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19/01/2015

Sur l'oligarchie libérale – extrait de l'aNarque (1/2)

couv-products-114990.png[...] le gouvernement néolibéral – triomphant sur les penseurs libéraux d’antan qui, parfois, accordaient encore « trop » d’importance aux valeurs morales – doit être sans vision ni idéal politique à proprement parler. Ce gouvernement purement technocratique obéit à la vieille stratégie du « diviser pour mieux régner » tout en s’assurant que la division en question ne se transforme pas en guerre civile (idéologique d’abord, physique et matérielle ensuite) ni n’échappe à la loi du Marché. Le Marché, et le consumérisme qui en dépend, doivent être les (seules) choses unifiant la population (ce n’est même plus un peuple, terme trop politique ou philosophique pour ce pouvoir). Et ce, toujours suffisamment pour éviter cette guerre.
Sur le plan des valeurs (morale, éthique, religion), l’Etat néolibéral est donc dans la neutralité axiologique. Ce qui veut dire – et je reviens sur ce concept un peu plus loin – qu’il ne doit à aucun moment incarner ni donner un jugement de valeur. Du moins vis-à-vis du Peuple. Car ce pouvoir n’obéit qu’à la « religion du Marché ». Qu’ensuite chaque individu vive sa vie comme il l’entende et selon ses valeurs, tant que sa liberté n’empiète pas celle d’autrui ! Tant pis si ensuite, comme l’avait dit Friedrich Engels, « chacun se replie sur son mode de vie particulier ».
Le néolibéralisme – « je suis libre quand je consomme » ajouté à « je fais ce que je veux tant que
je suis sûr de ne pas embêter l’autre » – diffère bien d’une éthique libertaire, critique à l’égard du pouvoir de l’argent (imaginant même son inexistence) et adaptée à l’idée suivante : « Ce que je suis ou fais en société me libère et, ainsi, est supposé libérer l’autre. »
Mais précisément, comment ce pouvoir néo-libéral, sous pilotage oligarchique, gère son règne de la division sans implosion ? Pour éviter que la division qu’il entretient pour le faire subsister ne devienne trop importante, et alors menaçante, il doit composer avec les groupes de pression. Ceux-ci sont les émanations des conflits internes au(x) peuple(s) formant ladite division surveillée et agencée par le pouvoir néolibéral. Ces groupes de pression peuvent aller des mouvements anti-tabac ou anti-corrida aux mouvements communautaires religieux ou sexuels. Selon leur puissance politique qui s’appuie sur des revendications communautaires diverses et variées mais généralement très minoritaires au sein des classes populaires, ils gagnent bien des batailles, aidés par le système médiatique, en connivence avec l’oligarchie et relayant leurs mécontentements. Une bataille est gagnée lorsqu’une des revendications d’un groupe de pression se réalise dans une loi validée par le pouvoir néolibéral, qui agit ainsi pour assurer sa tranquillité et son maintien. La majorité du peuple – qui n’a pas accordé de légitimité à cette loi mais à qui le pouvoir s’est bien passé de demander l’avis – est pourtant restée silencieuse. Le peuple est soumis à une loi répressive pour certains, permissive pour d’autres. Mais bon, dans l’histoire, la majorité est toujours silencieuse. Même une révolution se fait avec une minorité.
D’où deux constats tragiques, qui s’entrecroisent, de George Orwell dans 1984 : « Les masses ne se révoltent jamais de leur propre mouvement, et elles ne se révoltent jamais par le seul fait qu’elles sont opprimées. Aussi longtemps qu’elles n’ont pas d’élément de comparaison, elles ne se rendent jamais compte qu’elles sont opprimées. »
« Ils se révolteront quand ils seront devenus conscients et ils ne pourront devenir conscients qu’après s’être révoltés. »

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