Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/03/2014

Les jours heureux, ma critique sur ce documentaire

affiche_les-jours-heureuxJ'ai vu hier soir, au cinéma, le documentaire Les jours heureux sur le Conseil National de la Résistance et plus précisément l'élaboration de son programme ; chose généralement peu abordée dans les écoles ou les médias. Les jours heureux, c'est historiquement le nom du programme du C.N.R.
Un documentaire que je conseille. On y retrouve une poignée de vieux hommes fort sympathiques et courageux qui autrefois ont résisté - parfois armes à la main, notamment dans les rues de Lyon (ville qu'on retrouve beaucoup dans le docu).
La seconde partie se consacre à des entretiens avec des politiques actuels. On retrouve Hollande lui-même en tant que président de la République, mais aussi Bayrou, Copé, Mariani, Apparut, Mélenchon et Dupont-Aignan.
Il ressort nettement — ce qui peut sembler assez logique mais tel aussi un parti pris du réalisateur — que les deux derniers cités sont ceux qui parlent le mieux de l'héritage du C.N.R. et du décalage entre ses vertus et l'actuelle idéologie dominante, néolibérale.
Il n'est plus à prouver qu'il a existé une union objective, pratique et victorieuse entre socialo-communistes et gaullistes au cours de la seconde guerre mondiale et les premières années succédant sa fin.
C'est vrai aussi que le programme, bien que ne rompant pas avec le capitalisme, était très socialiste (authentiquement) et donc influencé — et c'est heureux — par les socialistes et communistes résistants.
Je déplore cependant que, dans le documentaire, il y ait insistance sur le fait que la Résistance, ce sont seulement ces derniers. Oui, il y a bien insistance là-dessus : il faut être de gauche pour être résistant. On pourrait être amené à penser qu'être de gauche c'est forcément être résistant. Ce qui est loin d'être le cas. Je veux rappeler les choses suivantes :
— plus des trois-quart des députés de l'ex-Front populaire de 1936-38 (donc la gauche) votent en juillet 1940 pour les pleins pouvoirs au maréchal Pétain ;
— le mouvement communiste, dit pleinement résistant dans le documentaire, comportait des individus qui ont soit saboté des actions de la Résistance soit certes œuvré pour elle mais seulement à des fins pro-soviétiques ;
être de gauche ne conduit pas nécessairement à la résistance. Comme l'explique très bien l'ouvrage intitulé Un paradoxe français, Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, de Simon Epstein, le collaborationnisme de gauche a été très important ;
— il y a eu plus de membres résistants issus des Croix de feu et de l'Action française que ce que les garants de la mythologie républicaine laissent entendre en général.
Donc au-delà de cette dernière à faire perdurer — et à relier à une idéalisation de l'homme de gauche forcément valeureux , le message essentiel, pour le roman national et pour souligner la valeur humaine au-delà de tout parti, serait de dire qu'avant tout, à l'époque, il a été question de lutter, non sans difficulté, contre l'invasion d'une puissance étrangère, un impérialisme. Et pas seulement une fois (impérialisme nazi) mais deux fois (impérialisme américain) voire trois fois (impérialisme soviétique). Et que cette lutte a été dirigée par un enfant de Péguy mais aussi de Maurras en la personne de De Gaulle.
Il s'agissait bien de défendre tout simplement la liberté d'un territoire qui s'appelle la France. Je regrette chez ceux qui ne veulent honorer qu'une partie des Résistants d'avoir toujours et encore une vision sectaire. Ce sont les mêmes qui oublient volontiers qu'avant De Gaulle la France a eu notamment Jeanne d'Arc !

Anthony MICHEL

Les commentaires sont fermés.