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15/11/2013

L'Anarque, extrait 7a : l'amour et la souffrance

couv-products-99349.pngQuand l’Anarque est méfiant, cela ne veut pas dire qu’il est contre. Il ne juge pas celui qui dit concernant l’être qu’il aime : « Je l’aimerai pour toujours. » L’avenir peut donner raison à ce dernier. L’Anarque préfère l’expression : « Je sais que l’autre actuellement est aimé par moi. »
Le lendemain de son divorce, un individu peut se rendre compte qu’il a surtout aimé l’amour. Il a aimé l’amour pour lui qu’il trouvait, sur une période donnée, chez son partenaire. Même si ce partenaire ne l’aimait plus, il continuait à aimer cet amour et à aimer son partenaire avec celui-ci. Bien sûr, il continuait peut-être à réellement aimer son partenaire. Mais ce dernier ne lui rendait plus cet amour. Voilà que l’amour peut rendre prisonnier s’il n’est pas partagé ! Telle la liberté elle-même qui ne réfléchit plus comme dans un miroir et ne rend plus libre autrui, l’homme doté d’un amour non partagé n’est plus libre. Car il ne se sent pas capable de ne plus aimer. En d’autres termes, il n’aime plus librement. Aimer en n’étant pas libre, est-ce encore aimer ? D’autant que celui qui aime sans vraiment de retour amoureux – et donc libérateur – peut faire preuve de jalousie, de possessivité, d’irrespect à l’égard de celui qu’il dit encore aimer : conséquences d’une souffrance. Une morale religieuse peut pourtant répondre par l’affirmative à travers l’idée suivante : « Tu souffres, tu aimes. » L’Anarque préfère penser : « Tu aimes, tu es libre. » Car la souffrance n’est pas libératrice. Se défaire d’une souffrance permet toujours de retrouver de la liberté car du bien-être moral ou physique. Or, ce n’est pas la souffrance elle-même qui libère. Il existe, de surcroît, des souffrances qui durent et dont jamais l’individu ne se défait. La souffrance peut également être considérée comme unique en chaque homme. Elle est le résultat de plusieurs douleurs qui ont laissé des traces dans le mental ou le corps de l’homme. Comme une douleur physique engendre en général une douleur morale, la souffrance peut tout le temps être qualifiée de morale. La révolte de l’Anarque est un combat contre toute souffrance. Dans la mesure où la souffrance est morale, elle est spiritualisable. Et comme la religion est une forme de spiritualité, elle peut d’autant plus « utiliser » la souffrance. D’ailleurs, pour le religieux, la souffrance est religieuse ou elle n’est pas. L’existence de la souffrance justifie sa parole prétendument libératrice. Posons maintenant la question : « Pourquoi souffrir ? » Nous pouvons l’entendre par la suivante : « Pour quelles raisons souffrir ? » L’Ethique de l’Anarque peut lui faire répondre : « Pour tant de choses ou peut-être pour rien. » Ou bien il répond par une chose qu’il voit comme un fait : « Parce que l’homme est absurde. » L’homme souffre parce qu’il n’a pas ce qu’il voudrait avoir, sa condition sociale est difficile à vivre, sa santé physique est mauvaise. L’homme aurait voulu son destin autrement. « Aurait » et « destin » : le premier mot est un verbe au conditionnel, le second laisse entendre l’idée d’une vie tracée à l’avance de son parcours. Cette idée est l’affaire de croyants religieux ! Dans la précédente phrase, remplaçons tout simplement « destin » par « vie » ; elle devient : l’homme aurait voulu une vie autrement. Donc une vie autre, une autre vie. Donc il aurait voulu être un autre homme. S’il ne peut échapper à son destin, ce n’est pas parce qu’il ne peut échapper à ce qui, demain dans sa vie, « doit se produire » mais parce qu’il ne peut échapper au présent. Dans tous les cas, c’est dans ce « l’homme aurait voulu » que la souffrance se développe. Cela rend-il service à l’individu d’avoir voulu au conditionnel hormis de s’éloigner de sa liberté ? « Supprimez le conditionnel et vous aurez détruit Dieu. » (Boris Vian) Pourtant, croyant ou non en Dieu, il semble qu’il ne sait pas ne pas souffrir. En fait, il ne peut pas ne pas souffrir. (
Louison Chimel - L'Anarque)

