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04/11/2014

La Confiance en l'Esprit, plan

couv-products-115079.png1. De l'Esprit à la Raison
2. La confiance en la Raison
2.1. Les facultés de jugement et de raisonnement
2.2. Raison nulle sans l'Entendement
3. Croire à un progrès possible
3.1. Trois exemples de réponse
3.2. Toute forme de progrès doit concorder avec la Décence ordinaire et partagée
4. Objectivité et subjectivité du jugement : synthèse en l'Esprit absolu
4.1. L'Esprit absolu dans l'art, avec l'inspiration créatrice mais aussi l'étude artistique  et esthétique (lien avec la philosophie)
4.2. L'Esprit absolu dans la philosophie,  avec son étude et l'Entendement  qui donne naissance au concept
4.3. L'Esprit absolu dans la moralité, produit ou non d'une philosophie morale étendue mais relative dans tous les cas à l'être moral
4.4. La science : une jonction entre  philosophie, art et morale
5. La Force spirituelle : indispensable à l'Esprit absolu
6. De l'Esprit du Monde à l'Esprit absolu
7. Origine conceptuelle de la Force spirituelle dans les vertus cardinales
8. Diagramme du Savoir absolu
9. L'Esprit absolu, l'esprit de l'être heureux. Les trois C du bonheur
10. Dionysos et Apollon : opposés et complémentaires
10.1. L'apollinien et le dionysiaque
10.2. Complémentarité des sagesses apollinienne et dionysienne
11. Les vérités adaptée et inadaptée, la volonté de devenir
12. L’amour : l'essentiel agapè
13. Schéma de la Construction de soi complété


La Confiance en l'Esprit - 72 pages, 12x18 cm - est disponible sur TheBookEdition
ou auprès de moi : 14 € format papier, 6 € format PDF. Contactez-moi sur Facebook
ou à anto.mi@wanadoo.fr. L
e paiement peut se faire par chèque ou Paypal.

28/10/2014

Résigné et Révolté, extrait sur la révolte

couv-products-82026.png« La Révolte est le choix d’agir – contrairement à celui du laisser-aller réfléchi de la Résignation. Si nous optons pour la Révolte, nous voulons tenter de modifier réellement une situation. Elle est bien entendu tirée des conclusions de la remise en question retrouvée au Renouveau. Si notre vérité n’est pas respectée, nous tâchons ici de la défendre clairement. Si nous relevons de l’injustice dans une situation et qu’elle est suffisante pour que notre état soit révolté, nous tâchons ici de rétablir la justice telle que nous la concevons. Phase exclusivement active, elle peut être d’introversion intériorisante (nous nous révoltons, en fait, contre nous-même afin de progresser sur une chose précise), d’extraversion intériorisante (nous nous révoltons contre l’autre afin de faire respecter la liberté de notre expression ou, plus grave, notre dignité), d’extraversion extériorisante (nous nous révoltons pour l’autre en raison de son aliénation qui a pour responsable lui-même ou un tiers). »

Résigné et Révolté - 73 pages, 12x18 cm - est disponible sur TheBookEdition
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24/10/2014

Tous mes liens personnels

Salut à tous,

je rappelle mes liens et informations internet :
– mon site de vente de parutions :
http://anthonymichel.wix.com/livres
– la page Facebook dédiée à mon livre intitulé L'aNarque :
http://facebook.com/lanarque.livre
– la page Facebook dédiée à l'ensemble de mes parutions :
http://facebook.com/anthonymichel.livres
– ma page Facebook personnelle :
http://facebook.com/antoine.chimel
– la page Facebook dédiée à mon projet – normalement, en deux tomes – intitulé Anarchiste conservateur :
http://facebook.com/anarchiste.conservateur
– mon adresse courriel pour toute demande d'info ou d'achat : anto.mi@wanadoo.fr

A bientôt et merci de votre fidélité. Anthony

20/10/2014

Résigné et Révolté, plan

couv-products-82026.png1. L’homme ne se construit qu’en poursuivant ce qui le dépasse
1.1. La philosophie : une spiritualité
1.2. L’importance de la transcendance
2. La philosophie : recherche permanente d’une vérité commune et partage de notre vérité
3. Politique et philosophie : la condition de l’homme
3.1. D’une vérité commune à un intérêt commun : celui de la politique
3.2. La réalité politique : celle d’un intérêt commun, non pas d’un idéal commun
3.3. L’intérêt commun ailleurs qu’en politique
4. La philosophie des 3 R et ses phases
4.1. Introduction au parcours philosophique des 3 R
4.2. Définition des phases de ce parcours
4.3. Les domaines de pensée de chaque phase
4.4. Les excès de chaque phase
5. L’attente et l’espérance
6. De l’homme révolté au peuple réveillé


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16/10/2014

La seule attitude possible pour toute personne décente, George Orwell

Brandt-Orwell72-.jpg
"En ce moment, la seule attitude possible pour tout individu honnête, toute personne décente, que son tempérament le porte plutôt vers les conservateurs ou plutôt vers les anarchistes, est d’œuvrer pour l'avènement du socialisme.
Rien, sinon, peut nous sauver de la misère actuelle et du cauchemar à venir." (George Orwell, Le Quai de Wigan)

11/10/2014

La Confiance en l'Esprit est disponible

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Salut à tous. Je vous informe que La Confiance en l'Esprit
est disponible auprès de moi ou sur Thebookedition,
en format papier (10 €) ou format PDF (6 €)
Vous pouvez me contacter sur Facebook ou à anto.mi@wanadoo.fr
pour toute commande, notamment en PDF.
Louison Chimel

