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10/03/2014

Sur la journée de la femme (2/2)

portrait-of-karl-marx-unknown.jpgSamedi dernier, c'était la journée de la femme ; donc la journée de Madeleine Albright, des caissières de supermarché, de Laurence Parisot, des femmes de ménage, d'Angela Merkel et des femmes qu'on force à marier et à voiler.
Cherchez maintenant l'erreur ! Mais il n'y en a pas. Ce sont toutes des femmes. Et pour cet unique motif, elles seraient toutes à honorer.
La lutte des sexes devrait alors expliquer toutes les problématiques sociales et morales.
La lutte des classes serait forcément une analyse démodée. Anthony MICHEL

09/03/2014

Sur la journée de la femme (1/2)

Je me souviens de cette vieille amie anarchiste et féministe des années 60-70 qui, il y a quelques années, m'expliqua qu'elle était contre la journée de la femme. Parce que, comme disait le célèbre anarcho-communiste Pierre Kropotkine, la liberté ne se donne pas mais se prend.
Par ailleurs, elle disait ironiquement que si telle journée était celle de la femme alors les 364 autres jours de l'année sont celles des hommes... Anthony MICHEL

08/03/2014

Les jours heureux, ma critique sur ce documentaire

affiche_les-jours-heureuxJ'ai vu hier soir, au cinéma, le documentaire Les jours heureux sur le Conseil National de la Résistance et plus précisément l'élaboration de son programme ; chose généralement peu abordée dans les écoles ou les médias. Les jours heureux, c'est historiquement le nom du programme du C.N.R.
Un documentaire que je conseille. On y retrouve une poignée de vieux hommes fort sympathiques et courageux qui autrefois ont résisté - parfois armes à la main, notamment dans les rues de Lyon (ville qu'on retrouve beaucoup dans le docu).
La seconde partie se consacre à des entretiens avec des politiques actuels. On retrouve Hollande lui-même en tant que président de la République, mais aussi Bayrou, Copé, Mariani, Apparut, Mélenchon et Dupont-Aignan.
Il ressort nettement — ce qui peut sembler assez logique mais tel aussi un parti pris du réalisateur — que les deux derniers cités sont ceux qui parlent le mieux de l'héritage du C.N.R. et du décalage entre ses vertus et l'actuelle idéologie dominante, néolibérale.
Il n'est plus à prouver qu'il a existé une union objective, pratique et victorieuse entre socialo-communistes et gaullistes au cours de la seconde guerre mondiale et les premières années succédant sa fin.
C'est vrai aussi que le programme, bien que ne rompant pas avec le capitalisme, était très socialiste (authentiquement) et donc influencé — et c'est heureux — par les socialistes et communistes résistants.
Je déplore cependant que, dans le documentaire, il y ait insistance sur le fait que la Résistance, ce sont seulement ces derniers. Oui, il y a bien insistance là-dessus : il faut être de gauche pour être résistant. On pourrait être amené à penser qu'être de gauche c'est forcément être résistant. Ce qui est loin d'être le cas. Je veux rappeler les choses suivantes :
— plus des trois-quart des députés de l'ex-Front populaire de 1936-38 (donc la gauche) votent en juillet 1940 pour les pleins pouvoirs au maréchal Pétain ;
— le mouvement communiste, dit pleinement résistant dans le documentaire, comportait des individus qui ont soit saboté des actions de la Résistance soit certes œuvré pour elle mais seulement à des fins pro-soviétiques ;
être de gauche ne conduit pas nécessairement à la résistance. Comme l'explique très bien l'ouvrage intitulé Un paradoxe français, Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, de Simon Epstein, le collaborationnisme de gauche a été très important ;
— il y a eu plus de membres résistants issus des Croix de feu et de l'Action française que ce que les garants de la mythologie républicaine laissent entendre en général.
Donc au-delà de cette dernière à faire perdurer — et à relier à une idéalisation de l'homme de gauche forcément valeureux , le message essentiel, pour le roman national et pour souligner la valeur humaine au-delà de tout parti, serait de dire qu'avant tout, à l'époque, il a été question de lutter, non sans difficulté, contre l'invasion d'une puissance étrangère, un impérialisme. Et pas seulement une fois (impérialisme nazi) mais deux fois (impérialisme américain) voire trois fois (impérialisme soviétique). Et que cette lutte a été dirigée par un enfant de Péguy mais aussi de Maurras en la personne de De Gaulle.
Il s'agissait bien de défendre tout simplement la liberté d'un territoire qui s'appelle la France. Je regrette chez ceux qui ne veulent honorer qu'une partie des Résistants d'avoir toujours et encore une vision sectaire. Ce sont les mêmes qui oublient volontiers qu'avant De Gaulle la France a eu notamment Jeanne d'Arc !

Anthony MICHEL

05/03/2014

Le coeur, notre cerveau intuitif ?

Selon la neurobiologie, notre cœur serait doté d’une intelligence propre, indépendante de la raison. Des découvertes qui rejoignent les sagesses traditionnelles pour lesquelles le cœur est la voie d’accès à notre intuition.

Notre cœur est intelligent. Il serait capable de percevoir, mémoriser, traiter, envoyer et relayer de l’information, et ce, indépendamment de notre cerveau pensant et raisonnant. Cette découverte pour le moins étonnante est le fruit de travaux en neurosciences menés par l’institut américain HeartMath. Selon les chercheurs, le cœur serait doté d’une sorte de cerveau, un système nerveux autonome composé de quelques 40 000 neurones et d’un réseau complexe de neurotransmetteurs.
Véritable centrale à énergie, le cœur émettrait en outre un champ magnétique très puissant, 60 fois supérieur à celui du cerveau et dont le rayonnement serait perceptible à plus d’un mètre du corps. Bien au-delà de sa simple fonction de pompe à circulation sanguine, le cœur serait ainsi doté de circuits intelligents et émotionnels, capables de générer et d’envoyer de données au cerveau. Notre matière grise ne serait donc pas la seule à intervenir dans nos choix et surtout, elle ne serait pas la seule à produire des émotions…