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10/11/2013

La décence ordinaire chez G.Orwell, par J.-C.Michéa

Seul,(…) un solide sens des limites pourrait garantir que le détour nécessaire par l'abstraction ne fonde pas un envol définitif hors de la réalité matérielle. Or ce sens des limites, garde-fou du penseur, ne peut trouver ses conditions d'existence, c'est la grande pensée d'Orwell, que dans la sensibilité morale, dans ce qu'il désigne partout comme la common decency, c'est-à-dire ce sens commun qui nous avertit qu'il y a des choses qui ne se font pas. Si par conséquent l'intelligentsia moderne a, dans son ensemble, rompu avec le réalisme spontané de l'homme ordinaire, c'est fondamentalement parce qu'elle a cessé d'être morale. Une telle évolution est d'ailleurs ce qui la distingue de la classe ouvrière. Dans l'essai sur Dickens (publié à la fin de 1939) Orwell écrit ainsi : " L'homme ordinaire vit encore dans l'univers mental de Dickens, mais presque tous les intellectuels modernes ont rallié une forme ou une autre de totalitarisme. D'un point de vue marxiste ou fasciste, à peu près tout ce que Dickens défend peut être dénoncé comme " morale bourgeoise ". Seulement quand il s'agit de morale il n'y a pas plus " bourgeois " que la classe ouvrière.
Nous n'avons pas, ici, à nous interroger sur le degré d'exactitude de cette représentation des classes populaires. L'important, c'est de voir qu'elle fonde chez Orwell l'idée que le Socialisme a deux origines historiques bies distinctes : d'un côté il procède des dispositions éthiques engendrées par la condition ouvrière, telles que " la loyauté, l'absence de calcul, la générosité, la haine des privilèges ". De l'autre, il se développe au sein de l'intelligentsia, sous la forme de constructions conceptuelles rigoureuses, dont les fondements psychologiques sont, en dernière instance, indépendants des impératifs élémentaires de la morale, pour laquelle les intellectuels n'éprouvent en général que le mépris dû aux produits de la conscience mystifiée ( " C'est un fait étrange mais incontestablement vrai que n'importe quel intellectuel anglais ressentirait plus de honte à écouter l'hymne national au garde à vous qu'à piller dans le tronc d'une église. ")
Une généalogie critique du Socialisme doit donc briser son unité apparente ; il lui faut retrouver sous la conscience idéologique " importée de l'extérieur " la sensibilité morale qui organise la révolte ouvrière contre les conditions d'existence. Cette indispensable séparation (puisque le Socialisme existe en double) est le préalable d'une histoire qui échappe aux aventures de la dialectique. Orwell le dit clairement : " Je n'ai jamais eu la plus petite peur d'une dictature du prolétariat, pour autant qu'elle soit possible, et certaines choses qu'il m'a été donné de voir en Espagne me confirment dans ce sens. Mais j'avoue avoir en horreur absolue la dictature des théoriciens, comme en Russie ou en Allemagne ".
Par des chemins détournés, la morale finit donc par retrouver en politique la position centrale que Kant lui assignait. C'est pourquoi il est nécessaire, à présent, d'examiner de près ce que recouvre cette common decency et surtout de dévoiler le mécanisme qui conduit l'intelligentsia à s'en écarter naturellement.
Orwell nous dit ainsi qu'elle est chez les humbles une vertu " innée ". Ce n'est guère éclairant. Il dit également qu'il est difficile d'échapper à " cette idée cynique que les hommes ne sont moraux que lorsqu'ils sont sans pouvoir ". Cette remarque est plus intéressante : car c'est bien à partir des effets du pouvoir que l'énigme du socialisme doit être élucidée. (Orwell, anarchiste tory (Climats 2000) - Jean-Claude Michéa)

07/11/2013

E.Jünger selon Arendt

ernstjuengerstamp.jpg« Les Journaux de guerre d'Ernst Jünger offrent peut-être l'exemple le meilleur et le plus honnête des immenses difficultés auxquelles l'individu s'expose quand il veut conserver intact son système de valeurs morales et son concept de vérité en un monde où vérité et morale ont perdu toute forme identifiable d'expression. Malgré l'indéniable influence que les premiers travaux de Jünger ont exercée sur certains membres de l'intelligentsia nazie, il a été du premier au dernier jour du régime un opposant actif au nazisme, montrant par là que le concept d'honneur, un peu désuet mais répandu jadis parmi le corps des officiers prussiens, suffisait amplement à motiver une résistance individuelle. » Hannah Arendt sur Ernst Jünger qui fut le premier homme à détailler le concept d'anarque dans son livre Eumeswill

03/11/2013

Les lignes de fuite, partie 2

Les lignes dures ne sont pas à considérer de manière morale mais de manière éthique et stratégique :
- Ethique car ces dispositifs ne sont pas neutres et peuvent rapidement nous asservir et nous façonner (d’où ma proposition de n’y faire que des passages furtifs).
- Stratégique car ces passages sur les lignes dures peuvent nous permettre de propulser nos désertions et établir nos plans d’émancipation. Argent, salariat, action politique, médiatisation, subvention, voiture, propriété privée, peuvent parfois nous servir pour enclencher une évasion ou bien éviter la répression. Toute la difficulté est de ne pas se laisser rabattre sur une ligne dure lors de ces incursions.

Car ce dont il s’agit dans ces exemples ce n’est pas de choisir une ligne dure moins pire que les autres (le RMI plutôt que le salariat, une conjugalité sans enfant plutôt que le projet familial, l’agriculture biologique plutôt que l’agriculture conventionnelle). Cela serait passer d’une ligne dure à une autre sans jamais fuir quoi que ce soit. Il s’agit de tracer astucieusement un plan d’émancipation ; le tracer tout en l’expérimentant au jour le jour, et en slalomant entre les tentatives de rabattement. Parce que les dispositifs de pouvoir essayent par tous les moyens de rattraper les déserteurs et des déserteuses : c’est l’assistance sociale qui veut nous réinsérer, le conseiller d’orientation et nos parents qui veulent nous aider à définir notre avenir, le syndicat qui veut nous encarter à la fin de la grève sauvage nos ami(e)s et parents qui veulent « sauver notre mariage », la psychothérapie, les juges, les flics, et moi-même. Et oui. Moi-même lorsque je rédige mon CV et élabore mon projet de vie, de carrière, mon avenir. Le risque du rabattement ne vient pas que de l’extérieur et c’est pour cela que les problèmes ne sont pas seulement politiques mais bien éthiques : c’est dans mes peurs, mes préjugés, mes besoins, mes dépendances, mes habitudes, mon mode de vie que se cachent le rabattement, l’auto répression, l’autodiscipline. Le flic est en moi.

