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24/08/2015

La vie est un combat

george-foreman-quotes-4.jpgOui, pour moi, la vie est un combat. C’est le premier mot qui me vient à l’esprit pour la qualifier. J'aurai su ce que c'est d'être perçu comme spécialement différent sur le plan physique. J’aurai connu la différence au-delà, en raison des conséquences de cette perception sur ma psychologie. J’aurai relevé l'hypocrisie des autres, spécifique à leur approche vis-à-vis de mon handicap physique, à leur appréhension – non démunie d’a priori parfois dévalorisants – par rapport à ce que je peux faire ou ne pas faire. J'ai l'impression d'avoir connu une réalité déformée – ou, pour être plus exact, d’avoir vu la vie à travers un prisme déformé qui, en dernière instance, m’a éclairé sur la vérité. Quelle vérité ? Celle relative à la conscience des éléments essentiels et simples qui constituent le bonheur.
J'aurai cherché à être malin pour savoir faire entendre mon point de vue ou, tout bonnement, me faire respecter malgré des dispositions physiques ne permettant pas de m'imposer facilement.
J'aurai appris la patience et la résignation, face à la douleur entre autres et ce qui m’est fondamentalement impossible de faire. J'aurai appris à prendre soin de moi, même si cela m'a pris du temps que j'aurais voulu utiliser pour les autres.
La vie a cela en commun avec la boxe qu’elle se règle sur un combat ; un combat que nous n’avons pas choisi dans le premier cas ; un combat durant lequel, dans les deux cas, nous cherchons avant tout à survivre et à prendre le moins de coups possibles. J’admire les grands boxeurs car le combat est un moment de vérité, durant lequel nous ne pouvons nous défiler, nous devons résister et, de préférence, nous devons rendre des coups pour nous assurer de rester debout. La vie, ici bas, c’est ce moment de vérité terrestre, qui, un jour, a nécessairement une fin. A cet instant-là, un petit panel de questions sera posé. Combien de fois es-tu tombé au sol ? Combien de temps y es-tu resté ? T’es-tu battu dans l’honneur ? Que pense le public de ta prestation ? Que penses-tu de ta prestation ? Mes dieux feront les comptes. Ils ne seront pas « gentils ». Ils seront fermes mais justes. Pour survivre, il faut, à ma place, détenir un tempérament de boxeur, de chevalier, de guerrier. Ce n’est pas une question de prétention mais d’obligation. C’est donc forcément une confrérie d’esprits bien trempés, mais non démunie de noblesse, qui m’attend… Louison Chimel (texte retrouvable dans son prochain ouvrage : Anarchiste conservateur)

