'Odin et signifie le dieu des pendus.


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12/04/2015

Pasolini et l'amour des gens simples (1/3)

Pour commencer cette partie, un point étymologique sur la sensibilité morale. Il nous éclaire pour la suite. Sensibilité vient du latin sensibilitas, faculté de sentir. Or naturellement, la faculté de sentir est également la sentimentalité. Pour être réceptif, il faut être sensible. Pour sentir, il faut être en mesure de recevoir. Sentimentalité et sensibilité sont synonymes par la réceptivité naturelle dont elles dépendent. On est alors touché par le comportement d’un individu, que ce soit purement affectivement ou bien moralement. Le second cas concerne la sensibilité morale. Elle est donc :
– la sentimentalité qui interroge notre discernement moral, nos visions spontanées de ce qui est bon de faire (éthique), de ce qui est bien ou mal (morale) ;
– notre moralité naturelle, notre faculté au discernement moral comme une des conséquences directes de notre réceptivité. 

Il existe une idée consistant à dire qu’il n’y a pas besoin d’être très instruit ou d’avoir fait de « hautes études » pour posséder cette élémentaire sensibilité morale dès qu’elle touche le plus grand nombre et s’incarne dans la Décence des gens ordinaires, la Common decency. George Orwell, l’inventeur de ce dernier concept se serait, je pense, bien entendu avec l’homme que je veux maintenant citer. Il s’agit du cinéaste, écrivain et journaliste italien Pier Paolo Pasolini (1922-75) (1) dans une entrevue : « Le type de gens que j'aime beaucoup plus sont ceux qui, éventuellement, n'ont même pas terminé l'école primaire, c'est-à-dire les gens absolument simples, mais ne mettez pas de la rhétorique dans ma déclaration, je ne fais pas de la rhétorique. Je dis cela parce que la culture de la petite bourgeoisie, du moins dans mon pays, mais peut-être aussi en France et en Espagne, est quelque chose qui conduit toujours à la corruption et l'impureté ; tandis qu'un analphabète, celui qui a accompli les premières années d'école primaire, garde toujours une certaine grâce, qui se perd par la suite à travers la culture et se retrouve finalement à un très haut degré de culture. » (2)

Je n’adhère pas aux généralisations de Pasolini qui découlent de cet extrait. Pasolini serait un marxiste conservateur (...) plutôt qu’un anarchiste conservateur, comme Orwell. Sa lecture de classes est catégorique. Mon anarchisme conservateur, au nom de la considération de l’unicité de chacun, m’empêche de faire une généralisation sur les aspirations et comportements des individus qui composent une classe sociale en particulier. Et en même temps, il valide globalement la lecture de classes marxiste.

Il faut cesser, dans tous les cas, de trouver démagogique la moquerie de la richesse matérielle au profit de la richesse spirituelle. En outre, il ne faut pas voir, dans les propos de Pasolini, la justification ou une défense pure et simple du non-accès au savoir. Louison Chimel dans Anarchiste conservateur (livre non encore paru)

06/04/2015

Heureuses fêtes de Pâques

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02/04/2015

Liberté, authenticité et risque contre autorité, par P.-P.Pasolini

images?q=tbn:ANd9GcQvJvfk7Jdnt6uzsEcCyJlOoIy9T7lawpnUz6Wcu7XMUzR1EiNm1bJnU9tz1g« Une idée qui semble immédiatement aberrante à une personne normale : pour écrire quelque chose, il faut que quelqu'un possède une « autorité ». Sincèrement, je ne comprends pas comment on peut avoir une telle idée en tête. J'ai toujours pensé, comme n'importe quelle personne normale, que derrière qui écrit doit se trouver la nécessité d'écrire, la liberté, l'authenticité, le risque. Penser qu'il doive y avoir quelque chose d'officiel et de social qui « fixe » l'autorité de quelqu'un est une pensée […] évidemment due à la déformation subie par qui ne sait plus concevoir la vérité en dehors de l'autorité.
Moi, je n'ai derrière moi aucune autorité, sinon celle qui me vient paradoxalement de n'en pas avoir et de ne pas en avoir voulu. » (Pier Paolo Pasolini, Ecrits corsaires)

28/03/2015

Une chanson sur El Libertador Simon Bolivar (Inti Illimani)

24/03/2015

Faire la grève contre l'invasion de l'anglais

JPF.jpgQuelle mouche a piqué Michel Serres? Le philosophe français, amoureux du langage et des langues, un des rares penseurs de l’hexagone à ne pas vouer le web aux gémonies, enseignant à Stanford, pique une sacrée colère contre l’invasion de l’anglais. Non, pas contre l’anglais, langue de la communication, mais contre l’anglais utilisé à tout va  dans les publicités. Que dit l’auteur de la petite Poucette dans un entretien accordé ce dimanche à la Dépêche du Midi ?

