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04/01/2015

Etienne Chouard sur la démocratie des sociétés dites primitives

26/12/2014

L'Evangile selon Saint Matthieu, Pier Paolo Pasolini

Retrouvez, en ces temps de fêtes, un chef d’œuvre pasolinien, L'Evangile selon Saint Matthieu.
A l'année prochaine, chers lecteurs... Louison Chimel

« Si l'on y réfléchit bien, le Christ est le seul anarchiste qui ait vraiment réussi. »
(André Malraux, La création artistique)

13/12/2014

Le besoin de définir un intérêt commun, Errico Malatesta

XB1993.22.000.jpgEt comment les ouvriers pourraient-ils pourvoir aux besoins urgents s'ils ne sont pas déjà habitués à se réunir et à discuter ensemble des intérêts communs et ne sont pas déjà prêts, d'une certaine façon, à accepter l'héritage de la vieille société ?
Dans une ville où les négociants en grain et les patrons boulangers auront perdu leurs droits de propriété et, donc, l'intérêt à approvisionner le marché, dès le lendemain il faudra trouver dans les magasins le pain nécessaire à l'alimentation du public. Qui y pensera si les ouvriers boulangers ne sont pas déjà associés et prêts à travailler sans les patrons et si en attendant la révolution, ils n'ont pas pensé par avance à calculer les besoins de la ville et les moyens d'y pourvoir ?
Nous ne voulons pas dire pour autant que pour faire la révolution, il faut attendre que tous les ouvriers soient organisés. Ce serait impossible, vu les conditions du prolétariat, et heureusement ce n'est pas nécessaire. Mais il faut du moins qu'il y ait des noyaux autour desquels les masses puissent se regrouper rapidement, dès qu'elles seront libérées du poids qui les opprime. Si c'est une utopie de vouloir faire la révolution seulement lorsque nous serons tous prêts et d'accord, c'en est une plus grande encore que de vouloir la faire sans rien et personne. Il faut une mesure en tout. En attendant, travaillons pour que les forces conscientes et organisées du prolétariat s'accroissent autant que possible. Le reste viendra de lui-même. L'Organisation, Errico Malatesta, 1897)

08/12/2014

Ubik, par Philip K.Dick, extrait

UBIK.jpgLa porte refusa de s'ouvrir et déclara:
— Cinq cents, s'il vous plaît.
A nouveau, il chercha dans ses poches. Plus de pièces; plus rien.
— Je vous paierai demain, dit-il à la porte. (Il essaya une fois de plus d'actionner le verrou, mais celui-ci demeura fermé.). Les pièces que je vous donne constitue un pourboire, je ne suis pas obligé de vous payer.
— Je ne suis pas de cet avis, dit la porte. Regardez dans le contrat que vous avez signé en emménageant dans ce conapt.
Il trouva le contrat dans le tiroir de son bureau: depuis que le document avait été établi, il avait eu besoin maintes et maintes fois de s'y référer. La porte avait raison; le paiement pour son ouverture et sa fermeture faisait partie des charges et n'avait rien de facultatif.
— Vous avez pu voir que je ne me trompais pas, dit la porte avec une certaine suffisance.
Joe Chip sortir un couteau en acier inoxydable du tiroir à côté de l'évier; il s'en munit et entreprit systématiquement de démonter le verrou de sa porte insatiable.
— Je vous poursuivrai en justice, dit la porte tandis que tombait la première vis.
— Je n'ai jamais été poursuivi en justice par une porte. Mais je ne pense pas que j'en mourrai.

Ubik, Philip K.Dick (1969)

27/11/2014

La gauche a-t-elle un avenir ?

Débat sur France Culture entre l'historien Jacques Juliard
et le philosophe Jean-Claude Michéa sur France Culture.

