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08/02/2014

La propriété et la possession (extrait de L'aNarque)

couv-products-99349.pngConcernant maintenant la propriété, elle est définie dans notre société capitaliste selon les trois droits suivants : l’usus, le fructus et l’abusus. L’usus est le droit de posséder la chose. Le fructus est celui de récolter les fruits de la chose. L’abusus est celui de prêter, vendre, transformer la chose. La possession justifie l’utilisation, l’utilisation justifie la récolte des fruits de la chose possédée (possesseurs et propriétaires sont synonymes dans la société capitaliste). Le fructus, en d’autres termes, est conséquence de l’usus. Qu’est-ce qui justifie cependant l’existence de l’abusus si ce n’est celle de l’argent et plus largement d’un système économique capitaliste ? En vérité, nous pouvons parler de propriété seulement à partir d’existence de l’abusus. En droit, nous parlons réellement d’aliénation. Ce qui entraîne l’existence d’un fort attachement matériel (l’objet m’appartient, son état dépend de moi et je risque de dépendre de lui) et financier (j’ai conscience de ce que l’objet peut financièrement m’apporter, par exemple en le vendant).
Les conceptions de possession personnelle et de propriété sont généralement confondues. C’est parce que, dans la société capitaliste, l’individu ne connaît que la possession à travers la propriété. C’est une habitude, une coutume tirée de l’éducation et de la loi. Comme je l’ai dit plus haut, la propriété implique l’existence de l’argent. C’est généralement difficile d’imaginer une société qui serait démunie de cette dernière. Avant d’être un citoyen ou un associé, l’homme ne serait-il pas un simple maillon de la société capitaliste ? En considérant alors que l’argent n’est pas libérateur, cet homme n’est pas libre.
Évoquons enfin le cas du vol. Dans notre société, voler est s’approprier sans en avoir le droit, ne pas respecter le droit de propriété d’autrui sur un objet. C’est dérober un objet qui ne nous appartient pas au sens capitaliste. L’orange appartient à l’épicier qui l’a achetée (ou bien, s’il est aussi producteur, l’a fait pousser) pour ensuite la revendre. Le voleur de cet orange qui ne mange pas à sa faim a volé pour naturellement, et très partiellement, subvenir à ses besoins physiologiques. Le voleur n’est pas libre : il a besoin de saisir un objet sans l’accord d’autrui. L’épicier n’est pas libre non plus : il a besoin de vendre ses oranges afin de subvenir à son tour à ses besoins. Dans mon exemple, le voleur et, à la fois, l’épicier sont tous les deux esclaves car dépendants de la matière qui, directement pour le premier, indirectement pour le second, les fait vivre.
Le vol est-il anarchique ? Il libère le voleur durant un très bref instant, au moins celui de sa consommation de l’orange. Il ne libère pas cependant l’épicier qui n’est point responsable de la ségrégation entre ceux qui ont les moyens financiers de manger et ceux qui ne les ont pas.

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