La fuite n’est donc pas simplement désertion du champ de bataille, évasion d’une prison, fugue de l’école ou de la famille, rupture conjugale. Nous constituons nos propres dispositifs de pouvoir et d’aliénation. La fuite peu aussi bien être immobile, en tant que renversement des rapports, ruine du dispositif, soustraction aux rôles attendus, refus d’obéir. Non pas fuite de l’autre mais élaboration d’une autre relation à l’autre. Il y a des dispositifs qu’il nous faudra fuir réellement tant ils nous anéantissent mais il y a ces dispositifs que nous avons bâtis nous-mêmes (ces collectifs devenus communautés terrible, ces couples devenus conjugalités, ces familles devenues patriarcales et cloisonnées). Ces rapports que nous avons laissé s’établir, il s’agit désormais de les renverser, d’établir une autre relation à soi et aux autres, d’élaborer d’autres modes d’existence.

Nos lignes de fuites progressent au sein de ces expériences. (Simon - transversel.org)

01/11/2013

Pier Paolo Pasolini, extrait de Poésie à Casarsa

2011_40934_111875.jpgJ’ai le calme d’un mort :
je regarde le lit qui attend
mes membres et le miroir
qui me reflète absorbé.

Je ne sais vaincre le gel
de l’angoisse, en pleurant,
comme autrefois, dans le cœur
de la terre et du ciel.

Je ne sais feindre ni calme
ni indifférence ou autres
exploits juvéniles
couronnes de myrte ou palmes.

Ô Dieu immobile que je hais
fais que jaillisse encore
vie de ma vie
peu m’importe comment.

27/10/2013

Les lignes de fuite, partie 1

Le concept de ligne de fuite a été élaboré par Félix Guattari et Gilles Deleuze.

Ils distinguent pour cela au sein de nos vies trois types de ligne : la ligne dure, la ligne souple et la ligne de fuite. Les lignes dures sont celles des dispositifs de pouvoir. Tant que nous restons sous contrôle, nous nous contentons de passer d’un segment dur à l’autre : de l’école à l’université, puis au salariat et enfin la retraite. Les lignes dures nous promettent un « avenir », une carrière, une famille, une destinée à accomplir, une vocation à réaliser.

Les lignes souples sont différentes mais voguent autour des lignes dures sans les remettre en question : histoires de famille, désirs cachés, rêveries pendant les cours, vilain petit secret, discussions à voix basses autour de la machine à café, micro-politique. Ce sont ces liens qui s’immiscent même au cœur d’un univers de rapports, ces petits refus de respecter le règlement ou le code de la route, ces grèves ponctuelles, ces cours séchés. D’un passage par une ligne souple, tu reviens rapidement sur la ligne dure : tout rentre dans l’ordre.

Et enfin il y a les lignes de fuite, et de celles-ci nous ne revenons jamais au même endroit. « Une vraie rupture est quelque chose sur quoi on ne peut pas revenir, qui est irrémissible parce qu’elle fait que le passé a cessé d’exister » (Deleuze et Guattari citant Fitzgerald dans Mille Plateaux). Les lignes de fuite ne définissent pas un avenir mais un devenir. Il n’y a pas de programme, pas de plan de carrière possible lorsque nous sommes sur une ligne de fuite. « On est devenu soi-même imperceptible et clandestin dans un voyage immobile. Plus rien ne peut se passer ni s’être passé. Plus personne ne peut rien pour moi ni contre moi. Mes territoires sont hors de prise, et pas parce qu’ils sont imaginaires, au contraire, parce que je suis entrain de les tracer » (Mille Plateaux). « Nous devons inventer nos lignes de fuite si nous en sommes capables, et nous ne pouvons les inventer qu’en les traçant effectivement, dans la vie » (ibidem). La destination est inconnue, imprévisible. C’est un devenir, un processus incontrôlable. C’est notre ligne d’émancipation, de libération. Elle est le contraire du destin ou de la carrière. Et c’est sur une telle ligne que je peux enfin me sentir vivre, me sentir libre.

Et pourtant si Félix et Gilles définissent trois lignes (et non deux), c’est bien pour nous garder de tout dualisme. Il n’y a pas d’un côté les méchantes lignes dures et de l’autre les bonnes lignes de fuite. Le dualisme est plutôt celui de la morale et des dispositifs de pouvoir. Prendre une ligne de fuite ne signifie pas « prendre la bonne voie » mais « expérimenter ». Il n’y a pas de dualisme tout d’abord parce que les lignes dures nous sont parfois vitales (pour nous nourrir et avoir un endroit où dormir) bien qu’elles travaillent nos corps, nous découpent, surcodent nos manières de percevoir, d’agir, de sentir. Le travail visant à miner ces lignes est délicat car il se fait non seulement contre l’Etat mais aussi sur soi.

Ensuite les lignes de fuite sont les plus dangereuses parce qu’elles sont réelles et pas du tout imaginaires (ce sont les lignes souples qui sont imaginaires : rêveries, fantasmes, utopies révolutionnaires, ragots,...) . Avant de suivre une ligne de fuite il faut pouvoir la tracer. Sinon cela peut nous mener à la catastrophe : paranoïa, suicide, overdose, hôpital psychiatrique, solitude, alcoolisme ou dépression. La ligne de fuite tourne en ligne d’abolition, notamment lorsque quelqu’un fuit seul(e), fuit les autres au lieu de fuir les dispositifs. Mais même à plusieurs, la fuite peut nous emmener tout droit dans un trou noir, un micro-fascisme, une secte ou un groupuscule de lutte armée, puis la prison et la mort. Dans ce cas nous avons effectivement fui nos lignes dures mais pour se faire rabattre sur des lignes bien pires encore. La désertion est une expérimentation périlleuse aussi parce qu’elle n’est pas encadrée : nous devons tracer nous-mêmes nos lignes de fuite.