12/11/2014

Comment reconstruire l'espoir ? Etienne Chouard

08/11/2014

Mes racines sont profondes

Mes racines sont profondes, Mes racines sont profondes, MES RACINES SONT PROFONDES !!!
Depuis toute jeune... d'aussi loin que je me souvienne, mon grand-père m'a toujours dit : « Petite fleur d'eau, soit toujours fière de qui tu es, car bien des gens essayeront de te l'enlever... mais personne ne peut enlever, d’un cœur, les racines qui nous sont chères... Comme l’érable qui fut coupée pour nous réchauffer, il aura toujours ses racines dans sa terre... Ses racines sont profondes !!! » Et chaque fois que mon grand-père disait cela, il sortait toujours du grenier son tambour... Dès qu’il commençait à faire danser ses mains sur la peau du tambour, moi je sentais en moi une étrange sensation qui enivrait tout mon être... au point où je fermais les yeux et j'entendais dans ma tête les chants de mes ancêtres... En vieillissant, je compris que je devais laisser sortir de moi ces racines qui me sont chères !
La première fois que j’ai laissé sortir de moi mes racines.... J'avais douze ans à cette époque et je m'en souviens comme si c'était hier !!! De ce jour-là, je me souviendrai toute ma vie !!! Ma mère et mon grand-père étaient partis tous deux à la chasse à l’originale... J’étais dans le salon tranquille à peindre comme à l’accoutumance et j’ai eu ce sentiment d’attirance envers le tambour de mon grand-père... Ce tambour me parlait en silence et me disait : « Petite fleur d'eau ! Petite fleur d'eau ! Viens toucher la peau de mes accords, viens caresser les notes qui t’emportent !!! » C’était plus fort que moi... J’écoutai la voix du tambour et, tout en cachette, je montai au grenier prendre entre mes mains le tambour de grand-père... Malgré l’interdiction formelle que nous y touchions, je n’avais pas pu résister à cette voix qui appelait mes racines à sortir de leur nid... Je pris le tambour entre mes mains et, dès lors, je sentis en moi toute la poussière de l'histoire qu’a vécu mon peuple... Il ne prit pas plus d’une seconde avant que mes mains soient ensorcelées... Je me mis a jouer... d’abord doucement avec les délicatesses d’une femme... puis de plus en plus fort comme le ferrait un guerrier... Je me sentais bien... J'étais en harmonie avec ce tambour... Je sortis dehors tout en continuant de jouer à grands coups. Une fois dehors, j’arrêtai de jouer du tambour. Un silence harmonieux, d’où venaient chanter les oiseaux et le vent, s’installa en moi et tout autour de moi... Je ne faisais qu’une avec la nature... Ce grand sentiment d’être liée étroitement à la nature me donna envie de jouer encore et encore pour elle... Je me remis à jouer... Et puis, sans le savoir, je me mis à chanter comme mes racines... Puis le chant et la musique donnèrent peu a peu envie à mes pieds de faire partie de ce grand spectacle... Je me mis à danser... Ah ! Comme il était bon de jouer, chanter et danser en harmonie avec la nature si grande et puissante... Mais avec tout ça, j'avais oublié de regarder l’heure... et grand-père et maman s’en revenaient de la chasse, le soleil se couchait et laissait déjà entrevoir une claire lune blanche et ronde... Je crois que ma mère et mon grand-père avaient dû entendre mes chants depuis loin dans la forêt. Car quand ils arrivèrent, mon grand-père se mit à pleurer… et c’est là que j’arrêtai de jouer... pensant que grand-père était fâché contre moi d’avoir jouer avec ce tambour...
« Je t’en pris, Petite fleur d'eau... continue a faire danser tes mains et tes pieds, laisse tes racines sortir de toi... » Ce furent les mots de mon grand-père... alors pour ne pas l’offenser d’avoir pris sans permission ce trésor de notre culture, je pris avec honneur le tambour et je rejouai devant mon premier public...
Quelques coups de tambour en silence, puis les chants se remirent de la partie... Je ne laissai que les mots sortir de moi… l’expression de mes racines profondes... C’était la paix autour malgré l’angoisse des représailles, je savais que j’avais fait pour le bien et même si cela n’était pas l’avis de tous...
Quand j’eus fini de jouer, chanter et danser... je lançai un regard à mon grand-père... et je me lançai à genoux devant lui... le suppliant de ne pas me faire de représailles... Et là, je lui expliquai que c’était le tambour qui m'avait parlé, demandé de poser mes mains sur sa peau... Et dans un grand soupir, mon grand-père me fit signe de me taire et il prit la parole : « Tu sais, Petite fleur d'eau, si je vous ai tous interdit de toucher ce tambour – et vous êtes nombreux de mes petits enfants à avoir envié les mains qui toucheraient cette peau –, c'était pour que celui d’entre vous qui aurait les racines profondes et étendues puisse se prouver à la nature et à la vie... Ce que tu as fait, Petite fleur d'eau, c’est laisser tes racines parler pour toi... Il est certain que je suis fâché contre toi d’avoir enfreint les règlements, mais c’est le tambour qui t'a parlé... et donc ce sont tes racines qui t’ont parlé... Tu es pardonnée... Mais, je t’en prie, Petite fleur d'eau... prends ce tambour, je te le donne, et rejoue moi encore cette musique que tu jouais si bien... comme si tu avais pratiqué toute ta vie à jouer de ce tambour... Reprends tes chants, je t’en prie, ma Petite fleur d'eau... Tu joues comme ton arrière-grand-mère... Tes racines sont profondes. »
Alors, toute la nuit, pour Grand-père, je jouai du tambour, je chantai les anciens chants et dansai comme à l'algonquine... Et, toute la nuit, j'ai vu, dans les yeux de mon grand-père, une fierté sans égale... un regard que jamais je n'oublierai. Car, ce regard, je le porte en moi aujourd'hui...
Mes racines sont profondes, Mes racines sont profondes, MES RACINES SONT PROFONDES !!!
On peut couper l'érable et le chêne pour se réchauffer, mais leur racines resteront toujours a leur terre !!!
Mes racines sont profondes, Mes racines sont profondes, MES RACINES SONT PROFONDES !!!

Par Véronique Lavoie, alias Petite fleur d'eau qui a toujours soif de savoir

24/10/2014

Tous mes liens personnels

Salut à tous,

je rappelle mes liens et informations internet :
– mon site de vente de parutions :
http://anthonymichel.wix.com/livres
– la page Facebook dédiée à mon livre intitulé L'aNarque :
http://facebook.com/lanarque.livre
– la page Facebook dédiée à l'ensemble de mes parutions :
http://facebook.com/anthonymichel.livres
– ma page Facebook personnelle :
http://facebook.com/antoine.chimel
– la page Facebook dédiée à mon projet – normalement, en deux tomes – intitulé Anarchiste conservateur :
http://facebook.com/anarchiste.conservateur
– mon adresse courriel pour toute demande d'info ou d'achat : anto.mi@wanadoo.fr

A bientôt et merci de votre fidélité. Anthony

16/10/2014

La seule attitude possible pour toute personne décente, George Orwell

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"En ce moment, la seule attitude possible pour tout individu honnête, toute personne décente, que son tempérament le porte plutôt vers les conservateurs ou plutôt vers les anarchistes, est d’œuvrer pour l'avènement du socialisme.
Rien, sinon, peut nous sauver de la misère actuelle et du cauchemar à venir." (George Orwell, Le Quai de Wigan)

