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11/03/2015

Hommage en chanson à Hugo Chavez, mort il y a deux ans

08/03/2015

Michel Onfray sur l'école d'aujourd'hui


Michel Onfray : "Aujourd'hui à l'école, on... par franceinter

03/03/2015

Ethique et morale, extrait de L'Anarque

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En latin, éthique donne ethica mais ethica vient lui-même du grec ancien éthiké. A Rome comme à Athènes au temps de leurs empires respectifs, ethica et éthiké signifiaient morale.

Or, aujourd’hui et depuis longtemps – même si des gens continuent de confondre éthique et morale –, les contextes d’utilisation de ces notions diffèrent très souvent. Cette différence provient notamment de leur emploi dans l’histoire de la philosophie. Nous savons en effet que, schématiquement, l’éthique est préférée par les matérialistes, la morale par les idéalistes. Cette préférence s’établit sur une nuance pouvant être formulée de la façon suivante : l’éthique détermine ce qui est bon de faire, la morale ce qui doit être fait pour le Bien. Nous revenons un peu plus loin sur cette nuance. Aussi, une morale n’est pas forcément religieuse. Hormis celle que revendiquerait un philosophe pourtant areligieux, ne parlons-nous pas, par exemple, de morale des droits de l’homme ?

En s’inspirant des différences historiques, nous pouvons dire qu’une morale est un ensemble de règles – obligations, interdictions – à portée universelle et absolue. La vocation de l’éthique n’est pas fondée, pour sa part, sur l’universalité mais sur la relativité. Cette relativité est spatiale, temporelle. Elle permet la définition d’éthiques à l’échelle d’une communauté constituée dans un objectif précis. Cette communauté peut être professionnelle, scientifique, médicale ou purement associative à dimension sociale, caritative, humanitaire. La relativité communautaire – celle se portant sur le nombre de gens qui respectent une éthique en particulier – peut se réduire à un seul individu ; nous pouvons parler d’éthique individuelle. 

L’Anarque, conscient et respectueux de l’Unicité individuelle, pense que nul individu ne peut raisonnablement adhérer totalement à une morale. Le fanatique religieux, par exemple, ignore manifestement son unicité.

Continuons de souligner les nuances entre éthique et morale à partir de celle entre ce qui est bon de faire – du côté éthique – et ce qui doit être fait pour le Bien – du côté moral. Ce qui est bon de faire peut laisser entendre l’idée d’une évidence morale. Or, ce qui est jugé bon de faire sous-entend une réflexion personnelle alors que ce qui doit être fait pour le Bien est jugé ainsi par une autorité extérieure à l’Individu. Parce que la bonté se dote de nuances infinies tandis que la définition du Bien sous-entend celle du Mal et, de là, une nette distinction entre les deux. L’homme ne cherche pas ce qui est bon de faire quand il sait ce qu’il doit faire pour le Bien. En d’autres termes, l’homme obéissant à une morale est épargné du doute de ce qui est bien ou mal. Dans son cas, il semble alors assez simple de passer à l’action. Pourtant, il peut toujours se demander si sa conduite est réellement bonne dans le sens où, coûte que coûte, elle doit répandre le Bien. 

Du côté éthique, il n’y a pas de comptes à rendre devant un quelconque code moral, qui plus est, impersonnel et inconditionnel. L’homme qui cherche à agir bien sans pour autant obéir à une définition précise du Bien, même personnelle, peut, mieux que l’homme plongé dans une morale, relever les spécificités d’une situation. Risque-t-il alors de passer tardivement à l’action ? En fait, son expérience de « la vie réelle » – excluant celle de la divinité ou l’apprentissage des règlements d’une morale – peut l’amener à agir aussi, voire plus, rapidement qu’un homme profondément ancré dans une morale.

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28/02/2015

La Confiance en l'Esprit, extrait de la partie 8

couv-products-115079.pngLa conscience au terme de sa récursivité est absolue. L'idée de liberté naît de l'individu qui a conscience de sa propre conscience donc de son essence en tant qu'être humain puis de son existence. En con-séquence, il semble logique qu'on puisse se faire une idée de la liberté absolue à partir de la conscience absolue, l'idée étant devenue conscience ordonnée et connaissance.
Exemple de conception de la liberté absolue* :
la Liberté réelle de l'Anarque, incarnation d'un ordre individuel absolu, puisque l'Anarchie est l'ordre absolu et l'Anarque est l'Homme-anarchie.
L'Anarque, homme heureux dans l'immédiat et à l'infini, est une figure du bonheur et de l'amour, par son éthique. Or, c'est Dieu qui, au-dessus de tous les êtres, est amour, diront les croyants. Nous avons sinon l'Esprit du Monde, essence de la liberté à portée universelle, et donc l'Esprit absolu, porteur d'un savoir absolu. Nous revenons au savoir absolu, le cycle est refermé.

* La liberté absolue n'est certainement pas à confondre avec la licence. Cette dernière ignore la conscience morale donc elle ne peut relever de la conscience absolue.


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23/02/2015

Attentat démocratique : vidéo sur la vraie démocratie

16/02/2015

Humains

Vidéo retrouvable sur le blog d'une amie : bookofgenesis.wix.com/origine-humanite

14/02/2015

Le langage en politique (3/3)

george_orwell_poster-r498b62ece7aa4b15a36a0135be6df661_wvg_8byvr_324.jpgAlors, que défendre et comment résister ? Je donne ici, mais aussi dans d’autres parties, des éléments de réponse. Dans 1984, George Orwell écrit : « Vers 2050, plus tôt probablement, toute connaissance de l’ancienne langue aura disparu. Toute la littérature du passé aura été détruite. Chaucer, Shakespeare, Milton, Byron n’existeront plus qu’en version novlangue. Ils ne seront pas changés simplement en quelque chose de différent, ils seront changés en quelque chose qui sera le contraire de ce qu’ils étaient jusque-là. » En nous inspirant d’Orwell, nous devrions, à l’écrit, mettre des guillemets inversées aux mots dont le sens est régulièrement détourné par les pouvoirs médiatiques et politiques. Ce qui attirerait l’attention du lecteur afin de lui faire prendre conscience que l’utilisation moderne et banalisée des mots en question est insidieuse. Ainsi, même si la liste de ceux-là est longue, nous pourrions, par exemple, écrire » démocratie «, » république «, » socialisme «, » conservateur «. Le concept d’anarchie est lui-même connoté. Dans le langage courant, il est souvent comparé au laisser-faire, au chaos, à l’anomie alors qu’en fait il est politiquement, et plus sérieusement, associé à une vision de l’ordre social absolu demandant entre autres la responsabilisation individuelle.

