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29/01/2014

Des nouvelles de ma pomme !

Hé bien sachez que ma pomme va bien !
Plus sérieusement, salut à tous !

Je vous donne un peu de mes nouvelles littéraires ! Très prochainement, je vous transmets les trois vidéos (il y a du son mais pas d'image en vérité) sur mon dossier sur Jean-Jacques Rousseau nommé Rousseau contre les Lumières. La totalité de mon dossier partagé à l'oral dure une heure trente. Le texte du dossier sera partagé ensuite pour ceux qui préfèrent la lecture.
Dans le département du Rhône, quelques séances de dédicaces, sinon, doivent être organisées cette année concernant l'ensemble de mes ouvrages. Je vous détaillerai les infos là-dessus une autre fois.
Je rappelle que tous mes livres sont en vente auprès de moi (contact par Facebook) ou bien sur ce site et plus exactement sur cette page : TheBookEdition : les livres d'Anthony Michel
Mon ouvrage phare est naturellement le dernier : L'Anarque (et non pas l'arnaque, hein). 321 pages. C'est mon second essai philosophique après celui, bien plus mince, appelé Résigné et Révolté, sorti en 2012.
Je prépare deux nouveaux ouvrages philosophiques dont le premier sera assez ésotérique (La Confiance en l'Esprit) et partagé totalement gratuitement sur la toile à partir de cet été, au pire à la fin d'année, et le second à la fois plus politique et aussi spécialement autobiographique (Anarchiste conservateur). Mais sa sortie n'est vraiment pas pour tout de suite.
Retrouvez-moi sinon sur Facebook, sur la page de L'Anarque ou ma page personnelle. J'aime beaucoup m'entretenir. La philosophie, c'est notamment le partage.
Merci de votre fidélité céans et bienvenue aux nouveaux visiteurs ! Anthony Michel

27/01/2014

La gauche est une salle d'attente pour le fascisme. Léo Ferré

24/01/2014

La nécessité du sens du passé (2/2)

Si Winston Smith, fonctionnaire compétent et efficace du " Ministère de la vérité ", conserve une parcelle d'humanité ( et c'est naturellement ce point qui l'apparente aux prolétaires) c'est d'abord dans la mesure où toutes les formes du passé le fascinent. Cette fascination, bien sûr, le perdra puisque M. Charrington, le gérant du magasin d'antiquités, se révèlera appartenir à la " Police de la Pensée ". Elle demeure néanmoins, tout au long du roman, la véritable clé psychologique de sa révolte contre le Parti, et cela bien avant que la rencontre amoureuse de Julia ne donne à son désir de résistance un socle plus généreux. A l'inverse, l'effort de destruction méthodique de tout le passé est, comme on le sait, l'axe autour duquel la politique de " l'Angsoc " s'ordonne intégralement. Cela signifie, par conséquent, que la révolte de Winston Smith, si aliénée soit-elle, est d'abord, dans son principe, une révolte conservatrice ; et que, faute de s'appuyer consciemment sur les aspects positifs du passé, les combats livrés contre la servitude moderne sont nécessairement promis à un échec radical et définitif.

Il y a cependant un problème réel : on sait que dans le novlangue moderne - c'est-à-dire cette manière de parler destinée à rendre impossible l'apparition de toute pensée " politiquement incorrecte ", " conservatisme " est le " mot-couverture " (blanket-word) qui désigne le " crime de pensée " par excellence : celui qui scelle notre complicité avec toutes les incarnations du mal politique que sont l' " Archaïsme ", la " Droite ", " l'Ordre établi " ou " la société d'intolérance et d'exclusion ". Comme cette incroyable mystification est située au cœur même du capitalisme moderne ( et en constitue la ligne de défense principale) il est absolument nécessaire d'en questionner brièvement les postulats fondamentaux, ne serait-ce que pour mesurer l'extraordinaire courage qu'il fallut à Orwell pour réhabiliter, même par jeu, un mot que la Gauche bien pensante (à supposer qu'il y en ait désormais une autre) avait si puissamment diabolisé. (Orwell, anarchiste tory - Jean-Claude Michéa)

20/01/2014

La nécessité du sens du passé (1/2)

Les critiques et les mises en garde répétées d'Orwell contre la décadence accélérée du langage moderne, ses appels à préserver un Anglais vivant et populaire, comme aussi son choix de la littérature en tant que forme privilégiée de l'écriture politique, ne doivent en aucun cas être tenus pour les signes d'un purisme maniaque et élitaire. C'est tout le contraire qui est vrai : c'est parce que les élites modernes sont désormais en mesure de reconstruire un monde entièrement à leur image, que le langage contemporain - et singulièrement celui de la jeunesse, cible principale de la société marchande - s'est appauvri de façon si caractéristique et que disparaissent peu à peu aussi bien le génie populaire de la langue que la sensibilité poétique.