11/10/2014

La Confiance en l'Esprit est disponible

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Salut à tous. Je vous informe que La Confiance en l'Esprit
est disponible auprès de moi ou sur Thebookedition,
en format papier (10 €) ou format PDF (6 €)
Vous pouvez me contacter sur Facebook ou à anto.mi@wanadoo.fr
pour toute commande, notamment en PDF.
Louison Chimel

08/10/2014

Etienne Chouard à propos des Inuits

28/09/2014

La lutte des classes mondiale sur le front de la procréation

Oui, on peut s’opposer aux mères porteuses, et même au mariage gay, sans être catholique et de droite. La preuve par une féministe historique, qui veut déverrouiller le débat.
«Monsieur le président de la République...» De Jacques Delors à René Frydman, en passant par Yvette Roudy, c’est la fine fleur de la gauche française qui signe l’appel à François Hollande contre le recours aux mères porteuses rendu public la semaine dernière (collectif-corp.com).
A l’origine de cette initiative, une historienne et féministe, militante homosexuelle de la première heure. L’an dernier, la cofondatrice des Gouines rouges signait un livre* dans lequel, au nom des idéaux d’émancipation des années 70, elle s’opposait au mariage gay et aux dérives de la procrétion médicalement assistée. Arguments d’un esprit libre : Marie-Josèphe Bonnet.
Le recours aux mères porteuses est interdit en France, comme en Suisse, mais de plus en plus de couples s’adonnent au tourisme procréatif. Que s’est-il passé dans le cas qui a déclenché votre appel au président de la République?
Il s’agit de jumelles nées d’une mère porteuse aux Etats-Unis. Elles sont donc citoyennes américaines, alors que le couple commanditaire est français. L’état civil français a refusé d’enregistrer leur filiation, et la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France pour ce refus. Si elle cède, ce sera le triomphe de la politique du fait accompli. Comme de dire aux couples: c’est interdit en France mais, si vous allez acheter un bébé à l’étranger, au retour, le lien de filiation sera enregistré par l’état civil français. Il suffit d’avoir l’argent.
François Hollande s’est engagé formellement contre la gestation pour autrui (GPA)...
Dans les mots en 2013. Mais dans les faits aujourd’hui? Si la France ne fait pas appel contre cet arrêt, François Hollande aura, de fait, contribué à la légitimation de cette pratique: on ne pourra plus interdire longtemps la GPA en France, tout en reconnaissant ses effets. Le Collectif pour le respect de la personne (lire le profil ci-dessus) demande au président de s’opposer publiquement à l’admission par le droit des contrats de mères porteuses. Et aussi d’être le promoteur d’un projet de convention internationale interdisant le marché des bébés.
Pourquoi êtes-vous contre la GPA?
On encourage des mères à abandonner leur enfant, ce dernier devient un produit, une chose. C’est une instrumentalisation des femmes au profit d’un néolibéralisme aliénant. La procréation était un acte gratuit, nous sommes entrés dans l’ère de sa marchandisation et d’une nouvelle marchandisation du corps féminin. Des milliers de femmes pauvres sont incitées à produire des bébés pour des couples riches et à vendre leurs ovocytes après avoir subi une hyperstimulation ovarienne très dangereuse. Nous assistons à l’émergence d’un nouveau prolétariat, le prolétariat reproductif. C’est la lutte des classes mondiale sur le terrain de la procréation!
Un beau combat pour la gauche?
Oui, dans toute sa dimension inter­nationale. Car il ne suffit pas d’interdire la pratique chez nous et de se laver les mains sur ce qui se passe ailleurs. Nous avons une responsabilité nouvelle, il faut mondialiser la solidarité en refusant l’exploitation des femmes pauvres. Comment peut-on trouver normal d’aller acheter un bébé à l’étranger? Je vois dans la banalisation de la GPA une dégradation consternante du sentiment éthique.
Vous parlez comme une catholique de droite!
Je dénonce la propagande pro-GPA qui stigmatise les opposants sous des qualificatifs de droite ridicules. Le fait est que beaucoup de gens comme moi, qui ne sont ni catholiques ni de droite, sont opposés à la GPA, mais il était devenu impossible de le dire: le débat était complètement verrouillé à gauche par un lobby gay qui qualifiait d’homophobe tout opposant à ses objectifs. J’ai dû prendre mon courage à deux mains pour surmonter mon malaise et parler ouvertement de cette question. J’ai lutté pour l’émancipation des homosexuels dès la première heure et, en 1971, il fallait du courage pour descendre dans la rue. En 1979, j’ai soutenu une thèse d’histoire sur les relations amoureuses entre femmes, et je peux vous dire qu’on ne s’est pas bousculé pour me proposer un poste à l’université. Aujourd’hui, le courage, c’est d’écouter sa conscience et d’aller contre la pensée dominante qui se veut progressiste en matière de procréation et qui est, en fait, ultralibérale.
Une pensée dominante à gauche, chez les féministes?
Pas du tout. Les femmes sont généralement contre les contrats de mères porteuses. C’est une partie du mouvement gay, tendance LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans), qui a pris tout le monde en otage au nom de la lutte contre l’homophobie.
A gauche aussi, une majorité de gens est contre la GPA, voire contre le mariage gay?
La vérité est qu’on n’en sait rien: aucun sondage n’existe et, même sondés, les gens de gauche peinent à penser librement sur ces questions. Ce qui est sûr, c’est qu’ils sont beaucoup plus divisés qu’on ne le dit; il s’est produit une polarisation droite-gauche du débat qui ne correspond pas à la réalité. Il y avait des membres du FN favorables au mariage gay. Qu’est-ce que ça prouve? Avec notre lettre ouverte au président de la République, nous voulons ancrer le débat à gauche et sortir de cette polarisation mensongère et stérilisante pour l’avenir de nos sociétés.
Dans votre livre, vous relevez ce paradoxe: le mariage est devenu de gauche. Il y a eu une dérive du mouvement homosexuel?
J’ai toujours été contre le mariage en général, je ne fais que tenir mes positions. Le mouvement homosexuel a toujours connu deux tendances: celle qui revendique la différence et celle qui aspire à être comme tout le monde. Aujourd’hui, le second courant a gagné: les homosexuels ne veulent plus se battre, ils ont concentré leur lutte sur le terrain juridique à travers un idéal de vie hyper-conventionnel. Ils sont aujourd’hui les plus fervents avocats de la famille bourgeoise autrefois haïe. Le problème est qu’ils ont besoin des biotechnologies pour faire des enfants sans l’autre sexe.
Vous tenez à l’idée qu’il faut un homme et une femme pour faire un enfant...
Oui! Nous sommes issus d’une double lignée, paternelle et maternelle, c’est ce qui fait la diversité humaine. Pour faire un enfant sans l’autre, selon sa volonté propre, il faut se mettre sous la dépendance des médecins. J’ajoute que, comme historienne, je suis très pessimiste sur ce qu’il adviendrait des femmes si les hommes n’avaient plus besoin d’elles pour procréer.
Le parent, n’est-ce pas celui qui aime et élève l’enfant?
On peut parfaitement élever un enfant sans l’avoir engendré, y compris au sein d’un couple homosexuel, c’est évident. Simplement, il y a un mot pour ça: «parent adoptif». Parlons français!
Et la femme qui accouche d’un enfant grâce à l’ovocyte d’une autre, comment l’appelez-vous?
Je l’appelle la mère, car une grossesse, ça dure neuf mois, il s’y passe des choses, et je pense que le droit français a raison de considérer que la mère est celle qui accouche. Dans tous les cas de figure, il y a un devoir de vérité vis-à-vis de l’enfant sur son origine biologique, sinon c’est de la maltraitance. On a relevé des cas de couples homosexuels où, par souci d’égalité, les partenaires refusent de dire lequel des deux a donné son sperme à la mère porteuse et où l’enfant porte leurs deux noms. Je trouve ça très grave. L’enfant a besoin de se représenter les personnes qui ont participé à sa conception.
Sur le marché de la procréation, les clients hétérosexuels restent majoritaires.
Le danger de déni des origines biologiques est le même. Je ne comprends pas pourquoi la stérilité est devenue si insupportable: ce n’est plus une malédiction, acceptons nos limites!
Vous dénoncez également les agences de mères porteuses étrangères qui, à court de recrues, démarchent jusqu’en France…
C’est le cas par exemple de la société Extroaordinary Conceptions, très active sur les réseaux sociaux. Cette agence américaine sponsorise aussi l’association Clara, grande avocate de la GPA en France. Clara a été fondée par le couple Mennesson, qui est à l’origine du récent arrêt de la Cour européenne… Comme je vous le disais, la logique ultralibérale est puissante. Et le capitalisme, grâce à la procréation médicalement assistée, est promis à une nouvelle jeunesse.
Mais que faire avec les enfants nés de mères porteuses à l’étranger? N’est-il pas éthique de régulariser leur situation?
Notre collectif a mis ses juristes au travail, il faut trouver des solutions. Elles existent et ne passent pas nécessairement par l’enregistrement de la «filiation d’intention».
Vous pensez vraiment qu’au niveau international on pourra renverser la tendance et interdire la GPA?
Pourquoi pas? On a bien réussi à abolir l’esclavage! C’est un grand combat qui s’annonce, mais si on n’est pas un idéaliste, ce n’est pas la peine de se lever le matin.

