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25/07/2014

Suffit-il d'avoir le choix pour être libre ? (bac philo 2014, série ES)

couv-products-99349.pngUn élément de réponse dans L'Anarque :

L’Intégrité de l’Anarque peut passer pour de la neutralité. Au moins politique. Car philosophiquement et socialement, elle est toujours le résultat d’une visée éthique. En même temps, en opposition à Freud jugeant que l’homme n’est pas a priori social sans contrôle de ses pulsions, si l’on pense que tout homme est forcément ce qu’Aristote appelait un animal politique – autrement dit, un être social par nature –, il ne peut pas être apolitique ou plutôt politiquement neutre. En effet, tout homme est politique – ou un être social au sens large – car il ne peut échapper à un conditionnement social et sociétal. En d’autres termes, en s’inspirant toujours d’Aristote, on peut dire qu’un homme est nécessairement déterminé tel un individu de la Cité issu d’une certaine classe sociale. Les marxistes disent que tout point de vue est déterminé notamment par l’origine sociale donc il est, par essence, politique. Un point de vue est relatif à un choix, et l’homme a toujours des multiples choix à faire au cours de sa vie. Même si chaque instant où l’homme est invité à faire un choix est prédéterminé ou bien dépend faiblement de sa volonté individuelle. Et encore, invité ne veut pas dire obligé. Le libre choix serait absolu dès que l’homme choisit l’instant où il désire choisir. Puisque l’homme ne peut jamais échapper totalement à tout conditionnement et donc à tout déterminisme (un choix à faire ne naît pas sans aucune raison), tâchons au moins de concevoir déjà la Liberté réelle au niveau du libre choix effectué à un instant pourtant non choisi par l’Individu.

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20/07/2014

Nouvelle page Facebook consacrée à mes livres

Découvrez une nouvelle page Facebook,
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A bientôt ! Anthony

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15/07/2014

L'absurde et l'anarchie : les deux faces d'une même pièce

couv-products-99349.pngPour l’Anarque, l’absurde et l’Anarchie sont universelles et résident en tout hom-me. Elles sont les deux côtés d’une même pièce.
L’Anarchie fait face à l’absurde. La tranche et la matière de la pièce sont respectivement l’existence et l’essence humaine. Comme les deux faces se rencontrent sur la tranche de la pièce, l’Anarchie rencontre infiniment l’absurde dans les contours de l’Essence. A l’intérieur de la pièce, la frontière entre absurde et anarchie est imperceptible et n’est pas précisément délimitable. Absurde et anarchie se livrent un bras de fer incessant. Jamais la couleur d’un côté de la pièce percera son autre côté et le recouvrira. Ce qui forme à la fois une résignation universelle – l’absurde sera toujours – et une espérance – l’Anar-chie lui fera toujours affront.
A considérer l’Anarchie luttant à armes égales contre l’absurde étant donnée l’égalité des surfaces des deux côtés de la pièce, cette métaphore relève d’un certain optimisme. Cela s’accorde bien avec la révolte de l’Anarque. Toutefois, le sort de l’humanité – à travers son histoire et ses guerres, de sa piètre condition pour encore une très grande majorité de ses membres – démentit l’équitable distribution des armes en question.

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10/07/2014

La mort, c'est quoi ?

"La mort n'est rien : je suis seulement passé dans la pièce à côté." (Charles Péguy)

07/07/2014

Le changement individuel de mentalité : origine du changement politique

couv-products-99349.pngLe changement individuel de mentalité est l’origine d’un réel changement politique. Réel donc nécessairement collectif.
Une vérité commune est déterminée à partir d’une synthèse de vérités individuelles. C’est le propre de la philosophie, qui, en plus, respecte l’idée qu’aucune vérité individuelle n’est plus crédible qu’une autre. Idem à l’échelle politique, hormis que la vérité soit remplacée par l’intérêt. Ensuite, le courage de la dissidence et le pouvoir de rassembler sont incontournables afin de réaliser ce changement politique.
D’un point de vue anarchiste, il n’y a libération collective que si elle est créatrice de l’anarchie politique. Donc par analogie avec le raisonnement du paragraphe précédent, le changement collectif n’est libérateur qu’à partir de l’addition de pensées philosophiques ou politiques libertaires, le courage de la dissidence de leurs propriétaires et le pouvoir qu’ils ont de rassembler.
L’Idéal est l’objet de l’unicité transcendante de l’Individu. Ce qui fait qu’il n’est jamais totalement identique d’un individu à l’autre. Les hommes se liguent pour un intérêt plutôt que pour un idéal même si, justement, ils nomment souvent cet intérêt un idéal, en croyant qu’ils ont strictement le même idéal.