Quand le cœur et le souffle entrent en cohérence

 Les chercheurs américains de HeartMath ont de plus révélé un lien entre le rythme du cœur, le souffle, et un état de bien-être et d’harmonisation intérieure. Mieux : ils ont montré qu’en agissant sur son rythme cardiaque par le biais de la respiration, et ce, en l’accompagnant de visualisations et de pensées positives, on créé un état de « cohérence cardiaque » favorable à la créativité, à la sérénité, au bien-être et à l’intuition. « La cohérence cardiaque permet d’améliorer son rapport aux autres, sa concentration, ses performance et ses résultats », note le docteur David Servan Schreiber dans son livre Guérir, qui, au début des années 2000 a popularisé la pratique de la cohérence cardiaque en France.
Les bienfaits de la pratique de la cohérence cardiaque, étudiée y compris en milieu professionnel,  sont nombreux, tant sur le corps que sur l’esprit : diminution de la tension et de la fatigue, baisse du stress, meilleur équilibre hormonal, système immunitaire plus tonique,  perte de poids etc. Globalement, la cohérence cardiaque repose sur un principe simple : inspirer pendant 5 secondes, puis expirer sur le même tempo, en pensant à des choses agréables, et ce, pendant des séquences de quelques minutes.
On ne voit bien qu’avec le cœur

Centre de notre potentiel bien-être, le cœur est aussi en lien avec notre intelligence intuitive. « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux » affirme Le Petit Prince dans le roman de St Saint-Exupéry. Le cœur est ainsi la voie permettant d’accéder au juste, à l’essentiel, à notre être supérieur, notre intuition. Il abrite la vérité, celle qui fait que l’on sait intuitivement « dans son cœur », si quelque chose est bien pour nous ou pas.  Ce savoir, cette sagesse intuitive du cœur, est une notion que l’on retrouve dans bien des traditions spirituelles, en particulier orientales. Dans la tradition bouddhiste, c’est en cultivant les qualités du cœur, comme la compassion, la gratitude, la joie, l’amour, l’ouverture que l’on peut atteindre sa part spirituelle et intuitive. En médecine chinoise, le cœur est le centre du shen, qui canalise toutes les énergies. Il est cet « empereur » qui commande à la fois le corps,  le mental, le psychisme, les émotions et la conscience.

histoiredintuition.com - 07 février 2014

02/03/2014

Les flics, vus par Michel-Georges Micberth

7202.gifTu sais que chez ces gens-là, il n'y a pas de fumiers, rien que des saints. Le flic, même le plus con a la science infuse et assermentée. Double garantie. Avise-toi pas de dire le contraire, ce serait de la diffamation. Le flic, dès l'instant où tu le coiffes d'un képi, n'est plus un homme mais un saint ; pas un képi sur la tête : une auréole. Il perd sa carne, un pur esprit je te dis. Des miracles, ça il en fait, et tous les jours, des saloperies, jamais ! Plus pipi, plus caca, il se mouche même pas, et c'est bien rare qu'il consente à se gratter quand les couilles lui piquent. Dans la société merdeuse qui est la nôtre, il y a comme ça des hommes privilégiés, des surhommes.
(Michel-Georges Micberth, Le Pieu chauvache)

28/02/2014

Tout est possible mais tout n’est pas permis

Par l’idéologie dominante – le capitalisme ultralibéral mondialisé –, il y a marchandisation du désir depuis les dernières décennies. Si le désir se retrouve à la fois dans l’amour et dans le sexe, ce sont précisément ces deux choses que les tenants de cette idéologie tentent de rendre marchandise. Ils se servent de l’Amour moral ou bien du sexe banalisé quand l’un ou l’autre est financièrement fructueux. Ils défendent une forme d’individualisme, un individualisme évidemment libéral et non libertaire. Ils sont heureux lorsqu’ils font des hommes des individualistes esclaves : des hommes qui se croient libres lorsqu’ils consomment – éventuellement en transgressant quand ces garants de l’idéologie dominante affichent l’étendard d’une trompeuse morale. L’Anarque, s’il est individualiste, choisit d’être un individualiste maître : il est conscient du pouvoir ultralibéral anti-libertés, il est insoumis toujours au moins par sa pensée. Toujours il résiste, parfois il se révolte – bien que déjà résister soit être en état révolté. Sa révolte, en tous les cas, est toujours philosophée et anarchique, succède à des résignations nécessaires, ne fait jamais vaciller sa souveraineté individuelle, pour cueillir son bonheur instantané.
Le philosophe Michel Clouscard inventa le concept critique de liberalisme-libertaire qu’il lia à la formule suivante : « Tout est permis mais rien n’est possible. » Ceux qui, selon Clouscard, représentent l’idée en question ont été d’abord les bourgeois faux libertaires et pseudo-révolutionnaires de 1968 qui, à leur façon, allaient servir la cause d’un capitalisme mondial dérégulé et devenu réalité, cette loi de la jungle économique à l’échelle planétaire, au nom d’un slogan au fond creux : « Il est interdit d’interdire. »
L’ensemble des religieux, communistes et socialistes – libertaires ou non mais, dans tous les cas, authentiques –, républicains authentiques et, même, libéraux traditionnels ne se retrouvent logiquement pas dans la présente idéologie dominante. Idem plus largement pour toutes les classes populaires, avec leurs gens ordinaires non politisés et qui n’ont pas forcément analysé la question mais dont le bon sens et les intérêts sont incompatibles avec les aspirations des élites mondialisées actuelles.*
L’Anarque, quant à lui, préfère l’expression suivante : tout est possible mais tout n’est pas permis.
Car à travers elle et d’un point de vue anarchiste, on retrouve l’idée d’ordre (d’organisation la plus
juste humainement) sans l’autorité : pensée symbolique de l’anarchisme. Concernant plus précisément l’Autogestion, tout est possible dès qu’un individu s’associe et se dissocie à qui il veut, tout est possible à propos des clauses de son association avec autrui, clauses qu’il définit avec lui. Tout n’est pas permis à partir de ces mêmes clauses. Tout est possible mais pour cause d’anarchie, donc tout n’est pas permis. Enfin, si tout est possible alors la révolution l’est.