Enfin, dans nos vies, toutes les lignes sont entremêlées. A la multitude des dispositifs de pouvoir correspond une multitude de lignes dures autour desquelles se tortillent une myriade de lignes souples. Et de chaque dispositif une multiplicité de désertions sont possibles. Malgré tout une émancipation globale ne se résume pas à la fuite de tous les dispositifs : ce serait là l’erreur de vouloir faire de l’émancipation une fin-en-soi, d’unifier les lignes de fuite en un programme politique. Les émancipations sont autant de libérations que de difficultés et de dangers. C’est parfois en repassant ponctuellement par des lignes dures que nous élaborerons nos meilleures désertions : un boulot saisonnier pour financer une caravane permanente, une petite subvention ponctuelle pour construire une zone d’autonomie collective, un passage par le dispositif RMI pendant un an pour repartir de plus belle ensuite. Simon - transversel.org

23/10/2013

L'Anarque, extrait 6 : être romantique

couv-products-99349.pngL’Anarque ne cherche pas à définir un romantisme mais aime le fait, l’action romantique. Il pense que le fait romantique peut se retrouver dans de nombreuses entreprises. En allusion à la classification hégélienne des arts, ne sont romantiques pas seulement la peinture, la musique ou la poésie. C’est parce que l’Anarque est romantique qu’il sait relever, dans les temps anciens, ce qui faisait civilisation. C’est être romantique que de penser que l’amour spirituel (non divin, pour l’Anarque) se retrouve aussi bien dans la création que dans la camaraderie ou encore dans l’amour pour son enfant. Puisque, de tout cela, se rattachent des infinies manifestations de l’esprit qui se veut bon, donc du Beau.
Comme nous l’avons vu dans la partie expliquant les différences entre éthique et morale, l’Ethique repose justement sur ce que nous pensons bon de faire. Ici, remplaçons « bon » par « beau ». La dimension la plus esthétique de cette éthique est romantique. Ce qui est beau de faire entraîne l’Individu à adopter un comportement romantique qui ne concerne pas seulement le cadre des relations amoureuses. Nous pouvons régulièrement apporter des notes romantiques à notre quotidien.
Malheureusement, dans un monde composé d’hommes n’aimant pas que leurs habitudes soient bousculées, l'écrit, la parole, plus généralement l’attention romantique risquent quelquefois, ou souvent, d’être incompris. Seulement, le Beau n’a pas ce besoin essentiel d’être représenté tant qu’il est présent dans l’imaginaire. Le Beau – initialement fruit d’un jugement romantique et relativement intuitif – se retrouve dans l’Ethique de l’Anarque.
(Louison Chimel - L'Anarque)

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21/10/2013

L'Anarque : l'ouvrage en photo

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19/10/2013

L'Anarque, extrait 5 : des différences entre anarchiste et anarque

couv-products-99349.pngL’anarchiste ne souscrit à aucun système politique existant. Il défend, par contre, celui de l’Autogestion et, plus globalement, la libre association d’individus. Mais comme chaque association peut beaucoup se dissembler par la taille, le secteur d’activité, le règle-ment intérieur puisque défini par les associés dans leur contrat, le système défendu par l’anarchiste est, en fait, un ensemble de micro-systèmes, ensemble qui se veut fédéraliste. L’Anarque, quant à lui, est conscient de la part d’absurde dans tout système, sans exception. L’absurde en question peut provenir de ce que l’Anarque qualifiera d’injuste dans un système,
ou bien de l’impossibilité pour ce dernier de perdurer, ou encore de son manque d’efficacité. D’autant que, contrairement à l’anarchiste qui est l’engagé de l’anarchisme, l’Anarque considère cette doctrine comme utopique d’un point de vue politique. Car il essaie de ne pas fournir d’espoirs vains sur le compte de l’homme, qui aime souvent le pouvoir et l’argent. Autrement dit, il voit mal des milliards d’individus devenir anarchistes, que ce soit à court ou à long terme. En s’inspirant d’une comparaison formulée par Jünger, l’Anarque pense que l’anarchisme peut être étranger à l’absence réelle de pouvoir comme le libéralisme, par exemple, peut l’être à la liberté.
Plus exactement, l’anarchiste s’intéresse à l’anarchisme dans sa dimension politique, l’Anarque dans sa dimension philosophique. Ils sont, de cette façon, tous deux amoureux de l’Anarchie qui est la finalité de l’anarchisme. Mais le premier la veut fermement comme réalisation politique et collective alors que le second la veut d’abord comme réalisation philosophique et individuelle. L’Anarque désire mesurer celle-ci comme une réalité présente (ou d’un futur très proche). En outre, il pense que le partage de sa posture peut encourager d’autres hommes à adopter la même et qu’au bout du compte se répand l’Anarchie.
Il semble naturel que son action se fasse d’abord au sein de son microcosme et dans le respect de la singularité de chaque individu l’incorporant plus ou moins longtemps. Action qui n’impose rien aux autres sauf, par exemple, dans l’urgence d’un danger à éviter. Personne ne peut, par ailleurs, lui imposer quoi que ce soit. Du moins, jamais dans sa pensée.
Louison Chimel - L'Anarque

