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03/03/2015

Ethique et morale, extrait de L'Anarque

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En latin, éthique donne ethica mais ethica vient lui-même du grec ancien éthiké. A Rome comme à Athènes au temps de leurs empires respectifs, ethica et éthiké signifiaient morale.

Or, aujourd’hui et depuis longtemps – même si des gens continuent de confondre éthique et morale –, les contextes d’utilisation de ces notions diffèrent très souvent. Cette différence provient notamment de leur emploi dans l’histoire de la philosophie. Nous savons en effet que, schématiquement, l’éthique est préférée par les matérialistes, la morale par les idéalistes. Cette préférence s’établit sur une nuance pouvant être formulée de la façon suivante : l’éthique détermine ce qui est bon de faire, la morale ce qui doit être fait pour le Bien. Nous revenons un peu plus loin sur cette nuance. Aussi, une morale n’est pas forcément religieuse. Hormis celle que revendiquerait un philosophe pourtant areligieux, ne parlons-nous pas, par exemple, de morale des droits de l’homme ?

En s’inspirant des différences historiques, nous pouvons dire qu’une morale est un ensemble de règles – obligations, interdictions – à portée universelle et absolue. La vocation de l’éthique n’est pas fondée, pour sa part, sur l’universalité mais sur la relativité. Cette relativité est spatiale, temporelle. Elle permet la définition d’éthiques à l’échelle d’une communauté constituée dans un objectif précis. Cette communauté peut être professionnelle, scientifique, médicale ou purement associative à dimension sociale, caritative, humanitaire. La relativité communautaire – celle se portant sur le nombre de gens qui respectent une éthique en particulier – peut se réduire à un seul individu ; nous pouvons parler d’éthique individuelle. 

L’Anarque, conscient et respectueux de l’Unicité individuelle, pense que nul individu ne peut raisonnablement adhérer totalement à une morale. Le fanatique religieux, par exemple, ignore manifestement son unicité.

Continuons de souligner les nuances entre éthique et morale à partir de celle entre ce qui est bon de faire – du côté éthique – et ce qui doit être fait pour le Bien – du côté moral. Ce qui est bon de faire peut laisser entendre l’idée d’une évidence morale. Or, ce qui est jugé bon de faire sous-entend une réflexion personnelle alors que ce qui doit être fait pour le Bien est jugé ainsi par une autorité extérieure à l’Individu. Parce que la bonté se dote de nuances infinies tandis que la définition du Bien sous-entend celle du Mal et, de là, une nette distinction entre les deux. L’homme ne cherche pas ce qui est bon de faire quand il sait ce qu’il doit faire pour le Bien. En d’autres termes, l’homme obéissant à une morale est épargné du doute de ce qui est bien ou mal. Dans son cas, il semble alors assez simple de passer à l’action. Pourtant, il peut toujours se demander si sa conduite est réellement bonne dans le sens où, coûte que coûte, elle doit répandre le Bien. 

Du côté éthique, il n’y a pas de comptes à rendre devant un quelconque code moral, qui plus est, impersonnel et inconditionnel. L’homme qui cherche à agir bien sans pour autant obéir à une définition précise du Bien, même personnelle, peut, mieux que l’homme plongé dans une morale, relever les spécificités d’une situation. Risque-t-il alors de passer tardivement à l’action ? En fait, son expérience de « la vie réelle » – excluant celle de la divinité ou l’apprentissage des règlements d’une morale – peut l’amener à agir aussi, voire plus, rapidement qu’un homme profondément ancré dans une morale.

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