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05/07/2014

La Dauche c’est la Groite, par Jean-Claude Michéa (3/3)

La force d’un système social auto-contestataire

Autrement dit, le capitalisme est par définition un système social auto-contestataire et la dissolution permanente de toutes les conditions existantes constitue son impératif catégorique véritable. En persistant à se définir purement et simplement comme le « parti du changement » et l’ensemble des « Forces de Progrès », la Gauche moderne – c’est-à-dire celle qui n’avait même plus l’excuse d’affronter pratiquement les puissances traditionnelles de l’Ancien Régime ( puissances éliminées, pour l’essentiel, par les deux guerres mondiales ) – se trouvait donc à peu près condamnée à refermer définitivement le piège historique sur les travailleurs et les simples gens. Dans cette perspective, triste mais mo-derne, la référence « socialiste » ne pouvait devenir qu’un autre nom du développement à l’infini du nouvel ordre industriel et, d’une façon générale, de l’approbation pré-critique de la modernisation intégrale et illimitée du monde ( mondialisation des échanges, tyrannie des marchés fi-nanciers, urbanisation délirante, révolution permanente des technologies de la sur-communication, etc. ). On ne doit donc pas s’étonner si la peur pathétique d’apparaître « dé-passé » par quoi que ce soit, peur qui tient lieu de pensée, de nos jours, chez la plupart des intellectuels de Gauche, n’ait finalement trouvé à s’accomplir que dans les noces actuelles de l’Avenir radieux et du Cybermonde ; ainsi que dans leur inévitable complément spirituel, cet esprit  « libéral-libertaire » qui sévit à présent sans réplique dans l’univers mensonger du showbiz et des médias.
C’est une époque assez curieuse que celle où les banalités de base sont tenues pour des paradoxes. Pourtant si, tout au long du siècle, les ambitions historiques de la Gauche ( et plus encore de l’Extrême-Gauche ) ont pu si facilement être retournées contre les peuples, si le « progressisme » et la « modernisation » apparaissent de plus en plus nettement comme la simple vérité idéalisée du Capital c’est bien le signe que l’adoption déculpabilisée d’un certain degré de conservatisme critique définit désormais l’un des fondements indispensables de toute critique radicale de la modernité capitaliste et des formes de vie synthétique qu’elle prétend nous imposer. Tel était, en tout cas, le message d’Orwell. À nous de rendre à son idée d’un  « anarchisme tory » la place philosophique qui lui revient dans les différents combats de la nouvelle Résistance.

Jean-Claude Michéa - immediatement.com

01/07/2014

La Dauche c’est la Groite, par Jean-Claude Michéa (2/3)