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16/10/2013

L'Anarque, extrait 4 : l'infinité de microcosme et le désir d'anarchie

couv-products-99349.pngOutre [comme expliqué ailleurs dans le livre] les microcosmes généraux (mental, social) d’un homme qui incluent son conditionnement, il en existe d’autres à l’infini. En fonction de l’activité d’un individu, ils naissent et disparaissent. Puis ils renaissent, etc. L’homme en est le perpétuel bâtisseur. Des amoureux se retrouvent en catimini dans une chambre d’hôtel. L’homme ferme la porte derrière lui. Qu’importe le régime sous lequel vivent lui et sa bien aimée. Cette femme est peut-être la fille d’un bourreau, cet homme le frère d’un esclave. Ou bien ils sont de nationalités qui, pendant ce temps, se disputent sur le champ de bataille. Qu’importe, je répète. Ils vont, durant un instant – quelques heures ou une nuit –, se couper du monde extérieur en recréant leur propre monde alimenté d’un amour réel c’est-à-dire anarchique, qui existe malgré la pression alentour, la terreur éventuelle que le régime répand. Ces amants ne peuvent échapper totalement à leur conditionnement respectif, ils savent néanmoins être les créateurs d’un instant d’attentions partagées, de délicatesse authentique.
Jamais un système n’arrivera à bout du désir d’anarchie, qui, au fond, est très lié à ce qu’il y a de plus simple et beau en l’Individu. Il y aura toujours au moins un être avec ce ressenti, pratiquant sa moralité qui découle de la proportion anarchique de son esprit. 
Louison Chimel - L'Anarque

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07/10/2013

L'Anarque, extrait 2

couv-products-99349.png"L’Anarchie est éternelle pour deux raisons : parce que c’est une utopie et que c’est la plus belle. A cause de cela, nous pourrions dire que c’est la plus utopique des utopies. C’est la plus difficilement réalisable. En même temps, est parfois trop rapidement qualifié d’utopie un idéal de société qui mettrait en péril partiellement ou totalement le système existant. Ce sont les tenants de ce dernier qui portent ce jugement, avec les populations soumises à eux, invitées à ne pas trop se poser de questions sur l’Etre, le Devenir et un monde meilleur.
L’anarchiste est contre les élections. Par conséquent, pour qu’une société libertaire naisse dans un Etat, il faut qu’une majorité des sujets de son peuple révolutionne dans ce sens. Voire l’ensemble des sujets puisque l’anarchisme s’inscrit notamment dans l’idée de ne pas imposer un idéal à autrui. Chose bien dure à trouver réalisable. Il s’agirait, par ailleurs, d’une révolution non pas pour un remplacement de gouvernement mais l’annihilation de l’Etat lui-même étant donné l’anti-étatisme anarchiste incontournable. Il est difficile d’imaginer une zone géographique qui n’appartient plus à aucun Etat au beau milieu de tous les autres Etats. Par conséquent, et l’idéal anarchiste promeut en même temps ceci, la société libertaire ne peut exister, dans l’absolu, qu’après la disparition de l’ensemble des Etats du Monde ! Difficile, encore une fois, de penser que c’est possible.
De plus, si l’anarchiste est pacifiste et détient comme idée de la liberté celle de respecter l’individu qui ne veut pourtant pas se libérer, il n’utilisera aucun moyen d’imposer ses convictions auprès des autres. Le libertaire pacifiste et antimilitariste Barthélémy de Ligt écrivit que « plus il y a de violence, moins il y a de révolution ». L’absence de violence peut être un indicateur de progrès civilisationnel. En conséquence de quoi, nul besoin de révolution dans une société sans violence. La société dépossédée de toute forme de violence – physique et morale – est composée seulement d’individus libres. En résumé, moins il y a de violence, moins il y a besoin de révolution. En contrepartie, la violence indique un malaise existant. Nous pouvons aller dans le sens de Ligt si la violence est utilisée par l’Etat afin de diviser la nation, au sens de peuple. (Nous voyons dans une autre partie la différence entre Etat et nation.) L’Etat, avec la violence qu’il instrumentalise, oppose des hommes issus de la même nation qu’il dit représenter. Ou bien il fait la guerre à un autre Etat. Dans le premier ou le second cas, il use de son pouvoir et étouffe ainsi les capacités de révolution. Dans l’histoire toutefois, cet abus de pouvoir étatique n’a pas empêché le sursaut populaire à partir du moment où le peuple a su se fédérer et n’user de violence que contre ses élites. Phase intermédiaire d’une révolution : une résistance. Résister, c’est se défendre, ne pas céder, supporter. C’est donc arriver à détenir assez de liberté réelle afin d’avoir conscience de l’Etat malfaisant et, plus largement, des failles du système dans lequel nous vivons." Louison Chimel - L'Anarque

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01/10/2013

L'Anarque, extrait 1

"Que tout plaisir soit jouissance si la jouissance est la satisfaction d’un désir de volupté et si la volupté se rapporte exclusivement aux plaisirs des sens ! L’essence d’un plaisir se trouve toujours dans l’un des plaisirs des sens. Le plaisir est alors conçu comme essentiel et la jouissance a d’autres origines que seulement sexuelles.
Que toute jouissance soit plaisir si le plaisir n’a point de conséquences douloureuses ! En somme, que désirer reste anarchique ! Il est légitime car libérateur de chercher à combler le maximum de ses désirs essentiels dans la mesure du possible. Et cette mesure du possible se situe dans l’équilibre en question dans cette formule transcendante et éthique évoquée plus tôt : « Tout est possible mais tout n’est pas permis. »
Au passage, il existe bien sûr d’autres plaisirs comme celui de la transmission d’un savoir. Des plaisirs davantage existentiels, liés à l’épanouissement du Moi social donc aux rapports sociaux, à la vie professionnelle. Ils ne sont pas moins importants que les plaisirs des sens. En fait, ceux-là s’intègrent dans les plaisirs existentiels. Si un homme aime dialoguer avec un autre homme, c’est notamment parce qu’il aime parler, voir et entendre. L’épanouissement du Moi existentiel dépend de celui du Moi essentiel.
Car l’Individualité – unicité reconnue, déployée et assumée d’un individu – se retrouve dans les deux Moi. L’émancipation de l’Individu dépend du développement de son individualité.
Ceci dit, c’est parce qu’en général ils ne privilégient pas des individus par rapport à d’autres que l’Anarque insiste sur les plaisirs d’essence, ou des sens. (Je dis « en général » car, par exemple, l’aveugle ne peut pas voir et est donc naturellement démuni du sens de la vue.) Les plaisirs de l’Existence demandent la garantie des besoins physiologiques et de sécurité. Et jamais, dans l’histoire humaine, tous les hommes n’ont eu cette garantie.
Pour l’anarchiste, l’anarchisme est la construction d’un bonheur absolu et universel. Ce bonheur est l’Anarchie. L’anarchiste et l’Anarque sont, par conséquent, tous les deux pour ce bonheur. Or, pour le second, l’Anarchie impose dès à présent un bonheur fébrile mais un bonheur quand même et l’espérance d’un bonheur absolu et universel.
Et si l’Anarchie n’était-elle pas elle-même l’Espérance ? Ou c’est l’Espérance qui est anarchique et donc libératrice. Il faut penser une sagesse libertaire !

