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28/02/2014

Tout est possible mais tout n’est pas permis

Par l’idéologie dominante – le capitalisme ultralibéral mondialisé –, il y a marchandisation du désir depuis les dernières décennies. Si le désir se retrouve à la fois dans l’amour et dans le sexe, ce sont précisément ces deux choses que les tenants de cette idéologie tentent de rendre marchandise. Ils se servent de l’Amour moral ou bien du sexe banalisé quand l’un ou l’autre est financièrement fructueux. Ils défendent une forme d’individualisme, un individualisme évidemment libéral et non libertaire. Ils sont heureux lorsqu’ils font des hommes des individualistes esclaves : des hommes qui se croient libres lorsqu’ils consomment – éventuellement en transgressant quand ces garants de l’idéologie dominante affichent l’étendard d’une trompeuse morale. L’Anarque, s’il est individualiste, choisit d’être un individualiste maître : il est conscient du pouvoir ultralibéral anti-libertés, il est insoumis toujours au moins par sa pensée. Toujours il résiste, parfois il se révolte – bien que déjà résister soit être en état révolté. Sa révolte, en tous les cas, est toujours philosophée et anarchique, succède à des résignations nécessaires, ne fait jamais vaciller sa souveraineté individuelle, pour cueillir son bonheur instantané.
Le philosophe Michel Clouscard inventa le concept critique de liberalisme-libertaire qu’il lia à la formule suivante : « Tout est permis mais rien n’est possible. » Ceux qui, selon Clouscard, représentent l’idée en question ont été d’abord les bourgeois faux libertaires et pseudo-révolutionnaires de 1968 qui, à leur façon, allaient servir la cause d’un capitalisme mondial dérégulé et devenu réalité, cette loi de la jungle économique à l’échelle planétaire, au nom d’un slogan au fond creux : « Il est interdit d’interdire. »
L’ensemble des religieux, communistes et socialistes – libertaires ou non mais, dans tous les cas, authentiques –, républicains authentiques et, même, libéraux traditionnels ne se retrouvent logiquement pas dans la présente idéologie dominante. Idem plus largement pour toutes les classes populaires, avec leurs gens ordinaires non politisés et qui n’ont pas forcément analysé la question mais dont le bon sens et les intérêts sont incompatibles avec les aspirations des élites mondialisées actuelles.*
L’Anarque, quant à lui, préfère l’expression suivante : tout est possible mais tout n’est pas permis.
Car à travers elle et d’un point de vue anarchiste, on retrouve l’idée d’ordre (d’organisation la plus
juste humainement) sans l’autorité : pensée symbolique de l’anarchisme. Concernant plus précisément l’Autogestion, tout est possible dès qu’un individu s’associe et se dissocie à qui il veut, tout est possible à propos des clauses de son association avec autrui, clauses qu’il définit avec lui. Tout n’est pas permis à partir de ces mêmes clauses. Tout est possible mais pour cause d’anarchie, donc tout n’est pas permis. Enfin, si tout est possible alors la révolution l’est.

* Pourquoi une telle liste et quel est le point commun entre toutes ces tendances ? La conscience d’un bien commun qui détermine alors un sens des limites, qu’il soit retrouvable dans des textes de moralité (religion, philosophie) ou des textes purement politiques.
Ensuite, une limite à ne pas dépasser n’est évidemment pas de même nature, qu’elle soit déterminée par exemple par un Musulman ou un communiste. Il ne s’agit pas ici de juger le sens des limites des uns et des autres mais de dire uniquement qu’il existe un clivage entre des gens qui s’entendent pour penser que la loi doit encore exister pour établir au moins quelques interdictions et d’autres gens qui – s’affirmant éventuellement libertaires, progressistes ou juste « très ouverts et tolérants » – sont pour une espèce de licence, en voyant en celui qui porte encore un seul juge-ment moral un fasciste.
Le sens des limites, enfin, peut se rapporter au bon sens des gens ordinaires, au common sense (en anglais) retrouvable dans la Common decency de George Orwell. (Extrait de L'Anarque, Anthony Michel)

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