08/10/2014

Etienne Chouard à propos des Inuits

04/10/2014

Résigné et révolté, introduction

couv-products-82026.pngPaul Eluard a écrit : « Laissez-moi seul juger de ce qui m’aide à vivre. » L’écriture, elle, aide toujours. Jugeons donc que ce texte est au moins utile à son auteur. Comme les autres textes, me diriez-vous. Ceci dit, je ne me suis jamais, jusque là, appliqué au genre d’écrit en question. Nous appelons cela un essai philosophique : expression pléonastique. En effet, la philosophie ne peut rendre une vérité plus juste qu’une autre étant donné que, par essence, elle ne comporte de délibérations. Comme je l’expliquerai plus loin, aucune vérité individuelle en philosophie ne vaut plus qu’une autre. Et ce, dans le but de construire une vérité commune. Nous verrons aussi la finalité de celle-ci.
Par ailleurs, je mets céans en mots cette prise de conscience sur mon passé qui, pour lutter contre le retour de toute déception et surtout acquérir un certain bien-être moral et intellectuel, a fait naître le schéma philosophique présent en quatrième de couverture de ce livre. L’explication de ce schéma est le contenu principal de l’ouvrage avec comme introduction ma revue des notions de spiritualité et de philosophie.
J’aborde aussi le lien qui existe entre philosophie et politique par le passage entre la définition d’une vérité commune et celle d’un intérêt commun, puisque la première aide à trouver le deuxième. Et ce, dans une posture philosophique considérée viable que si elle possède le souci de la condition humaine.
Enfin, pourquoi ai-je décidé de partager ce texte ? Car je pense que le parcours philosophique en question – que j’ai emprunté sans technique particulière mais seulement avec une franche volonté de développer mon bien-être pour, à terme, me sentir capable de le structurer – peut de façon singulière vous intéresser, vous parler. Effectivement, nous avons tous été déçus à un moment de notre vie, nous avons tous dû savoir nous résigner ou nous révolter, accepter le réel ou tenter de changer le cours des choses.


Résigné et Révolté - 73 pages, 12x18 cm - est disponible sur TheBookEdition
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28/09/2014

La lutte des classes mondiale sur le front de la procréation

Oui, on peut s’opposer aux mères porteuses, et même au mariage gay, sans être catholique et de droite. La preuve par une féministe historique, qui veut déverrouiller le débat.
«Monsieur le président de la République...» De Jacques Delors à René Frydman, en passant par Yvette Roudy, c’est la fine fleur de la gauche française qui signe l’appel à François Hollande contre le recours aux mères porteuses rendu public la semaine dernière (collectif-corp.com).
A l’origine de cette initiative, une historienne et féministe, militante homosexuelle de la première heure. L’an dernier, la cofondatrice des Gouines rouges signait un livre* dans lequel, au nom des idéaux d’émancipation des années 70, elle s’opposait au mariage gay et aux dérives de la procrétion médicalement assistée. Arguments d’un esprit libre : Marie-Josèphe Bonnet.
Le recours aux mères porteuses est interdit en France, comme en Suisse, mais de plus en plus de couples s’adonnent au tourisme procréatif. Que s’est-il passé dans le cas qui a déclenché votre appel au président de la République?
Il s’agit de jumelles nées d’une mère porteuse aux Etats-Unis. Elles sont donc citoyennes américaines, alors que le couple commanditaire est français. L’état civil français a refusé d’enregistrer leur filiation, et la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France pour ce refus. Si elle cède, ce sera le triomphe de la politique du fait accompli. Comme de dire aux couples: c’est interdit en France mais, si vous allez acheter un bébé à l’étranger, au retour, le lien de filiation sera enregistré par l’état civil français. Il suffit d’avoir l’argent.
François Hollande s’est engagé formellement contre la gestation pour autrui (GPA)...
Dans les mots en 2013. Mais dans les faits aujourd’hui? Si la France ne fait pas appel contre cet arrêt, François Hollande aura, de fait, contribué à la légitimation de cette pratique: on ne pourra plus interdire longtemps la GPA en France, tout en reconnaissant ses effets. Le Collectif pour le respect de la personne (lire le profil ci-dessus) demande au président de s’opposer publiquement à l’admission par le droit des contrats de mères porteuses. Et aussi d’être le promoteur d’un projet de convention internationale interdisant le marché des bébés.
Pourquoi êtes-vous contre la GPA?
On encourage des mères à abandonner leur enfant, ce dernier devient un produit, une chose. C’est une instrumentalisation des femmes au profit d’un néolibéralisme aliénant. La procréation était un acte gratuit, nous sommes entrés dans l’ère de sa marchandisation et d’une nouvelle marchandisation du corps féminin. Des milliers de femmes pauvres sont incitées à produire des bébés pour des couples riches et à vendre leurs ovocytes après avoir subi une hyperstimulation ovarienne très dangereuse. Nous assistons à l’émergence d’un nouveau prolétariat, le prolétariat reproductif. C’est la lutte des classes mondiale sur le terrain de la procréation!
Un beau combat pour la gauche?
Oui, dans toute sa dimension inter­nationale. Car il ne suffit pas d’interdire la pratique chez nous et de se laver les mains sur ce qui se passe ailleurs. Nous avons une responsabilité nouvelle, il faut mondialiser la solidarité en refusant l’exploitation des femmes pauvres. Comment peut-on trouver normal d’aller acheter un bébé à l’étranger? Je vois dans la banalisation de la GPA une dégradation consternante du sentiment éthique.
Vous parlez comme une catholique de droite!
Je dénonce la propagande pro-GPA qui stigmatise les opposants sous des qualificatifs de droite ridicules. Le fait est que beaucoup de gens comme moi, qui ne sont ni catholiques ni de droite, sont opposés à la GPA, mais il était devenu impossible de le dire: le débat était complètement verrouillé à gauche par un lobby gay qui qualifiait d’homophobe tout opposant à ses objectifs. J’ai dû prendre mon courage à deux mains pour surmonter mon malaise et parler ouvertement de cette question. J’ai lutté pour l’émancipation des homosexuels dès la première heure et, en 1971, il fallait du courage pour descendre dans la rue. En 1979, j’ai soutenu une thèse d’histoire sur les relations amoureuses entre femmes, et je peux vous dire qu’on ne s’est pas bousculé pour me proposer un poste à l’université. Aujourd’hui, le courage, c’est d’écouter sa conscience et d’aller contre la pensée dominante qui se veut progressiste en matière de procréation et qui est, en fait, ultralibérale.
Une pensée dominante à gauche, chez les féministes?
Pas du tout. Les femmes sont généralement contre les contrats de mères porteuses. C’est une partie du mouvement gay, tendance LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans), qui a pris tout le monde en otage au nom de la lutte contre l’homophobie.
A gauche aussi, une majorité de gens est contre la GPA, voire contre le mariage gay?
La vérité est qu’on n’en sait rien: aucun sondage n’existe et, même sondés, les gens de gauche peinent à penser librement sur ces questions. Ce qui est sûr, c’est qu’ils sont beaucoup plus divisés qu’on ne le dit; il s’est produit une polarisation droite-gauche du débat qui ne correspond pas à la réalité. Il y avait des membres du FN favorables au mariage gay. Qu’est-ce que ça prouve? Avec notre lettre ouverte au président de la République, nous voulons ancrer le débat à gauche et sortir de cette polarisation mensongère et stérilisante pour l’avenir de nos sociétés.
Dans votre livre, vous relevez ce paradoxe: le mariage est devenu de gauche. Il y a eu une dérive du mouvement homosexuel?
J’ai toujours été contre le mariage en général, je ne fais que tenir mes positions. Le mouvement homosexuel a toujours connu deux tendances: celle qui revendique la différence et celle qui aspire à être comme tout le monde. Aujourd’hui, le second courant a gagné: les homosexuels ne veulent plus se battre, ils ont concentré leur lutte sur le terrain juridique à travers un idéal de vie hyper-conventionnel. Ils sont aujourd’hui les plus fervents avocats de la famille bourgeoise autrefois haïe. Le problème est qu’ils ont besoin des biotechnologies pour faire des enfants sans l’autre sexe.
Vous tenez à l’idée qu’il faut un homme et une femme pour faire un enfant...
Oui! Nous sommes issus d’une double lignée, paternelle et maternelle, c’est ce qui fait la diversité humaine. Pour faire un enfant sans l’autre, selon sa volonté propre, il faut se mettre sous la dépendance des médecins. J’ajoute que, comme historienne, je suis très pessimiste sur ce qu’il adviendrait des femmes si les hommes n’avaient plus besoin d’elles pour procréer.
Le parent, n’est-ce pas celui qui aime et élève l’enfant?
On peut parfaitement élever un enfant sans l’avoir engendré, y compris au sein d’un couple homosexuel, c’est évident. Simplement, il y a un mot pour ça: «parent adoptif». Parlons français!
Et la femme qui accouche d’un enfant grâce à l’ovocyte d’une autre, comment l’appelez-vous?
Je l’appelle la mère, car une grossesse, ça dure neuf mois, il s’y passe des choses, et je pense que le droit français a raison de considérer que la mère est celle qui accouche. Dans tous les cas de figure, il y a un devoir de vérité vis-à-vis de l’enfant sur son origine biologique, sinon c’est de la maltraitance. On a relevé des cas de couples homosexuels où, par souci d’égalité, les partenaires refusent de dire lequel des deux a donné son sperme à la mère porteuse et où l’enfant porte leurs deux noms. Je trouve ça très grave. L’enfant a besoin de se représenter les personnes qui ont participé à sa conception.
Sur le marché de la procréation, les clients hétérosexuels restent majoritaires.
Le danger de déni des origines biologiques est le même. Je ne comprends pas pourquoi la stérilité est devenue si insupportable: ce n’est plus une malédiction, acceptons nos limites!
Vous dénoncez également les agences de mères porteuses étrangères qui, à court de recrues, démarchent jusqu’en France…
C’est le cas par exemple de la société Extroaordinary Conceptions, très active sur les réseaux sociaux. Cette agence américaine sponsorise aussi l’association Clara, grande avocate de la GPA en France. Clara a été fondée par le couple Mennesson, qui est à l’origine du récent arrêt de la Cour européenne… Comme je vous le disais, la logique ultralibérale est puissante. Et le capitalisme, grâce à la procréation médicalement assistée, est promis à une nouvelle jeunesse.
Mais que faire avec les enfants nés de mères porteuses à l’étranger? N’est-il pas éthique de régulariser leur situation?
Notre collectif a mis ses juristes au travail, il faut trouver des solutions. Elles existent et ne passent pas nécessairement par l’enregistrement de la «filiation d’intention».
Vous pensez vraiment qu’au niveau international on pourra renverser la tendance et interdire la GPA?
Pourquoi pas? On a bien réussi à abolir l’esclavage! C’est un grand combat qui s’annonce, mais si on n’est pas un idéaliste, ce n’est pas la peine de se lever le matin.