* Pourquoi une telle liste et quel est le point commun entre toutes ces tendances ? La conscience d’un bien commun qui détermine alors un sens des limites, qu’il soit retrouvable dans des textes de moralité (religion, philosophie) ou des textes purement politiques.
Ensuite, une limite à ne pas dépasser n’est évidemment pas de même nature, qu’elle soit déterminée par exemple par un Musulman ou un communiste. Il ne s’agit pas ici de juger le sens des limites des uns et des autres mais de dire uniquement qu’il existe un clivage entre des gens qui s’entendent pour penser que la loi doit encore exister pour établir au moins quelques interdictions et d’autres gens qui – s’affirmant éventuellement libertaires, progressistes ou juste « très ouverts et tolérants » – sont pour une espèce de licence, en voyant en celui qui porte encore un seul juge-ment moral un fasciste.
Le sens des limites, enfin, peut se rapporter au bon sens des gens ordinaires, au common sense (en anglais) retrouvable dans la Common decency de George Orwell. (Extrait de L'Anarque, Anthony Michel)

L'Anarque - 321 pages, 12x18 cm - est disponible auprès de moi
(contactez-moi sur Facebook ou à anto.mi@wanadoo.fr) ou bien sur TheBookEdition.

Auprès de moi, le paiement - de 17 € frais de port inclus - peut se faire par chèque ou Paypal.

26/02/2014

Anarchique, un beau mot ! (Extrait de L'Anarque)

Dans ce livre, j’utilise parfois l’adjectif « anarchique » quand certains lecteurs pourraient penser que l’adjectif « anarchiste » convient davantage.
On comprend bien, dans tous les cas, que mon emploi de « anarchique » est dans son sens positif, retrouvable dans le dictionnaire du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales.
J’entends anarchique par libérateur. Si anarchique, c’est désordonné, alors c’est désordonné mais juste.
Si anarchique, c’est chaotique alors c’est aussi, forcément, reconstructeur.
En vérité, ce n’est jamais, pour moi, désordonné ni chaotique mais osé et révolté, pour la bonne cause : celle qui défend la Dignité et la Liberté.
Est anarchique ce qui naît d’un esprit qui ne veut plus se soumettre. L’Etre anarchique nie ce qui le nie, éclaire la beauté qui l’anime, dans le but de sa révélation. L’acte anarchique est, dans le conflit, celui qui s’opère par négation libératrice, par volonté de rendre justice.
Est anarchique, dans tous les cas, ce qui se veut bel et bien vivant et aspire au bonheur.

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22/02/2014

La vérité puisée dans l'ivresse

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"Le vrai est ainsi l'ivresse bachique dont il n'est aucun membre qui ne soit saoul, et comme cette ivresse résout immédiatement aussi bien en soi chaque moment tandis qu'il se sépare des autres, elle est aussi bien le repos transparent et simple." (Georg Hegel)

20/02/2014

Rousseau contre les Lumières (3/3)


Rousseau contre les Lumières (3/3) par Chimel_Louison

17/02/2014

Rousseau contre les Lumières (2/3)


Rousseau contre les Lumières (2/3) par Chimel_Louison

15/02/2014

Sagesse et justesse

"La sagesse du philosophe est la justesse de l’Anarque."
(Louison Chimel - L'Anarque ou l'Homme-anarchie)

Le livre L'ANARQUE

13/02/2014

Rousseau contre les Lumières (1/3)


Rousseau contre les Lumières (1/3) par Chimel_Louison

10/02/2014

L'anarchisme : idéalisme ou matérialisme ? Extrait de L'Anarque

couv-products-99349.pngAu fait, l’anarchisme : idéalisme ou matérialisme ? L’anarchisme a été vu - selon les époques, ses divers courants et penseurs - soit matérialiste soit idéaliste. Matérialiste avec notamment son analyse des réalités sociales qu’il veut indépendante de tout dogme religieux ou spirituel, ses solutions éventuellement collectivistes (communisme). Idéaliste avec notamment sa conception de la liberté spirituelle et la défense d’un modèle alternatif de société à l’échelle mondiale.
En 1924, le célèbre anarchiste italien Errico Malatesta écrit : « Il y a quelques années, on était « matérialiste ». Au nom d’une science qui était la dogmatisation de principes généraux de principes déduits de connaissances positives trop incomplètes, on prétendait expliquer par les simples besoins matériels élémentaires toute la psychologie de l’humanité et toutes les vicissitudes de son histoire. Le « facteur économique » donnait la clef du passé, du présent et de l’avenir. Toutes les manifestations de la pensée et du sentiment, toutes les fluctuations de la vie : amour et haine, bonnes et mauvaises passions, condition de la femme, ambition, jalousie, orgueil de race, rapports de toute sorte entre individus et entre peuples, guerre et paix, soumission ou révolte des masses, constitutions diverses de la famille et de la société, régimes politiques, religion, morale, littérature, arts, sciences… tout n’était que la simple conséquence du mode de production et de répartition de la richesse et des instruments de travail prévalant à chaque époque.
Et ceux qui avaient une conception plus large et moins simpliste de la nature humaine et de l’histoire, étaient considérés, autant dans le camp conservateur que dans le camp subversif, comme des gens arriérés et à court de « science ».
Cette manière de voir influait naturellement sur la conduite pratique des partis et tendait à faire sacrifier tout idéal, même le plus noble, aux questions économiques, même de la plus minime importance.
Aujourd’hui, la mode a changé. Aujourd’hui, on est « idéaliste ». Chacun affecte de mépriser le « ventre » et considère l’homme comme s’il était un pur esprit pour qui, manger, se vêtir et satisfaire les besoins physiologiques sont choses négligeables dont il ne doit pas se préoccuper sous peine de déchéance morale.
Je n’entends pas m’occuper ici de ces sinistres farceurs pour qui « l’idéalisme » n’est qu’hypocrisie et instrument de tromperie : du capitaliste qui prêche aux ouvriers le sentiment du devoir et l’esprit de sacrifice, afin de pouvoir, sans rencontrer de résistance, réduire les salaires et augmenter ses propres profits ; du « patriote » qui tout enflammé de l’amour de la patrie et d’esprit national, dévore sa propre patrie, et s’il peut, celle des autres ; du militaire qui pour la gloire et l’honneur du drapeau exploite les vaincus, les opprime et les foule aux pieds.
Je parle pour les gens sincères et spécialement pour ceux de nos camarades qui ont maintenant tendance à restreindre ou, si l’on veut, à élever notre activité à l’éducation et à la lutte proprement révolutionnaire, et à abandonner par dégoût toute préoccupation et toute lutte économique parce qu’ils ont vu que la lutte pour les améliorations économiques avait fini par absorber l’énergie des organisations ouvrières au point d’empêcher une réserve de force révolutionnaire de se créer, et parce qu’ils voient une si grande partie du prolétariat se laisser arracher docilement jusqu’à la trace de la liberté et baiser, fût-ce à contrecœur, le bâton qui frappe dans le vain espoir du travail assuré et de la bonne paye.
Ce problème principal, le besoin fondamental, c’est la liberté, disent-ils ; or, la liberté ne se conquiert et ne se conserve qu’à travers les luttes pénibles et des sacrifices cruels. Il faut donc que les révolutionnaires ne donnent pas d’importance aux petites questions d’amélioration économique, qu’ils combattent l’égoïsme des masses, propagent l’esprit de sacrifice et, plutôt que de promettre le pays de Cocagne, il faut qu’ils inspirent aux foules le saint orgueil de souffrir pour une noble cause. »

