Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28/02/2015

La Confiance en l'Esprit, extrait de la partie 8

couv-products-115079.pngLa conscience au terme de sa récursivité est absolue. L'idée de liberté naît de l'individu qui a conscience de sa propre conscience donc de son essence en tant qu'être humain puis de son existence. En con-séquence, il semble logique qu'on puisse se faire une idée de la liberté absolue à partir de la conscience absolue, l'idée étant devenue conscience ordonnée et connaissance.
Exemple de conception de la liberté absolue* :
la Liberté réelle de l'Anarque, incarnation d'un ordre individuel absolu, puisque l'Anarchie est l'ordre absolu et l'Anarque est l'Homme-anarchie.
L'Anarque, homme heureux dans l'immédiat et à l'infini, est une figure du bonheur et de l'amour, par son éthique. Or, c'est Dieu qui, au-dessus de tous les êtres, est amour, diront les croyants. Nous avons sinon l'Esprit du Monde, essence de la liberté à portée universelle, et donc l'Esprit absolu, porteur d'un savoir absolu. Nous revenons au savoir absolu, le cycle est refermé.

* La liberté absolue n'est certainement pas à confondre avec la licence. Cette dernière ignore la conscience morale donc elle ne peut relever de la conscience absolue.


La Confiance en l'Esprit - 72 pages, 12x18 cm - est disponible sur TheBookEdition
ou auprès de moi : 14 € format papier, 6 € format PDF. Contactez-moi sur Facebook
ou à anto.mi@wanadoo.fr. L
e paiement peut se faire par chèque ou Paypal.

23/02/2015

Attentat démocratique : vidéo sur la vraie démocratie

16/02/2015

Humains

Vidéo retrouvable sur le blog d'une amie : bookofgenesis.wix.com/origine-humanite

14/02/2015

Le langage en politique (3/3)

george_orwell_poster-r498b62ece7aa4b15a36a0135be6df661_wvg_8byvr_324.jpgAlors, que défendre et comment résister ? Je donne ici, mais aussi dans d’autres parties, des éléments de réponse. Dans 1984, George Orwell écrit : « Vers 2050, plus tôt probablement, toute connaissance de l’ancienne langue aura disparu. Toute la littérature du passé aura été détruite. Chaucer, Shakespeare, Milton, Byron n’existeront plus qu’en version novlangue. Ils ne seront pas changés simplement en quelque chose de différent, ils seront changés en quelque chose qui sera le contraire de ce qu’ils étaient jusque-là. » En nous inspirant d’Orwell, nous devrions, à l’écrit, mettre des guillemets inversées aux mots dont le sens est régulièrement détourné par les pouvoirs médiatiques et politiques. Ce qui attirerait l’attention du lecteur afin de lui faire prendre conscience que l’utilisation moderne et banalisée des mots en question est insidieuse. Ainsi, même si la liste de ceux-là est longue, nous pourrions, par exemple, écrire » démocratie «, » république «, » socialisme «, » conservateur «. Le concept d’anarchie est lui-même connoté. Dans le langage courant, il est souvent comparé au laisser-faire, au chaos, à l’anomie alors qu’en fait il est politiquement, et plus sérieusement, associé à une vision de l’ordre social absolu demandant entre autres la responsabilisation individuelle.

Parce que nous pouvons bien, à notre époque, concevoir le novlangue comme le langage utilisé par l’élite médiatico-politique qui détourne les mots de leurs vrais sens dans le but d’entretenir sa malhonnête influence sur le peuple.
La définition du « maître du langage » que je donne dans cette partie a elle-même recours au novlangue, à d’insidieuses définitions de mots. Dans ce cas précis, effectivement, ne sont estimables ni le maître ni le langage.
D’autres exemples d’usage du novlangue dans ce passage de George Orwell tiré de son essai La politique et la langue anglaise : « Le langage politique doit […] consister en euphémismes, pétitions de principe et imprécisions nébuleuses. Des villages sans défense subissent des bombardements aériens, leurs habitants sont chassés dans les campagnes, leur bétail est mitraillé, leurs huttes sont détruites par des bombes incendiaires : cela s'appelle la « pacification ». Des millions de paysans sont expulsés de leur ferme et jetés sur les routes sans autre viatique que ce qu'ils peuvent emporter : cela s'appelle un « transfert de population » ou une « rectification de frontière ». Des gens sont emprisonnés sans jugement pendant des années, ou abattus d'une balle dans la nuque, ou envoyés dans les camps de bûcherons de l'Arctique pour y mourir du scorbut : cela s'appelle l' « élimination des éléments suspects ». Cette phraséologie est nécessaire si l'on veut nommer les choses sans évoquer les images mentales correspondantes. »

