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12/02/2015

L'Anarque : extrait de la partie «Les hommes moraux sont-ils sans pouvoir ?»

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Je veux débuter cette partie avec une pensée d’Henry de Montherlant dans son roman Le cardinal d’Espagne : « Il n’y a pas le pouvoir. Il y a l’abus de pouvoir, rien d’autre.  »
Dans cette partie, le pouvoir est globalement assimilé à celui de la politique, du show-business ou encore du business tout court. 
Si l’homme ne représente que lui-même dans l’absolu, l’homme moral – pensant beaucoup aux autres – peut-il accéder au pouvoir, concevoir la conquête de celui-ci avec uniquement des fins altruistes ? En outre, une fois au pouvoir, sait-il conserver ce retour vers la chose commune qui, jusque là, l’a amené à vouloir détenir ce pouvoir ? 
Cela nous amène à nous demander si pouvoir et morale (ou éthique) font bon ménage. (Cette partie fait l’écho à celle sur la corruption des élites.) Ils devraient. Mais c’est justement, peut-être, sur l’incompatibilité, l’utopie de cette coexistence que naît l’Anarchie. « Le pouvoir est maudit, c’est pourquoi je suis anarchiste. » (Louise Michel)
George Orwell pensait, de son côté, que « les hommes ne sont moraux que lorsqu’ils sont sans pouvoir ». En contrepartie, c’est chez les ouvriers – parce que leurs conditions de vie les obligent à conserver un sens de la modération, du raisonnable et du partage – qu’on retrouve beaucoup, toujours selon Orwell, « la loyauté, l’absence de calcul, la générosité, la haine des privilèges ». On peut élargir la classe ouvrière à l’ensemble des classes populaires – paysannerie, prolétariat, sous-prolétariat – et parler d’un principe de réalités sociales (en allusion au concept freudien) qui s’impose à elles et leur fait garder un certain sens des nécessités (économiser et dépenser pour d’abord subvenir à ses besoins physiologiques et de sécurité). La conscience partagée, dans une même classe sociale, de la vie difficile (compassion égalitaire) entraîne la solidarité de classe à travers l’entente désintéressée et l’entraide. Une maxime dit également que les plus généreux sont les plus pauvres. Et en même temps, l’Anarque, conscient de l’absurde – détenu en chaque homme – peut s’amuser à penser, comme Pierre Desproges, que « les aspirations des pauvres ne sont pas très éloignées des réalités des riches ». Louis-Ferdinand Céline, de son côté, écrivit que le prolétaire était un bourgeois qui n’a pas réussi.

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