Une révolte aliénée

Si Winston Smith, fonctionnaire compétent et efficace du « Ministère de la vérité », conserve une parcelle d’humanité ( et c’est naturellement ce point qui l’apparente aux prolétaires ) c’est donc d’abord dans la mesure où toutes les formes du passé le fascinent. Cette fascination, bien sûr, le perdra puisque M. Char-rington, le gérant du magasin d’antiquités, se révélera appartenir à la     « Police de la Pensée ». Elle demeure néanmoins, tout au long du roman, la véritable clé psychologique de sa révolte contre le Parti, et cela bien avant que la rencontre amoureuse de Julia ne donne à son désir de résistance un socle plus généreux. À l’inverse, l’effort de destruction mé-thodique de tout le passé est, comme on le sait, l’axe autour duquel la politique de « l’Angsoc » s’ordonne intégralement. Cela signifie, par conséquent, que la révolte de Winston Smith, si aliénée soit-elle2, est d’abord, dans son principe, une ré-volte conservatrice ; et que, faute de s’appuyer consciemment sur les as-pects positifs du passé, les combats livrés contre la servitude moderne sont nécessairement promis à un échec radical et définitif.
Il y a là cependant un problème réel : on sait que dans le novlangue moderne – c’est-à-dire dans cette manière de parler destinée à rendre impossible l’apparition de toute pensée « politiquement incorrecte », « conservatisme » est le « mot-couverture » ( blanket-word ) qui désigne le « crime de pensée » par excellence : celui qui scelle notre com-plicité avec toutes ces incarnations du mal politique que sont l’« Ar-chaïsme », la « Droite », « l’Ordre établi » ou « la société d’intolérance et d’exclusion ». Comme cette incro-yable mystification est située au cœur même du capitalisme moderne ( et en constitue la ligne de défense principale ), il est absolument nécessaire d’en questionner brièvement les postulats fondamentaux, ne serait-ce que pour mesurer l’extraordinaire courage intellectuel qu’il fallut à Orwell pour réhabiliter, même par jeu, un mot que la Gauche bien pensante ( à supposer qu’il y en ait désormais une autre ) avait si puissamment diabolisée.

Le piège philosophique de la gauche

La distinction des Whigs et des Tories s’est imposée en Angleterre, à partir du XVIIIe siècle, pour opposer le « Parti du Mouvement » et celui de la « Conservation ». Il s’agissait alors, par ces termes, de désigner, d’un côté, le parti du capitalisme libéral, favorable à l’économie de marché, au développement de l’individualisme calculateur et à l’ensemble des réformes morales correspondantes ; de l’autre celui des tenants de l’An-cien régime, c’est-à-dire d’un ordre social, à la fois communautaire et strictement hiérarchisé. On remarque aussitôt dans quel piège philosophique la « Gauche » ne pouvait man-quer de s’enfermer, dès lors qu’assimilant, une fois pour toutes, le con-servatisme à la « Droite », elle s’exposait à reprendre à son compte une grande partie des mythes fondateurs du progressisme whig. Or, si nous entendons par « socialisme » le projet, formulé au XIXe siècle, d’un dépassement des contradictions in-ternes du capitalisme libéral, il est évident que le travail de réinscription du socialisme dans les thématiques de la Gauche progressiste ( travail qui, en France, fut l’œuvre de l’af-faire Dreyfus )5 ne pouvait aller sans problèmes. Dans la pratique, en effet, cela conduisait à peu près nécessairement à désigner comme « socialistes » ou « progressistes » l’ensemble supposé cohérent des différents mouvements de modernisation qui, depuis le début du XIXe siècle, sapaient de tous les côtés l’ordre effectivement établi. Ceci revient à oublier, comme Arno Mayer l’a bien mis en évidence6, que la base écono-mique et sociale de cet ordre était encore, jusqu’en 1914, essentiellement agraire et aristocratique. Dans ces conditions l’appel de la Gauche à innover sur tous les fronts de l’ordre humain, et à rompre radicalement avec la moindre trace de mentalité « archaïque » ou « conservatrice » avait un mal croissant à se distinguer des autres exigences culturelles du système capitaliste. Celui-ci, en effet, a peu à voir avec la tyrannie de l’Église, de la Noblesse ou de l’État-Major. Dans sa réalité, il est lié à un type de civilisation qui est tout ce qu’on voudra sauf conservateur, comme Marx, avant J. Schumpeter et D. Bell, l’avait du reste parfaitement mis en lumière :
« La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les rapports de production, c’est-à-dire l’ensemble des rapports sociaux. Le maintien sans changement de l’ancien mode de production était au contraire pour toutes les classes industrielles antérieures, la condition première de leur existence. Ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelles distinguent l’époque bourgeoise de toutes les précédentes. Tous les rapports sociaux figés et couverts de rouille, avec leur cortège de conceptions et d’idées antiques et vénérables se dissolvent : ceux qui les remplacent vieillissent avant d’avoir pu s’ossifier. Tout ce qui avait solidité et permanence s’en va en fumée, tout ce qui était sacré est profané» (Manifeste communiste, chapitre 1).

Jean-Claude Michéa - immediatement.com