Toujours dans cet essai, Orwell, en opposition au novlangue, nous dit : « Ce qui importe avant tout, c'est que le sens gouverne le choix des mots, et non l'inverse. » Si, dans un échange ou une lecture, nous devions prendre l’habitude de considérer les mots de l’autre avec les sens qu’il veut bien leur donner et qui différencient des nôtres, l’incompréhension se généraliserait. Un langage aux codes non partagés un minimum est destiné à mourir rapidement. Dans le cas contraire, il aura tendance à coller à une langue qui confère aux mots un sens bien précis.

Quel intérêt, sinon, de vouloir donner un sens nouveau à un mot si ce n’est pour se moquer de la langue, jouer sur une certaine ambiguïté, chercher à tromper l’autre qui n’est pas sûr de ne pas avoir compris puisqu’on utilise pourtant un mot qu’il connaît ? C’est pourquoi il faut être vigilant, chercher parfois à lire entre les lignes, à comprendre pourquoi telle expression linguistique est née et est utilisée de manière récurrente dans les médias.

L'anarchiste conservateur, en ce qui le concerne, entend conserver les langues, nationales ou régionales, comme références d’un langage authentique et résistant au novlangue officiel, envahissant (totalitarisant) et décadent (aussi bien moralement qu’intellectuellement). Anthony Michel, extrait des Cahiers d'un Anarchiste conservateur

12/02/2015

L'Anarque : extrait de la partie «Les hommes moraux sont-ils sans pouvoir ?»

couv-products-114990.png

Je veux débuter cette partie avec une pensée d’Henry de Montherlant dans son roman Le cardinal d’Espagne : « Il n’y a pas le pouvoir. Il y a l’abus de pouvoir, rien d’autre.  »
Dans cette partie, le pouvoir est globalement assimilé à celui de la politique, du show-business ou encore du business tout court. 
Si l’homme ne représente que lui-même dans l’absolu, l’homme moral – pensant beaucoup aux autres – peut-il accéder au pouvoir, concevoir la conquête de celui-ci avec uniquement des fins altruistes ? En outre, une fois au pouvoir, sait-il conserver ce retour vers la chose commune qui, jusque là, l’a amené à vouloir détenir ce pouvoir ? 
Cela nous amène à nous demander si pouvoir et morale (ou éthique) font bon ménage. (Cette partie fait l’écho à celle sur la corruption des élites.) Ils devraient. Mais c’est justement, peut-être, sur l’incompatibilité, l’utopie de cette coexistence que naît l’Anarchie. « Le pouvoir est maudit, c’est pourquoi je suis anarchiste. » (Louise Michel)
George Orwell pensait, de son côté, que « les hommes ne sont moraux que lorsqu’ils sont sans pouvoir ». En contrepartie, c’est chez les ouvriers – parce que leurs conditions de vie les obligent à conserver un sens de la modération, du raisonnable et du partage – qu’on retrouve beaucoup, toujours selon Orwell, « la loyauté, l’absence de calcul, la générosité, la haine des privilèges ». On peut élargir la classe ouvrière à l’ensemble des classes populaires – paysannerie, prolétariat, sous-prolétariat – et parler d’un principe de réalités sociales (en allusion au concept freudien) qui s’impose à elles et leur fait garder un certain sens des nécessités (économiser et dépenser pour d’abord subvenir à ses besoins physiologiques et de sécurité). La conscience partagée, dans une même classe sociale, de la vie difficile (compassion égalitaire) entraîne la solidarité de classe à travers l’entente désintéressée et l’entraide. Une maxime dit également que les plus généreux sont les plus pauvres. Et en même temps, l’Anarque, conscient de l’absurde – détenu en chaque homme – peut s’amuser à penser, comme Pierre Desproges, que « les aspirations des pauvres ne sont pas très éloignées des réalités des riches ». Louis-Ferdinand Céline, de son côté, écrivit que le prolétaire était un bourgeois qui n’a pas réussi.

