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29/06/2015

L'enfant et le sport : l'art de la savate (boxe française). 1972

"Il n'y a d'autre voie vers la solidarité sociale que le respect de la dignité humaine.
La boxe française fait partie de ces sports dont les qualités éducatives sont exceptionnelles
et concourent de ce fait à l'épanouissement de la personne humaine comme à son respect."
(Comte Pierre de Baruzy)


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23/06/2015

Le socialisme originel : une boussole pour demain ? Conférence de Louison Chimel

Retrouvez ma conférence donnée à Montpellier le 9 mai 2015 et ayant pour thème : « Le socialisme des origines : une boussole pour demain ? » Merci à l'Université réelle pour son invitation et son accueil.

16/06/2015

L'anarchisme conservateur et l'anarchisme de droite (3/3)

(Extrait de mon prochain livre Anarchiste conservateur, Louison Chimel)
J’ai lu plusieurs aventures des rigolos Pieds nickelés au début de mon adolescence puis Voyage au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand Céline, à dix-sept ans. Les premiers m’ont donné l’image d’une France où il faisait bon vivre, d’une France prospère et insouciante, avec encore ses gendarmes en bicyclette surnommés les hirondelles. Quant à Céline, il a su coucher sur le papier l’humanité dans sa totalité, cette humanité avec ses sentiments généreux et ses bas instincts, ses propensions à l’espoir le plus naïf mais touchant et au désespoir le plus incorrigible. De plus, comme les anarchistes de droite, je me méfie bien des apparences. Je combats leur importance dans les préjugés. Etant donné mon handicap apparent, je ne peux qu’être sensible à ce genre de question. Je peux penser, par ailleurs, que l’habit fait le moine mais quand même pas tout le temps. Nous pouvons bien nous déguiser en moine, non ?
L’humour dans les romans de mon personnage Toni Truand y est sans doute pour quelque chose, certaines personnes m’ont parfois jugé anarchiste de droite, ou de droite tout court, dans le sens où la gauche – du politiquement correct, précisons – n’a pas d’humour car idéologisée et représentée par ses donneurs de leçon professionnels et spécialistes autoproclamés et pédants de la moralité qu’ils coupent en morceaux pour, concrètement, se découper de toute sensibilité spontanée. En même temps, des anarchistes de droite pourront juger, à raison, que la droite, aujourd’hui, n’a pas beaucoup d’humour non plus car plus d’une fois soumise aux procédés culpabilisants de cette précédente gauche. Il faut dire que cette dernière est maîtresse du libéralisme culturel sans quoi le triomphe de l’ultralibéralisme économique – de droite – est impossible. Lapaque nous dit bien : « La droite d'élégance et de fantaisie, la droite anar d'Louison Blondin [s’est] éteinte, victime des profits en Bourse et des taxes sur les alcools. » D’ailleurs, Un singe en hiver est, au départ, un roman de Blondin. Nous pouvons dire que l’anticonformiste anarchiste de droite a, contre lui, la droite affairiste et la gauche moraliste.

Oui, disais-je plus haut, l’anarchiste de droite, malgré son pessimisme sur les qualités humaines, détient, comme tout anarchiste qui se respecte, le sens de la fraternité, de la camaraderie ; en bref, de la communauté. « Prenant l’humanité en bloc pour un extravagant tas de gadoue, j’ai découvert, avec une stupeur dont je me remets lentement, que certains hommes étaient mes frères et parfois mes amis. » (Michel Audiard cité dans le livre de Alain Paucard, La France de Michel Audiard) De plus, l’anarchiste de droite aime, en général, sa patrie. Dans le roman Uranus de Marcel Aymé (auteur considéré anarchiste de droite), un personnage affirme avec justesse : « C'est tout de même une chose qui compte de se sentir en accord avec le sol où on est accroché. » Néanmoins, les parades cocardières ou, plus globalement, toutes formes de rassemblements tricolores ne sont pas appréciés des anarchistes de droite se méfiant énormément de la récupération politique de l’amour pour le pays.
Si un anarchiste de droite est assez solitaire, sa solitude est plus choisie que subie. Comme chez l'Anarque, il cherchera à alterner ses tendances solidaire et solitaire afin de savoir laisser « respirer » les autres et prendre du temps pour lui.
Certains jugeront l’anarchiste de droite « trop de droite » ou bien « trop anarchiste ». Lui, s’autoproclame rarement, voire jamais, anarchiste de droite. Une exception est faite avec Micberth ayant tenté de théoriser l’anarchisme de droite. Mais sinon, l'anarchiste de droite a tendance à être allergique aux étiquettes. Autre point commun avec l’Anarque – il réfute les « -ismes ». Il assume son rejet de la société, comme l’Anarque n’est pas du tout gêné qu’on le mette de côté dans la mesure où cela protège son intégrité. Justement au nom de son intégrité, l'anarchiste de droite n'est pas seulement dans la joute verbale. Il met en pratique ses principes, quitte à prendre des risques avec le pouvoir en place. Les anarchistes de droite forment, dans un sens, une « aristocratie de réprouvés » (François Richard, L'anarchisme de droite dans la littérature contemporaine).

