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10/10/2013

L'Anarque, extrait 3 (entre autres sur le repos dominical)

couv-products-99349.pngDans les faits, l’Homme roi a laissé place à l’Argent roi. La République – puisque sur le papier,
il ne doit plus rien avoir entre le citoyen et ses représentants – a laissé place à une logique de réseaux. Logique concernant les grands capitalistes donc les patrons de banque associés à des purs idéologues du progressisme organisés en sociétés secrètes. Logique compromettant les aspirations du Peuple en s’assurant de sa division : le but est de mettre, du côté du pouvoir capitaliste oppresseur, la bourgeoisie – qui fait pourtant partie du Tiers état – afin que jamais elle ne s’allie avec le prolétariat dans le risque de rendre enfin réalité la souveraineté populaire. Ce qui permet de mieux comprendre chronologiquement et philosophiquement la naissance de l’idéal de la dictature du prolétariat puisque, pour les communistes, la Révolution a échoué. Effectivement, il s’agit pour eux de s’assurer – par la force s’il faut, d’où la dictature – qu’au pouvoir il y ait la fraction du peuple restée fidèle à elle-même, à savoir le prolétariat, qui connaît la réalité de la valeur travail, les conditions de vie difficiles et assure une morale élémentaire et partagée intuitivement. Il existe un intérêt commun plus légitime que les autres pour les communistes et même les premiers socialistes : celui de la classe sociale comprenant le plus de gens. Proudhon déplore, de son côté, que la Révolution ait entraîné la naissance du communisme, amenant selon lui aux « centralisation absorbante, destruction systématique de toute pensée individuelle, corporative et locale, réputée scissionnaire, police inquisitoriale, abolition ou restriction de la famille, à plus forte raison de l’hérédité ». (Extrait de La Capacité politique des classes ouvrières)
Pour rester sur le cas de cet auteur et à cette volonté des progressistes de détruire tout ce qui nous ramènerait à l’Ancien régime et limiterait le pouvoir de l’argent sur la société, prenons l’exemple du repos dominical dont Proudhon parle dans son tout premier livre (De l’utilité de la célébration du dimanche) relayé récemment par le philosophe contemporain Jean-Claude Michéa. Le repos dominical est historiquement mis en place par l’Ancien régime au nom de valeurs religieuses, en l’occurrence chrétiennes. Pour un progressiste, il faut donc supprimer le repos dominical car relevant de lubies spirituelles d’antan conditionnées par l’Eglise. Or, pour Proudhon, que le repos dominical ait des origines religieuses et soit institué par l’Ancien régime ne suffit pas pour le supprimer, tant qu’il maintient un bon vivre ensemble et protège la sphère privée, au moins un jour dans la semaine, de la logique marchande. Extrait de son premier livre : « Dans les campagnes où le peuple cède plus facilement au sentiment religieux, le dimanche conserve quelque chose de son influence sociale. L’aspect d’une population rustique réunie comme une seule famille, à la voix du pasteur, et prosternée, dans le silence et le recueillement, devant la majesté invisible de Dieu, est touchante et sublime. Le charme opère sur le cœur du paysan : le dimanche il est plus bienveillant, plus aimant, plus affable ; il est sensible à l’honneur de son village, il en est fier ; il s’identifie davantage avec l’intérêt de sa commune... »
D’ailleurs, Karl Marx avait dit, pour sa part, que les capitalistes, même religieux, n’auraient point de scrupule à faire travailler, un jour, les gens un dimanche.
Il ne s’agit donc pas, pour Proudhon, de défendre la monarchie mais, dans une société donnée, de savoir conserver ce qui s’adapte à une éthique libertaire et révolutionner ce qui verrouille le développement de l’Individualité, ce qui doit être changé pour la liberté de tous, confondue avec la liberté de chacun.
Un trait d’esprit qui peut aller dans ce sens, Georges Clemenceau disait sur lui : « Il y a en moi un mélange d’anarchiste et de conservateur dans des proportions qui restent à déterminer. »
Louison Chimel - L'Anarque


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