Parce que nous pouvons bien, à notre époque, concevoir le novlangue comme le langage utilisé par l’élite médiatico-politique qui détourne les mots de leurs vrais sens dans le but d’entretenir sa malhonnête influence sur le peuple.
La définition du « maître du langage » que je donne dans cette partie a elle-même recours au novlangue, à d’insidieuses définitions de mots. Dans ce cas précis, effectivement, ne sont estimables ni le maître ni le langage.
D’autres exemples d’usage du novlangue dans ce passage de George Orwell tiré de son essai La politique et la langue anglaise : « Le langage politique doit […] consister en euphémismes, pétitions de principe et imprécisions nébuleuses. Des villages sans défense subissent des bombardements aériens, leurs habitants sont chassés dans les campagnes, leur bétail est mitraillé, leurs huttes sont détruites par des bombes incendiaires : cela s'appelle la « pacification ». Des millions de paysans sont expulsés de leur ferme et jetés sur les routes sans autre viatique que ce qu'ils peuvent emporter : cela s'appelle un « transfert de population » ou une « rectification de frontière ». Des gens sont emprisonnés sans jugement pendant des années, ou abattus d'une balle dans la nuque, ou envoyés dans les camps de bûcherons de l'Arctique pour y mourir du scorbut : cela s'appelle l' « élimination des éléments suspects ». Cette phraséologie est nécessaire si l'on veut nommer les choses sans évoquer les images mentales correspondantes. »

Toujours dans cet essai, Orwell, en opposition au novlangue, nous dit : « Ce qui importe avant tout, c'est que le sens gouverne le choix des mots, et non l'inverse. » Si, dans un échange ou une lecture, nous devions prendre l’habitude de considérer les mots de l’autre avec les sens qu’il veut bien leur donner et qui différencient des nôtres, l’incompréhension se généraliserait. Un langage aux codes non partagés un minimum est destiné à mourir rapidement. Dans le cas contraire, il aura tendance à coller à une langue qui confère aux mots un sens bien précis.

Quel intérêt, sinon, de vouloir donner un sens nouveau à un mot si ce n’est pour se moquer de la langue, jouer sur une certaine ambiguïté, chercher à tromper l’autre qui n’est pas sûr de ne pas avoir compris puisqu’on utilise pourtant un mot qu’il connaît ? C’est pourquoi il faut être vigilant, chercher parfois à lire entre les lignes, à comprendre pourquoi telle expression linguistique est née et est utilisée de manière récurrente dans les médias.

L'anarchiste conservateur, en ce qui le concerne, entend conserver les langues, nationales ou régionales, comme références d’un langage authentique et résistant au novlangue officiel, envahissant (totalitarisant) et décadent (aussi bien moralement qu’intellectuellement). Louison Chimel, extrait des Cahiers d'un Anarchiste conservateur

12/02/2015

L'Anarque : extrait de la partie «Les hommes moraux sont-ils sans pouvoir ?»

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Je veux débuter cette partie avec une pensée d’Henry de Montherlant dans son roman Le cardinal d’Espagne : « Il n’y a pas le pouvoir. Il y a l’abus de pouvoir, rien d’autre.  »
Dans cette partie, le pouvoir est globalement assimilé à celui de la politique, du show-business ou encore du business tout court. 
Si l’homme ne représente que lui-même dans l’absolu, l’homme moral – pensant beaucoup aux autres – peut-il accéder au pouvoir, concevoir la conquête de celui-ci avec uniquement des fins altruistes ? En outre, une fois au pouvoir, sait-il conserver ce retour vers la chose commune qui, jusque là, l’a amené à vouloir détenir ce pouvoir ? 
Cela nous amène à nous demander si pouvoir et morale (ou éthique) font bon ménage. (Cette partie fait l’écho à celle sur la corruption des élites.) Ils devraient. Mais c’est justement, peut-être, sur l’incompatibilité, l’utopie de cette coexistence que naît l’Anarchie. « Le pouvoir est maudit, c’est pourquoi je suis anarchiste. » (Louise Michel)
George Orwell pensait, de son côté, que « les hommes ne sont moraux que lorsqu’ils sont sans pouvoir ». En contrepartie, c’est chez les ouvriers – parce que leurs conditions de vie les obligent à conserver un sens de la modération, du raisonnable et du partage – qu’on retrouve beaucoup, toujours selon Orwell, « la loyauté, l’absence de calcul, la générosité, la haine des privilèges ». On peut élargir la classe ouvrière à l’ensemble des classes populaires – paysannerie, prolétariat, sous-prolétariat – et parler d’un principe de réalités sociales (en allusion au concept freudien) qui s’impose à elles et leur fait garder un certain sens des nécessités (économiser et dépenser pour d’abord subvenir à ses besoins physiologiques et de sécurité). La conscience partagée, dans une même classe sociale, de la vie difficile (compassion égalitaire) entraîne la solidarité de classe à travers l’entente désintéressée et l’entraide. Une maxime dit également que les plus généreux sont les plus pauvres. Et en même temps, l’Anarque, conscient de l’absurde – détenu en chaque homme – peut s’amuser à penser, comme Pierre Desproges, que « les aspirations des pauvres ne sont pas très éloignées des réalités des riches ». Louis-Ferdinand Céline, de son côté, écrivit que le prolétaire était un bourgeois qui n’a pas réussi.

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10/02/2015

Le langage en politique (2/3)

Il faut alors que ce nouveau verbe, cette nouvelle langue – dans 1984, Orwell parle de newspeak, traduit, en français, par novlangue –, soit le reflet de nouveaux comportements. Il s’agit bien d’entretenir une harmonie entre le verbal et le comportemental en faisant vivre, en nous, une nouvelle pensée, dans le but que la censure en question devienne autocensure d’abord consciente puis inconsciente. Car, en faisant disparaître certaines notions des écoles et des médias, il y a volonté de carrément limiter notre faculté de pensée, de contrôler notre psychologie, de perdre notre identité, pour devenir uniquement des êtres serviles – et consommateurs, dans le cas du capitalisme marchand (1) –, des anthropoïdes décérébrés et soumis, des animaux sans instinct propre à la nature mais régis par ceux qui gouvernent le Monde. Dans 1984, Orwell écrit : « Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? […] Tous les concepts nécessaires seront exprimés chacun exactement par un seul mot dont le sens sera rigoureusement délimité. Toutes les significations subsidiaires seront supprimées et oubliées. […] Chaque année, de moins en moins de mots, et le champ de la conscience de plus en plus restreint. » Ou encore, plus court : « La dictature s'épanouit sur le terreau de l'ignorance. »

Le « maître du langage » est forcément, dans l’absolu, le maître du Monde. En effet, il a su mettre le Monde à ses pieds. Il a su, par ses capacités supérieures de conviction, mettre les financiers dans sa poche pour l’aider à gagner des élections. D’où, concrètement, l’alliance contemporaine entre le politiquement correct de gauche et l’économiquement correct de droite, concepts de Jean-Claude Michéa abordés dans plusieurs parties de ce livre.