* «Adieu les rebelles!». De Marie-Josèphe Bonnet. Ed. Flammarion, 137 p.
lehbdo.ch - 24 juillet 2014

25/09/2014

Orwell visionnaire

orwell-4-180.jpg?1403246044George Orwell visionnaire dans Le Quai de Wigan (1937) :
« [...] que peut-on attendre du socialisme ? Il est à peine besoin de le répéter, nous nous trouvons en ce moment dans une situation grave, si grave que même les esprits les plus fermés peuvent difficilement feindre de s’en accommoder . Nous vivons dans un monde où personne n’est libre, où presque personne n’est vraiment à l’abri, où il est à peu près impossible de rester honnête si l’on veut simplement continuer à vivre.Une très grande partie de la classe ouvrière [...] ne peut espérer qu’un recul temporaire du chômage quand telle ou telle industrie se voit artificiellement insuffler une vigueur nouvelle grâce, par exemple, au réarmement. Les classes moyennes, pour la première fois dans leur histoire, commencent à sentir passer le vent du boulet. »

20/09/2014

Le conflit israélo-palestinien en dessin animé musical

16/09/2014

Nouvelle concernant la vente de mes livres

Salut à tous. Je voulais vous informer que, très prochainement, tous mes livres seront disponibles à la vente en format PDF. Je vous donne des informations plus précises sous peu. Anthony

10/09/2014

Mal nommer est meurtrier

On prête à Albert Camus, et on le cite sans cesse, d'avoir dit " Mal nommer les choses, c'est ajouter aux malheurs du monde ". Cela sonne bien, mais Albert Camus n'a pas dit exactement ça !
Dans un essai de 1944, paru dans Poésie 44, (Sur une philosophie de l'expression), Albert Camus écrivait : " Mal nommer un objet, c'est ajouter au malheur de ce monde ". Je vois entre les deux phrases plus qu'une nuance...
Bien sûr, "un objet" n'est pas "les choses" ; c'est un objet philosophique, le réel-là, ce qui tombe sous notre observation, tout ce qui est appréhendable par le sujet, par chacun de nous.
"Le malheur du monde" est bien plus que "les malheurs du monde". "La logique du révolté, écrit encore Camus, est /.../ de s'efforcer au langage clair pour ne pas épaissir le mensonge universel". (1).
Le révolté de Camus est l'indigné, le résistant qui s'élève devant le menteur qui trompe les citoyens en "mal nommant", en déformant le réel, en masquant la vérité, alors que, comme le démontre la contemporaine de Camus, Simone Weil, toute politique qui n'est pas quête de vérité est criminelle. (2)
Oui, mal nommer est meurtrier. Déjà l'injure engendre la colère, voire les coups, mais, plus lents, plus subtils, mieux déguisés, les paroles de propagande, de communication, de médiatisation faites pour obtenir le consentement dont parle Chomski (3), "ajoute au malheur de ce monde". Jean-Pierre Dacheux - 7 janvier 2011 - http://jeanpierredacheux.blogspot.fr

(1) Voir, Albert Camus, Œuvres complètes, tome 1, Paris, La Pléiade, p.908.
(2) "Simone Weil, par la seule attention à ce qui est, arrive à des vues qui, après coup, nous frappent par leur caractère prophétique : l’hitlérisme, le stalinisme, le totalitarisme, le colonialisme, l’oppression sociale, la machinerie de la force et les illusions du pouvoir, la marche des États, le dépérissement et le salut des nations, l’importance de la recherche technique, le rôle des groupes dans la prise en main des masses, l’intensification et la mondialisation des guerres font de sa part l’objet d’analyses qui, à plus d’un demi-siècle de distance, n’ont pris aucune ride".
Voir Bertrand Saint-Sernin : L'action politique selon simone Weil, Paris, Le Cerf, 1988, deuxième édition; 16-novembre 2008.
(3) Voir Le lavage de cerveau en liberté. le monde diplomatique, août 2007.