Le meilleur développement possible de l’Individualité est une condition de ce bonheur. D’après l’Anarque, la prise en compte de l’anarchisme avant tout comme une philosophie prépare davantage les hommes à une révolution réellement salvatrice. Car sans homme révolté, pas de révolution. Sans que cela relève d’une contradiction, l’Anarque ajoute : sans homme libre, pas d’homme révolté. Question de courage, assimilée à la force dans les vertus cardinales de Platon, la force d’esprit."

Louison Chimel - L'Anarque

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27/09/2013

Voilà l'Anarque !

Voilà un bon moment que je ne vous ai pas donné de nouvelles !

L'Anarque, mon dernier essai, est sorti.
321 pages, format 14x18 cm. 17 € frais de port inclus, commandable auprès de moi ou sur ce lien.
Je vous mets également un lien vers la page Facebook dédiée à l'ouvrage
où vous retrouverez extraits, vidéos et autres infos.
En effet, concernant les vidéos, je compte présenter chaque partie du livre sous forme de séquence audio avec des diaporamas. Ci-dessous, vous trouverez la première dans laquelle j'explique d'où vient le terme d'anarque, son étymologie et son histoire, ainsi que quelques raisons pour lesquelles je me suis intéressé à ce concept.
L'Anarque est un essai de philosophie de la liberté et de philosophie morale (car sans éthique, pas de liberté et vice-versa).
Il donne beaucoup d'importance à la liberté intérieure.
Merci pour votre fidélité et votre soutien.


L'Anarque : étymologie et histoire du terme... par Chimel_Louison

25/09/2013

L'anarchisme catalan

« Aux yeux du peuple espagnol, tout au moins en Catalogne et en Aragon, l’Église était purement et simplement une entreprise d’escroquerie. Il est possible que la foi chrétienne ait été remplacée dans une certaine mesure par l’anarchisme dont l’influence est largement répandue et qui a incontestablement quelque chose de religieux. » (George Orwell, Hommage à la Catalogne)

10/09/2013

L'Homme est la seule créature qui consomme sans produire

animal_farm.jpg"L'Homme est la seule créature qui consomme sans produire. Il ne donne pas de lait, il ne pond pas d'oeufs, il est trop débile pour pousser la charrue, bien trop lent pout attraper un lapin. Pourtant le voici suzerain de tous les animaux. Il distribue les tâches entre eux, mais ne leur donne en retour que la maigre pitance qui les maintient en vie. Puis il garde pour lui les surplus. Qui laboure le sol ? Nous ! Qui le féconde ? Notre fumier ! Et pourtant pas un parmi nous qui n'ait que sa peau pour tout bien."

(George Orwell - La ferme des animaux)

06/09/2013

Arletty récite Mort à Crédit


Arletty lit Céline : Les Vacances En Famille par kroulik

01/09/2013

Le repos dominical et Pierre-Joseph Proudhon

« Dans les campagnes où le peuple cède plus facilement au sentiment religieux, le dimanche conserve quelque chose de son influence sociale. L'aspect d'une population rustique réunie comme une seule famille, à la voix du pasteur, et prosternée, dans le silence et le recueillement, devant la majesté invisible de Dieu, est touchante et sublime. Le charme opère sur le cœur du paysan : le dimanche il est plus bienveillant, plus aimant, plus affable ; il est sensible à l'honneur de son village, il en est fier ; il s'identifie davantage avec l'intérêt de sa commune. » Pierre-Joseph Proudhon

29/08/2013

Esprits : Mediums, Extrait 2

Les chaises des visiteurs formaient cinq rangs devant les tables de l’assistance médiumnique. Les jeunes Croix-roussiennes s’assirent au deuxième rang, tout à gauche. A partir de là, Emma allait éprouver beaucoup de sensations étranges. Ses mains posées sur ses genoux, l’étudiante ressentait des vibrations dans tout son corps. Elle se trouvait, de surcroît, un peu immobilisée mais ne cherchait pas, pour autant, à bouger.
Quelques minutes après, les médiums s’installèrent autour des tables. Les jeunes filles furent surprises par leur nombre, ils étaient une quinzaine ! Un silence envahit la salle. Les médiums, assis, les yeux fermés, semblaient se concentrer. Puis une femme prit la parole. Elle avait les cheveux dorés, ondulés jusqu’aux épaules. Un large sourire illuminait son visage. D’une voix douce, elle présenta le déroulement de la séance.
C’était au tour d’un homme, assis à sa gauche, de prendre la parole. Lui, il lut le passage d’un livre intitulé Après la mort, de Léon Denis. :