18/08/2015

Le principe fédératif proudhonien opposé à l'actuel fédéralisme européen

cloud-us-eu-flagd540.jpg?epbox(Extrait de mon prochain livre : Anarchiste conservateur)
« Le fédéralisme régional […] ce serait encore une organisation politique de haut en bas. L’organisation vraiment populaire commence au contraire par un fait d’en bas, par l’association et par la commune. Organisant ainsi de bas en haut, le fédéralisme devient alors l’institution politique du socialisme, l’organisation libre et spontanée de la vie populaire. » (Mikhaïl Bakounine, Circulaire à mes amis d’Italie)
Je trouve plus logique de parler de confédéralisme plutôt que de fédéralisme pour préciser la nature du principe fédératif proudhonien (et bakouninien). Ou bien il faut toujours insister sur le fait qu’il est question d’un fédéralisme fortement décentralisé.
Par exemple, dans l’extrait suivant tiré du Principe fédératif, Pierre-Joseph Proudhon utilise lui-même l’adjectif « confédéré » lorsqu’il explique que les pouvoirs de l’autorité centrale doivent être réduits « à un simple rôle d’initiative générale, de garantie mutuelle et de surveillance, dont les décrets ne reçoivent leur exécution que sur le visa des gouvernements confédérés et par des agents à leurs ordres ».
Pour le philosophe franc-comtois, plus la structure géopolitique est grande (une nation est plus grande qu’une région) plus son pouvoir doit être limité. D’ailleurs, au niveau européen, il parlait lui-même de confédération. L’Europe doit être, pour lui, confédérale. Elle doit certes posséder un budget, une cour de justice, un marché commun (libre-échange mais taxe de compensation, liberté de résidence et de circulation) mais son organisation ne peut que reposer sur la volonté des peuples en faisant remonter et respecter leur choix par la démocratie directe d’abord dans leurs communes et cantons. De ce fait, l’Europe confédérale peut paraître difficile à construire. Mais au moins, cette Europe-là, si elle doit exister un jour, sera réellement démocratique.
Une nation, par rapport à un continent, est fédération. Mais elle est, par rapport à ses provinces (ou régions), une confédération bien qu’elle reste, pour les citoyens, fédération par rapport au continent car son pouvoir est plus important. Dans l’Europe actuelle, les choses sont totalement inversées : le pouvoir européen est plus important que ceux des nations qui, à leur tour, sont plus importants que ceux de leurs régions – quoique, à ce niveau-là, il faut voir au cas par cas, l’Allemagne est par exemple un pays fort décentralisé. Par conséquent, nous pouvons tout à fait, par proudhonisme, dénoncer les institutions européennes et défendre contre elles les souverainetés nationales et, en même temps, vouloir un pouvoir beaucoup plus important au niveau régional, départemental, cantonal et communal. C’est le pouvoir d’une structure géographiquement plus petite qui doit appuyer les décisions de la structure qui, toujours géographiquement, se place juste au-dessus d’elle. La délégation du pouvoir se fait de bas en haut et non de haut en bas. En conséquence de quoi le pouvoir, pour sa plus grande partie, reste en bas. La souveraineté européenne doit être le pur reflet des souverainetés populaires donc des démocraties nationales. Icelle doit être le pur reflet des démocraties régionales, etc.
Proudhon nous dit encore : « Dans la fédération, le principe d’autorité étant subalternisé, la liberté prépondérante, l’ordre politique est une hiérarchie renversée dans laquelle la plus grande part de conseil, d’action, de richesse et de puissance reste aux mains de la multitude confédérée, sans pouvoir jamais passer à celles d’une autorité centrale. » Le but est que soit opérée subsidiarité maximale ; autrement dit que le plus grand nombre de problématiques politiques et sociales soit géré à l’entité collective la plus proche possible du citoyen. En effet, il s’agit de donner un pouvoir inédit aux plus petites structures sociopolitiques. Proudhon a, ceci dit, bien conscience d’un « dualisme » qui se formerait entre une « loi d’unité » et une « loi de divergence ». Pourtant, il croit qu’à travers lui se situe un équilibre afin que tout citoyen « empile » consciences sociale, locale, nationale et européenne. Louison Chimel

12/08/2015

La Confiance en l'Esprit, extrait de la partie 7

couv-products-115079.pngLa Force est, pour Platon, l'une des quatre vertus cardinales, avec la Prudence, la Tempérance et la Justice. C'est ce que nous expliquons dans cette partie.
La Tempérance, condition des trois autres vertus, est, en grec, la sophrosyne. Elle désigne la Modération dont l'essence est la Modestie. L'idée est la suivante : la Modestie entraîne la Modération. Mettre de l'eau dans son vin image bien la Modération par la Modestie. La Modération, ou la Tempérance, entraîne ensuite et pour sa part le triomphe du mental sur la matière. En découle l'harmonie entre l'intellect et l'esprit – puisque le mental est la passerelle entre les deux – donc une bonne santé psychique et morale avec le souci de la santé physique.
La Force, ou andreia, c'est le courage digne des héros. D’ailleurs, Georg Hegel les considère comme de très bons exemples de l'Esprit absolu. Ce qui fait le lien avec la Force spirituelle, qui déploie ce dernier, et donc la Force comme vertu cardinale. Puisque, par définition, un héros est moral, la Force est encore la noblesse du combat pour le Bien. Cette noblesse se situe dans le dépassement de nos limites morales afin d’œuvrer dans le bon sens – c'est-à-dire pour le bien d'autrui – ou défendre notre conception de la justice (autrement dit, notre éthique). La Force subsiste naturellement par la constance de l’œuvre pour le Bien demandant une maîtrise de son mental (d'où la sophrosyne).
La Prudence est la phronesis c'est-à-dire la sagesse pratique aristotélicienne. Elle repose sur un discernement moral – donc sur le pouvoir de la moralité – faisant choisir les moyens adéquats afin de réaliser le Bien.
La Justice, ou dikaiosyne, est la volonté morale de remettre à chacun ce qu'il mérite. Remarquons que si Platon s'arrête à ceci concernant la définition de cette vertu, Aristote la voit aussi comme l'accomplissement moral d'un individu par son respect des lois afin que subsiste la paix civile.


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