Ensuite, si besoin il y a, le « maître du langage » saura truquer les élections, en arrosant les huissiers devant s’assurer du bon déroulement des premières. Afin de se donner une apparence démocratique, il est institutionnellement capable d’user du parlementarisme dont les corrompus et faux représentants des peuples peuvent s’exprimer ainsi auprès d’eux : « Expliquez-nous quel est votre problème, on vous dira ce qu’il faut en penser. » (Coluche) L’écrivain et philosophe Alexis De Tocqueville (1805-59) nous dit quant à lui : « Je ne crains pas le suffrage universel : les gens voteront comme on leur dira. » Dans l’absolu, bien sûr, une population réellement soumise au « maître du langage » ne peut que voter pour lui, qui n’a plus besoin d’œuvrer avec une myriade de malices pour perdurer.

Le « maître du langage » devenu maître du Monde peut faire toute la propagande qu’il veut. Elle ne concerne pas forcément directement sa personne. Mais en choisissant de faire la une d’un journal avec telle ou telle affaire de société (relevant de la géopolitique au fait divers le plus banal), elle est quand même toujours tournée à son avantage.

Enfin, le maître du Monde peut bien évidemment réécrire l’histoire, redistribuer les cartes des vainqueurs et des vaincus (d’où la partie suivante). Qu’il y ait néanmoins des gens qui ont de la mémoire, le contrôle de leur pensée se fera de sorte qu’ils aient la mémoire courte ou, en tous les cas, sélective. Puisqu’en effet le maître du novlangue contrôle votre psychologie, il ne s’arrête pas qu’à votre pensée, votre flux de conscience, mais il compte bien visiter le tréfonds de votre conscience et même les bas-fonds de votre inconscient.
Orwell écrit : « Un des buts du totalitarisme est non seulement d'assurer que les gens auront les pensées qu'il faut, mais en réalité de les rendre moins conscients. » (Essais, Articles, Lettres volume 4Louison Chimel, extrait des Cahiers d'un Anarchiste conservateur

08/02/2015

Demis Roussos et Aphrodite's Child

Si j'aime beaucoup Demis Roussos, qui nous a quittés récemment,
j'aime tout particulièrement le groupe Aphrodite's Child qu'il formait, dans les années 1960, avec le batteur Lucas Sideras et Vangelis, alors un des futurs grands compositeurs de musiques de film.
Aphrodite's Child, c'est du rock psychédélique, parfois du hard rock, mélangé à de la «musique d'église».
Aphrodite's Child, c'étaient — comme m'avait dit un jour une vieille amie anarchiste qui a connu «ces années-là» — les hippies romantiques par excellence.
Musicalement très fort, le groupe enchaînera les tubes — Rain and tears, It's five o'clock, I want to live, etc. —, mais je vous propose de redécouvrir ici son double album, 666. Projet qui referme l'histoire Aphrodite's Child après deux précédents albums, avec un Demis de plus en plus distant — même si, des années plus tard, il retravaillera avec Vangelis, notamment sur la bande originale du film Blade Runner.
666, adaptation musicale de l'Apocalypse de Saint Jean, est clairement l'un des plus grands albums rock de toute l'histoire, à découvrir ou redécouvrir. Avec la participation — orgasmique, et ce n'est pas au sens figuré — d'Irene Papas sur le second disque.
 Anthony

06/02/2015

Le langage en politique (1/3)

george_orwell_poster-r498b62ece7aa4b15a36a0135be6df661_wvg_8byvr_324.jpg« Les relations qu’il y a entre les habitudes de pensée totalitaires et la corruption du langage constituent une question importante qui n’a pas été suffisamment étudiée. » (George Orwell cité par Simon Leys dans Orwell ou l’horreur de la politique)
Nous pouvons nous inspirer de la pensée orwellienne afin de relever l’importance du langage – ainsi que de l’histoire, comme nous le voyons plus loin – dans la politique. Avant cela toutefois, j’aimerais évoquer le philosophe français Henri Bergson (1859-1941) qui conçoit la conscience intégrale à travers un apport remarquable de l'intuition, complétant celui de l'intelligence, pense que le pouvoir du langage – outil d'expression de cette dernière – est limité afin de discerner convenablement l'individualité. Par le règne de l'intelligence – forcément « sous l'influence du langage » –, il craint la tendance de « lire des étiquettes collées » sur les choses. Ces deux dernières expressions sont tirées de son livre Le rire (1900) dans lequel il écrit également ce passage : « Quand nous éprouvons de l'amour ou de la haine, quand nous nous sentons joyeux ou tristes, est-ce bien notre sentiment lui-même qui arrive à notre conscience avec les mille nuances fugitives et les mille résonances profondes qui en font quelque chose d'absolument nôtre ? Nous serions alors tous romanciers, tous poètes, tous musiciens. Mais le plus souvent, nous n'apercevons de notre état d'âme que son déploiement extérieur. Nous ne saisissons de nos sentiments que leur aspect impersonnel, celui que le langage a pu noter une fois pour toutes parce qu'il est à peu près le même, dans les mêmes conditions, pour tous les hommes. Ainsi, jusque dans notre propre individu, l'individualité nous échappe. Nous nous mouvons parmi des généralités et des symboles, comme en un champ clos où notre force se mesure utilement avec d'autres forces ; et fascinés par l'action, attirés par elle, pour notre plus grand bien, sur le terrain qu'elle s'est choisi, nous vivons dans une zone mitoyenne entre les choses et nous, extérieurement aux choses, extérieurement aussi à nous-mêmes. »

Ainsi, nous devinons que le langage peut être une bonne arme de manipulation, aussi bien dans les relations les plus classiques de la vie quotidienne que pour le pouvoir politique.
En même temps, l’existence de cette précédente « zone mitoyenne » doit nous rassurer sur l’incapacité de ce dernier à nous rendre absolument corruptibles et serviles. En ayant conscience de cette « zone », il faut parvenir, dans la vie de tous les jours, à cultiver notre individualité – autrement dit, à garder en conscience, en permanence, une dose suffisante d’individualité – pour conserver notre libre arbitre et notre esprit critique.