"L'univers est une arène où l'âme lutte pour son élévation ; elle l'obtient par ses travaux, par ses sacrifices, par ses souffrances. (…) Ce que l'être doit chercher dans sa course, c'est à la fois la science et l'amour. Plus on sait, plus on aime, plus on s'élève. La souffrance nous oblige à étudier, pour les combattre et pour les vaincre, les causes qui la font naître, et la connaissance de ces causes éveille en nous une sympathie plus vive pour ceux qui souffrent.
(…) Tous les maux de la vie concourent à notre perfectionnement. Par l'humiliation, les infirmités, les revers, lentement, le mieux se dégage du pire. C'est pourquoi il y a ici-bas plus de souffrance que de joie. L'épreuve trempe les caractères, affine les sentiments, dompte les âmes fougueuses ou altières."


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26/08/2013

Esprits : Mediums, Extrait 1

La porte du hammam s’ouvrit, un couple entra. Les stagiaires durent interrompre leur conversation. Elles échangèrent quelques phrases cordiales avec les adhérents. Soudain, la lumière du hammam s’éteignit. Chloé se mit à ricaner nerveusement. Quant à Emma, elle put, à tâtons, atteindre la porte et invita le couple à sortir. Puis la voix de Vanessa, la commerciale, se fit entendre dans les hauts parleurs. Elle annonçait que le centre allait bientôt fermer. Les derniers baigneurs quittèrent l’espace. Les amies se retrouvèrent seules dans la zone. Chloé proposa à son amie d’aller informer le responsable technique qu’il y avait un problème d’éclairage. Or, au moment où, suivie d’Emma, elle allait franchir la porte, celle-ci se referma violemment. Ce sont toutes les lumières qui maintenant s’éteignirent, plongeant la pièce dans l’obscurité.
Chloé tremblait. Emma, pour cette raison, lui saisit le bras et tenta de la calmer.
— Bon, nous n’avons pas peur ! Nous savons comment tout ça fonctionne. Si vous voulez juste vous amuser, trouvez quel-qu’un d’autre à impressionner ! Si, en revanche, vous avez besoin d’aide, je suis à votre écoute. Mais dans tous les cas, vous n’êtes pas censés rester là à faire ce genre de choses.
Un silence suivit. Les lumières se rallumèrent et la porte s’ouvrit doucement. La blonde amie d’Emma se précipita à regagner les vestiaires et s’habilla en moins de deux minutes. Elle n’en menait pas large. Très sérieusement, elle lança :
— Je ne mets plus un pied dans cet endroit !
— Allons Chloé…. Ça n’arrivera plus, tu verras. On va trouver une solution pour savoir ce que c’était et… résoudre le problème !

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23/08/2013

La loi selon Martin Luther King

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"Une loi ne pourra jamais obliger un homme à m'aimer
mais il est important qu'elle lui interdise de me lycnher."
Martin Luther King

20/08/2013

Esprits : Mediums, ma nouvelle parution

968893_142126549328911_601713627_n.jpgDécouvrez sur cette page Facebook le roman sorti cet été dont je suis co-auteur avec Justine Deffontis.
Il s'agit du premier roman d'une trilogie sur le spiritisme, la philosophie fondée par le Lyonnais Allan Kardec (1804-1869).
La trilogie se nomme Esprits. Les trois tomes ont/auront pour noms Médiums, Au-delà et Réincarnation.
L'objectif est de faire découvrir le spiritisme à travers un roman populaire : une étudiante lyonnaise va se découvrir médium. Du fantastique, du spirituel, avec un peu d'humour et histoire d'amour.
Sur cette page Facebook mais aussi ici, vous retrouverez des extraits et anecdotes. Anthony

Retrouvez sur le site TBE toutes mes parutions en vente jusqu'à ce jour. Vous pouvez aussi me contacter pour la vente puisque c'est de l'auto-édition.



17/08/2013

Le peuple philosophe

"Le peuple n'a jamais fait autre chose que prier et payer :
nous croyons que le moment est venu de le faire philosopher "
(Pierre-Joseph Proudhon, De la justice dans la Révolution et dans l'Eglise)

12/08/2013

Citation dans L'Anarque

Dans mon prochain essai intitulé L'Anarque, qui sort dans un mois maximum, j'écris (avec ensuite explications) :
"Il vaut mieux ne pas croire en Dieu mais agir comme celui qui y croit
.
plutôt que d'y croire et avoir l'attitude de celui qui n'y croit pas."

07/08/2013

Le pouvoir : une fin, non un moyen

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"Le pouvoir n'est pas un moyen, il est une fin. On n'établit pas une dictature pour sauvegarder une révolution. On fait une révolution pour établir une dictature.
La persécution a pour objet la persécution. La torture a pour objet la torture. Le pouvoir a pour objet le pouvoir." (George Orwell - 1984)

05/08/2013

Résister, selon Robespierre

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"On résiste à l'invasion des armées, on ne résiste pas à l'invasion des idées." (Maximilien Robespierre)

02/08/2013

Le socialiste travailleur et le socialiste imposteur

" Nous avons le socialiste travailleur et à la tête vide :
il veut supprimer la misère sans comprendre ses implications.
Et d’autre part, le socialiste qui veut supprimer la misère de toutes les manières possibles
mais qui se sert de cette misère pour ses propres intérêts. " (George Orwell - Le quai de Wigan)

16/07/2013

Hommage à Léo Ferré

(Je sais que ce blog est un peu en pause. Je reviens sous peu. Deux livres, de mon côté, sortent cette année. Dont L'Anarque. A bientôt.)