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08/02/2014

La propriété et la possession (extrait de L'aNarque)

couv-products-99349.pngConcernant maintenant la propriété, elle est définie dans notre société capitaliste selon les trois droits suivants : l’usus, le fructus et l’abusus. L’usus est le droit de posséder la chose. Le fructus est celui de récolter les fruits de la chose. L’abusus est celui de prêter, vendre, transformer la chose. La possession justifie l’utilisation, l’utilisation justifie la récolte des fruits de la chose possédée (possesseurs et propriétaires sont synonymes dans la société capitaliste). Le fructus, en d’autres termes, est conséquence de l’usus. Qu’est-ce qui justifie cependant l’existence de l’abusus si ce n’est celle de l’argent et plus largement d’un système économique capitaliste ? En vérité, nous pouvons parler de propriété seulement à partir d’existence de l’abusus. En droit, nous parlons réellement d’aliénation. Ce qui entraîne l’existence d’un fort attachement matériel (l’objet m’appartient, son état dépend de moi et je risque de dépendre de lui) et financier (j’ai conscience de ce que l’objet peut financièrement m’apporter, par exemple en le vendant).
Les conceptions de possession personnelle et de propriété sont généralement confondues. C’est parce que, dans la société capitaliste, l’individu ne connaît que la possession à travers la propriété. C’est une habitude, une coutume tirée de l’éducation et de la loi. Comme je l’ai dit plus haut, la propriété implique l’existence de l’argent. C’est généralement difficile d’imaginer une société qui serait démunie de cette dernière. Avant d’être un citoyen ou un associé, l’homme ne serait-il pas un simple maillon de la société capitaliste ? En considérant alors que l’argent n’est pas libérateur, cet homme n’est pas libre.
Évoquons enfin le cas du vol. Dans notre société, voler est s’approprier sans en avoir le droit, ne pas respecter le droit de propriété d’autrui sur un objet. C’est dérober un objet qui ne nous appartient pas au sens capitaliste. L’orange appartient à l’épicier qui l’a achetée (ou bien, s’il est aussi producteur, l’a fait pousser) pour ensuite la revendre. Le voleur de cet orange qui ne mange pas à sa faim a volé pour naturellement, et très partiellement, subvenir à ses besoins physiologiques. Le voleur n’est pas libre : il a besoin de saisir un objet sans l’accord d’autrui. L’épicier n’est pas libre non plus : il a besoin de vendre ses oranges afin de subvenir à son tour à ses besoins. Dans mon exemple, le voleur et, à la fois, l’épicier sont tous les deux esclaves car dépendants de la matière qui, directement pour le premier, indirectement pour le second, les fait vivre.
Le vol est-il anarchique ? Il libère le voleur durant un très bref instant, au moins celui de sa consommation de l’orange. Il ne libère pas cependant l’épicier qui n’est point responsable de la ségrégation entre ceux qui ont les moyens financiers de manger et ceux qui ne les ont pas.

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05/02/2014

Qu'est-ce qu'un ancien combattant ?

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Ancien combattant.
Vieillard fier de ne pas être mort pour son pays.

(Michel-Georges Micberth, La Lettre)

03/02/2014

L'aNarque : extrait sur le sport et la compétition

couv-products-99349.pngLa compétition sportive est un type de com-pétition particulièrement intéressant sur le plan de l’épanouissement. Même si au niveau professionnel, bien qu’il subsiste en sport un règlement qui répartit équitablement les droits et les interdits entre chaque participant, son contexte économique peut perturber le potentiel d’épanouissement.
La compétition sportive et l’ensemble des pratiques qui forment sa préparation (entraînement, nourriture saine, etc.) invitent l’individu à concilier plus que jamais clarté de son esprit et respect de son corps, aboutissant à une plénitude spécifique à l’aspect ludique et jouissif du sport. On respecte son corps non pas pour se trouver beau devant sa glace mais pour être sportivement performant. Et ce respect implique celui de son âme. « L’esthétisme mondain est inexistant face au sport qui est l’esthétique* de la praxis. Le corps du sportif n’est-il pas aussi le corps du […] sujet de la connaissance ? Pour apprendre et connaître, ne faut-il pas tenir à distance l’esthétisme de Narcisse – le corps pour séduire – et savoir se distancier du corps-outil ? » (Michel Clouscard)
Et quand l’argent entre en compte ? Le règlement égalitaire d’un sport a beau perdurer, un club de football a plus de chances de gagner son match s’il a un budget plus conséquent que celui de son adversaire. C’est la politique qui autorise les écarts de richesse entre les clubs et, de ce fait, une super-compétition capitaliste entravant les éthiques relatives à la compétition sportive.
Que dire aussi quand les résultats sportifs sont sous pression financière et pour lesquels on dope son corps qui alors se fragilise ? A travers cet exemple ou non, le laisser-aller politique peut être aussi bien conscient qu’inconscient. Dans le premier cas,
il s’incarne dans l’hypocrisie de ses représentants cherchant à légitimer leur fausse ignorance auprès des peuples afin de garder le pouvoir. Le laisser-aller inconscient s’explique quant à lui par l’idée qui affirme que le système ne peut pas être partout tout le temps. A moins que nous concevions l’expansionnisme contemporain d’un capitalisme déshumanisant comme partie intégrante d’un système mondialisé. Dans ce cas alors, le système est partout tout le temps.
Revenons-en à la compétition. A l’école, elle peut motiver les élèves au développement intellectuel. Or, pour quelle raison ne pas concevoir ce développement en partie à travers l’initiation à la Libre association ?