14/06/2015

La nécessité d'écrire nous-mêmes notre Constitution

12/06/2015

L'anarchisme conservateur et l'anarchisme de droite (2/3)

0YhY9LAP0kzGUQBEBYkK8R0btgk.jpg(Extrait de mon prochain livre Anarchiste conservateur, Louison Chimel)
L’attachement de l’anarchiste de droite à une certaine aristocratie peut parfois lui faire regretter le régime monarchique sous lequel on retrouvait une aristocratie officielle avec la noblesse d’épée. Jacques Laurent, l’un des Hussards – mouvement littéraire hétéroclite de droite, opposé à l’existentialisme et aux intellectuels de gauche (dont Jean-Paul Sartre) mais aussi au gaullisme – écrit : « Le pouvoir est méprisable, non parce qu’il est bas en lui-même mais parce qu’il est bas de le vénérer. » Pensée pouvant très bien coller à celle d’un quelconque anarchiste de droite.
(Les citations de ce paragraphe sont tirées de l’entretien de François Richard pour la revue Éléments en 1991). La chose spécialement intéressante chez l’anarchiste de droite, c’est son insistance sur l’effort individuel afin de concilier intégrité et bienveillance – du moins à l’égard de ceux qu’il apprécie et tient pour respectable. Si l’anarchiste de droite joue l’anti-modèle, c’est parce qu’il cherche à faire bouger les lignes, à choquer les mentalités afin de les élever moralement. Le « refus de toute autorité instituée » est « compensé » par une « révolte individuelle au nom de principes aristocratiques ». Il ne s’agit pas d’attendre que des individus prétendument exemplaires nous montrent la voie à prendre mais de la trouver nous-mêmes, d’être nous-mêmes exemplaires. C’est en cela qu’il y a croisement d’une éthique aristocratique avec une éthique anarchiste. Soient « une synthèse entre les aspirations libertaires de l’homme (anarchisme) et son esprit de rigueur (celui d’une droite aristocratique) » ou encore une harmonie « entre le culte de l’exigence et celui de la liberté ».
Ceux qui ont lu mon livre sur L’Anarque remarqueront que, telle que je la conçois, la figure de ce dernier peut faire penser à un anarchiste de droite. Toutefois, la teneur de l’éthique de l'Anarque est plus profondément anarchiste dans le sens où elle ne s’arrête pas notamment à la non-reconnaissance intérieure des hiérarchies mais s’inscrit dans une sensibilité anticapitaliste digne des anarchistes sociétaires (socialistes ou communistes) tandis que l’idéal économique et social de l’anarchiste de droite reste flou.

