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27/04/2015

L'amour du temps présent

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La vie est absurde en raison notamment de l’existence de la mort. L’homme, comme tout être vivant, est mortel. L’absurde dépasse la vie d’un seul homme. L’absurde, lui, est immortel. 

Ensuite, des gens trouveront que la vie prend justement tout son sens grâce à la mort. Certains diront qu’il faut profiter de la vie au maximum. Égoïstement ? D’autres penseront qu’il faut mener une vie vertueuse. Il existe aussi le concept d’Eternel retour consistant à mener sa vie de sorte qu’à l’aube de sa mort, s’il était permis de revivre sa vie, nous voudrions la revivre exactement comme nous l’avons vécue. Dans tous les cas, l’Anarque espère, bien entendu, laisser derrière lui un monde meilleur – au moins son microcosme. Dans le cas de notre mort, est surtout absurde notre méconnaissance de sa date. L’homme peut commencer à bâtir aujourd’hui le plus beau projet du Monde, sa mort, toutefois, le rappellera à l’ordre, interrompant ses belles œuvres : l’ordre absolu de l’absurde dont, encore une fois, nous pouvons lui opposer celui de l’Anarchie par notre touchante faculté à commencer à réaliser – malgré cette mort imprévisible – puisque motivés par le rêve de l’accomplissement.

Parce que l’Anarque a particulièrement conscience de la mortalité, qu’également demain n’existe pas et n’est qu’invention, il donne importance à l’instantané et à l’inachevé. Cette mesure de l’instantané permet à l’Anarque d’apprécier la spécificité de l’instant présent. Quant à sa mesure de l’inachevé, elle lui permet de relativiser les problématiques, de posséder une tolérance philosophique, une sagesse.

En effet, l’Anarque est conscient qu’il n’y a que le présent qui existe en réalité. En même temps, le temps est infini. L’être humain néanmoins le borne par sa naissance et sa mort. A partir de là, même si pourtant il ignore quand exactement va-t-il mourir, il projette. Il mise sur le futur. Il pense éventuellement qu’il est sage de croire que patience et temps qui passe, plutôt que force et rage, rendent davantage service à sa cause. Or, l’impatience a aussi ses merveilles ! Et une certaine sagesse ne relèverait-elle pas plutôt de tout miser sur l’instant présent ? C’est-à-dire d’avoir la sensation de vivre pleinement cet instant malgré ses imperfections plutôt que de compter sur l’avenir ? Mohandas Gandhi disait : « L’avenir est ce que vous faites maintenant. » 

Si, pour l’Anarque, le temps est compté, c’est seulement à cause de l’interrogation sur la date de la fin sa vie. L’Anarque, par son intégrité, donne toujours auprès des autres de ce qu’il est au temps présent. L’expression même de « temps présent » devient pour lui pléonastique. Il peut lui arriver de projeter dans la mesure où, parfois, construire demande de planifier. Mais il garde à l’esprit que sa vie peut s’arrêter à tout moment. D’où son amour pour l’instantané et l’inachevé. 

Au passage, il serait effrayant de connaître la date de son décès. Mais ceux qui, par exemple en raison d’une maladie, en ont une idée approximative prennent tragiquement et paradoxalement conscience de la beauté de l’instantané et de l’inachevé.

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Commentaires

C'est un beau texte, comme une méditation sur la vie, toute entière dans le présent, et la mort .
La mort, en fait, ne me parait pas absurde. Elle est seulement la fin d'une histoire, et si l'on est persuadé que tout, autour de nous se déroule ainsi, avec un début, une apothéose (?) et une fin, cela parait naturel. Ce pourrait être absurde si on n'avait pas conscience que nous faisons partie d'un tout, que la vie se renouvelle tout le temps, que nous ne pouvons pour l'instant qu'avoir quelque intuition de tout ce que nous ignorons et qui nous dépasse et qui peut être assez extraordinaire. Evidemment les intuitions ,c'est très fugitif, il y a des hauts et des bas, des jours d'optimisme et d'autres moins. Et la mort, quand elle survient trop tôt, brutalement, elle semble absurde. Elle ne l'est peut-être pas tant que ça. Qui sait ? Chaque vie est un mystère.

Pour en revenir à l'amour du temps présent, oui il est le seul que nous vivons, en tous cas où nous sommes acteurs, mais il dépend de notre passé, et il est tout rempli de notre imagination sur l'avenir ! Même quand l'avenir se rétrécit. C'est bien connu que les personnes agées , en tous cas certaines, ont une grande soif de savoir et de continuer à apprendre.

Voilà, merci pour ce texte sur l'amour du temps présent, qui m'a inpiré quelques pensées, même si j'ai un peu dévié du propos...que je relierai !

Écrit par : mhn | 27/04/2015

C'est vrai aussi que les personnes qui sortent d'une maladie grave vivent le temps présent beaucoup plus intensément qu'avant, en apprécient chaque minute et chaque instant de bien être
ou de plaisir cent fois mieux que la plupart d'entre nous.
Comme, peut-être lorsque, dans la vie courante un moment de souffrance s'arrête. Ouf, comme on apprécie ! C'est là que le présent prend toute son intensité.
Mais aussi après l'effort du sportif, ou du travailleur intellectuel, d'ailleurs. Etc...etc...rien de mieux que le moment présent, parfois! c'est rare, mais c'est précieux!

Écrit par : mhn | 30/04/2015

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