* L’esthétisme recherche la beauté et la séduction à tout prix. L’esthétique est la beauté à travers la connaissance de soi, de l’objet. Donc l’esthétique est, plus globalement, la philosophie du Beau et de l’Art. La praxis est, quant à elle, la pratique humaine, ses actions codifiées, qui tendent à transformer une réalité sociale.

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01/02/2014

Qu'est-ce qu'un sadomaso ?

portrait.jpg
Sadomasochiste.
Juif nazi et content de l'être.

(Michel-Georges Micberth, La Lettre)

29/01/2014

Des nouvelles de ma pomme !

Hé bien sachez que ma pomme va bien !
Plus sérieusement, salut à tous !

Je vous donne un peu de mes nouvelles littéraires ! Très prochainement, je vous transmets les trois vidéos (il y a du son mais pas d'image en vérité) sur mon dossier sur Jean-Jacques Rousseau nommé Rousseau contre les Lumières. La totalité de mon dossier partagé à l'oral dure une heure trente. Le texte du dossier sera partagé ensuite pour ceux qui préfèrent la lecture.
Dans le département du Rhône, quelques séances de dédicaces, sinon, doivent être organisées cette année concernant l'ensemble de mes ouvrages. Je vous détaillerai les infos là-dessus une autre fois.
Je rappelle que tous mes livres sont en vente auprès de moi (contact par Facebook) ou bien sur ce site et plus exactement sur cette page : TheBookEdition : les livres d'Louison Chimel
Mon ouvrage phare est naturellement le dernier : L'Anarque (et non pas l'arnaque, hein). 321 pages. C'est mon second essai philosophique après celui, bien plus mince, appelé Résigné et Révolté, sorti en 2012.
Je prépare deux nouveaux ouvrages philosophiques dont le premier sera assez ésotérique (La Confiance en l'Esprit) et partagé totalement gratuitement sur la toile à partir de cet été, au pire à la fin d'année, et le second à la fois plus politique et aussi spécialement autobiographique (Anarchiste conservateur). Mais sa sortie n'est vraiment pas pour tout de suite.
Retrouvez-moi sinon sur Facebook, sur la page de L'Anarque ou ma page personnelle. J'aime beaucoup m'entretenir. La philosophie, c'est notamment le partage.
Merci de votre fidélité céans et bienvenue aux nouveaux visiteurs ! Louison Chimel

27/01/2014

La gauche est une salle d'attente pour le fascisme. Léo Ferré

24/01/2014

La nécessité du sens du passé (2/2)

Si Winston Smith, fonctionnaire compétent et efficace du " Ministère de la vérité ", conserve une parcelle d'humanité ( et c'est naturellement ce point qui l'apparente aux prolétaires) c'est d'abord dans la mesure où toutes les formes du passé le fascinent. Cette fascination, bien sûr, le perdra puisque M. Charrington, le gérant du magasin d'antiquités, se révèlera appartenir à la " Police de la Pensée ". Elle demeure néanmoins, tout au long du roman, la véritable clé psychologique de sa révolte contre le Parti, et cela bien avant que la rencontre amoureuse de Julia ne donne à son désir de résistance un socle plus généreux. A l'inverse, l'effort de destruction méthodique de tout le passé est, comme on le sait, l'axe autour duquel la politique de " l'Angsoc " s'ordonne intégralement. Cela signifie, par conséquent, que la révolte de Winston Smith, si aliénée soit-elle, est d'abord, dans son principe, une révolte conservatrice ; et que, faute de s'appuyer consciemment sur les aspects positifs du passé, les combats livrés contre la servitude moderne sont nécessairement promis à un échec radical et définitif.

Il y a cependant un problème réel : on sait que dans le novlangue moderne - c'est-à-dire cette manière de parler destinée à rendre impossible l'apparition de toute pensée " politiquement incorrecte ", " conservatisme " est le " mot-couverture " (blanket-word) qui désigne le " crime de pensée " par excellence : celui qui scelle notre complicité avec toutes les incarnations du mal politique que sont l' " Archaïsme ", la " Droite ", " l'Ordre établi " ou " la société d'intolérance et d'exclusion ". Comme cette incroyable mystification est située au cœur même du capitalisme moderne ( et en constitue la ligne de défense principale) il est absolument nécessaire d'en questionner brièvement les postulats fondamentaux, ne serait-ce que pour mesurer l'extraordinaire courage qu'il fallut à Orwell pour réhabiliter, même par jeu, un mot que la Gauche bien pensante (à supposer qu'il y en ait désormais une autre) avait si puissamment diabolisé. (Orwell, anarchiste tory - Jean-Claude Michéa)

20/01/2014

La nécessité du sens du passé (1/2)

Les critiques et les mises en garde répétées d'Orwell contre la décadence accélérée du langage moderne, ses appels à préserver un Anglais vivant et populaire, comme aussi son choix de la littérature en tant que forme privilégiée de l'écriture politique, ne doivent en aucun cas être tenus pour les signes d'un purisme maniaque et élitaire. C'est tout le contraire qui est vrai : c'est parce que les élites modernes sont désormais en mesure de reconstruire un monde entièrement à leur image, que le langage contemporain - et singulièrement celui de la jeunesse, cible principale de la société marchande - s'est appauvri de façon si caractéristique et que disparaissent peu à peu aussi bien le génie populaire de la langue que la sensibilité poétique.