L’anarchiste de droite est un amoureux de l’ivresse pour diviniser sa destinée. Attention, il n’est pas l’anarchiste chrétien – trop sage, idéaliste et prude par rapport à lui.
L’anarchiste de droite est fraternel, surtout avec les individus du même sexe que lui. Et comme il est très généralement un homme… Les femmes ne trouvent pas souvent leurs places au sein des « confréries » anarcho-droitistes. Elles devront mettre en sourdine leur éventuelle discours égalitaire pour accepter une complémentarité faisant le moins d’ombre possible à la virilité de l’anarchiste de droite, qu’il expose moins par sa force physique que par sa force morale et sa vivacité d’esprit. J’ai, sinon, parlé de « confréries » mais il faut bien mettre des guillemets. Chez les anarchistes de droite, pas de rituel ni de symbolique collective particulière. Ils ne se prennent pas assez au sérieux pour ce genre de choses. Et même, ils moqueront ceux qui en ont. Ivresse oblige, leur fraternité peut, en soirée, reposer sur une consommation partagée d’alcool jouant le rôle de médiateur. D’où les films que j’aime beaucoup : Un singe en hiver et surtout Les Tontons flingueurs. Leurs dialogues sont de l’admirable Michel Audiard. D’ailleurs, selon lui, « les hurluberlus, les mabouls, on ne les trouve qu'à droite. La droite est branque, il ne faut jamais l'oublier ». Tandis qu’à gauche, « c'est du sérieux », poursuit-il dans le livre Audiard par Audiard. Les gens de gauche « ne sont pas très indulgents avec les idées des autres ». D’ailleurs, il nous dit : « C’est la gauche qui me rend de droite. »
Audiard admirable ? Il sait manier la langue de sorte que se rencontrent et se croisent habilement ses meilleurs formulations d’hier et d’aujourd’hui, les génies des langages soutenu et familier (argot des brigands en l’occurrence). En bon anarchiste de droite, Audiard aurait-il favorisé la réconciliation entre « le populo et l'aristo » ? Cette expression est de l’essayiste Sébastien Lapaque que je continue de citer, à travers un article paru dans Marianne en juillet 1999. Il nous dit : « Dans Les Tontons flingueurs, la jactance du café du Commerce fusionne avec la langue du XVIIe siècle. « On ne devrait jamais quitter Montauban », lâche Ventura, qui cause soudain comme La Rochefoucauld. Il n'est d'ailleurs pas anodin que le trio Lautner-Simonin-Audiard ait écrit le scénario au Trianon Palace à Versailles. Gavroche chez le Roi-Soleil ! Une ironie que le jeune cinéma français rasoir et minimaliste d'aujourd'hui est incapable d'assumer : les intellos de gauche n'aiment ni les bistrots ni les châteaux. » Dans ce film, Lino Ventura joue le rôle principal. Georges Lautner en est le réalisateur. Albert Simonin est le célèbre auteur de la trilogie de romans policiers concernant le personnage Max le Menteur : Touchez pas au grisbi, Le cave se rebiffe et, justement, Les Tontons flingueurs, tous trois adaptés au cinéma.

09/06/2015

L'anarchisme conservateur et l'anarchisme de droite (1/3)

images?q=tbn:ANd9GcTs72z_IL-TwdQhmofogCz7NNhMOXVOdgJXSa3WIURUcMt-dN9f0j-89VeGMQ(Extrait de mon prochain livre Anarchiste conservateur, Louison Chimel)
Par rejet de la démocratie, l’anarchisme de droite peut se confondre avec un anarchisme élitiste. Toutefois, les partisans ne se considèrent pas forcément eux-mêmes comme une élite. A vrai dire, s’ils refusent de légitimer l’autorité de leur voisin sur eux, ce n’est pas pour imposer la leur.
Les anarchistes de droite méprisent, en général, la démocratie. Disons qu’ils aiment surtout souligner, avec cynisme et ironie, que nous vivons sous une fausse démocratie malgré tous les procédés psychologiques et intellectuels des responsables politiques, et experts attitrés, destinés à nous faire croire le contraire et à appuyer, par là, la vraie ploutocratie dans laquelle nous évoluons. Je peux donc aisément – et c’est ce que je fais dans ce livre – dénoncer, avec les anarchistes de droite, cette fausse démocratie et l’asservissement associé. Je m’en remets notamment aux critiques émises entre autres par le syndicaliste révolutionnaire Georges Sorel. A la différence, par contre, des anarchistes de droite, je défendrai clairement la vraie démocratie, avec l’ensemble des dispositions communes qui s’en rattache – que ce soit dans le domaine de l’éthique ou dans celui de l’institution. Pour certaines raisons, l’anarchisme de droite, lui, sera pris pour de l’anarchisme individualiste. Anarchistes de droite et individualistes peuvent se retrouver dans le passage suivant : « L’Anarque, conscient de l’absurde – détenu en chaque homme – peut s’amuser à penser, comme Pierre Desproges, que « les aspirations des pauvres ne sont pas très éloignées des réalités des riches ». Louis-Ferdinand Céline, de son côté, écrivit que le prolétaire était un bourgeois qui n’a pas réussi. » (L'Anarque) Cela fait un point commun entre anarque, anarchiste de droite et anarchiste individualiste. Effectivement, s’il est anarchiste de considérer l’unicité individuelle, on ne peut pas affirmer que le degré de bienveillance soit identique d’un prolétaire à un autre ou d’un bourgeois à un autre. Des bourgeois ont même une meilleure conduite que des prolétaires. Sans être convaincu par le propos, j’entends aussi André Malraux qui, dans Les Conquérants, écrit : « Je les préfère [les pauvres], mais uniquement parce qu'ils sont des vaincus. Oui, ils ont, dans l’ensemble, plus de cœur, plus d'humanité que les autres : vertus de vaincus. Mais je sais très bien qu'ils deviendraient abjects, dès que nous aurions triomphé ensemble. »
En revanche, l’anarchiste de droite défend des valeurs traditionnelles, et même aristocratiques – l’auteur Michel-Georges Micberth (1945-2013) disait défendre un « aristocratisme libertaire ». L’anarchiste de droite est un anticonformiste pouvant avoir recours à la Tradition. L’anarchiste individualiste n’est pas forcément lié à la Tradition. Il puise, éventuellement beaucoup, sa philosophie dans le libéralisme promouvant la liberté individuelle.