L'Anarque - 321 pages, 12x18 cm - est disponible sur TheBookEdition
ou auprès de moi : 18 € format papier, 10 € format PDF. Contactez-moi sur Facebook
ou à anto.mi@wanadoo.fr. Le paiement peut se faire par chèque ou Paypal.

10/02/2015

Le langage en politique (2/3)

Il faut alors que ce nouveau verbe, cette nouvelle langue – dans 1984, Orwell parle de newspeak, traduit, en français, par novlangue –, soit le reflet de nouveaux comportements. Il s’agit bien d’entretenir une harmonie entre le verbal et le comportemental en faisant vivre, en nous, une nouvelle pensée, dans le but que la censure en question devienne autocensure d’abord consciente puis inconsciente. Car, en faisant disparaître certaines notions des écoles et des médias, il y a volonté de carrément limiter notre faculté de pensée, de contrôler notre psychologie, de perdre notre identité, pour devenir uniquement des êtres serviles – et consommateurs, dans le cas du capitalisme marchand (1) –, des anthropoïdes décérébrés et soumis, des animaux sans instinct propre à la nature mais régis par ceux qui gouvernent le Monde. Dans 1984, Orwell écrit : « Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? […] Tous les concepts nécessaires seront exprimés chacun exactement par un seul mot dont le sens sera rigoureusement délimité. Toutes les significations subsidiaires seront supprimées et oubliées. […] Chaque année, de moins en moins de mots, et le champ de la conscience de plus en plus restreint. » Ou encore, plus court : « La dictature s'épanouit sur le terreau de l'ignorance. »

Le « maître du langage » est forcément, dans l’absolu, le maître du Monde. En effet, il a su mettre le Monde à ses pieds. Il a su, par ses capacités supérieures de conviction, mettre les financiers dans sa poche pour l’aider à gagner des élections. D’où, concrètement, l’alliance contemporaine entre le politiquement correct de gauche et l’économiquement correct de droite, concepts de Jean-Claude Michéa abordés dans plusieurs parties de ce livre.

Ensuite, si besoin il y a, le « maître du langage » saura truquer les élections, en arrosant les huissiers devant s’assurer du bon déroulement des premières. Afin de se donner une apparence démocratique, il est institutionnellement capable d’user du parlementarisme dont les corrompus et faux représentants des peuples peuvent s’exprimer ainsi auprès d’eux : « Expliquez-nous quel est votre problème, on vous dira ce qu’il faut en penser. » (Coluche) L’écrivain et philosophe Alexis De Tocqueville (1805-59) nous dit quant à lui : « Je ne crains pas le suffrage universel : les gens voteront comme on leur dira. » Dans l’absolu, bien sûr, une population réellement soumise au « maître du langage » ne peut que voter pour lui, qui n’a plus besoin d’œuvrer avec une myriade de malices pour perdurer.

Le « maître du langage » devenu maître du Monde peut faire toute la propagande qu’il veut. Elle ne concerne pas forcément directement sa personne. Mais en choisissant de faire la une d’un journal avec telle ou telle affaire de société (relevant de la géopolitique au fait divers le plus banal), elle est quand même toujours tournée à son avantage.

Enfin, le maître du Monde peut bien évidemment réécrire l’histoire, redistribuer les cartes des vainqueurs et des vaincus (d’où la partie suivante). Qu’il y ait néanmoins des gens qui ont de la mémoire, le contrôle de leur pensée se fera de sorte qu’ils aient la mémoire courte ou, en tous les cas, sélective. Puisqu’en effet le maître du novlangue contrôle votre psychologie, il ne s’arrête pas qu’à votre pensée, votre flux de conscience, mais il compte bien visiter le tréfonds de votre conscience et même les bas-fonds de votre inconscient.
Orwell écrit : « Un des buts du totalitarisme est non seulement d'assurer que les gens auront les pensées qu'il faut, mais en réalité de les rendre moins conscients. » (Essais, Articles, Lettres volume 4Anthony Michel, extrait des Cahiers d'un Anarchiste conservateur