C'est cette nécessité de protéger la civilité et le langage traditionnel contre les effets de la domination de classe, qui est, vraisemblablement, à l'origine du besoin ressenti par Orwell de réhabiliter une certaine quantité de " conservatisme ". Aucune société décente, en effet, ne peut advenir, ni même être imaginée, si nous persistons, dans la tradition apocalyptique ouverte par Saint Jean et Saint Augustin,, à célébrer l'avènement de " l'homme nouveau " et à prêcher la nécessité permanente de " faire du passé table rase ". En réalité, on ne peut espérer " changer la vie " si nous n'acceptons pas de prendre les appuis appropriés sur un vaste héritage anthropologique, moral et linguistique dont l'oubli ou le refus ont toujours conduit les intellectuels " révolutionnaires " à édifier les systèmes politiques les plus pervers et les plus étouffants qui soient. C'est une autre manière de dire qu'aucune société digne des possibilités modernes de l'espèce humaine n'a la moindre chance de voir le jour si le mouvement radical demeure incapable d'assumer clairement un certain nombre d'exigences conservatrices. Telle est de ce point de vue, la dernière - et la plus fondamentale - leçon de " 1984 " : le sens du passé, qui inclut forcément une certaine aptitude à la nostalgie, est une condition absolument décisive de toute entreprise révolutionnaire qui se propose d'être autre chose qu'une variante supplémentaire des erreurs et des crimes déjà commis.

" - A quoi devons-nous boire cette fois (demanda O'Brien) ? A la confusion de la Police de la Pensée ? A la mort de Big Brother ? A l'humanité ? A l'avenir ? - Au passé, répondit Winston. - Le passé est plus important, consentit O'Brien gravement. " (Folio p. 251)

(Orwell, Anarchiste Tory, Jean-Claude Michéa)

16/01/2014

Ils sont anarchistes, autogérés, et ils font du très bon pain

le_boulanger_libere_v_1-5f96f.jpgA Montreuil, près de Paris, les boulangers de La conquête du pain font le bonheur du quartier avec des baguettes délicieuses... et mettent en pratique les idées libertaires.

C’est dans un coin de Montreuil, là où la ville prend des allures de village, avec des petites maisons protégées par quelques arbres et par des plantes grimpantes. La rue monte, on y croise les parents qui reviennent de l’école avec les enfants, et au coin d’une autre rue, voici « La conquête du pain ». Une boulangerie comme il y a en des milliers, et qui sent beau le pain chaud et croustillant.

On voudrait tout simplement acheter une baguette, mais des détails étonnants amusent le regard. Comme ce tableau listant les sandwichs proposés, qui invitent à choisir entre le Bakounine (bacon mayonnaise), l’Angela Davis (poulet mayonnaise salade), ou le Louise Michel (chèvre pesto). Un petit comptoir longe le mur, où l’on peut se servir un café d’une thermos, et lire les tracts et revues proposées, en commençant par Le Monde libertaire. Près de la vitrine, un canapé recouvert d’un drap blanc invite à la pause. On pourrait s’y poser, et se rappeler que Pierre Kropotkine, un des grands penseurs anarchistes du XIXe siècle, a écrit La conquête du pain, parmi de nombreux autres livres, dont L’entraide reste fondamental.

Mais on est bien dans une boulangerie, et la chaleur qui monte du sous-sol, où se trouve le four à pain, en témoigne tout autant que la fine odeur de farine. « Les gens ne viennent pas parce qu’on est autogérés et anarchistes, mais parce que le pain est bon, dit Pierre Pavin. Le reste, ça les amuse ». Mais cette boulangerie n’existerait pas si Pierre et ses camarades n’étaient pas anarchistes.

Lui, il était boulanger. Il aimait bien son travail, mais il en avait assez de ces tâches très répétitives, souvent subordonnées à un chef. Il appartient à la Fédération anarchiste, et au printemps 2010, lors du congrès de la fédération, alors qu’il était au chômage, il a eu l’idée de livrer du pain à des Amap. Il en parlé à Thomas Arnestoy, informaticien et membre du SCALP, et à Matthieu, avec qui il avait étudié dans le même lycée hôtelier. Le projet a abouti, par amitié et par affinité politique. Le principe serait de monter une boulangerie en Scop (société coopérative de production), « autogérée, avec une implication sociale et un souci écologique, qui fasse du pain de bonne qualité et qui soit rentable ».

Le local a été trouvé assez rapidement, et dès l’automne, les amis ont commencé à pétrir et cuire le pain. « Au début, cela a été très dur. Ici, c’était un taudis, dit Pierre. Et il a tout de suite fallu livrer 300 pains quotidiennement. C’était l’enfer, on bossait vingt heures par jour. Une fois, ,j’ai fait un malaise, je me suis évanoui. »
Mais les camarades ont tenu bon, des amis et la famille sont venus à la rescousse financière, permettant de remettre la boulangerie en bon état, et un bon rythme de production et de livraison s’est pris. Maintenant, la Scop compte huit salariés (quatre boulanger-e-s, trois vendeurs-ses à la boutique, un livreur).

Et surtout, ils mettent en application le projet. « On s’est plus intéressé au projet social », dit Pierre, qui parle en début d’après-midi, après le coup de feu du matin (trois à huit heures) et avant d’aller faire la sieste. Le tarif social a été lancé en octobre 2012 : 75 centimes la baguette pour ceux qui le demandent, au lieu d’un euro. « On le fait sans justificatif de ressources, on veut faire confiance. On refuse cette idéologie qui fait des pauvres des profiteurs ». Les boulangers anarchistes organisent aussi des repas de quartier à la Cité Jules Ferry ou fournissent du pain aux travailleurs en grève, par exemple à PSA Aulnay, ou à la raffinerie de Grandpuits, l’an dernier.

Et en interne, on pratique la démocratie. Toutes et tous sont payés 1350 € nets sur douze mois. Une assemblée générale a lieu tous les quinze jours. Les décisions se prennent au consensus - « il nous est arrivé de voter, mais pas sur des sujets importants ». Le gros problème du moment, c’est la discussion sur le temps de travail : les boulangers travaillent tôt le matin, mais moins d’heures que ceux qui sont en magasin. Quant au livreur, il est souvent appelé à n’importe quel moment. Il faut trouver l’accommodement juste pour tout le monde.

Et puis, il y a le produit lui-même, qui est l’essentiel : les ingrédients utilisés sont de qualité, presque tous issus d’agriculture biologique, et la farine (deux tonnes par semaine) est fournie par un meunier qui travaille à la meule de pierre. Surtout, il y a le temps pris pour bien lever le pain, le ralentir, laisser la fermentation se faire lentement.