Je commencerai par une anecdote. Picasso est installé à la table d'un restaurant. Pour s'occuper pendant que son plat est préparé, il dessine un croquis sur une nappe en papier. Le serveur, qui reconnaît le peintre lorsqu'il sert celui-ci, lui demande de lui donner ce dessin qu'il vient de réaliser. Picasso refuse. Le serveur, interloqué, insiste en argumentant le fait qu'il n'a fallu que quelques minutes à l'artiste pour produire ce qui s'offre à ses yeux. Picasso alors lui répond : « Non, c'est l'oeuvre de toute une vie ».
Cette histoire illustre assez bien la façon dont fût écrite la chanson C'est extra. Nous sommes fin 1968, les évènements de mai se sont soldés par une retour politique de l'ordre et de la sécurité, mais pourtant le livre de la contestation est dorénavant grand ouvert. Léo, comme d'autres, y plantera sa plume. L'agitation ambiante, qui n'est plus dans la rue mais dans les esprits, inspire le poète. En fuite conjugale, celui-ci se réfugie en Ardèche, dans une maison à louer. Un petit matin, un vieux piano s'offre à lui et Léo lui concèle alors ses notes. C'est extra est composé d'un jet, sans artifice. Le succès sera immense.

Une robe de cuir comme un fuseau
Qu'aurait du chien sans le faire exprès
Et dedans comme un matelot
Une fille qui tangue un air anglais

Léo figure une jeune femme dans cette évocation marine, cette femme qui troublerait l'eau dans laquelle « un nageur qu'on attend plus » se noyerait dans sa plus profonde intimité.
1969 naît et Léo offre au public un slow torride. Il participe à sa façon à l'érotisation des coeurs, dont Gainsbourd sera le chantre. Le poète fait état d'une lente montée vers la jouissance, simulant en rythmique cette petite mort qui nous va si bien, nous les hommes.

Ces mains qui jouent de l'arc-en-ciel
Sur la guitare de la vie
Et puis ces cris qui montent au ciel
Comme une cigarette qui prie
C'est extra
Des bas qui tiennent haut perchés
Comme les cordes d'un violon
Et cette chair qui vient troubler
L'archet qui coule ma chanson
C'est extra

Lorsque la poésie est au service du désir, la vulgarité se noie dans un bain de jouissance. Tout ici n'est que subtilité classant le sexe au rang de l'art, pour être consommé puis consummé comme une cigarette qui prie.
Le succès est immédiat, Léo colorant son texte d'une musique d'époque, planante et sensuelle comme un de ces « Moody blues qui chantent la nuit comme un satin de blanc marié ».

A tous ceux et toutes celles qui ont pensé, ne serait-ce qu'une micro-seconde, que Léo Ferré était misogyne, cette chanson est une réponse lumineuse. Car oui, il l'était certainement, mais d'une façon si divine qui pardonne tous les écarts. Léo répondait d'ailleurs ainsi, lorsqu'on le taxait de misogynie :
« Misogyne, on me le dit souvent. Je le suis, mais misogyne, c'est un homme qui aime trop les femmes ».

http://jefka.over-blog.com/categorie-10919127.html

22/05/2013

Ray nous a quittés

Sans doute celui (avec Dave Greenfield des Stranglers) qui m'inspire le plus dans mes morceaux orgue / synthé rock... qui vient de disparaître...
Dimanche soir (comme par hasard) je remettais dans ma voiture des disques des Doors.
This is the end...

18/05/2013

Sans comparer, comment révolutionner ? George Orwell

1984_by_George_Orwell.jpg
" Les masses ne se révoltent jamais de leur propre mouvement, et elles ne se révoltent jamais par le seul fait qu'elles sont opprimées. Aussi longtemps qu'elles n'ont pas d'élément de comparaison, elles ne se rendent jamais compte qu'elles sont opprimées. " (George Orwell - 1984)

15/05/2013

Michéa et Proudhon

proudhon.jpg"Je ne m'inscris plus sous le logiciel de la gauche car il devient, livré à lui-même, parti de demain pour qui tout mouvement est bon.
La nuance entre la gauche et le mouvement socialiste noué au moment de l'Affaire Dreyfus avait un ennemi extraordinaire : la Réaction. Tant que cette réaction était puissante, cette alliance avait un sens. Maintenant, alors que ce combat n'est plus - malgré certains journalistes des Inrockuptibles qui le croiraient encore (combattre l'alliance du trône et de l'autel, la famille patriarcale, le droit des nesses) -, il est clair que le logiciel de gauche patine dans le vide, allant vers la modernisation infinie.
Ce qui était l'originalité du socialisme, c'est qu'il partageait avec le libéralisme des aspects avec l'idéal des Lumières - liberté, égalité, droits des individus devant l'émancipation - mais en les inscrivant dans le projet de maintenir quelque chose qui relève de la vie commune.
Exemple : Célébrations du dimanche est le premier grand livre de Proudhon.
Le repos dominical est là pour des raisons mises en place par la religion et l'Ancien régime. On comprend comment les modernistes et les progressistes pourraient dire : puisque la superstition est une croyance d'un autre âge, supprimons le repos dominical.
Proudhon disait : c'est pas parce qu'il a des bases religieuses et qu'il est né dans l'Ancien régime que c'est une bonne raison d'en finir avec le repos dominical.
Quant à Marx, il disait dans le Capital : religieux ou pas, les capitalistes seraient conviés par leur propre logique à conduire les gens à travailler un jour le dimanche." (Jean-Claude Michéa sur France Inter, mars 2013)