* «Adieu les rebelles!». De Marie-Josèphe Bonnet. Ed. Flammarion, 137 p.
lehbdo.ch - 24 juillet 2014

25/09/2014

Orwell visionnaire

orwell-4-180.jpg?1403246044George Orwell visionnaire dans Le Quai de Wigan (1937) :
« [...] que peut-on attendre du socialisme ? Il est à peine besoin de le répéter, nous nous trouvons en ce moment dans une situation grave, si grave que même les esprits les plus fermés peuvent difficilement feindre de s’en accommoder . Nous vivons dans un monde où personne n’est libre, où presque personne n’est vraiment à l’abri, où il est à peu près impossible de rester honnête si l’on veut simplement continuer à vivre.Une très grande partie de la classe ouvrière [...] ne peut espérer qu’un recul temporaire du chômage quand telle ou telle industrie se voit artificiellement insuffler une vigueur nouvelle grâce, par exemple, au réarmement. Les classes moyennes, pour la première fois dans leur histoire, commencent à sentir passer le vent du boulet. »

20/09/2014

Le conflit israélo-palestinien en dessin animé musical

16/09/2014

Nouvelle concernant la vente de mes livres

Salut à tous. Je voulais vous informer que, très prochainement, tous mes livres seront disponibles à la vente en format PDF. Je vous donne des informations plus précises sous peu. Anthony