Dans le sous-sol, Mathieu – il est là depuis trois mois, il a quitté son métier de graphiste pour devenir boulanger, « un métier essentiel pour nourrir les gens » - détaille les étapes qui mènent à un bon pain : préparer la matière dans le pétrin, mettre en bacs, laisser « pousser » la pâte – quatorze heures, c’est un des secrets de la qualité -, la diviser, la façonner, et enfin la cuire, dans le four brûlant. Un métier d’attention et de patience, mais où il faut agir rapidement et dans la chaleur. « Pendant l’été, cela peut monter à 40° C, dit Mathieu. Ici il fait chaud, mais je ne suis pas sûr que ce soit plus dur que d’être assis toute la journée devant un ordinateur ».
Allez, il est l’heure d’y aller. En partant, on ne résiste pas à croquer un pain au chocolat, comme les gamins qui entrent et sortent du magasin. On ne sait s’il s’appelle Kropotkine ou Elisée Reclus, mais il est bien bon.

www.reporterre.net - 2 janvier 2014

09/01/2014

Révolte et conservatisme : les leçons de 1984 de G. Orwell

George-Orwell.jpg" La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les rapports de production, c'est-à-dire l'ensemble des rapports sociaux. Le maintien sans changement de l'ancien mode de production était au contraire pour toutes les classes industrielles antérieures la condition première de leur existence. Ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelle distinguent l'époque bourgeoise de toutes les précédentes. Tous les rapports sociaux figés et couverts de rouille, avec leur cortège de conceptions et d'idées antiques et vénérables se dissolvent : ceux qui les remplacent vieillissent avant d'avoir pu s'ossifier. Tout ce qui avait solidité et permanence s'en va en fumée, tout ce qui était sacré est profané " (Marx, Manifeste Communiste, chap. 1)
Autrement dit, le capitalisme est par définition un système social auto-contestataire, et la dissolution permanente de toutes les conditions existantes constitue son impératif catégorique véritable. En persistant à se définir purement et simplement comme le " Parti du changement " et l'ensemble des " Forces de progrès ", la gauche moderne c'est-à-dire celle qui n'avait même plus l'excuse d'affronter pratiquement les puissances traditionnelles de l'Ancien régime ( puissances éliminées, pour l'essentiel , par les deux guerres mondiales ) - se trouvait donc condamnée à refermer définitivement le piège historique sur les travailleurs et les simples gens. Dans cette perspective triste mais moderne, la référence " socialiste " ne pouvait devenir qu'un autre nom du développement à l'infini du nouvel ordre industriel et, d'une façon générale, de l'approbation pré-critique de la modernisation intégrale et illimitée du monde ( mondialisation des échanges, tyrannie des marchés financiers, urbanisation délirante, révolution permanente des technologies de sur-consommation, etc.). On ne doit donc pas s'étonner si la peur pathétique d'apparaître " dépassé " par quoi que ce soit, peur qui tient lieu de pensée, de nos jours, chez la plupart des intellectuels de gauche, n'ait finalement trouvé à s'accomplir que dans les noces actuelles de l'Avenir radieux et du cybermonde, et à leur complément spirituel, cet esprit " libéral-libertaire " qui sévit désormais sans réplique dans l'univers mensonger du showbiz et des médias.
C'est une époque assez curieuse que celle où les banalités de base sont tenues pour des paradoxes. Pourtant si, tout au long du siècle, les ambitions historiques de la gauche ( et plus encore de l'extrême gauche ) ont pu si facilement être retournées contre les peuples, si le " progressisme " et la " modernisation " apparaissent de plus en plus nettement comme la simple vérité idéalisée du Capital, c'est bien le signe que l'adoption déculpabilisée d'un certain conservatisme critique est désormais l'un des fondements nécessaires de toute critique radicale de la modernité capitaliste et des formes de vie synthétiques qu'elle prétend nous imposer. Tel était, en tout cas, le message d'Orwell. A nous de rendre à son idée d'un " anarchisme tory " la place philosophique qui lui revient dans les différents combats de la nouvelle Résistance. (Orwell, anarchsite tory - Jean-Claude Michéa)

07/01/2014

Révolte et conservatisme : les leçons de 1984 de G. Orwell (1/2)

George-Orwell.jpgL'opposition des Whigs et des Tories s'est imposée en Angleterre, à partir du XVII° siècle, pour distinguer le " Parti du mouvement " et celui de la " conservation ". Il s'agissait alors, par ces termes, de désigner, d'un côté, le parti du capitalisme libéral, favorable à l'économie de marché, au développement de l'individualisme calculateur et à l'ensemble des mœurs correspondantes ; de l'autre, celui des tenants de l'Ancien Régime, c'est-à-dire d'un ordre social à la fois communautaire et fortement hiérarchisé. On remarque aussitôt dans quel piège philosophique la gauche ne pouvait manquer de s'enfermer, dès lors qu'assimilant le conservatisme à la droite, elle s'exposait à reprendre à son compte une grande partie des mythes fondateurs du progressisme whig. Or, si nous entendons par " socialisme " le projet, formulé au XIX° siècle, d'un dépassement des contradictions internes du capitalisme libéral, il est évident que le travail de réinscription du socialisme dans les thématiques de la gauche progressiste ( travail qui, en France, fut l'œuvre de l'Affaire Dreyfus) ne pouvait aller sans problèmes. Dans la pratique, en effet, cela conduisait à peu près nécessairement à désigner comme " socialistes " ou " progressistes " l'ensemble supposé cohérent des différents mouvements de modernisation qui, depuis le début du XIX° siècle, sapaient de tous les côtés l'ordre effectivement établi ; C'était oublier, comme Arno Mayer l'a bien mis en évidence (cf. La Persistance de l'Ancien régime, Flammarion, 1983) que la base économique et sociale de cet ordre était encore jusqu'en 1914, essentiellement agraire et aristocratique. Dans ces conditions l'appel de la gauche à rompre avec toute mentalité " archaïque " et " conservatrice " se confondait inévitablement avec les exigences culturelles du capitalisme libéral. Celui-ci, en effet, a peu à voir avec les exigences de l'Eglise, de la noblesse et de l'état-major. Dans sa réalité, il est lié à un type de civilisation qui est tout ce qu'on voudra sauf conservateur, comme Marx, avant Schumpeter et D. Bell, l'ont mis en lumière. (Orwell, anarchsite tory - Jean-Claude Michéa)

05/01/2014

Analyse de mots, par Michel-Georges Micberth

x240-Rt2.jpgLang. Pour bien prononcer son nom, il faut percuter les incisives de la mâchoire supérieure avec la langue et la laisser tomber négligemment sur ses genoux. Un peu comme pour vomir.