George Orwell, à travers ses œuvres comme les célèbres romans 1984 et La ferme des animaux, nous interpelle spécifiquement sur l’importance de la maîtrise du langage par le pouvoir politique permettant à celui-ci d’asseoir sa domination.
Dans ces précédents ouvrages, sont décrites des sociétés imaginaires. Leurs ressemblances avec les régimes nazi et soviétique du siècle dernier sont frappantes et officialisées. Seulement, nous pouvons relever également des traits de ressemblance avec notre société capitaliste et son oligarchie libérale. Cette approche se veut bizarrement moins officielle…
Il faut bien préciser le sens que prend ici l’expression « maîtrise du langage ». Par langage, il ne faut pas entendre logos ou raisonnement logique au service de la vérité mais simplement l’ensemble des mots – écrits ou parlés – utilisés dans une société. Donc, par « maître du langage », il ne faut pas entendre maître du logos, philosophe amoureux de la vérité et confirmé dans le domaine de la dialectique – définition que, sinon, j’affectionne. Au contraire ici, le maître est le dominateur dans son sens évidemment péjoratif. Le « maître du langage » est le responsable de la parole officielle, des écrits officiels. Il fait donc attention au langage des individus qui doivent se plier à ces derniers. Le « maître du langage » – expression à laquelle je prends donc soin de mettre des guillemets – peut aller du néo-sophiste membre de l’intelligentsia au pur et simple policier de la Pensée correcte.
J’aurais pu parler de contrôle plutôt que de maîtrise (du langage). Le premier mot peut plus fréquemment prendre un sens péjoratif. Or, justement, maîtriser le langage d’autrui, ce n’est pas simplement le comprendre mais c’est le connaître si bien que c’est en être le créateur et le précurseur. C’est pire que le contrôler. Celui qui me contrôle peut se contenter de me surveiller – éventuellement dans l’impermanence. Celui qui me maîtrise est devenu mon maître. Il sait tout sur moi, sans que j’en aie forcément conscience – but éventuellement recherché par le maître afin que sa domination soit moins visible tout en ne perdant rien en intensité. Le maître ne fait pas que contrôler mes faits et gestes, il les anticipe. Dans un sens, il peut se passer de les contrôler – comme il appuierait sur une télécommande pour que je réalise telle ou telle action – tant qu’aucune des conséquences de mes faits et gestes n’échappe à sa conscience. C’est le dompteur et son animal dompté.
Maintenant, l’homme attaché à un sens noble ou artistique, ou simplement scrupuleux, des notions de maître et de langage peut, par conséquent, préférer l’expression « agent de la pensée correcte ». Cet agent, en tant qu’intellectuel, est plutôt du côté de l’action préventive. En tant que responsable ou exécutant de la censure, il est du côté de l’action répressive.

Les dirigeants de la Pensée correcte, ainsi responsables du langage public et vrais patrons des médias, peuvent mettre en avant telle notion plutôt qu’une autre, ostraciser telle ou telle autre. Ce sont, dans un sens, de vrais professionnels de la communication. Cela peut avoir un lien avec la mercatique même si elle concerne, a priori, le monde du commerce. Mais en même temps, elle a évidemment à voir avec la pensée unique. Ses agents ne veulent pas forcément vous interdire de dire telle ou telle chose mais faire en sorte que vous pensiez vraiment autrement pour ensuite aller tout naturellement dans le sens de la pensée correcte. La logique est bien totalitaire. Le langage public sous la domination du « maître du langage » doit faire naître, ou bien disparaître, certaines habitudes verbales dans le langage qu’on retrouve dans les liens privés et intimes. Les mots peuvent même prendre un nouveau sens, éventuellement contraire à l’original. D’où, par exemple dans La ferme des animaux, cette devise donnée aux animaux qui, pour une très grande majorité d’entre eux, s’y plient : « La guerre, c'est la paix. La liberté, c'est l'esclavage. L'ignorance, c'est la force. » Aussi, en allusion à un slogan présent dans le film Oublier Cheyenne (2006), si « le gouvernement nous pisse dessus, les médias nous font croire qu'il pleut ». Louison Chimel, extrait des Cahiers d'un Anarchiste conservateur

31/01/2015

Entrevue de Demis Roussos en son hommage

28/01/2015

Sur l'oligarchie libérale – extrait de l'aNarque (2/2)

couv-products-114990.pngComme l’a bien analysé le philosophe Michel Clouscard, pour s’assurer que cette majorité reste silencieuse, le capitalisme de ce pouvoir néolibéral se veut séducteur. Séducteur par le consumérisme. Ainsi, pour soi-disant se libérer – à vrai dire, finir aliéné –, il faut consommer. Pour vouloir l’objet de consommation, il faut être naturellement séduit par lui. De plus, hormis l’achat des biens, le maximum de services doit être réduit à un échange marchand. A l’échelle mondiale, l’univers de la publicité et du divertissement brasse quasiment autant d’argent que celui de l’armement. Combien croisons-nous quotidiennement de slogans publicitaires écrits, sonores ou graphiques ? Lutter donc contre ce capitalisme de la séduction demande de réaliser un travail psychologique, individuel ou collectif, afin d’analyser nos habitudes comportementales devant la marchandise, nos façons de consommer, notre asservissement à cette insidieuse liberté de consommer.

Je reviens, enfin, sur la neutralité axiologique, concept du sociologue allemand Max Weber qui désigne l’attitude d’un homme de cette profession n’émettant aucun jugement de valeur dans ses travaux. Weber précise que le sociologue doit être uniquement dans un rapport aux valeurs ; autrement dit, il doit prendre en compte, sans jugement personnel, les valeurs morales, les mœurs et les coutumes concernées dans les rapports sociaux qu’il analyse.
Chose amusante, Weber, attiré par la politique, va un peu plus loin en disant que cette posture sociologique de ne pas imposer ses valeurs s’adapte en particulier à un engagement philosophique anarchiste. En effet, le chercheur anarchiste – ou l’Anarque lui-même –, puisque détaché du droit qu’il ne reconnaît pas, sinon seulement dans une société anarchiste, fournira des meilleures analyses sociologiques.
Certains imagineront peut-être que la neutralité axiologique serait au pouvoir également dans une société anarchiste. Pourtant, si, dans le contexte d’un travail en sociologie, l’anarchisme peut permettre une certaine neutralité, il incarne sinon un certain nombre de valeurs telle l’individualité, l’amour pour la dialectique, l’entente, l’entraide, la solidarité, l’autogestion,…
A part cela, à la place du sociologue, je prendrais l’exemple de l’historien, que peut être d’une belle manière un anarque, pour des raisons que je développe dans cet ouvrage (vergogne, amour pour le logos, résignation politique, attachement à l’Individu plus qu’à l’homme donc à sa condition sociale et mentale, son évolution dans la Construction de soi).