05/09/2014

Nouveaux prix de vente de mes ouvrages

Coucou, fidèles lecteurs.

Comme je l'ai indiqué le 7 août* sur ma page Facebook dédiée à l'ensemble de mes ouvrages, je suis contraint d'augmenter le prix de mes ventes en raison des frais de port. En conséquence de quoi, frais de port inclus :
- les aventures du Sphynx Toni Truand (Le cirque du pote disparu, Orange arsenic, Le zig au flingue d'or, Je compte les montres et cristaux) ainsi que mon dernier essai philosophique L'Anarque sont à 20 € l'unité ;
- les deux essais signés Louison Chimel (Misanthrope imaginaire, Mes séances etc.) ainsi que mon premier essai philosophique Résigné et Révolté sont à 15 € l'unité.
Merci de votre compréhension, bonne fin d'été !

Louison Chimel

* Info envoi : Comme la Poste m’embête de plus en plus pour envoyer forcément mes livres en colissimo, je vais être contraint d’augmenter un peu mes frais de port. Vous m’en voyez évidemment désolé.

27/08/2014

Un mot sur mon livre l'aNarque

1393467_177907102403632_1528570356_n.jpgChose que je voulais dire depuis quelque temps : ma conception de l’Anarque, qu’on retrouve dans le livre du même nom, ne se colle pas à celle de l’écrivain allemand qu'au demeurant j’apprécie Ernst Jünger. En effet, j’ai récupéré cette notion de son roman Eumeswil (d’où des extraits en lien ci-dessous). Mais comme il est indiqué dans mon livre, son approche n’est, pour moi, qu’une inspiration parmi d’autres ; parfois j’appuie la pensée jüngerienne – mon anarque, comme celui de Jünger, reste l’individu maître de soi dans l’absolu –, à d’autres moments je fais le contraire.
Autrement, nul besoin je n’aurais ressenti de faire un livre « copiant » un point de vue. (Au passage, Jünger ne serait pas le créateur du néologisme « anarque », qui aurait été utilisé par un journaliste américain début du siècle dernier.)
L’Anarque, quoi qu’il en soit, reste une figure. Certainement la figure d’une philosophie idéaliste, donc nécessairement inspirée des penseurs allemands tels Georg Hegel ou encore Emmanuel Kant.
Toutefois, mes références restent essentiellement françaises. Ce qui se confirmera bien dans mon prochain livre intitulé Anarchiste conservateur puisqu’à l’intérieur on retrouvera notamment Jean-Jacques Rousseau, Pierre-Joseph Proudhon, ou encore Georges Sorel.
La France n’est pas le pays du romantisme abstrait. Certains penseurs de notre pays, contrairement à la réputation de « l’intelligence française », ne sont pas bornés à la théorie. La philosophie française – si on ose parler ainsi – est à la fois souple et complexe, exceptionnellement riche. Certes, à cause de ses influences grecques, latines et germaines. Mais elle n'est pas qu'un carrefour. Elle est, également, riche d’elle-même. Oui, nous avons des esprits qui savent, hier et aujourd’hui, penser par eux-mêmes, et développer une voie originale, comme les trois hommes que j’ai cités plus haut.
Désolé, donc, d'avoir
« déçu » certains lecteurs qui « jurent » sur des jugements et des attitudes d'une philosophie voisine." Louison Chimel

20/08/2014

Avoir quelqu'un dans sa vie : ça veut dire quoi ?

couv-products-99349.pngL’Anarque n’aime pas l’expression : « Avoir quelqu’un dans sa vie. » Il préfère dire qu’il est avec quelqu’un. Et qu’est-ce qu’être avec l’autre si ce n’est seulement et concrètement partager des instants avec lui ? Projeter avec l’autre n’est pas forcément promettre. Réaliser avec l’autre appelle à d’autres projections. Avoir un enfant responsabilise deux personnes : les parents. Mais, ils auront beau promettre de bien s’en occuper, le feront-ils ? Quant au mariage, il existe le divorce : une simple rupture de contrat d’association. Mais cette association est-elle libre lorsqu’elle naît justement d’une promesse tenue sur une durée indéterminée et formulée, au départ, sur la volonté commune aux deux époux que le mariage dure jusqu’à ce que la mort les sépare ?
Celui qui aime en cherchant à posséder l’autre, à tenir en existence, contre vents et marées, un désir partagé, alors qu’il voit bien qu’il ne l’est plus, n’aime pas vraiment non plus. D’autant que, comme il a été déjà dit, l’unicité d’un individu donne une unicité à ses désirs. Jamais un individu n’aime l’autre d’une façon identique à celle de ce dernier. Peuvent naître autant d’amours uniques que d’hommes existent. Donner de soi, c’est donner de sa liberté à travers son unicité. Si aimer est donner de la liberté, c’est aussi, contre ceux qui cherchent à la réduire, chercher à en rendre. En rendre aux victimes de ces derniers. Mais en rendre également à ces malmeneurs de liberté, non ? Comme une main tendue aux bourreaux qui, à leur façon, sont eux-mêmes esclaves.

L'Anarque - 321 pages, 12x18 cm - est disponible auprès de moi
(contactez-moi sur Facebook ou à anto.mi@wanadoo.fr) ou bien sur TheBookEdition.

Auprès de moi, le paiement de 20 € frais d'envoi inclus* peut se faire par chèque ou Paypal.
* nouveau prix à cause d'une augmentation des frais d'envoi

13/08/2014

Sur le féminisme des temps modernes

Sexy_Mouth_transparent.pngLe féminisme des temps modernes = de l'enfumage occidentalisto-bourgeois. Oui, occidentaliste et bourgeois. Occidentaliste donc autocentré sur sa petite condition d'Occidentale ayant peur du « Bougnoule », de tout ce qui peut sembler retourner de la Tradition, qu'elle soit occidentale ou – « pire » – orientale.