Socialisme. Quand on demande à un Français ce qu'est le socialisme, il est toujours embarrassé pour répondre. C'est encore pire quand on pose cette question à un socialiste. (Michel-Georges Micberth, La Lettre)

 

28/12/2013

La modernité c'est la ville, la postmodernité c'est la campagne !

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25/12/2013

Ave Maria, par Demis Roussos

Le traditionnel chant à écouter en ce jour.
Bonnes fêtes à vous tous, et à bientôt !
Merci de votre fidélité. Anthony

23/12/2013

Pygmalion et Galatée

pygmalion.jpgPygmalion avait taillé dans le marbre l'image de Galatée, nymphe de la mer et fille de Neptune.

Depuis des nuits, il ne dormait plus et passait des heures d'extase muette à ses pieds. L'homme sanglotait de désespoir de ne pouvoir animer cette statue qu'il avait sculptée avec tant d'amour.

Touchée par l'étrangeté et la violence de cette passion, Vénus permit au marbre de prendre vie. Et, quand la forme ravissante de Galathée s'anima, Pygmalion la reçut dans ses bras.

Mais ceci n'est qu'une image, qu'il faut transposer sur le plan spirituel : "Nous devons tous sculpter notre propre statue, dit Platon, car elle est, en réalité, notre âme. Et cette statue intérieure sera d'autant plus belle que nous aurons transcendé le désir de nous unir à elle."

"Sculpter sa statue intérieure, dit encore Socrate, c'est vivre selon la Sagesse." http://giffie.free.fr/

21/12/2013

Nos frères corbeaux, avec Michel-Georges Micberth

Michel-Georges_Micberth_en_2008.jpg
Je marche dans la plaine picarde et j'ai froid au cœur. La brume jointoie le ciel et la boue. Je suis lourd et le choc mou de mes talons résonne dans ma nuque. Oppressé, je suis, par le bloc de béton armé que la vie, jour après jour, a coulé dans ma poitrine. Partout le futile, le nul, le désespérément salaud, la trahison. Mes frères corbeaux volent autour de ma tête et me tressent une couronne noire. (Michel-Georges Micberth, La Lettre)

19/12/2013

Il ne peut y avoir de " société capitaliste " au sens véritable du terme. (2/2/

On comprend maintenant la terrible originalité du paradigme capitaliste, au règne duquel toutes les communautés du monde sont désormais invitées à se plier. L'intérêt égoïste, dans lequel l'Economie politique tend nécessairement à voir l'unique moteur rationnel des conduites humaines, est précisément la seule raison d'agir qui puisse jamais constituer par elle-même ce qu'on appelle depuis Nietzche, une valeur. Une valeur, en effet, (qu'il s'agisse de l'honneur, de l'amitié, du devoir, de la compassion, du dévouement à une œuvre ou à une communauté et, d'une façon générale, de toute forme de solidarité ou de civilité) est, par définition, ce au nom de quoi un sujet peut décider, quand les circonstances l'exigent, de sacrifier tout ou partie de ses intérêts, voire, dans certaines conditions, sa vie elle-même. En d'autres termes, la disposition de l'homme au sacrifice, au renoncement ou au don, est la condition majeure sous laquelle il peut conférer du sens à sa propre vie, autrement définie par les seuls codes de la biologie. Comme on sait, par ailleurs, qu'à la différence de l'animal, " l'homme ne naît pas en portant en lui le sens défini de sa vie " , on doit nécessairement en conclure qu'aucune société humaine n'est possible là où n'ont pas été imaginés et institués " les montages normatifs grâce auxquels les sujets des générations successives parviennent au statut d'humains

"C'est donc pour des raisons de structure qu'il n'existe pas, ni ne pourra jamais exister, de " société capitaliste " au sens véritable du terme. Ce serait là le nom d'une pure impossibilité anthropologique. Un système dont les conditions idéales de fonctionnement ne font appel, par définition, qu'à la logique de l'intérêt bien compris, est en effet dans l'impossibilité constitutive d'élaborer les signifiants-maîtres que toute communauté humaine requiert pour persévérer dans son être. De fait, le système capitaliste n'a pu être historiquement expérimenté au sein des sociétés occidentales, puis s'y développer de la manière que l'on sait, que parce qu'à chaque étape de son histoire, il a puisé les valeurs et les habitus qui lui étaient nécessaires dans tout un trésor de civilités - aussi bien anciennes que modernes - qu'il était lui-même, par nature, incapable d'édifier. Comme le rappelle avec raison Castoriadis, " le capitalisme n'a pu fonctionner que parce qu'il a hérité d'une série de types anthropologiques qu'il n'a pas crées et n'aurait pas pu créer lui-même : des juges incorruptibles, des fonctionnaires intègres et weberiens, des éducateurs qui se consacrent à leur vocation, des ouvriers qui ont un minimum de conscience professionnelle, etc. Ces types ne surgissent pas et ne peuvent pas surgir d'eux-mêmes, ils ont été crées dans des périodes historiques antérieures ".

Un système capitaliste n'est donc historiquement viable - et même, sous ce rapport, capable de généraliser à l'ensemble de la société certains des effets incontestablement émancipateurs de l'échange marchand - , que si les communautés où son règne est expérimenté sont suffisamment solides et vivantes pour contenir d'elles-mêmes les effets anthropologiquement destructeurs de l'Economie autonomisée. Si, en revanche, une puissance historique quelconque en venait réellement à proposer de ce système autre chose que des applications partielles et limitées ; si, en d'autres termes, l'hypothèse économique cessait d'être ce qu'elle était encore essentiellement jusqu'à présent, à savoir une ingénieuse utopie, alors l'humanité devait se préparer à affronter une vie innommable et des nuisances infinies.

L'histoire des trente dernières années est précisément celle des efforts prométhéens que déploient les nouvelles élites mondiales pour réaliser à n'importe quel prix cette société impossible. L'Enseignement de l'Ignorance - J.-C.Michéa