10/09/2014

Mal nommer est meurtrier

On prête à Albert Camus, et on le cite sans cesse, d'avoir dit " Mal nommer les choses, c'est ajouter aux malheurs du monde ". Cela sonne bien, mais Albert Camus n'a pas dit exactement ça !
Dans un essai de 1944, paru dans Poésie 44, (Sur une philosophie de l'expression), Albert Camus écrivait : " Mal nommer un objet, c'est ajouter au malheur de ce monde ". Je vois entre les deux phrases plus qu'une nuance...
Bien sûr, "un objet" n'est pas "les choses" ; c'est un objet philosophique, le réel-là, ce qui tombe sous notre observation, tout ce qui est appréhendable par le sujet, par chacun de nous.
"Le malheur du monde" est bien plus que "les malheurs du monde". "La logique du révolté, écrit encore Camus, est /.../ de s'efforcer au langage clair pour ne pas épaissir le mensonge universel". (1).
Le révolté de Camus est l'indigné, le résistant qui s'élève devant le menteur qui trompe les citoyens en "mal nommant", en déformant le réel, en masquant la vérité, alors que, comme le démontre la contemporaine de Camus, Simone Weil, toute politique qui n'est pas quête de vérité est criminelle. (2)
Oui, mal nommer est meurtrier. Déjà l'injure engendre la colère, voire les coups, mais, plus lents, plus subtils, mieux déguisés, les paroles de propagande, de communication, de médiatisation faites pour obtenir le consentement dont parle Chomski (3), "ajoute au malheur de ce monde". Jean-Pierre Dacheux - 7 janvier 2011 - http://jeanpierredacheux.blogspot.fr

(1) Voir, Albert Camus, Œuvres complètes, tome 1, Paris, La Pléiade, p.908.
(2) "Simone Weil, par la seule attention à ce qui est, arrive à des vues qui, après coup, nous frappent par leur caractère prophétique : l’hitlérisme, le stalinisme, le totalitarisme, le colonialisme, l’oppression sociale, la machinerie de la force et les illusions du pouvoir, la marche des États, le dépérissement et le salut des nations, l’importance de la recherche technique, le rôle des groupes dans la prise en main des masses, l’intensification et la mondialisation des guerres font de sa part l’objet d’analyses qui, à plus d’un demi-siècle de distance, n’ont pris aucune ride".
Voir Bertrand Saint-Sernin : L'action politique selon simone Weil, Paris, Le Cerf, 1988, deuxième édition; 16-novembre 2008.
(3) Voir Le lavage de cerveau en liberté. le monde diplomatique, août 2007.

05/09/2014

Nouveaux prix de vente de mes ouvrages

Coucou, fidèles lecteurs.

Comme je l'ai indiqué le 7 août* sur ma page Facebook dédiée à l'ensemble de mes ouvrages, je suis contraint d'augmenter le prix de mes ventes en raison des frais de port. En conséquence de quoi, frais de port inclus :
- les aventures du Sphynx Toni Truand (Le cirque du pote disparu, Orange arsenic, Le zig au flingue d'or, Je compte les montres et cristaux) ainsi que mon dernier essai philosophique L'Anarque sont à 20 € l'unité ;
- les deux essais signés Louison Chimel (Misanthrope imaginaire, Mes séances etc.) ainsi que mon premier essai philosophique Résigné et Révolté sont à 15 € l'unité.
Merci de votre compréhension, bonne fin d'été !

Louison Chimel

* Info envoi : Comme la Poste m’embête de plus en plus pour envoyer forcément mes livres en colissimo, je vais être contraint d’augmenter un peu mes frais de port. Vous m’en voyez évidemment désolé.

27/08/2014

Un mot sur mon livre l'aNarque

1393467_177907102403632_1528570356_n.jpgChose que je voulais dire depuis quelque temps : ma conception de l’Anarque, qu’on retrouve dans le livre du même nom, ne se colle pas à celle de l’écrivain allemand qu'au demeurant j’apprécie Ernst Jünger. En effet, j’ai récupéré cette notion de son roman Eumeswil (d’où des extraits en lien ci-dessous). Mais comme il est indiqué dans mon livre, son approche n’est, pour moi, qu’une inspiration parmi d’autres ; parfois j’appuie la pensée jüngerienne – mon anarque, comme celui de Jünger, reste l’individu maître de soi dans l’absolu –, à d’autres moments je fais le contraire.
Autrement, nul besoin je n’aurais ressenti de faire un livre « copiant » un point de vue. (Au passage, Jünger ne serait pas le créateur du néologisme « anarque », qui aurait été utilisé par un journaliste américain début du siècle dernier.)
L’Anarque, quoi qu’il en soit, reste une figure. Certainement la figure d’une philosophie idéaliste, donc nécessairement inspirée des penseurs allemands tels Georg Hegel ou encore Emmanuel Kant.
Toutefois, mes références restent essentiellement françaises. Ce qui se confirmera bien dans mon prochain livre intitulé Anarchiste conservateur puisqu’à l’intérieur on retrouvera notamment Jean-Jacques Rousseau, Pierre-Joseph Proudhon, ou encore Georges Sorel.
La France n’est pas le pays du romantisme abstrait. Certains penseurs de notre pays, contrairement à la réputation de « l’intelligence française », ne sont pas bornés à la théorie. La philosophie française – si on ose parler ainsi – est à la fois souple et complexe, exceptionnellement riche. Certes, à cause de ses influences grecques, latines et germaines. Mais elle n'est pas qu'un carrefour. Elle est, également, riche d’elle-même. Oui, nous avons des esprits qui savent, hier et aujourd’hui, penser par eux-mêmes, et développer une voie originale, comme les trois hommes que j’ai cités plus haut.
Désolé, donc, d'avoir
« déçu » certains lecteurs qui « jurent » sur des jugements et des attitudes d'une philosophie voisine." Louison Chimel

13/08/2014

Sur le féminisme des temps modernes

Sexy_Mouth_transparent.pngLe féminisme des temps modernes = de l'enfumage occidentalisto-bourgeois. Oui, occidentaliste et bourgeois. Occidentaliste donc autocentré sur sa petite condition d'Occidentale ayant peur du « Bougnoule », de tout ce qui peut sembler retourner de la Tradition, qu'elle soit occidentale ou – « pire » – orientale.