Fraternité occidentaliste et bourgeoise = clique de ziguesses négligeant généralement toute existence du zigue (seulement bon à aider à se reproduire, et encore), n'ayant jamais connu la misère sociale, étant toujours prêtes à payer une autre ziguesse (pas forcément occidentale, d'ailleurs) pour torcher les fesses de leurs gosses ou faire le ménage chez elles, à raison, si possible, de deux fois par semaine ; deux fois deux heures ; enfin, cela dépend de la superficie du « standinge ». Louison Chimel sur Facebook

 

07/08/2014

Philip K.Dick le philosophe de la science-fiction

Salut à tous. Je partage ce très intéressant documentaire sur le célèbre auteur de romans de science-fiction feu Philip K.Dick que j'aborde dans mon prochain livre intitulé Anarchiste conservateur à propos du sens des limites à l'égard du développement effréné de la technologie avec entre autres les possibles androïdes qui demain nous dépasseraient sur tous les plans. Anthony

01/08/2014

Le zig au flingue d'or, extrait 2

couv-products-10552.pngLui et Luco, les deux Ritaux de Butenblanc, je ne peux pas me les blairer. Même en photos d’identité, je ne peux pas ! Oh puis en fait, pour les autres, ce n’est pas mieux.
Doflargido, après ma provoc verbale, se lève de sa chaise, comme l’a fait précédemment Vegas. Le Crabe tourne alors son regard vers Fredo qui repose son prose. Je raconte enfin à Butennoir… heu Butenblanc, scuze :
— Je crains de devoir avouer ta clairvoyance.
— Haaaa ! s’exclame Jean-Barn, avec un sourire exposant ses chaillottes au néon qui éclaire la pièce.
— Jean est très fort ; ajoute Vegas.

En passant, pour être dans un casino, ce dernier pélo porte bien son nom ; tu ne trouves pas ?
— Truand, je peux même te dire que ton Syrien, je le connais en personne.

Voilà que Barna barjaque avec un ton on ne peut guère plus sérieux. Même Vladimir Poutine à côté, c’est Vincent Lagaf.
— Dehl Edir – c’est le nom de l’assassin, si je ne me trompe pas – vient quelquefois jouer laguche. Il aime bien les jeux d’artiche. En revanche, il se radine en taxi et déguisé ; poursuit Barnabé.
— O.K. Mais alors, si tu sais qu’il vient dans ta tikbou, pourquoi ne pas le fourguer à la Police ? Tu le couvres ou quoi ? l’interrogé-je.
— Je peux t’en dire davantage, brave et vaillant Sphynx à la crinière si blonde que même Brigitte Bardot te jalouserait.
— Ce n’est pas le moment d’énoncer les gentillesses que tu as à mon égard. Continue ta japillade à propos du Syrien.
— Hé, le Sphynx ! Premièrement, tu ne me donnes pas d’ordre. Et deuxièmement, si tu souhaites en savoir plus, il va falloir qu’on soit dac.
— Qu’on soit d’accord sur quoi ? m’étonné-je.
— Je verse encore du verbe en la défaveur de ton tueur uniquement si tu me promets de ne balancer, à aucun moment dans ta mission, de la salade roussie dans les roues de mon marché. Pigé ?
Grosso modo, je ferme mon sifflet sur son trafic de bijes et il me conte la suite. Je n’ai pas le choix de convenir de cette formalité.

Le Sphynx Toni Truand : le zig au flingue d'or - 164 pages, 18x14,8 cm - est disponible :
auprès de moi (contactez-moi sur Facebook ou à anto.mi@wanadoo.fr) ;
sur Mon site de vente ;
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Paiement par chèque ou Paypal.

25/07/2014

Suffit-il d'avoir le choix pour être libre ? (bac philo 2014, série ES)

couv-products-99349.pngUn élément de réponse dans L'Anarque :

L’Intégrité de l’Anarque peut passer pour de la neutralité. Au moins politique. Car philosophiquement et socialement, elle est toujours le résultat d’une visée éthique. En même temps, en opposition à Freud jugeant que l’homme n’est pas a priori social sans contrôle de ses pulsions, si l’on pense que tout homme est forcément ce qu’Aristote appelait un animal politique – autrement dit, un être social par nature –, il ne peut pas être apolitique ou plutôt politiquement neutre. En effet, tout homme est politique – ou un être social au sens large – car il ne peut échapper à un conditionnement social et sociétal. En d’autres termes, en s’inspirant toujours d’Aristote, on peut dire qu’un homme est nécessairement déterminé tel un individu de la Cité issu d’une certaine classe sociale. Les marxistes disent que tout point de vue est déterminé notamment par l’origine sociale donc il est, par essence, politique. Un point de vue est relatif à un choix, et l’homme a toujours des multiples choix à faire au cours de sa vie. Même si chaque instant où l’homme est invité à faire un choix est prédéterminé ou bien dépend faiblement de sa volonté individuelle. Et encore, invité ne veut pas dire obligé. Le libre choix serait absolu dès que l’homme choisit l’instant où il désire choisir. Puisque l’homme ne peut jamais échapper totalement à tout conditionnement et donc à tout déterminisme (un choix à faire ne naît pas sans aucune raison), tâchons au moins de concevoir déjà la Liberté réelle au niveau du libre choix effectué à un instant pourtant non choisi par l’Individu.

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20/07/2014

Nouvelle page Facebook consacrée à mes livres

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A bientôt ! Anthony

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15/07/2014

L'absurde et l'anarchie : les deux faces d'une même pièce

couv-products-99349.pngPour l’Anarque, l’absurde et l’Anarchie sont universelles et résident en tout hom-me. Elles sont les deux côtés d’une même pièce.
L’Anarchie fait face à l’absurde. La tranche et la matière de la pièce sont respectivement l’existence et l’essence humaine. Comme les deux faces se rencontrent sur la tranche de la pièce, l’Anarchie rencontre infiniment l’absurde dans les contours de l’Essence. A l’intérieur de la pièce, la frontière entre absurde et anarchie est imperceptible et n’est pas précisément délimitable. Absurde et anarchie se livrent un bras de fer incessant. Jamais la couleur d’un côté de la pièce percera son autre côté et le recouvrira. Ce qui forme à la fois une résignation universelle – l’absurde sera toujours – et une espérance – l’Anar-chie lui fera toujours affront.
A considérer l’Anarchie luttant à armes égales contre l’absurde étant donnée l’égalité des surfaces des deux côtés de la pièce, cette métaphore relève d’un certain optimisme. Cela s’accorde bien avec la révolte de l’Anarque. Toutefois, le sort de l’humanité – à travers son histoire et ses guerres, de sa piètre condition pour encore une très grande majorité de ses membres – démentit l’équitable distribution des armes en question.