L’anarchiste conservateur, tel George Orwell, affirme qu’on est à même de retrouver des valeurs traditionnelles parmi les gens ordinaires. S’il s’arrêtait à cela, nous pourrions le comparer à un anarchiste de droite. Or, il précise que la common decency – cette décence des gens ordinaires, découlant de leur conservation d’un sens du passé et du langage, du partage et de l’entraide – constitue un socle de valeurs pour l’avènement d’un socialisme populaire. Les anarchistes de droite, de par leurs postures inégalitaires issues de leur « aristocratisme », n’insisteront pas, eux, sur cette common decency. Par ailleurs, ils ne parleront jamais en bien d’une quelconque forme de socialisme.
L'anarchiste conservateur et l'anarchiste de droite souhaiteront parfois conserver la même chose. En revanche, le premier peut valider certaines analyses marxistes et considérer les inspirations bienveillantes d'un Maximilien Robespierre. Le second conchie notamment l’héritage des Lumières et les pensées jacobines et marxistes. L’écrivain François Richard, collaborateur de Micberth ayant publié plusieurs ouvrages sur l’anarchisme de droite, écrit : « La caractéristique de tous [les anarchistes de droite] que leur forte individualité sépare et rend parfois hostiles les uns aux autres, c'est le refus des mots creux, des abstractions grotesques imposées comme valeurs suprêmes du Progrès à majuscule et d'une république considérée par Léon Bloy comme « le droit divin de la médiocrité absolue. » (L'anarchisme de droite dans la littérature contemporaine).
L’autocritique de l’anarchiste conservateur devient, chez l’anarchiste de droite, autodérision. Orwell, dans Le Quai de Wigan, écrit : « Je suis un semi-intellectuel décadent du monde moderne, et j’en mourrais si je n’avais pas mon thé du matin et mon « New statesman » du vendredi. Manifestement je n’ai pas envie de revenir à un mode de vie plus simple, plus dur, plus fruste et probablement fondé sur le travail de la terre.... Mais en un autre sens, plus fondamental, j’ai envie de tout cela et peut-être aussi en même temps d’une civilisation où le « progrès » ne se définirait pas par la création d’un monde douillet à l’usage des petits hommes grassouillets. » Où situer l’auteur anglais avec ce propos-là ? Entre les deux précédentes postures ? Car je doute qu’un anarchiste de droite se voie tel « un semi-intellectuel décadent du monde moderne ». En tous les cas, j’apprécie cette citation, soulignant l’imperfection de tout être humain, reconnaissant ses limites psychologiques qui ne lui permettent pas toujours de mettre en accord ses actes avec ses idées (mais une forme d’humilité se dégage de cet aveu).
Le droitisme de l’anarchiste de droite – qui a tendance à avoir une bonne estime de lui – ne doit pas être comparé avec une inclination à la bourgeoisie qu’il déteste, même si, à cause de son attitude éventuellement hautaine, nous risquons de le prendre pour un bourgeois. La noblesse est morte. Les snobs, par définition, veulent les singer. Les anarchistes de droite désirent être les nouveaux nobles, mais d’abord pour eux-mêmes. Il ne s’agit pas d’imposer quoi que ce soit auprès du peuple, au risque sinon de passer pour les snobs qu’ils méprisent ardemment.

