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10/04/2016

Le Mal est quantitatif, le Bien est qualitatif (1/2)

bien-et-mal.jpg?fx=r_550_550Si je peux souvent me retrouver dans le pessimiste en joie décrit dans cette partie, il y a des sorties optimistes qui me touchent pour la simple et bonne raison que, par esprit de révolte, nous voulons, par exemple, croire que nos valeurs l’emportent sur le terrain politique. J’ai plusieurs fois, dans ce livre mais aussi dans d’autres – comme mon premier essai philosophique Résigné et Révolté –, expliqué la nécessité de la révolte.Dans son combat contre l’emprise de l’Empire nord-américain sur son pays, le chef d’Etat vénézuélien Nicolas Maduro affirme ainsi son espérance dans son discours du 9 mars 2015 : « Ce qui doit triompher triomphera. » J’ai beaucoup aimé cette expression. Le triomphe, dans le Tarot de Marseille, est symbolisé par la lame du Chariot. Soit le guerrier triomphant sur son char. Il est parvenu à dompter la matière et reconnaît le rôle suprême de la morale – comme synthèse de toutes les éthiques et de tous les sentiments de justice – dans la gestion des affaires publiques. « Jamais l'amour du bien ne s'allumera dans les cœurs à travers toute la population, comme il est nécessaire au salut du pays, tant qu'on croira que dans n'importe quel domaine la grandeur peut être l'effet d'autre chose que du bien. » (Simone Weil, L’Enracinement)

Qu’elle se calque sur un enseignement religieux ou non, nous avons tous une vision du Bien et du Mal. Dans tous les cas, le verbe « devoir » prend tout son sens dans le Bien. Devoir faire le mal sonne faux. Ce qui, donc, doit forcément triompher est le Bien et non le Mal. Et parce que c’est le Bien, il triomphera tôt ou tard. Car la qualité supérieure du Bien l’emporte sur une quantité même importante de Mal. Par l’attirance pour la qualité, nous saurons trouver des armes adéquates face au Mal, même extrêmement conquérant.Le Mal est sans qualité. Sauf, évidemment, pour ceux qui le défendent. Mais alors qualité est seulement efficacité. De surcroît, nous disons souvent qu’un défaut est l’excès d’une qualité. Le Mal est donc quantitatif.

Le Mal, c’est l’ensemble des formes d’impérialismes piétinant la dignité d’autrui, les armes de destruction massive utilisées par l’Empire nord-américain pour ravir les ultras riches et oisifs de ce Monde, la programmation « très réfléchie » des multiples déportations et assassinats par les régimes soviétiques et nazis du siècle dernier. Le Mal, c’est l’exploitation en masses – enfants y compris dans certaines zones du Monde – et le sous-prolétariat généralisé sous tutelle oligarchique, l’industrialisation agro-alimentaire et banalisée de l’abattage des animaux. C’est la société occidentale de surconsommation, l’hyperpollution de l’air et des mers par des phénomènes inédits d’urbanisation et d’industrialisation, l’abrutissement collectif par la minutieuse répétition médiatique de certaines idées entraînant peurs et divisions au sein des peuples, le déni total d’un sens des limites en cherchant, par exemple, à légaliser la pédophilie. C’est le mensonge et la manipulation servant à couvrir l’ignominie de nos élites illégitimes se tenant par la barbiche, l’accumulation et la concentration des pouvoirs, des richesses et des biens au sein de ces élites se passant de rendre des comptes à qui que ce soit.Le Mal, c’est la tentation. Pour que nous soyons tentés, le Mal (le malin) peut prendre de belles allures – c’est-à-dire charmantes et séductrices. Seulement, je peux juger qu’il arrive un jour où toute imposture est dévoilée.La tentation sous-entend, dans le monde matériel, l’attirance vers « le bas » c’est-à-dire vers une mauvaise pensée, parole, action. Tirant sur la corde de la dimension matérialiste de l’homme, le Mal est bien quantitatif encore une fois. Il prendra des apparences du Beau mais restera laid. Il ne peut pas être le Beau réellement puisqu’il n’est pas la qualité.Par ailleurs, nous associons naturellement l’idée du Beau à l’esthétique. A l’éthique tout court, est associée l’idée du Bon. Je peux juger que le Bien est la synthèse du Beau et du Bon.

Anthony Michel, extrait de Anarchiste conservateur

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