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10/07/2014

La mort, c'est quoi ?

"La mort n'est rien : je suis seulement passé dans la pièce à côté." (Charles Péguy)

07/07/2014

Le changement individuel de mentalité : origine du changement politique

couv-products-99349.pngLe changement individuel de mentalité est l’origine d’un réel changement politique. Réel donc nécessairement collectif.
Une vérité commune est déterminée à partir d’une synthèse de vérités individuelles. C’est le propre de la philosophie, qui, en plus, respecte l’idée qu’aucune vérité individuelle n’est plus crédible qu’une autre. Idem à l’échelle politique, hormis que la vérité soit remplacée par l’intérêt. Ensuite, le courage de la dissidence et le pouvoir de rassembler sont incontournables afin de réaliser ce changement politique.
D’un point de vue anarchiste, il n’y a libération collective que si elle est créatrice de l’anarchie politique. Donc par analogie avec le raisonnement du paragraphe précédent, le changement collectif n’est libérateur qu’à partir de l’addition de pensées philosophiques ou politiques libertaires, le courage de la dissidence de leurs propriétaires et le pouvoir qu’ils ont de rassembler.
L’Idéal est l’objet de l’unicité transcendante de l’Individu. Ce qui fait qu’il n’est jamais totalement identique d’un individu à l’autre. Les hommes se liguent pour un intérêt plutôt que pour un idéal même si, justement, ils nomment souvent cet intérêt un idéal, en croyant qu’ils ont strictement le même idéal.

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05/07/2014

La Dauche c’est la Groite, par Jean-Claude Michéa (3/3)

La force d’un système social auto-contestataire

Autrement dit, le capitalisme est par définition un système social auto-contestataire et la dissolution permanente de toutes les conditions existantes constitue son impératif catégorique véritable. En persistant à se définir purement et simplement comme le « parti du changement » et l’ensemble des « Forces de Progrès », la Gauche moderne – c’est-à-dire celle qui n’avait même plus l’excuse d’affronter pratiquement les puissances traditionnelles de l’Ancien Régime ( puissances éliminées, pour l’essentiel, par les deux guerres mondiales ) – se trouvait donc à peu près condamnée à refermer définitivement le piège historique sur les travailleurs et les simples gens. Dans cette perspective, triste mais mo-derne, la référence « socialiste » ne pouvait devenir qu’un autre nom du développement à l’infini du nouvel ordre industriel et, d’une façon générale, de l’approbation pré-critique de la modernisation intégrale et illimitée du monde ( mondialisation des échanges, tyrannie des marchés fi-nanciers, urbanisation délirante, révolution permanente des technologies de la sur-communication, etc. ). On ne doit donc pas s’étonner si la peur pathétique d’apparaître « dé-passé » par quoi que ce soit, peur qui tient lieu de pensée, de nos jours, chez la plupart des intellectuels de Gauche, n’ait finalement trouvé à s’accomplir que dans les noces actuelles de l’Avenir radieux et du Cybermonde ; ainsi que dans leur inévitable complément spirituel, cet esprit  « libéral-libertaire » qui sévit à présent sans réplique dans l’univers mensonger du showbiz et des médias.
C’est une époque assez curieuse que celle où les banalités de base sont tenues pour des paradoxes. Pourtant si, tout au long du siècle, les ambitions historiques de la Gauche ( et plus encore de l’Extrême-Gauche ) ont pu si facilement être retournées contre les peuples, si le « progressisme » et la « modernisation » apparaissent de plus en plus nettement comme la simple vérité idéalisée du Capital c’est bien le signe que l’adoption déculpabilisée d’un certain degré de conservatisme critique définit désormais l’un des fondements indispensables de toute critique radicale de la modernité capitaliste et des formes de vie synthétique qu’elle prétend nous imposer. Tel était, en tout cas, le message d’Orwell. À nous de rendre à son idée d’un  « anarchisme tory » la place philosophique qui lui revient dans les différents combats de la nouvelle Résistance.

Jean-Claude Michéa - immediatement.com

01/07/2014

La Dauche c’est la Groite, par Jean-Claude Michéa (2/3)

Une révolte aliénée

Si Winston Smith, fonctionnaire compétent et efficace du « Ministère de la vérité », conserve une parcelle d’humanité ( et c’est naturellement ce point qui l’apparente aux prolétaires ) c’est donc d’abord dans la mesure où toutes les formes du passé le fascinent. Cette fascination, bien sûr, le perdra puisque M. Char-rington, le gérant du magasin d’antiquités, se révélera appartenir à la     « Police de la Pensée ». Elle demeure néanmoins, tout au long du roman, la véritable clé psychologique de sa révolte contre le Parti, et cela bien avant que la rencontre amoureuse de Julia ne donne à son désir de résistance un socle plus généreux. À l’inverse, l’effort de destruction mé-thodique de tout le passé est, comme on le sait, l’axe autour duquel la politique de « l’Angsoc » s’ordonne intégralement. Cela signifie, par conséquent, que la révolte de Winston Smith, si aliénée soit-elle2, est d’abord, dans son principe, une ré-volte conservatrice ; et que, faute de s’appuyer consciemment sur les as-pects positifs du passé, les combats livrés contre la servitude moderne sont nécessairement promis à un échec radical et définitif.
Il y a là cependant un problème réel : on sait que dans le novlangue moderne – c’est-à-dire dans cette manière de parler destinée à rendre impossible l’apparition de toute pensée « politiquement incorrecte », « conservatisme » est le « mot-couverture » ( blanket-word ) qui désigne le « crime de pensée » par excellence : celui qui scelle notre com-plicité avec toutes ces incarnations du mal politique que sont l’« Ar-chaïsme », la « Droite », « l’Ordre établi » ou « la société d’intolérance et d’exclusion ». Comme cette incro-yable mystification est située au cœur même du capitalisme moderne ( et en constitue la ligne de défense principale ), il est absolument nécessaire d’en questionner brièvement les postulats fondamentaux, ne serait-ce que pour mesurer l’extraordinaire courage intellectuel qu’il fallut à Orwell pour réhabiliter, même par jeu, un mot que la Gauche bien pensante ( à supposer qu’il y en ait désormais une autre ) avait si puissamment diabolisée.