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25/01/2015

La Confiance en l'Esprit, extrait de la partie 3

couv-products-115079.pngLa Décence ordinaire et partagée ou, plus court, Décence commune est, selon le philosophe contemporain Jean-Claude Michéa, un « sentiment intuitif des choses qui ne doivent pas se faire, non seulement si l'on veut rester digne de sa propre humanité, mais surtout si l'on cherche à maintenir les conditions
d'une existence quotidienne véritablement commune » (Impasse Adam Smith). La Décence commune est un concept de l'écrivain et journaliste anglais George Orwell (1903-50) qui, dans sa langue, parlait de Common decency.
Ce sont ses rencontres avec notamment les mineurs de Wigan (ville du nord de l'Angleterre) et durant son engagement dans la Guerre civile espagnole (1936-39) qui vont nourrir cette précédente notion. Parce que, dans Décence commune, il faut entendre commune comme populaire. Les hommes qui incarnent cette décence sont effectivement les hommes ordinaires issus des classes populaires.
A présent, réfléchissons sur la notion de décence. Ce qui est décent est le minimum raisonnable (d'où un sentiment intuitif et un exemple de lien entre intuition et raison, qu'on va approfondir plus loin). Ce qui est décent est une situation digne ou une action visant à rétablir ou défendre une part de dignité propre ou d'un autre individu. Notons un lien étymologique entre digne et décent : décent vient du latin décet, et décet a pour dérivé dignus signifiant digne.
En outre, décet veut dire convenir, autrement dit venir avec. Ce qui en premier lieu « vient avec » la naissance de l'homme et donc de ce que lui-même va nommer existence est sa conscience notamment morale. On peut comparer la décence commune à une convenance naturelle (et nécessairement partagée puisqu'il faut être au moins deux pour dire ce qu'il convient ou est naturel de faire). Ce naturel est évidemment existentiel, on ne parle pas de la nature dans le sens de l'univers avec ses forêts, ses mers et ses êtres vivants. Cependant, il s'agit, par la convenance naturelle, de relever une « nature morale » de base, propre à l'être social. Elle est partagée, car commune, reconnue comme bienfaisance relative à un bagage éthique élémentaire. Celui-ci est hérité d'un conditionnement qui dépasse les générations et reste actif parmi les classes populaires malgré l'indécente menace de l'oligarchie mondiale actuelle, phénomène politique inédit dans l'histoire et à rapporter aux déshumanisantes mutations, toutes aussi inédites, du capitalisme.


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22/01/2015

Les Guignols de l'Info et la théorie du complot


Les Guignols de l_Info et la Théorie du Complot par Matricecensuree

19/01/2015

Sur l'oligarchie libérale – extrait de l'aNarque (1/2)

couv-products-114990.png[...] le gouvernement néolibéral – triomphant sur les penseurs libéraux d’antan qui, parfois, accordaient encore « trop » d’importance aux valeurs morales – doit être sans vision ni idéal politique à proprement parler. Ce gouvernement purement technocratique obéit à la vieille stratégie du « diviser pour mieux régner » tout en s’assurant que la division en question ne se transforme pas en guerre civile (idéologique d’abord, physique et matérielle ensuite) ni n’échappe à la loi du Marché. Le Marché, et le consumérisme qui en dépend, doivent être les (seules) choses unifiant la population (ce n’est même plus un peuple, terme trop politique ou philosophique pour ce pouvoir). Et ce, toujours suffisamment pour éviter cette guerre.
Sur le plan des valeurs (morale, éthique, religion), l’Etat néolibéral est donc dans la neutralité axiologique. Ce qui veut dire – et je reviens sur ce concept un peu plus loin – qu’il ne doit à aucun moment incarner ni donner un jugement de valeur. Du moins vis-à-vis du Peuple. Car ce pouvoir n’obéit qu’à la « religion du Marché ». Qu’ensuite chaque individu vive sa vie comme il l’entende et selon ses valeurs, tant que sa liberté n’empiète pas celle d’autrui ! Tant pis si ensuite, comme l’avait dit Friedrich Engels, « chacun se replie sur son mode de vie particulier ».
Le néolibéralisme – « je suis libre quand je consomme » ajouté à « je fais ce que je veux tant que
je suis sûr de ne pas embêter l’autre » – diffère bien d’une éthique libertaire, critique à l’égard du pouvoir de l’argent (imaginant même son inexistence) et adaptée à l’idée suivante : « Ce que je suis ou fais en société me libère et, ainsi, est supposé libérer l’autre. »
Mais précisément, comment ce pouvoir néo-libéral, sous pilotage oligarchique, gère son règne de la division sans implosion ? Pour éviter que la division qu’il entretient pour le faire subsister ne devienne trop importante, et alors menaçante, il doit composer avec les groupes de pression. Ceux-ci sont les émanations des conflits internes au(x) peuple(s) formant ladite division surveillée et agencée par le pouvoir néolibéral. Ces groupes de pression peuvent aller des mouvements anti-tabac ou anti-corrida aux mouvements communautaires religieux ou sexuels. Selon leur puissance politique qui s’appuie sur des revendications communautaires diverses et variées mais généralement très minoritaires au sein des classes populaires, ils gagnent bien des batailles, aidés par le système médiatique, en connivence avec l’oligarchie et relayant leurs mécontentements. Une bataille est gagnée lorsqu’une des revendications d’un groupe de pression se réalise dans une loi validée par le pouvoir néolibéral, qui agit ainsi pour assurer sa tranquillité et son maintien. La majorité du peuple – qui n’a pas accordé de légitimité à cette loi mais à qui le pouvoir s’est bien passé de demander l’avis – est pourtant restée silencieuse. Le peuple est soumis à une loi répressive pour certains, permissive pour d’autres. Mais bon, dans l’histoire, la majorité est toujours silencieuse. Même une révolution se fait avec une minorité.
D’où deux constats tragiques, qui s’entrecroisent, de George Orwell dans 1984 : « Les masses ne se révoltent jamais de leur propre mouvement, et elles ne se révoltent jamais par le seul fait qu’elles sont opprimées. Aussi longtemps qu’elles n’ont pas d’élément de comparaison, elles ne se rendent jamais compte qu’elles sont opprimées. »
« Ils se révolteront quand ils seront devenus conscients et ils ne pourront devenir conscients qu’après s’être révoltés. »

