Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03/08/2012

Extrait de L'anarque (brouillon 3)

Il est mieux, pour un individu, d'être conscient de ses influences. Parfois, il aime une chose parce qu’un ami la lui a faite découvrir. Même si nous pouvons dire que toute influence fait partie du conditionnement, elle n'est pas synonyme de dépendance. Une influence peut être positive dans la mesure où elle est libératrice. Or, à partir de quand l’est-elle ? Prenons l’exemple de l’anarque.
L’anarque peut influencer autrui. Mais jamais cette influence ne va à l’encontre de ce que ce dernier possède de liberté réelle et d’éthique personnelle. Aussi, cette influence ne recherche pas forcément, chez l’autre, l’abandon d’une part de son conditionnement. L’anarque cherche à ne pas brusquer l’autre afin qu’icelui cultive sa liberté réelle. Il peut le conseiller, lui faire certaines remarques qui vont l’inviter à s’interroger sur ce qu’il désire être pour lui et les autres. Car aimer l’autre, c’est le vouloir libre.
Désirer que la liberté réelle d’autrui soit, c’est savoir l’aimer réellement. L’amour réel – ou l’amitié réelle – est très certainement rare. La pitié existe : deux individus sont amis ou amants car, à un moment donné et dans une situation précise, l’un a sauvé l’autre. Le second, sur la base d’une grande reconnaissance à l’égard du premier à cause de qu’il a fait pour lui, se met à l’aimer. Le premier se sent valorisé par cet amour, il a sauvé le second sur la base exclusivement de son éthique – et donc d’un respect pour l’autre sans sentiment profond. Il désire toutefois ressentir à son tour un amour pour celui qu’il a sauvé. C’est là que la pitié entre en compte. Il ne s’agit pas, à travers cet exemple, d’être mauvaise langue ni même de juger… Car en l’occurrence, les deux individus sont sincères. Ce qu’ils ne sont pas ? Réellement libres. En effet : heureusement que sincère, l’homme sait l’être ! La sincérité ou l’honnêteté sait jaillir de l’absurde et du conditionnement humain. Elle est déformée par ce dernier, elle n’est pas nécessairement en harmonie avec l’être réalisé, celui qui s’est bel et bien trouvé. Elle se fraie quand même un chemin dans la forêt sauvage, que nous pouvons difficilement pénétrer et défier, qu’incarne l’absurde dans la géographie de la vie. Quant à la pitié, elle naît d’un amour pour la compassion, d’une tendance à s’abandonner dans l’émotion. Cette dernière ne rend point service à la liberté réelle de celui qui a pitié – elle peut la mettre en danger – ni à son éthique qui n’est plus impeccablement maîtrisée. La pitié se projette alors sur le sujet qui fait pitié, qui a par conséquent l’illusion de voir enfin la liberté sonner à sa porte. Il peut certes exister une forme d’amour établie sur de la pitié, je ne conçois pas cependant d’amour réel à travers elle. Anthony Michel

 Site de vente de mes ouvrages 
 Mon profil Facebook 

Les commentaires sont fermés.