08/02/2015

Demis Roussos et Aphrodite's Child

Si j'aime beaucoup Demis Roussos, qui nous a quittés récemment,
j'aime tout particulièrement le groupe Aphrodite's Child qu'il formait, dans les années 1960, avec le batteur Lucas Sideras et Vangelis, alors un des futurs grands compositeurs de musiques de film.
Aphrodite's Child, c'est du rock psychédélique, parfois du hard rock, mélangé à de la «musique d'église».
Aphrodite's Child, c'étaient — comme m'avait dit un jour une vieille amie anarchiste qui a connu «ces années-là» — les hippies romantiques par excellence.
Musicalement très fort, le groupe enchaînera les tubes — Rain and tears, It's five o'clock, I want to live, etc. —, mais je vous propose de redécouvrir ici son double album, 666. Projet qui referme l'histoire Aphrodite's Child après deux précédents albums, avec un Demis de plus en plus distant — même si, des années plus tard, il retravaillera avec Vangelis, notamment sur la bande originale du film Blade Runner.
666, adaptation musicale de l'Apocalypse de Saint Jean, est clairement l'un des plus grands albums rock de toute l'histoire, à découvrir ou redécouvrir. Avec la participation — orgasmique, et ce n'est pas au sens figuré — d'Irene Papas sur le second disque.
 Anthony

06/02/2015

Le langage en politique (1/3)

george_orwell_poster-r498b62ece7aa4b15a36a0135be6df661_wvg_8byvr_324.jpg« Les relations qu’il y a entre les habitudes de pensée totalitaires et la corruption du langage constituent une question importante qui n’a pas été suffisamment étudiée. » (George Orwell cité par Simon Leys dans Orwell ou l’horreur de la politique)
Nous pouvons nous inspirer de la pensée orwellienne afin de relever l’importance du langage – ainsi que de l’histoire, comme nous le voyons plus loin – dans la politique. Avant cela toutefois, j’aimerais évoquer le philosophe français Henri Bergson (1859-1941) qui conçoit la conscience intégrale à travers un apport remarquable de l'intuition, complétant celui de l'intelligence, pense que le pouvoir du langage – outil d'expression de cette dernière – est limité afin de discerner convenablement l'individualité. Par le règne de l'intelligence – forcément « sous l'influence du langage » –, il craint la tendance de « lire des étiquettes collées » sur les choses. Ces deux dernières expressions sont tirées de son livre Le rire (1900) dans lequel il écrit également ce passage : « Quand nous éprouvons de l'amour ou de la haine, quand nous nous sentons joyeux ou tristes, est-ce bien notre sentiment lui-même qui arrive à notre conscience avec les mille nuances fugitives et les mille résonances profondes qui en font quelque chose d'absolument nôtre ? Nous serions alors tous romanciers, tous poètes, tous musiciens. Mais le plus souvent, nous n'apercevons de notre état d'âme que son déploiement extérieur. Nous ne saisissons de nos sentiments que leur aspect impersonnel, celui que le langage a pu noter une fois pour toutes parce qu'il est à peu près le même, dans les mêmes conditions, pour tous les hommes. Ainsi, jusque dans notre propre individu, l'individualité nous échappe. Nous nous mouvons parmi des généralités et des symboles, comme en un champ clos où notre force se mesure utilement avec d'autres forces ; et fascinés par l'action, attirés par elle, pour notre plus grand bien, sur le terrain qu'elle s'est choisi, nous vivons dans une zone mitoyenne entre les choses et nous, extérieurement aux choses, extérieurement aussi à nous-mêmes. »

Ainsi, nous devinons que le langage peut être une bonne arme de manipulation, aussi bien dans les relations les plus classiques de la vie quotidienne que pour le pouvoir politique.
En même temps, l’existence de cette précédente « zone mitoyenne » doit nous rassurer sur l’incapacité de ce dernier à nous rendre absolument corruptibles et serviles. En ayant conscience de cette « zone », il faut parvenir, dans la vie de tous les jours, à cultiver notre individualité – autrement dit, à garder en conscience, en permanence, une dose suffisante d’individualité – pour conserver notre libre arbitre et notre esprit critique.