Le piège philosophique de la gauche

La distinction des Whigs et des Tories s’est imposée en Angleterre, à partir du XVIIIe siècle, pour opposer le « Parti du Mouvement » et celui de la « Conservation ». Il s’agissait alors, par ces termes, de désigner, d’un côté, le parti du capitalisme libéral, favorable à l’économie de marché, au développement de l’individualisme calculateur et à l’ensemble des réformes morales correspondantes ; de l’autre celui des tenants de l’An-cien régime, c’est-à-dire d’un ordre social, à la fois communautaire et strictement hiérarchisé. On remarque aussitôt dans quel piège philosophique la « Gauche » ne pouvait man-quer de s’enfermer, dès lors qu’assimilant, une fois pour toutes, le con-servatisme à la « Droite », elle s’exposait à reprendre à son compte une grande partie des mythes fondateurs du progressisme whig. Or, si nous entendons par « socialisme » le projet, formulé au XIXe siècle, d’un dépassement des contradictions in-ternes du capitalisme libéral, il est évident que le travail de réinscription du socialisme dans les thématiques de la Gauche progressiste ( travail qui, en France, fut l’œuvre de l’af-faire Dreyfus )5 ne pouvait aller sans problèmes. Dans la pratique, en effet, cela conduisait à peu près nécessairement à désigner comme « socialistes » ou « progressistes » l’ensemble supposé cohérent des différents mouvements de modernisation qui, depuis le début du XIXe siècle, sapaient de tous les côtés l’ordre effectivement établi. Ceci revient à oublier, comme Arno Mayer l’a bien mis en évidence6, que la base écono-mique et sociale de cet ordre était encore, jusqu’en 1914, essentiellement agraire et aristocratique. Dans ces conditions l’appel de la Gauche à innover sur tous les fronts de l’ordre humain, et à rompre radicalement avec la moindre trace de mentalité « archaïque » ou « conservatrice » avait un mal croissant à se distinguer des autres exigences culturelles du système capitaliste. Celui-ci, en effet, a peu à voir avec la tyrannie de l’Église, de la Noblesse ou de l’État-Major. Dans sa réalité, il est lié à un type de civilisation qui est tout ce qu’on voudra sauf conservateur, comme Marx, avant J. Schumpeter et D. Bell, l’avait du reste parfaitement mis en lumière :
« La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les rapports de production, c’est-à-dire l’ensemble des rapports sociaux. Le maintien sans changement de l’ancien mode de production était au contraire pour toutes les classes industrielles antérieures, la condition première de leur existence. Ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelles distinguent l’époque bourgeoise de toutes les précédentes. Tous les rapports sociaux figés et couverts de rouille, avec leur cortège de conceptions et d’idées antiques et vénérables se dissolvent : ceux qui les remplacent vieillissent avant d’avoir pu s’ossifier. Tout ce qui avait solidité et permanence s’en va en fumée, tout ce qui était sacré est profané» (Manifeste communiste, chapitre 1).

Jean-Claude Michéa - immediatement.com

29/06/2014

Toni Truand 1, Le Cirque du Pote disparu : nouvel extrait

couv-products-9026.pngUn mecton style mailloche entra, d’une taille d’au moins un mètre nonante. Un crâne rasé. Il s’installa au compte égouttoir (décontraction de comptoir) et se mit à regarder chaque personne qui se trouvait à cet instant dans le rab. Une par une, des pieds jusqu’à la frimousse.
Ce fut le tour à ton Toni ! Ce n’est pas que je me faisais des idées, tu vois, mais il s’attardait sur mégnace. Homo ? Je ne pouvais le savoir en vérité. Je flippais.
Eh mais voilà qu’il s’approcha de ma bouille. Il croyait peut-être m’impressionner. Certes, je suis plus petit que lui mais costaud quand même !
Tu ne me croiras pas si tu ne veux pas, mais il me demanda si j’étais bien Toni Truand. J’étais scié encore une fois. C’est moi normalement qui cherchais des gens ! Il me dit de le suivre. On devait sortir à l’extérieur (le contraire serait difficile). Il fallait sans nul doute que je me méfie davantage. Quand un gnaf comme ça débarque et te dit ton nom sans que tu le connaisses ni dedans ni Dave, eh bien tu ne sais pas trop ce qui va t’arriver. Certes, je fais présentement un peu trop de sensationnel mais c’est tentant, tonton, de succomber à la tentation d’ajouter un petit peu de piment.
Je n’aime pas les piments ! Mais j’aime les pâtes, le foie quand il est gras, le vin quand il est blanc et le chèvre quand il est sec. Je suis sensible également au chocolat de préfet rance noir.
J’aime, j’aime pas. Dans une converse ordinaire, je me demande des fois si chacun d’entre nous ne passe pas son temps à énumérer, en vrac pour les plus brouillons, ce qu’il aime et ce qu’il n’aime pas. Ledit dialogue se résume quelquefois à un échange à caractère évaluatif sur ce que les deux communicants ont de commun (j’aime et tu aimes aussi) et sur ce qu’ils ont de différent (j’aime mais toi tu n’aimes pas). Je raffole de mes explications à deux Yen sur la communication, pas toi ?
Une fois que j’eusse mis le nez dehors, la grande armoire sans cheveux m’agrippa les deux louches assez viol-amant puis osa me dire :
—    Suis moi.
Il avait un sens de l’humour remarquable et culotté. Je n’avais pas le choix d’obtempérer étant donnée la façon dont il me tenait, comme il me traitait. Ce genre de gus me faisait penser aux débiles néo-nazis qu’on devrait adéquatement nommer néo-nazes. Le pléonasme est certain. Ceci dit, j’arrête ces subtilités. Elles sont à l’opposé des idées péjoratives que défendent ces énergumènes.

Le Sphynx Toni Truand, Le Cirque du Pote disparu - 191 pages, 14,8x21 cm - est disponible auprès de moi (contactez-moi sur Facebook ou à anto.mi@wanadoo.fr) ou bien sur TheBookEdition.
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27/06/2014

La Dauche c’est la Groite, par Jean-Claude Michéa (1/3)

En se définissant comme anarchiste tory, George Orwell malmenait le confort sémantique de la gauche britannique. Briser le politiquement correct du langage idéologique était pour lui le préalable indispensable à toute réflexion politique. Mais l’écrivain anglais a surtout montré comment la gauche moderne a refermé définitivement le piège historique du capitalisme sur les travailleurs et les simples gens.