C'est cette nécessité de protéger la civilité et le langage traditionnel contre les effets de la domination de classe, qui est, vraisemblablement, à l'origine du besoin ressenti par Orwell de réhabiliter une certaine quantité de " conservatisme ". Aucune société décente, en effet, ne peut advenir, ni même être imaginée, si nous persistons, dans la tradition apocalyptique ouverte par Saint Jean et Saint Augustin,, à célébrer l'avènement de " l'homme nouveau " et à prêcher la nécessité permanente de " faire du passé table rase ". En réalité, on ne peut espérer " changer la vie " si nous n'acceptons pas de prendre les appuis appropriés sur un vaste héritage anthropologique, moral et linguistique dont l'oubli ou le refus ont toujours conduit les intellectuels " révolutionnaires " à édifier les systèmes politiques les plus pervers et les plus étouffants qui soient. C'est une autre manière de dire qu'aucune société digne des possibilités modernes de l'espèce humaine n'a la moindre chance de voir le jour si le mouvement radical demeure incapable d'assumer clairement un certain nombre d'exigences conservatrices. Telle est de ce point de vue, la dernière - et la plus fondamentale - leçon de " 1984 " : le sens du passé, qui inclut forcément une certaine aptitude à la nostalgie, est une condition absolument décisive de toute entreprise révolutionnaire qui se propose d'être autre chose qu'une variante supplémentaire des erreurs et des crimes déjà commis.

" - A quoi devons-nous boire cette fois (demanda O'Brien) ? A la confusion de la Police de la Pensée ? A la mort de Big Brother ? A l'humanité ? A l'avenir ? - Au passé, répondit Winston. - Le passé est plus important, consentit O'Brien gravement. " (Folio p. 251)

(Orwell, Anarchiste Tory, Jean-Claude Michéa)

16/01/2014

Ils sont anarchistes, autogérés, et ils font du très bon pain

le_boulanger_libere_v_1-5f96f.jpgA Montreuil, près de Paris, les boulangers de La conquête du pain font le bonheur du quartier avec des baguettes délicieuses... et mettent en pratique les idées libertaires.

C’est dans un coin de Montreuil, là où la ville prend des allures de village, avec des petites maisons protégées par quelques arbres et par des plantes grimpantes. La rue monte, on y croise les parents qui reviennent de l’école avec les enfants, et au coin d’une autre rue, voici « La conquête du pain ». Une boulangerie comme il y a en des milliers, et qui sent beau le pain chaud et croustillant.

On voudrait tout simplement acheter une baguette, mais des détails étonnants amusent le regard. Comme ce tableau listant les sandwichs proposés, qui invitent à choisir entre le Bakounine (bacon mayonnaise), l’Angela Davis (poulet mayonnaise salade), ou le Louise Michel (chèvre pesto). Un petit comptoir longe le mur, où l’on peut se servir un café d’une thermos, et lire les tracts et revues proposées, en commençant par Le Monde libertaire. Près de la vitrine, un canapé recouvert d’un drap blanc invite à la pause. On pourrait s’y poser, et se rappeler que Pierre Kropotkine, un des grands penseurs anarchistes du XIXe siècle, a écrit La conquête du pain, parmi de nombreux autres livres, dont L’entraide reste fondamental.

Mais on est bien dans une boulangerie, et la chaleur qui monte du sous-sol, où se trouve le four à pain, en témoigne tout autant que la fine odeur de farine. « Les gens ne viennent pas parce qu’on est autogérés et anarchistes, mais parce que le pain est bon, dit Pierre Pavin. Le reste, ça les amuse ». Mais cette boulangerie n’existerait pas si Pierre et ses camarades n’étaient pas anarchistes.

Lui, il était boulanger. Il aimait bien son travail, mais il en avait assez de ces tâches très répétitives, souvent subordonnées à un chef. Il appartient à la Fédération anarchiste, et au printemps 2010, lors du congrès de la fédération, alors qu’il était au chômage, il a eu l’idée de livrer du pain à des Amap. Il en parlé à Thomas Arnestoy, informaticien et membre du SCALP, et à Matthieu, avec qui il avait étudié dans le même lycée hôtelier. Le projet a abouti, par amitié et par affinité politique. Le principe serait de monter une boulangerie en Scop (société coopérative de production), « autogérée, avec une implication sociale et un souci écologique, qui fasse du pain de bonne qualité et qui soit rentable ».