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14/01/2015

La Confiance en l'Esprit, extrait de la partie 2

couv-products-115079.pngAttention de ne pas confondre conscience morale et empathie. L’Empathie est une appréhension spontanée de l'affectivité d'autrui. Avec la Conscience morale, on opère, par rapport à l'Empathie, un certain recul sur cette affectivité. Il s'agit alors de comprendre cette dernière, de la formaliser un minimum en prenant particulièrement en compte, au-delà d’elle seulement, la condition d’autrui. Une sensibilité à la Conscience morale s'acquiert sans doute à travers notre éducation reçue pendant l'enfance. Ensuite, elle s'entretient par l'étude psychologique, philosophique, sociologique, plus ou moins approfondie. Elle peut être, aussi, simplement empirique, produit de nos discernements moraux relatifs à nos expériences relationnelles.

J'entends, de surcroît, par haute conscience une connaissance acquise par récurrence et récursivité de la conscience. La volonté d'acquérir une haute conscience morale par une faculté de jugement relativement individualisée convoque la pensée à l'exercice de sa propre moralité, que j'entends comme faculté de réflexion morale. Ce qui a pour conséquence la subsistance d'un débat moral donnant au doute, et ainsi à l'éthique, une importance certaine. En même temps, il ne faut pas que le débat en question se réduise à la théorie, s'enferme dans des questionnements sans fin, au risque de retarder les actes vertueux, malmener la spontanéité du discernement moral, oublier l'Empathie.


La Confiance en l'Esprit - 72 pages, 12x18 cm - est disponible sur TheBookEdition
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12/01/2015

Ma présence à Trévoux (Ain)

brocante-1.jpgCoucou ! Pour simples rencontres, ventes de mes ouvrages et dédicaces, retrouvez-moi, à partir de dix heures, au Salon du livre et du disque ce dimanche 18 janvier à Trévoux (Ain) au stand de mon ami bouquiniste Fabien Patouillard.

Plus d'infos sur le salon : Salon du livre et du disque de Trévoux

Anthony MICHEL

07/01/2015

Meilleurs voeux

Chères lectrices et chers lecteurs,

je vous souhaite à toutes et à tous une heureuse année 2015 !
Avec, avant tout, une bonne santé – physique et morale – puisque, sans elle, rien n’est possible…

En ce qui concerne mes travaux d’écriture, je poursuis mon prochain livre intitulé Anarchiste conservateur. Il se peut qu’il soit – compte tenu de sa taille – en deux tomes. Au moment où je vous écris, je planche sur l’organisation des sociétés traditionnelles, issues de tous les continents du Monde, en m’appuyant entre autres sur cette très intéressante source, le site populaction.com, qui se définit comme « base d’information sur la démocratie directe et les assemblées locales d’habitants ».

Je vous ferai part de quelques brouillons-extraits de ce projet qui, je l’espère, s’achèvera au cours de cette nouvelle année même si le travail est encore long. Une page Facebook est dédié à cet ouvrage : http://facebook.com/anarchiste.conservateur

Tous mes ouvrages parus jusqu’à aujourd’hui sont disponibles – entre autres le dernier en date, La Confiance en l’Esprit, dont vous trouverez encore des extraits sur ce blog – commandables sur :
– le site de l’imprimeur : http://www.thebookedition.com/anthonymichel
– mon site de ventes : http://anthonymichel.wix.com/livres

Merci encore de votre fidélité, et bienvenue aux nouveaux venus !

Anthony MICHEL

« Aussi longtemps que l'homme ne pensera pas par lui-même et ne prendra pas les responsabilités
lui incombant, il n'y aura pas de libération totale de la personne humaine. » (Buenaventura Durruti) 

04/01/2015

Etienne Chouard sur la démocratie des sociétés dites primitives

26/12/2014

L'Evangile selon Saint Matthieu, Pier Paolo Pasolini

Retrouvez, en ces temps de fêtes, un chef d’œuvre pasolinien, L'Evangile selon Saint Matthieu.
A l'année prochaine, chers lecteurs... Louison Chimel

« Si l'on y réfléchit bien, le Christ est le seul anarchiste qui ait vraiment réussi. »
(André Malraux, La création artistique)

20/12/2014

L'Anarque, l'Homme-anarchie : après le « connais-toi toi-même » de Socrate

couv-products-114990.pngQue l’Anarque juge signifie qu’il approuve ou désapprouve intérieurement et en fonction de son éthique. Intérieurement non pas parce qu’il garde forcément les choses pour lui – cela dépend quel domaine de pensée sa personnalité favorise (introversion ou extraversion, intériorisante ou extériorisante) – mais il ne perd pas à l’esprit que le respect de son éthique n’engage que lui. Où se situe alors sa volonté de transformation de société, inspirée de l’Anarchie ? L’Anarque est lui-même transformation. Et si chacun est transformation alors c’est la société elle-même qui se transforme. Ici positivement car pour une liberté étendue et partagée. Dans la société nouvelle qui en découlerait, la liberté d’association entre les individus serait réalité et représenterait la base d’une nouvelle organisation sociale. Cette liberté inclut celle de contracter et de rompre le contrat, selon les formalités propres au contrat lui-même et dont les auteurs seraient les associés volontaires. Et compte tenu du respect mutuel qui existerait naturellement entre deux anarques – même si cela concerne l’utopie –, les choses qualifiées communément d’inhumaines ne seraient plus de ce Monde.
Enfin, après le « connais-toi toi-même » de Socrate, l’anarque solidaire pourrait ajouter : « Change-toi toi-même afin d’accéder à la singularité de ton bonheur. Et, comme tu n’es qu’un homme parmi les autres, ce que tu souhaites pour toi, souhaite-le pour les autres. Autrement aucun bonheur, le tien comme celui des autres, n’est possible. » Mohandas Gandhi, de son côté, résumait très bien cette précédente pensée de l’Anarque en affirmant : « Sois le changement que tu veux pour le monde. »