 Orwell a très bien senti que la décomposition de l’intelligence critique était déjà largement à l’œuvre dans les sociétés libérales. Et si nous de-vons en juger par les formes de jargon qui envahissent à présent l’univers des médias, de l’entreprise ou de l’administration, c’est assurément un diagnostic que rien n’a infirmé. Or, si le journaliste branché, le cadre dynamique, l’expert compétent ou le gestionnaire avisé n’apparaissent plus capables de s’exprimer autrement que selon les règles de leurs novlangues spécifiques, il ne peut s’agir, d’un point de vue orwellien, d’une évolution innocente. Elle me-sure, en vérité, l’emprise croissante que ces différents pouvoirs ne cessent d’exercer sur nos vies.

Réhabiliter une certaine  quantité de «conservatisme»

C’est pourquoi, les critiques et les mises en garde répétées d’Orwell contre la décadence accélérée du langage moderne, ses appels à préserver un anglais vivant et populaire, comme aussi son choix de la littérature en tant que forme privilégiée de l’écriture politique, ne doivent en au-cun cas être tenus pour les signes d’un purisme maniaque et élitaire. C’est tout le contraire qui est vrai : c’est parce que les élites modernes sont désormais en mesure de re-construire un monde entièrement à leur image, que le langage contemporain – et singulièrement celui de la jeunesse, cible principale de la so-ciété marchande – s’est appauvri de façon si caractéristique et que disparaissent peu à peu aussi bien le génie populaire de la langue que la sensibilité poétique1.
C’est cette nécessité de protéger la civilité et le langage traditionnels contre les effets de la domination de classe, qui est, vraisemblablement, à l’origine du besoin si souvent ressenti par Orwell de réhabiliter une certaine quantité de « conservatisme ». Aucune société décente, en effet, ne peut advenir, ni même être imaginée, si nous persistons, dans la tradition apocalyptique ouverte par Saint Jean et Saint Augustin, à célébrer l’avènement de « l’homme nouveau » et à prêcher la nécessité permanente de « faire du passé table rase ». En réalité, on ne peut espérer « changer la vie » si nous n’acceptons pas de prendre les appuis appropriés sur un vaste héritage anthropologique, moral et linguistique dont l’oubli ou le refus ont toujours conduit les intellectuels « révolutionnaires » à édifier les systèmes politiques les plus pervers et les plus étouffants qui soient. C’est une autre manière de dire qu’aucune société digne des possibilités modernes de l’espèce humaine n’a la moindre chance de voir le jour si le mouvement radical demeure incapable d’assumer clairement un certain nombre d’exigences conservatrices. Telle est, de ce point de vue, la dernière – et la plus fondamentale – leçon de 1984 : le sens du passé, qui inclut forcément une certaine aptitude à la nostalgie, est une condition absolument décisive de toute entreprise révolutionnaire qui se propose d’être autre chose qu’une variante supplémentaire des erreurs et des crimes déjà commis.
— « À quoi devons-nous boire cette fois [ demanda O’Brien ] ? À la confusion de la Police de la Pensée ? À la mort de Big Brother ? À l’humanité ? À l’avenir ?
— Au passé, répondit Winston.
— Le passé est plus important, consentit O’Brien gravement. »
(1984, p. 251.)
Jean-Claude Michéa - immediatement.com

23/06/2014

Cristeros, mon avis sur ce film

PHO9c71b8dc-cb9c-11e3-b9b1-be03fea75ed2-805x453.jpgJ'ai enfin vu le film Cristeros qui soulève une certaine polémique ces derniers temps.
En premier lieu, je voudrais faire remarquer que, quelques jours après sa sortie, les appréciations très positives de ce film sur le célèbre site internet dédié au cinéma Allociné.fr ont tout simplement été supprimées. Chose que j'avais prédite. (Dis-moi qui nous censure, je te dirais entre autres qui nous gouverne. Un indice de réponse dans cet article.)
En effet, je n'ai pas trouvé, sur ce site, un second film qui soit sans notes de la presse ni notes du public. Cristeros est ainsi exceptionnellement et négativement traité...
En second lieu, concernant le film en lui-même, je ne trouve pas sa réalisation super. Parfois, ça fait un peu film TV et les dialogues peuvent sembler un peu légers. Je n'ai pas, par ailleurs, compté le nombre de fois où il est scandé : "Vive le Christ roi !" A part ça, le film est très intéressant et est plein de bonnes intentions, la plus valeureuse étant de rétablir une certaine vérité concernant la violence du pouvoir maçonnique et pseudo-révolutionnaire infligée aux paysans catholiques. En passant, très bonne prestation d'Andy Garcia.
C'est tellement devenu à la mode de renier les pourtant incontournables racines catholiques françaises, voire de les moquer ou de les discréditer à fond, que de voir un film valorisant le catholicisme fait tout bizarre, même si c'est à travers l'histoire d'un autre pays.
Enfin, puisque la majeure partie des classes populaires mexicaines est la paysannerie, nous pouvons dire qu'il s'agissait, en cette période 1926-29, d'une révolte authentiquement populaire et patriotique. Il est plaisant de voir également l'image de Jésus-Christ accolée à celle-ci puisqu'à bien lire les Évangiles icelui est un révolutionnaire. D'où ces catholiques qui prennent les armes et qui, en même temps, au moment de la mise à mort de certaines de leurs individualités, pardonnent à leur ennemi.
Un bel exemple, donc, de "révolution conservatrice" bien comprise, c'est-à-dire conçue comme le soulèvement des représentants de la Décence ordinaire face à la brutale et indécente opposition, découpée de tout sens du passé.
Un bel exemple de rébellion sociale, patriotique et catholique qui historiquement colle bien avec le positionnement général des gauches sud-américaines et devrait inspirer tous les gens se disant de gauche et caricaturalement mal à l'aise avec tout ce qui se rapporte à la religion, avec le sentiment national, avec un certain héritage moral et bénéfique qu'on peut relever de la France chrétienne. (Propos d'un agnostique christique.) Louison Chimel

18/06/2014

Journée dédicaces à Lyon

anthony+michel.jpgDimanche 22 Juin 2014. Inédit place Ambroise Courtois Lyon 8. Dédicace A l'Air Libre
Réalisé en partenariat avec la Librairie Mobile du Val de Saône.
"Le soleil brille, votre auteur parle en tête à tête avec vous,
puis vient le temps du silence et d'accomplir sa dédicace.
Venez rencontrer M. Louison Chimel, Lyonnais et auteur des aventures de Toni Truand, romans argotiques d'espionnage, anecdotes littéraires et autres essais au rendez-vous"

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