Le local a été trouvé assez rapidement, et dès l’automne, les amis ont commencé à pétrir et cuire le pain. « Au début, cela a été très dur. Ici, c’était un taudis, dit Pierre. Et il a tout de suite fallu livrer 300 pains quotidiennement. C’était l’enfer, on bossait vingt heures par jour. Une fois, ,j’ai fait un malaise, je me suis évanoui. »
Mais les camarades ont tenu bon, des amis et la famille sont venus à la rescousse financière, permettant de remettre la boulangerie en bon état, et un bon rythme de production et de livraison s’est pris. Maintenant, la Scop compte huit salariés (quatre boulanger-e-s, trois vendeurs-ses à la boutique, un livreur).

Et surtout, ils mettent en application le projet. « On s’est plus intéressé au projet social », dit Pierre, qui parle en début d’après-midi, après le coup de feu du matin (trois à huit heures) et avant d’aller faire la sieste. Le tarif social a été lancé en octobre 2012 : 75 centimes la baguette pour ceux qui le demandent, au lieu d’un euro. « On le fait sans justificatif de ressources, on veut faire confiance. On refuse cette idéologie qui fait des pauvres des profiteurs ». Les boulangers anarchistes organisent aussi des repas de quartier à la Cité Jules Ferry ou fournissent du pain aux travailleurs en grève, par exemple à PSA Aulnay, ou à la raffinerie de Grandpuits, l’an dernier.

Et en interne, on pratique la démocratie. Toutes et tous sont payés 1350 € nets sur douze mois. Une assemblée générale a lieu tous les quinze jours. Les décisions se prennent au consensus - « il nous est arrivé de voter, mais pas sur des sujets importants ». Le gros problème du moment, c’est la discussion sur le temps de travail : les boulangers travaillent tôt le matin, mais moins d’heures que ceux qui sont en magasin. Quant au livreur, il est souvent appelé à n’importe quel moment. Il faut trouver l’accommodement juste pour tout le monde.

Et puis, il y a le produit lui-même, qui est l’essentiel : les ingrédients utilisés sont de qualité, presque tous issus d’agriculture biologique, et la farine (deux tonnes par semaine) est fournie par un meunier qui travaille à la meule de pierre. Surtout, il y a le temps pris pour bien lever le pain, le ralentir, laisser la fermentation se faire lentement.

Dans le sous-sol, Mathieu – il est là depuis trois mois, il a quitté son métier de graphiste pour devenir boulanger, « un métier essentiel pour nourrir les gens » - détaille les étapes qui mènent à un bon pain : préparer la matière dans le pétrin, mettre en bacs, laisser « pousser » la pâte – quatorze heures, c’est un des secrets de la qualité -, la diviser, la façonner, et enfin la cuire, dans le four brûlant. Un métier d’attention et de patience, mais où il faut agir rapidement et dans la chaleur. « Pendant l’été, cela peut monter à 40° C, dit Mathieu. Ici il fait chaud, mais je ne suis pas sûr que ce soit plus dur que d’être assis toute la journée devant un ordinateur ».
Allez, il est l’heure d’y aller. En partant, on ne résiste pas à croquer un pain au chocolat, comme les gamins qui entrent et sortent du magasin. On ne sait s’il s’appelle Kropotkine ou Elisée Reclus, mais il est bien bon.