Fraternité occidentaliste et bourgeoise = clique de ziguesses négligeant généralement toute existence du zigue (seulement bon à aider à se reproduire, et encore), n'ayant jamais connu la misère sociale, étant toujours prêtes à payer une autre ziguesse (pas forcément occidentale, d'ailleurs) pour torcher les fesses de leurs gosses ou faire le ménage chez elles, à raison, si possible, de deux fois par semaine ; deux fois deux heures ; enfin, cela dépend de la superficie du « standinge ». Louison Chimel sur Facebook

 

07/08/2014

Philip K.Dick le philosophe de la science-fiction

Salut à tous. Je partage ce très intéressant documentaire sur le célèbre auteur de romans de science-fiction feu Philip K.Dick que j'aborde dans mon prochain livre intitulé Anarchiste conservateur à propos du sens des limites à l'égard du développement effréné de la technologie avec entre autres les possibles androïdes qui demain nous dépasseraient sur tous les plans. Anthony

20/07/2014

Nouvelle page Facebook consacrée à mes livres

Découvrez une nouvelle page Facebook,
dédiée à l'ensemble de mes ouvrages ! Cliquez ici !
A bientôt ! Anthony

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10/07/2014

La mort, c'est quoi ?

"La mort n'est rien : je suis seulement passé dans la pièce à côté." (Charles Péguy)

05/07/2014

La Dauche c’est la Groite, par Jean-Claude Michéa (3/3)

La force d’un système social auto-contestataire

Autrement dit, le capitalisme est par définition un système social auto-contestataire et la dissolution permanente de toutes les conditions existantes constitue son impératif catégorique véritable. En persistant à se définir purement et simplement comme le « parti du changement » et l’ensemble des « Forces de Progrès », la Gauche moderne – c’est-à-dire celle qui n’avait même plus l’excuse d’affronter pratiquement les puissances traditionnelles de l’Ancien Régime ( puissances éliminées, pour l’essentiel, par les deux guerres mondiales ) – se trouvait donc à peu près condamnée à refermer définitivement le piège historique sur les travailleurs et les simples gens. Dans cette perspective, triste mais mo-derne, la référence « socialiste » ne pouvait devenir qu’un autre nom du développement à l’infini du nouvel ordre industriel et, d’une façon générale, de l’approbation pré-critique de la modernisation intégrale et illimitée du monde ( mondialisation des échanges, tyrannie des marchés fi-nanciers, urbanisation délirante, révolution permanente des technologies de la sur-communication, etc. ). On ne doit donc pas s’étonner si la peur pathétique d’apparaître « dé-passé » par quoi que ce soit, peur qui tient lieu de pensée, de nos jours, chez la plupart des intellectuels de Gauche, n’ait finalement trouvé à s’accomplir que dans les noces actuelles de l’Avenir radieux et du Cybermonde ; ainsi que dans leur inévitable complément spirituel, cet esprit  « libéral-libertaire » qui sévit à présent sans réplique dans l’univers mensonger du showbiz et des médias.
C’est une époque assez curieuse que celle où les banalités de base sont tenues pour des paradoxes. Pourtant si, tout au long du siècle, les ambitions historiques de la Gauche ( et plus encore de l’Extrême-Gauche ) ont pu si facilement être retournées contre les peuples, si le « progressisme » et la « modernisation » apparaissent de plus en plus nettement comme la simple vérité idéalisée du Capital c’est bien le signe que l’adoption déculpabilisée d’un certain degré de conservatisme critique définit désormais l’un des fondements indispensables de toute critique radicale de la modernité capitaliste et des formes de vie synthétique qu’elle prétend nous imposer. Tel était, en tout cas, le message d’Orwell. À nous de rendre à son idée d’un  « anarchisme tory » la place philosophique qui lui revient dans les différents combats de la nouvelle Résistance.

Jean-Claude Michéa - immediatement.com

01/07/2014

La Dauche c’est la Groite, par Jean-Claude Michéa (2/3)

Une révolte aliénée

Si Winston Smith, fonctionnaire compétent et efficace du « Ministère de la vérité », conserve une parcelle d’humanité ( et c’est naturellement ce point qui l’apparente aux prolétaires ) c’est donc d’abord dans la mesure où toutes les formes du passé le fascinent. Cette fascination, bien sûr, le perdra puisque M. Char-rington, le gérant du magasin d’antiquités, se révélera appartenir à la     « Police de la Pensée ». Elle demeure néanmoins, tout au long du roman, la véritable clé psychologique de sa révolte contre le Parti, et cela bien avant que la rencontre amoureuse de Julia ne donne à son désir de résistance un socle plus généreux. À l’inverse, l’effort de destruction mé-thodique de tout le passé est, comme on le sait, l’axe autour duquel la politique de « l’Angsoc » s’ordonne intégralement. Cela signifie, par conséquent, que la révolte de Winston Smith, si aliénée soit-elle2, est d’abord, dans son principe, une ré-volte conservatrice ; et que, faute de s’appuyer consciemment sur les as-pects positifs du passé, les combats livrés contre la servitude moderne sont nécessairement promis à un échec radical et définitif.
Il y a là cependant un problème réel : on sait que dans le novlangue moderne – c’est-à-dire dans cette manière de parler destinée à rendre impossible l’apparition de toute pensée « politiquement incorrecte », « conservatisme » est le « mot-couverture » ( blanket-word ) qui désigne le « crime de pensée » par excellence : celui qui scelle notre com-plicité avec toutes ces incarnations du mal politique que sont l’« Ar-chaïsme », la « Droite », « l’Ordre établi » ou « la société d’intolérance et d’exclusion ». Comme cette incro-yable mystification est située au cœur même du capitalisme moderne ( et en constitue la ligne de défense principale ), il est absolument nécessaire d’en questionner brièvement les postulats fondamentaux, ne serait-ce que pour mesurer l’extraordinaire courage intellectuel qu’il fallut à Orwell pour réhabiliter, même par jeu, un mot que la Gauche bien pensante ( à supposer qu’il y en ait désormais une autre ) avait si puissamment diabolisée.

