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28/03/2015

Une chanson sur El Libertador Simon Bolivar (Inti Illimani)

24/03/2015

Faire la grève contre l'invasion de l'anglais

JPF.jpgQuelle mouche a piqué Michel Serres? Le philosophe français, amoureux du langage et des langues, un des rares penseurs de l’hexagone à ne pas vouer le web aux gémonies, enseignant à Stanford, pique une sacrée colère contre l’invasion de l’anglais. Non, pas contre l’anglais, langue de la communication, mais contre l’anglais utilisé à tout va  dans les publicités. Que dit l’auteur de la petite Poucette dans un entretien accordé ce dimanche à la Dépêche du Midi ?

Qu’il en a «marre que la SNCF nous fasse des “smiles”». Il est tellement énervé, Michel Serres, qu’il veut inviter les Français à faire la grève de la langue de Shakespeare, ou plutôt celle de Ronald McDonald. «Chaque fois qu’une publicité sera en anglais on n’achète pas le produit, chaque fois qu’un film ne sera pas traduit dans le titre, on ne rentrera pas dans la salle de cinéma. On ne rentre pas dans un shop, on entrera dans une boutique. Et dès lors que les publicitaires et les commerçants auront 10 % de moins de chiffre d’affaires, ne vous en faites pas, ils reviendront au Français.»

Ce n’est pas la première fois que Serres s’en prend avec virulence à l’invasion de l’anglais dans le langage de tous les jours, dans des buts purement commerciaux, et qui mettent selon lui en péril la langue française. Serres, qui parle même de danger de mort, avait donné des arguments aux opposants à l’arrivée de l’anglais à l’université, lors du débat qui a agité les intellectuels et les universitaires français au printemps 2013. Interrogé sur France Info fin mars, il avait dit:

«Une langue vivante, c'est une langue qui peut tout dire (…) une langue vivante est un iceberg. [la partie émergée] «est représentée par les mots du langage courant». [Ce qui est important] c'est la partie immergée, c’est à dire tous les langages spécialisés. Et «une langue vivante, c'est la somme de ces langues spécialisées. Il suffit qu'une langue vivante perde un ou deux de ces corpus et elle est virtuellement morte.Enseigner en anglais nous ramènerait, par disparition de ces corpus-là, à un pays colonisé dont la langue ne peut plus tout dire».

Plus politique dans la Dépêche, Serres s’en prend à la «classe dominante [qui] n’a jamais parlé la même langue que le peuple. Autrefois ils parlaient latin et nous, on parlait français. Maintenant la classe dominante parle anglais et le français est devenu la langue des pauvres ; et moi je défends la langue des pauvres. Voilà, c’est pour ça que je demande qu’on fasse la grève».

Et pour qu’on prenne bien conscience du danger, l’académicien relocalise à Toulouse ce qu’il avait déjà dit en 2010 à propos de Paris: «Il y a plus de mots anglais sur les murs de Toulouse qu’il y avait de mots allemands pendant l’occupation.» Comment on traduit Godwin déjà? Slate.fr, 20 octobre 2013

17/03/2015

Retrouvez-moi en conférence à Montpellier

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15/03/2015

La Confiance en l'Esprit, extrait de la partie 9

couv-products-115079.png« Tout le monde […] veut une vie heureuse ; mais, lorsqu’il s’agit de voir clairement ce qui la rend telle, c’est le plein brouillard. Aussi n’est-ce point facile d’atteindre la vie heureuse ; on s’en éloigne d’autant plus qu’on s’y porte avec plus d’ardeur, quand on s’est trompé de chemin ; que celui-ci nous conduise en sens contraire et notre élan même augmente la distance.
« Il faut donc d’abord bien poser ce qui est l’objet de notre désir, puis examiner avec soin comment nous pourrions le plus rapidement nous diriger vers lui ; si la voie est droite, nous nous rendrons compte, pendant le voyage même, des progrès faits chaque jour et de notre approche d’un but vers lequel nous pousse notre désir naturel. Aussi longtemps que nous errons ça et là sans guide, obéissant aux bruits et aux cris discordants des hommes qui nous appellent en des sens opposés, nous usons une vie que nos égarements rendent brève, même si nous travaillons de jour et de nuit à cultiver le bien. » (Sénèque, De la vie heureuse)
Je veux insister, dans ce passage, sur l'idée de « voir clairement » ce qui rend la vie heureuse. Voir clairement, c'est faire preuve de clairvoyance. Chez Socrate, la clairvoyance est la sophia, la connaissance claire et absolue du monde matériel et du monde spirituel. Son résultat est appelé Contentement, c'est le bonheur atteint par la philosophie. Ainsi, je conçois le bonheur comme le résultat de l'Esprit absolu déployé.
Je reprends maintenant les deux autres domaines d'élévation spirituelle débouchant sur l’Esprit absolu. Dans l'art, le bonheur est obtenu par la Création, forcément libératrice, rendue possible déjà par une part de liberté fournissant un potentiel créatif et conquise par le savoir puis le savoir-faire. A travers enfin la moralité, nous développons notre conscience morale puis notre éthique, multiplions alors nos actes altruistes. C’est ainsi que nous cultivons notre bonheur.