Qu’il en a «marre que la SNCF nous fasse des “smiles”». Il est tellement énervé, Michel Serres, qu’il veut inviter les Français à faire la grève de la langue de Shakespeare, ou plutôt celle de Ronald McDonald. «Chaque fois qu’une publicité sera en anglais on n’achète pas le produit, chaque fois qu’un film ne sera pas traduit dans le titre, on ne rentrera pas dans la salle de cinéma. On ne rentre pas dans un shop, on entrera dans une boutique. Et dès lors que les publicitaires et les commerçants auront 10 % de moins de chiffre d’affaires, ne vous en faites pas, ils reviendront au Français.»

Ce n’est pas la première fois que Serres s’en prend avec virulence à l’invasion de l’anglais dans le langage de tous les jours, dans des buts purement commerciaux, et qui mettent selon lui en péril la langue française. Serres, qui parle même de danger de mort, avait donné des arguments aux opposants à l’arrivée de l’anglais à l’université, lors du débat qui a agité les intellectuels et les universitaires français au printemps 2013. Interrogé sur France Info fin mars, il avait dit:

«Une langue vivante, c'est une langue qui peut tout dire (…) une langue vivante est un iceberg. [la partie émergée] «est représentée par les mots du langage courant». [Ce qui est important] c'est la partie immergée, c’est à dire tous les langages spécialisés. Et «une langue vivante, c'est la somme de ces langues spécialisées. Il suffit qu'une langue vivante perde un ou deux de ces corpus et elle est virtuellement morte.Enseigner en anglais nous ramènerait, par disparition de ces corpus-là, à un pays colonisé dont la langue ne peut plus tout dire».

Plus politique dans la Dépêche, Serres s’en prend à la «classe dominante [qui] n’a jamais parlé la même langue que le peuple. Autrefois ils parlaient latin et nous, on parlait français. Maintenant la classe dominante parle anglais et le français est devenu la langue des pauvres ; et moi je défends la langue des pauvres. Voilà, c’est pour ça que je demande qu’on fasse la grève».

Et pour qu’on prenne bien conscience du danger, l’académicien relocalise à Toulouse ce qu’il avait déjà dit en 2010 à propos de Paris: «Il y a plus de mots anglais sur les murs de Toulouse qu’il y avait de mots allemands pendant l’occupation.» Comment on traduit Godwin déjà? Slate.fr, 20 octobre 2013

17/03/2015

Retrouvez-moi en conférence à Montpellier

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15/03/2015

La Confiance en l'Esprit, extrait de la partie 9

couv-products-115079.png« Tout le monde […] veut une vie heureuse ; mais, lorsqu’il s’agit de voir clairement ce qui la rend telle, c’est le plein brouillard. Aussi n’est-ce point facile d’atteindre la vie heureuse ; on s’en éloigne d’autant plus qu’on s’y porte avec plus d’ardeur, quand on s’est trompé de chemin ; que celui-ci nous conduise en sens contraire et notre élan même augmente la distance.
« Il faut donc d’abord bien poser ce qui est l’objet de notre désir, puis examiner avec soin comment nous pourrions le plus rapidement nous diriger vers lui ; si la voie est droite, nous nous rendrons compte, pendant le voyage même, des progrès faits chaque jour et de notre approche d’un but vers lequel nous pousse notre désir naturel. Aussi longtemps que nous errons ça et là sans guide, obéissant aux bruits et aux cris discordants des hommes qui nous appellent en des sens opposés, nous usons une vie que nos égarements rendent brève, même si nous travaillons de jour et de nuit à cultiver le bien. » (Sénèque, De la vie heureuse)
Je veux insister, dans ce passage, sur l'idée de « voir clairement » ce qui rend la vie heureuse. Voir clairement, c'est faire preuve de clairvoyance. Chez Socrate, la clairvoyance est la sophia, la connaissance claire et absolue du monde matériel et du monde spirituel. Son résultat est appelé Contentement, c'est le bonheur atteint par la philosophie. Ainsi, je conçois le bonheur comme le résultat de l'Esprit absolu déployé.
Je reprends maintenant les deux autres domaines d'élévation spirituelle débouchant sur l’Esprit absolu. Dans l'art, le bonheur est obtenu par la Création, forcément libératrice, rendue possible déjà par une part de liberté fournissant un potentiel créatif et conquise par le savoir puis le savoir-faire. A travers enfin la moralité, nous développons notre conscience morale puis notre éthique, multiplions alors nos actes altruistes. C’est ainsi que nous cultivons notre bonheur.


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