Le piège philosophique de la gauche

La distinction des Whigs et des Tories s’est imposée en Angleterre, à partir du XVIIIe siècle, pour opposer le « Parti du Mouvement » et celui de la « Conservation ». Il s’agissait alors, par ces termes, de désigner, d’un côté, le parti du capitalisme libéral, favorable à l’économie de marché, au développement de l’individualisme calculateur et à l’ensemble des réformes morales correspondantes ; de l’autre celui des tenants de l’An-cien régime, c’est-à-dire d’un ordre social, à la fois communautaire et strictement hiérarchisé. On remarque aussitôt dans quel piège philosophique la « Gauche » ne pouvait man-quer de s’enfermer, dès lors qu’assimilant, une fois pour toutes, le con-servatisme à la « Droite », elle s’exposait à reprendre à son compte une grande partie des mythes fondateurs du progressisme whig. Or, si nous entendons par « socialisme » le projet, formulé au XIXe siècle, d’un dépassement des contradictions in-ternes du capitalisme libéral, il est évident que le travail de réinscription du socialisme dans les thématiques de la Gauche progressiste ( travail qui, en France, fut l’œuvre de l’af-faire Dreyfus )5 ne pouvait aller sans problèmes. Dans la pratique, en effet, cela conduisait à peu près nécessairement à désigner comme « socialistes » ou « progressistes » l’ensemble supposé cohérent des différents mouvements de modernisation qui, depuis le début du XIXe siècle, sapaient de tous les côtés l’ordre effectivement établi. Ceci revient à oublier, comme Arno Mayer l’a bien mis en évidence6, que la base écono-mique et sociale de cet ordre était encore, jusqu’en 1914, essentiellement agraire et aristocratique. Dans ces conditions l’appel de la Gauche à innover sur tous les fronts de l’ordre humain, et à rompre radicalement avec la moindre trace de mentalité « archaïque » ou « conservatrice » avait un mal croissant à se distinguer des autres exigences culturelles du système capitaliste. Celui-ci, en effet, a peu à voir avec la tyrannie de l’Église, de la Noblesse ou de l’État-Major. Dans sa réalité, il est lié à un type de civilisation qui est tout ce qu’on voudra sauf conservateur, comme Marx, avant J. Schumpeter et D. Bell, l’avait du reste parfaitement mis en lumière :
« La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les rapports de production, c’est-à-dire l’ensemble des rapports sociaux. Le maintien sans changement de l’ancien mode de production était au contraire pour toutes les classes industrielles antérieures, la condition première de leur existence. Ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelles distinguent l’époque bourgeoise de toutes les précédentes. Tous les rapports sociaux figés et couverts de rouille, avec leur cortège de conceptions et d’idées antiques et vénérables se dissolvent : ceux qui les remplacent vieillissent avant d’avoir pu s’ossifier. Tout ce qui avait solidité et permanence s’en va en fumée, tout ce qui était sacré est profané» (Manifeste communiste, chapitre 1).

Jean-Claude Michéa - immediatement.com

27/06/2014

La Dauche c’est la Groite, par Jean-Claude Michéa (1/3)

En se définissant comme anarchiste tory, George Orwell malmenait le confort sémantique de la gauche britannique. Briser le politiquement correct du langage idéologique était pour lui le préalable indispensable à toute réflexion politique. Mais l’écrivain anglais a surtout montré comment la gauche moderne a refermé définitivement le piège historique du capitalisme sur les travailleurs et les simples gens.

 Orwell a très bien senti que la décomposition de l’intelligence critique était déjà largement à l’œuvre dans les sociétés libérales. Et si nous de-vons en juger par les formes de jargon qui envahissent à présent l’univers des médias, de l’entreprise ou de l’administration, c’est assurément un diagnostic que rien n’a infirmé. Or, si le journaliste branché, le cadre dynamique, l’expert compétent ou le gestionnaire avisé n’apparaissent plus capables de s’exprimer autrement que selon les règles de leurs novlangues spécifiques, il ne peut s’agir, d’un point de vue orwellien, d’une évolution innocente. Elle me-sure, en vérité, l’emprise croissante que ces différents pouvoirs ne cessent d’exercer sur nos vies.