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11/03/2015

Hommage en chanson à Hugo Chavez, mort il y a deux ans

08/03/2015

Michel Onfray sur l'école d'aujourd'hui


Michel Onfray : "Aujourd'hui à l'école, on... par franceinter

03/03/2015

Ethique et morale, extrait de L'Anarque

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En latin, éthique donne ethica mais ethica vient lui-même du grec ancien éthiké. A Rome comme à Athènes au temps de leurs empires respectifs, ethica et éthiké signifiaient morale.

Or, aujourd’hui et depuis longtemps – même si des gens continuent de confondre éthique et morale –, les contextes d’utilisation de ces notions diffèrent très souvent. Cette différence provient notamment de leur emploi dans l’histoire de la philosophie. Nous savons en effet que, schématiquement, l’éthique est préférée par les matérialistes, la morale par les idéalistes. Cette préférence s’établit sur une nuance pouvant être formulée de la façon suivante : l’éthique détermine ce qui est bon de faire, la morale ce qui doit être fait pour le Bien. Nous revenons un peu plus loin sur cette nuance. Aussi, une morale n’est pas forcément religieuse. Hormis celle que revendiquerait un philosophe pourtant areligieux, ne parlons-nous pas, par exemple, de morale des droits de l’homme ?

En s’inspirant des différences historiques, nous pouvons dire qu’une morale est un ensemble de règles – obligations, interdictions – à portée universelle et absolue. La vocation de l’éthique n’est pas fondée, pour sa part, sur l’universalité mais sur la relativité. Cette relativité est spatiale, temporelle. Elle permet la définition d’éthiques à l’échelle d’une communauté constituée dans un objectif précis. Cette communauté peut être professionnelle, scientifique, médicale ou purement associative à dimension sociale, caritative, humanitaire. La relativité communautaire – celle se portant sur le nombre de gens qui respectent une éthique en particulier – peut se réduire à un seul individu ; nous pouvons parler d’éthique individuelle. 

L’Anarque, conscient et respectueux de l’Unicité individuelle, pense que nul individu ne peut raisonnablement adhérer totalement à une morale. Le fanatique religieux, par exemple, ignore manifestement son unicité.

Continuons de souligner les nuances entre éthique et morale à partir de celle entre ce qui est bon de faire – du côté éthique – et ce qui doit être fait pour le Bien – du côté moral. Ce qui est bon de faire peut laisser entendre l’idée d’une évidence morale. Or, ce qui est jugé bon de faire sous-entend une réflexion personnelle alors que ce qui doit être fait pour le Bien est jugé ainsi par une autorité extérieure à l’Individu. Parce que la bonté se dote de nuances infinies tandis que la définition du Bien sous-entend celle du Mal et, de là, une nette distinction entre les deux. L’homme ne cherche pas ce qui est bon de faire quand il sait ce qu’il doit faire pour le Bien. En d’autres termes, l’homme obéissant à une morale est épargné du doute de ce qui est bien ou mal. Dans son cas, il semble alors assez simple de passer à l’action. Pourtant, il peut toujours se demander si sa conduite est réellement bonne dans le sens où, coûte que coûte, elle doit répandre le Bien. 

Du côté éthique, il n’y a pas de comptes à rendre devant un quelconque code moral, qui plus est, impersonnel et inconditionnel. L’homme qui cherche à agir bien sans pour autant obéir à une définition précise du Bien, même personnelle, peut, mieux que l’homme plongé dans une morale, relever les spécificités d’une situation. Risque-t-il alors de passer tardivement à l’action ? En fait, son expérience de « la vie réelle » – excluant celle de la divinité ou l’apprentissage des règlements d’une morale – peut l’amener à agir aussi, voire plus, rapidement qu’un homme profondément ancré dans une morale.

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