www.reporterre.net - 2 janvier 2014

09/01/2014

Révolte et conservatisme : les leçons de 1984 de G. Orwell

George-Orwell.jpg" La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les rapports de production, c'est-à-dire l'ensemble des rapports sociaux. Le maintien sans changement de l'ancien mode de production était au contraire pour toutes les classes industrielles antérieures la condition première de leur existence. Ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelle distinguent l'époque bourgeoise de toutes les précédentes. Tous les rapports sociaux figés et couverts de rouille, avec leur cortège de conceptions et d'idées antiques et vénérables se dissolvent : ceux qui les remplacent vieillissent avant d'avoir pu s'ossifier. Tout ce qui avait solidité et permanence s'en va en fumée, tout ce qui était sacré est profané " (Marx, Manifeste Communiste, chap. 1)
Autrement dit, le capitalisme est par définition un système social auto-contestataire, et la dissolution permanente de toutes les conditions existantes constitue son impératif catégorique véritable. En persistant à se définir purement et simplement comme le " Parti du changement " et l'ensemble des " Forces de progrès ", la gauche moderne c'est-à-dire celle qui n'avait même plus l'excuse d'affronter pratiquement les puissances traditionnelles de l'Ancien régime ( puissances éliminées, pour l'essentiel , par les deux guerres mondiales ) - se trouvait donc condamnée à refermer définitivement le piège historique sur les travailleurs et les simples gens. Dans cette perspective triste mais moderne, la référence " socialiste " ne pouvait devenir qu'un autre nom du développement à l'infini du nouvel ordre industriel et, d'une façon générale, de l'approbation pré-critique de la modernisation intégrale et illimitée du monde ( mondialisation des échanges, tyrannie des marchés financiers, urbanisation délirante, révolution permanente des technologies de sur-consommation, etc.). On ne doit donc pas s'étonner si la peur pathétique d'apparaître " dépassé " par quoi que ce soit, peur qui tient lieu de pensée, de nos jours, chez la plupart des intellectuels de gauche, n'ait finalement trouvé à s'accomplir que dans les noces actuelles de l'Avenir radieux et du cybermonde, et à leur complément spirituel, cet esprit " libéral-libertaire " qui sévit désormais sans réplique dans l'univers mensonger du showbiz et des médias.
C'est une époque assez curieuse que celle où les banalités de base sont tenues pour des paradoxes. Pourtant si, tout au long du siècle, les ambitions historiques de la gauche ( et plus encore de l'extrême gauche ) ont pu si facilement être retournées contre les peuples, si le " progressisme " et la " modernisation " apparaissent de plus en plus nettement comme la simple vérité idéalisée du Capital, c'est bien le signe que l'adoption déculpabilisée d'un certain conservatisme critique est désormais l'un des fondements nécessaires de toute critique radicale de la modernité capitaliste et des formes de vie synthétiques qu'elle prétend nous imposer. Tel était, en tout cas, le message d'Orwell. A nous de rendre à son idée d'un " anarchisme tory " la place philosophique qui lui revient dans les différents combats de la nouvelle Résistance. (Orwell, anarchsite tory - Jean-Claude Michéa)

07/01/2014

Révolte et conservatisme : les leçons de 1984 de G. Orwell (1/2)

George-Orwell.jpgL'opposition des Whigs et des Tories s'est imposée en Angleterre, à partir du XVII° siècle, pour distinguer le " Parti du mouvement " et celui de la " conservation ". Il s'agissait alors, par ces termes, de désigner, d'un côté, le parti du capitalisme libéral, favorable à l'économie de marché, au développement de l'individualisme calculateur et à l'ensemble des mœurs correspondantes ; de l'autre, celui des tenants de l'Ancien Régime, c'est-à-dire d'un ordre social à la fois communautaire et fortement hiérarchisé. On remarque aussitôt dans quel piège philosophique la gauche ne pouvait manquer de s'enfermer, dès lors qu'assimilant le conservatisme à la droite, elle s'exposait à reprendre à son compte une grande partie des mythes fondateurs du progressisme whig. Or, si nous entendons par " socialisme " le projet, formulé au XIX° siècle, d'un dépassement des contradictions internes du capitalisme libéral, il est évident que le travail de réinscription du socialisme dans les thématiques de la gauche progressiste ( travail qui, en France, fut l'œuvre de l'Affaire Dreyfus) ne pouvait aller sans problèmes. Dans la pratique, en effet, cela conduisait à peu près nécessairement à désigner comme " socialistes " ou " progressistes " l'ensemble supposé cohérent des différents mouvements de modernisation qui, depuis le début du XIX° siècle, sapaient de tous les côtés l'ordre effectivement établi ; C'était oublier, comme Arno Mayer l'a bien mis en évidence (cf. La Persistance de l'Ancien régime, Flammarion, 1983) que la base économique et sociale de cet ordre était encore jusqu'en 1914, essentiellement agraire et aristocratique. Dans ces conditions l'appel de la gauche à rompre avec toute mentalité " archaïque " et " conservatrice " se confondait inévitablement avec les exigences culturelles du capitalisme libéral. Celui-ci, en effet, a peu à voir avec les exigences de l'Eglise, de la noblesse et de l'état-major. Dans sa réalité, il est lié à un type de civilisation qui est tout ce qu'on voudra sauf conservateur, comme Marx, avant Schumpeter et D. Bell, l'ont mis en lumière. (Orwell, anarchsite tory - Jean-Claude Michéa)

05/01/2014

Analyse de mots, par Michel-Georges Micberth

x240-Rt2.jpgLang. Pour bien prononcer son nom, il faut percuter les incisives de la mâchoire supérieure avec la langue et la laisser tomber négligemment sur ses genoux. Un peu comme pour vomir.

Socialisme. Quand on demande à un Français ce qu'est le socialisme, il est toujours embarrassé pour répondre. C'est encore pire quand on pose cette question à un socialiste. (Michel-Georges Micberth, La Lettre)