Réhabiliter une certaine  quantité de «conservatisme»

C’est pourquoi, les critiques et les mises en garde répétées d’Orwell contre la décadence accélérée du langage moderne, ses appels à préserver un anglais vivant et populaire, comme aussi son choix de la littérature en tant que forme privilégiée de l’écriture politique, ne doivent en au-cun cas être tenus pour les signes d’un purisme maniaque et élitaire. C’est tout le contraire qui est vrai : c’est parce que les élites modernes sont désormais en mesure de re-construire un monde entièrement à leur image, que le langage contemporain – et singulièrement celui de la jeunesse, cible principale de la so-ciété marchande – s’est appauvri de façon si caractéristique et que disparaissent peu à peu aussi bien le génie populaire de la langue que la sensibilité poétique1.
C’est cette nécessité de protéger la civilité et le langage traditionnels contre les effets de la domination de classe, qui est, vraisemblablement, à l’origine du besoin si souvent ressenti par Orwell de réhabiliter une certaine quantité de « conservatisme ». Aucune société décente, en effet, ne peut advenir, ni même être imaginée, si nous persistons, dans la tradition apocalyptique ouverte par Saint Jean et Saint Augustin, à célébrer l’avènement de « l’homme nouveau » et à prêcher la nécessité permanente de « faire du passé table rase ». En réalité, on ne peut espérer « changer la vie » si nous n’acceptons pas de prendre les appuis appropriés sur un vaste héritage anthropologique, moral et linguistique dont l’oubli ou le refus ont toujours conduit les intellectuels « révolutionnaires » à édifier les systèmes politiques les plus pervers et les plus étouffants qui soient. C’est une autre manière de dire qu’aucune société digne des possibilités modernes de l’espèce humaine n’a la moindre chance de voir le jour si le mouvement radical demeure incapable d’assumer clairement un certain nombre d’exigences conservatrices. Telle est, de ce point de vue, la dernière – et la plus fondamentale – leçon de 1984 : le sens du passé, qui inclut forcément une certaine aptitude à la nostalgie, est une condition absolument décisive de toute entreprise révolutionnaire qui se propose d’être autre chose qu’une variante supplémentaire des erreurs et des crimes déjà commis.
— « À quoi devons-nous boire cette fois [ demanda O’Brien ] ? À la confusion de la Police de la Pensée ? À la mort de Big Brother ? À l’humanité ? À l’avenir ?
— Au passé, répondit Winston.
— Le passé est plus important, consentit O’Brien gravement. »
(1984, p. 251.)
Jean-Claude Michéa - immediatement.com

23/06/2014

Cristeros, mon avis sur ce film

PHO9c71b8dc-cb9c-11e3-b9b1-be03fea75ed2-805x453.jpgJ'ai enfin vu le film Cristeros qui soulève une certaine polémique ces derniers temps.
En premier lieu, je voudrais faire remarquer que, quelques jours après sa sortie, les appréciations très positives de ce film sur le célèbre site internet dédié au cinéma Allociné.fr ont tout simplement été supprimées. Chose que j'avais prédite. (Dis-moi qui nous censure, je te dirais entre autres qui nous gouverne. Un indice de réponse dans cet article.)
En effet, je n'ai pas trouvé, sur ce site, un second film qui soit sans notes de la presse ni notes du public. Cristeros est ainsi exceptionnellement et négativement traité...
En second lieu, concernant le film en lui-même, je ne trouve pas sa réalisation super. Parfois, ça fait un peu film TV et les dialogues peuvent sembler un peu légers. Je n'ai pas, par ailleurs, compté le nombre de fois où il est scandé : "Vive le Christ roi !" A part ça, le film est très intéressant et est plein de bonnes intentions, la plus valeureuse étant de rétablir une certaine vérité concernant la violence du pouvoir maçonnique et pseudo-révolutionnaire infligée aux paysans catholiques. En passant, très bonne prestation d'Andy Garcia.
C'est tellement devenu à la mode de renier les pourtant incontournables racines catholiques françaises, voire de les moquer ou de les discréditer à fond, que de voir un film valorisant le catholicisme fait tout bizarre, même si c'est à travers l'histoire d'un autre pays.
Enfin, puisque la majeure partie des classes populaires mexicaines est la paysannerie, nous pouvons dire qu'il s'agissait, en cette période 1926-29, d'une révolte authentiquement populaire et patriotique. Il est plaisant de voir également l'image de Jésus-Christ accolée à celle-ci puisqu'à bien lire les Évangiles icelui est un révolutionnaire. D'où ces catholiques qui prennent les armes et qui, en même temps, au moment de la mise à mort de certaines de leurs individualités, pardonnent à leur ennemi.
Un bel exemple, donc, de "révolution conservatrice" bien comprise, c'est-à-dire conçue comme le soulèvement des représentants de la Décence ordinaire face à la brutale et indécente opposition, découpée de tout sens du passé.
Un bel exemple de rébellion sociale, patriotique et catholique qui historiquement colle bien avec le positionnement général des gauches sud-américaines et devrait inspirer tous les gens se disant de gauche et caricaturalement mal à l'aise avec tout ce qui se rapporte à la religion, avec le sentiment national, avec un certain héritage moral et bénéfique qu'on peut relever de la France chrétienne. (Propos d'un agnostique christique.) Louison Chimel

18/06/2014

Journée dédicaces à Lyon

anthony+michel.jpgDimanche 22 Juin 2014. Inédit place Ambroise Courtois Lyon 8. Dédicace A l'Air Libre
Réalisé en partenariat avec la Librairie Mobile du Val de Saône.
"Le soleil brille, votre auteur parle en tête à tête avec vous,
puis vient le temps du silence et d'accomplir sa dédicace.
Venez rencontrer M. Louison Chimel, Lyonnais et auteur des aventures de Toni Truand, romans argotiques d'espionnage, anecdotes littéraires et autres essais au rendez-vous"

Page Google + du Chat Policier

13/06/2014

Un documentaire sur le rêve américain

10/06/2014

A chacun sa statue de la beauté, Proudhon

Aphrodite-Guerriere.jpg"Tous autant que nous vivons sommes artistes,
et notre métier à tous est d'élever en nos personnes,
dans nos corps et dans nos âmes,
une statue de la beauté."

(Pierre-Joseph Proudhon, Philosophie du progrès)

30/05/2014

La liberté et Malraux

malraux.jpg"La liberté appartient
à ceux qui l'ont conquise."

(André Malraux)