George Orwell, à travers ses œuvres comme les célèbres romans 1984 et La ferme des animaux, nous interpelle spécifiquement sur l’importance de la maîtrise du langage par le pouvoir politique permettant à celui-ci d’asseoir sa domination.
Dans ces précédents ouvrages, sont décrites des sociétés imaginaires. Leurs ressemblances avec les régimes nazi et soviétique du siècle dernier sont frappantes et officialisées. Seulement, nous pouvons relever également des traits de ressemblance avec notre société capitaliste et son oligarchie libérale. Cette approche se veut bizarrement moins officielle…
Il faut bien préciser le sens que prend ici l’expression « maîtrise du langage ». Par langage, il ne faut pas entendre logos ou raisonnement logique au service de la vérité mais simplement l’ensemble des mots – écrits ou parlés – utilisés dans une société. Donc, par « maître du langage », il ne faut pas entendre maître du logos, philosophe amoureux de la vérité et confirmé dans le domaine de la dialectique – définition que, sinon, j’affectionne. Au contraire ici, le maître est le dominateur dans son sens évidemment péjoratif. Le « maître du langage » est le responsable de la parole officielle, des écrits officiels. Il fait donc attention au langage des individus qui doivent se plier à ces derniers. Le « maître du langage » – expression à laquelle je prends donc soin de mettre des guillemets – peut aller du néo-sophiste membre de l’intelligentsia au pur et simple policier de la Pensée correcte.
J’aurais pu parler de contrôle plutôt que de maîtrise (du langage). Le premier mot peut plus fréquemment prendre un sens péjoratif. Or, justement, maîtriser le langage d’autrui, ce n’est pas simplement le comprendre mais c’est le connaître si bien que c’est en être le créateur et le précurseur. C’est pire que le contrôler. Celui qui me contrôle peut se contenter de me surveiller – éventuellement dans l’impermanence. Celui qui me maîtrise est devenu mon maître. Il sait tout sur moi, sans que j’en aie forcément conscience – but éventuellement recherché par le maître afin que sa domination soit moins visible tout en ne perdant rien en intensité. Le maître ne fait pas que contrôler mes faits et gestes, il les anticipe. Dans un sens, il peut se passer de les contrôler – comme il appuierait sur une télécommande pour que je réalise telle ou telle action – tant qu’aucune des conséquences de mes faits et gestes n’échappe à sa conscience. C’est le dompteur et son animal dompté.
Maintenant, l’homme attaché à un sens noble ou artistique, ou simplement scrupuleux, des notions de maître et de langage peut, par conséquent, préférer l’expression « agent de la pensée correcte ». Cet agent, en tant qu’intellectuel, est plutôt du côté de l’action préventive. En tant que responsable ou exécutant de la censure, il est du côté de l’action répressive.

Les dirigeants de la Pensée correcte, ainsi responsables du langage public et vrais patrons des médias, peuvent mettre en avant telle notion plutôt qu’une autre, ostraciser telle ou telle autre. Ce sont, dans un sens, de vrais professionnels de la communication. Cela peut avoir un lien avec la mercatique même si elle concerne, a priori, le monde du commerce. Mais en même temps, elle a évidemment à voir avec la pensée unique. Ses agents ne veulent pas forcément vous interdire de dire telle ou telle chose mais faire en sorte que vous pensiez vraiment autrement pour ensuite aller tout naturellement dans le sens de la pensée correcte. La logique est bien totalitaire. Le langage public sous la domination du « maître du langage » doit faire naître, ou bien disparaître, certaines habitudes verbales dans le langage qu’on retrouve dans les liens privés et intimes. Les mots peuvent même prendre un nouveau sens, éventuellement contraire à l’original. D’où, par exemple dans La ferme des animaux, cette devise donnée aux animaux qui, pour une très grande majorité d’entre eux, s’y plient : « La guerre, c'est la paix. La liberté, c'est l'esclavage. L'ignorance, c'est la force. » Aussi, en allusion à un slogan présent dans le film Oublier Cheyenne (2006), si « le gouvernement nous pisse dessus, les médias nous font croire qu'il pleut ». Anthony Michel, extrait des Cahiers d'un Anarchiste conservateur