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13/12/2014

Le besoin de définir un intérêt commun, Errico Malatesta

XB1993.22.000.jpgEt comment les ouvriers pourraient-ils pourvoir aux besoins urgents s'ils ne sont pas déjà habitués à se réunir et à discuter ensemble des intérêts communs et ne sont pas déjà prêts, d'une certaine façon, à accepter l'héritage de la vieille société ?
Dans une ville où les négociants en grain et les patrons boulangers auront perdu leurs droits de propriété et, donc, l'intérêt à approvisionner le marché, dès le lendemain il faudra trouver dans les magasins le pain nécessaire à l'alimentation du public. Qui y pensera si les ouvriers boulangers ne sont pas déjà associés et prêts à travailler sans les patrons et si en attendant la révolution, ils n'ont pas pensé par avance à calculer les besoins de la ville et les moyens d'y pourvoir ?
Nous ne voulons pas dire pour autant que pour faire la révolution, il faut attendre que tous les ouvriers soient organisés. Ce serait impossible, vu les conditions du prolétariat, et heureusement ce n'est pas nécessaire. Mais il faut du moins qu'il y ait des noyaux autour desquels les masses puissent se regrouper rapidement, dès qu'elles seront libérées du poids qui les opprime. Si c'est une utopie de vouloir faire la révolution seulement lorsque nous serons tous prêts et d'accord, c'en est une plus grande encore que de vouloir la faire sans rien et personne. Il faut une mesure en tout. En attendant, travaillons pour que les forces conscientes et organisées du prolétariat s'accroissent autant que possible. Le reste viendra de lui-même. L'Organisation, Errico Malatesta, 1897)

08/12/2014

Ubik, par Philip K.Dick, extrait

UBIK.jpgLa porte refusa de s'ouvrir et déclara:
— Cinq cents, s'il vous plaît.
A nouveau, il chercha dans ses poches. Plus de pièces; plus rien.
— Je vous paierai demain, dit-il à la porte. (Il essaya une fois de plus d'actionner le verrou, mais celui-ci demeura fermé.). Les pièces que je vous donne constitue un pourboire, je ne suis pas obligé de vous payer.
— Je ne suis pas de cet avis, dit la porte. Regardez dans le contrat que vous avez signé en emménageant dans ce conapt.
Il trouva le contrat dans le tiroir de son bureau: depuis que le document avait été établi, il avait eu besoin maintes et maintes fois de s'y référer. La porte avait raison; le paiement pour son ouverture et sa fermeture faisait partie des charges et n'avait rien de facultatif.
— Vous avez pu voir que je ne me trompais pas, dit la porte avec une certaine suffisance.
Joe Chip sortir un couteau en acier inoxydable du tiroir à côté de l'évier; il s'en munit et entreprit systématiquement de démonter le verrou de sa porte insatiable.
— Je vous poursuivrai en justice, dit la porte tandis que tombait la première vis.
— Je n'ai jamais été poursuivi en justice par une porte. Mais je ne pense pas que j'en mourrai.

Ubik, Philip K.Dick (1969)

01/12/2014

L'aNarque : sur la charité (extrait)

couv-products-114990.pngJe reviens à la Charité. Elle est, religieusement, la croyance que Dieu est en chacun de nous. Mais peu importe ensuite, que je reconnaisse mon prochain car je crois que Dieu est en lui ou bien par humanisme ou encore car, simplement, je le conçois comme mon égal puisque être humain comme moi.
Que ce soit le religieux croyant à une morale qui pourtant ne l’a pas attendu pour être élaborée, l’homme éduqué par une éthique parentale originale ou encore l’Anarque qui croit forcément à son éthique, les trois sont dans la croyance en un système de valeurs. Mais l’Anarque veut que le sien soit réellement le sien. Il conçoit que nous agissons plus efficacement quand notre action est en harmonie avec nos valeurs éthiques profondes et autonomes, celles qui viennent vraiment de nous-mêmes, puissent-elles être en partie récupérées tout à fait consciemment d’une morale ou d’une éthique extérieure.
Le croyant, lui, risque éventuellement de tourner le dos à la Connaissance empirique qui n’est pas réservée au domaine scientifique ou professionnel. On a vu dans une précédente partie que l’homme, par sa culturalité, est un être évolutif. Dans la vie, il fait des expériences. On peut dire aussi qu’il fait son expérience de la vie.
La Règle d’or aristotélicienne, ou l’Ethique de réciprocité – élément important de l’Ethique de l’Anarque –, est tout à fait adaptée à l’Empathie et à la Conscience morale empirique (reposant justement sur l’Empathie). Mais sachons remarquer que la Règle d’or est retrouvée, avec des formulations sensiblement différentes, dans bien des textes religieux. « Tout ce que vous voudriez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-même pour eux. » (Saint-Matthieu)

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27/11/2014

La gauche a-t-elle un avenir ?

Débat sur France Culture entre l'historien Jacques Juliard
et le philosophe Jean-Claude Michéa sur France Culture.

22/11/2014

La Confiance en l'Esprit, extrait de la première partie

couv-products-115079.pngIl n'y a pas de confiance en l'Esprit sans amour de la sagesse, donc sans entretien régulier, quotidien, d'une raison morale et pratique. Et en même temps, nous pouvons, bien sûr, avoir confiance en l'Esprit dans sa dimension irrationnelle, intuitive. La foi religieuse ou, simplement, les bons sentiments doivent impliquer une bonne conduite, une sensibilité morale. (Pour être réceptif, il faut être sensible. Autrement, il n'y a jamais, en nous, naissance de sentiments et de volonté de discernements. Dans Émile ou De l’éducation, le philosophe genevois Jean-Jacques Rousseau (1712-78) nous dit que, pour achever l’homme – dans le sens : finir de le construire –, il faut en faire « un être aimant et sensible, [...] perfectionner la raison par le sentiment ». Pour ce penseur, la sensibilité ne se découpe pas : elle est à la fois morale et sentimentale.)

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18/11/2014

Résigné et Révolté, extrait sur l'absurde, la jalousie et la dérision

couv-products-82026.png[...] l’absurdité de la vie, que celle-ci soit parsemée de chances ou de malchances, ne doit pas être prise comme un aspect négatif dès qu’elle se mesure de manière équilibrée dans les causes et les conséquences d’une situation. Cet équilibre constamment conscient aide à ne pas retourner en phase Déception, à puiser la Résignation non pas dans un pessimisme mais dans un réalisme enrobé d’une satisfaction de rechercher continuellement justice et vérité.
J’ajoute que le sentiment de jalousie est un frein à la Résignation. Vouloir posséder ce que l’autre possède ou, pire encore, vouloir être un autre : voilà une configuration mentale opposée à une authentique construction de soi.
Par contre, la dérision et l’autodérision – savoir rire des autres et de soi – sont conseillées pour une prise de recul qui aide à davantage positiver la Résignation et la rend, par conséquent, plus efficace. Attention toutefois à une dérision qui ne servirait pas la prise de recul. Il s’agirait alors plutôt d’une pseudo-dérision risquant de faire souffrir aussi bien soi-même qu’autrui. Donc l’autodérision est également à employer avec précaution tant que notre estime de soi est particulièrement affaiblie.