07/06/2015

La cithare du bonheur (conte soufi)

photogal_155T1.jpgC'était un homme droit et sincère qui cherchait le chemin du bonheur, qui cherchait le chemin de la vérité. Il alla un jour trouver un vénérable maître soufi dont on lui avait assuré qu'il pourrait les lui indiquer. Celui-ci l'accueillit aimablement devant sa tente et, après lui avoir servi le thé à la menthe, lui révéla l'itinéraire tant attendu : « C'est loin d'ici, certes, mais tu ne peux te tromper : au coeur du village que je t'ai décrit, tu trouveras trois échoppes. Là te sera révélé le secret du bonheur et de la vérité. »

La route fut longue. Le chercheur d'absolu passa maints cols et rivières. Jusqu'à ce qu'il arrive en vue du village dont son cœur lui dit très fort : « C'est là le lieu ! Oui, c'est là ! » Hélas ! Dans chacune des trois boutiques il ne trouva comme marchandises que rouleaux de fils de fer dans l'une, morceaux de bois dans l'autre et pièces éparses de métal dans le troisième. Las et découragé, il sortit du village pour trouver quelque repos dans une clairière voisine.

La nuit venait de tomber. La lune remplissait la clairière d'une douce lumière. Lorsque tout à coup se fit entendre une mélodie sublime. De quel instrument provenait-elle donc ? Il se dressa tout net et avança en direction du musicien. Lorsque, stupéfaction, il découvrit que l'instrument céleste était une cithare faite de morceaux de bois, des pièces de métal et des fils d'acier qu'il venait de voir en vente dans les trois échoppes du village.

A cet instant, il connut l'éveil. Et il comprit que le bonheur est fait de la synthèse de tout ce qui nous est déjà donné, mais que notre tâche d'hommes intérieurs est d'assembler tous ces éléments dans l'harmonie.

02/06/2015

La Confiance en l'Esprit, extrait de la partie 5

couv-products-115079.pngParfois je parle de la vertu ou bien des vertus. La vertu, dite ainsi, concerne l'ensemble des vertus. Acquérir ainsi de la vertu, c'est développer au moins l'une des qualités jugées vertus, selon bien sûr qu'on adhère ou non à l'idée que tel sentiment, telle conduite, est vertueux/vertueuse.
A noter que, dans la partie 7, j'aborde ce que sont appelées les vertus cardinales. Mais il existe aussi les vertus :
– théologales (foi, espérance, charité) dépendant bien sûr de la croyance en Dieu ;
– morales dans lesquelles on retrouve la charité mais aussi la chasteté ;
– intellectuelles, articulées autour de l'union de la science et de la sagesse, ou permettant l'exercice artistique.
Ensuite, libre à chacun de considérer que telle ou telle posture ou pratique relève de la vertu. Me concernant, nous devinons celles qui me sont chères en fonction de celles que je mets régulièrement en avant dans mes livres.
Quant à Jean-Jacques Rousseau – puisque cette note est initialement reliée à un passage sur ses idées –, il nous dit joliment : « Il n'y a point de vertu sans force, et le chemin du vice est la lâcheté. » Pas de vertu, donc, sans Force de l’Esprit. C’est dans Discours sur la vertu du héros qu’on trouve cette citation. Justement, le philosophe genevois associe la vertu au courage du héros. C’est, comme je le rappelle dans la partie 7, l’andreia grecque. Car c’est dans les « occasions difficiles » qu’on peut se surpasser, que la force peut se transformer en courage. Du coup, pour le Suisse, la vertu est le courage d’accomplir son devoir en ces occasions.
On pourrait a priori associer la vertu à la bonté. Mais la première est plus profonde dans le sens où c’est la volonté de lutter contre ses limites, ses défauts dont l’égoïsme. Il peut sembler logique que le premier de nos devoirs est de mener cette précédente lutte, dans le but, ensuite, de bien servir, aussi bien soi-même qu’autrui.
Enfin, j’aime dire – et Rousseau aurait sans doute aimé cette pensée – que les vrais forts sont les vrais sensibles et les tyrans de vrais faibles.


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