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12/11/2014

Comment reconstruire l'espoir ? Etienne Chouard

08/11/2014

Mes racines sont profondes

Mes racines sont profondes, Mes racines sont profondes, MES RACINES SONT PROFONDES !!!
Depuis toute jeune... d'aussi loin que je me souvienne, mon grand-père m'a toujours dit : « Petite fleur d'eau, soit toujours fière de qui tu es, car bien des gens essayeront de te l'enlever... mais personne ne peut enlever, d’un cœur, les racines qui nous sont chères... Comme l’érable qui fut coupée pour nous réchauffer, il aura toujours ses racines dans sa terre... Ses racines sont profondes !!! » Et chaque fois que mon grand-père disait cela, il sortait toujours du grenier son tambour... Dès qu’il commençait à faire danser ses mains sur la peau du tambour, moi je sentais en moi une étrange sensation qui enivrait tout mon être... au point où je fermais les yeux et j'entendais dans ma tête les chants de mes ancêtres... En vieillissant, je compris que je devais laisser sortir de moi ces racines qui me sont chères !
La première fois que j’ai laissé sortir de moi mes racines.... J'avais douze ans à cette époque et je m'en souviens comme si c'était hier !!! De ce jour-là, je me souviendrai toute ma vie !!! Ma mère et mon grand-père étaient partis tous deux à la chasse à l’originale... J’étais dans le salon tranquille à peindre comme à l’accoutumance et j’ai eu ce sentiment d’attirance envers le tambour de mon grand-père... Ce tambour me parlait en silence et me disait : « Petite fleur d'eau ! Petite fleur d'eau ! Viens toucher la peau de mes accords, viens caresser les notes qui t’emportent !!! » C’était plus fort que moi... J’écoutai la voix du tambour et, tout en cachette, je montai au grenier prendre entre mes mains le tambour de grand-père... Malgré l’interdiction formelle que nous y touchions, je n’avais pas pu résister à cette voix qui appelait mes racines à sortir de leur nid... Je pris le tambour entre mes mains et, dès lors, je sentis en moi toute la poussière de l'histoire qu’a vécu mon peuple... Il ne prit pas plus d’une seconde avant que mes mains soient ensorcelées... Je me mis a jouer... d’abord doucement avec les délicatesses d’une femme... puis de plus en plus fort comme le ferrait un guerrier... Je me sentais bien... J'étais en harmonie avec ce tambour... Je sortis dehors tout en continuant de jouer à grands coups. Une fois dehors, j’arrêtai de jouer du tambour. Un silence harmonieux, d’où venaient chanter les oiseaux et le vent, s’installa en moi et tout autour de moi... Je ne faisais qu’une avec la nature... Ce grand sentiment d’être liée étroitement à la nature me donna envie de jouer encore et encore pour elle... Je me remis à jouer... Et puis, sans le savoir, je me mis à chanter comme mes racines... Puis le chant et la musique donnèrent peu a peu envie à mes pieds de faire partie de ce grand spectacle... Je me mis à danser... Ah ! Comme il était bon de jouer, chanter et danser en harmonie avec la nature si grande et puissante... Mais avec tout ça, j'avais oublié de regarder l’heure... et grand-père et maman s’en revenaient de la chasse, le soleil se couchait et laissait déjà entrevoir une claire lune blanche et ronde... Je crois que ma mère et mon grand-père avaient dû entendre mes chants depuis loin dans la forêt. Car quand ils arrivèrent, mon grand-père se mit à pleurer… et c’est là que j’arrêtai de jouer... pensant que grand-père était fâché contre moi d’avoir jouer avec ce tambour...
« Je t’en pris, Petite fleur d'eau... continue a faire danser tes mains et tes pieds, laisse tes racines sortir de toi... » Ce furent les mots de mon grand-père... alors pour ne pas l’offenser d’avoir pris sans permission ce trésor de notre culture, je pris avec honneur le tambour et je rejouai devant mon premier public...
Quelques coups de tambour en silence, puis les chants se remirent de la partie... Je ne laissai que les mots sortir de moi… l’expression de mes racines profondes... C’était la paix autour malgré l’angoisse des représailles, je savais que j’avais fait pour le bien et même si cela n’était pas l’avis de tous...
Quand j’eus fini de jouer, chanter et danser... je lançai un regard à mon grand-père... et je me lançai à genoux devant lui... le suppliant de ne pas me faire de représailles... Et là, je lui expliquai que c’était le tambour qui m'avait parlé, demandé de poser mes mains sur sa peau... Et dans un grand soupir, mon grand-père me fit signe de me taire et il prit la parole : « Tu sais, Petite fleur d'eau, si je vous ai tous interdit de toucher ce tambour – et vous êtes nombreux de mes petits enfants à avoir envié les mains qui toucheraient cette peau –, c'était pour que celui d’entre vous qui aurait les racines profondes et étendues puisse se prouver à la nature et à la vie... Ce que tu as fait, Petite fleur d'eau, c’est laisser tes racines parler pour toi... Il est certain que je suis fâché contre toi d’avoir enfreint les règlements, mais c’est le tambour qui t'a parlé... et donc ce sont tes racines qui t’ont parlé... Tu es pardonnée... Mais, je t’en prie, Petite fleur d'eau... prends ce tambour, je te le donne, et rejoue moi encore cette musique que tu jouais si bien... comme si tu avais pratiqué toute ta vie à jouer de ce tambour... Reprends tes chants, je t’en prie, ma Petite fleur d'eau... Tu joues comme ton arrière-grand-mère... Tes racines sont profondes. »
Alors, toute la nuit, pour Grand-père, je jouai du tambour, je chantai les anciens chants et dansai comme à l'algonquine... Et, toute la nuit, j'ai vu, dans les yeux de mon grand-père, une fierté sans égale... un regard que jamais je n'oublierai. Car, ce regard, je le porte en moi aujourd'hui...
Mes racines sont profondes, Mes racines sont profondes, MES RACINES SONT PROFONDES !!!
On peut couper l'érable et le chêne pour se réchauffer, mais leur racines resteront toujours a leur terre !!!
Mes racines sont profondes, Mes racines sont profondes, MES RACINES SONT PROFONDES !!!

Par Véronique Lavoie, alias Petite fleur d'eau qui a toujours soif de savoir